Corinne et Philippe le octobre 1st, 2009

            Le titre fait scato et on peut dire qu’il l’est. On veut tout de suite vous l’expliquer afin que les yeux « chastes », ne s’offusquent pas trop et poursuivent la lecture de nos aventures.

 

             Titicaca, tout d’abord, car nous le côtoyons depuis quelques jours maintenant. Il s’agit, mais vous l’aviez tous deviné, du fameux lac que se partagent Pérou et Bolivie. Son nom vient de Titi Khar’Ka (le rocher du puma, qui se trouve sur l’Isla del Sol, une des îles bolivienne sur le lac). A ce sujet, une petite blague bolivienne concernant le partage du lac. Ils disent : « Nous, c’est Titi, et le Pérou, c’est Caca ». Ça me rappelle, quand on était petit, à la maison, mon père m’appelait « pipi » et ma sœur « caca ». Il avait certainement choisi nos prénoms pour pouvoir faire cette blague. Moi, Philippe et ma sœur, Catherine….

            Et maintenant Bonnes Diarrhées. C’est vrai que nous avons déjà dû  prendre 2 ou 3 fois des capsules d”Immodium, médicament « radical » pour bloquer les « sorties » en cas de début de gastro. Ce qui ne nous empêche pas de manger de tout. On fait seulement attention à l’eau. Le deuxième sens est lié aux nombreux échanges avec nos interlocuteurs locaux, qui se finissent immanquablement par « Bouaine Biaré ». Ce qui s’écrit en espagnol, si on ne se trompe pas, « Buen Viaje » et qui veut dire « Bon voyage ».  On a fini par se faire cette blague entre nous. Elle nous fait sourire et comme on vous sait bon public, on vous la fait partager.

            On sent que l’impatience gagne certains rangs. Bon, tout ça, c’est bien sympa, mais vous n’avez quand même pas organisé un tour du monde juste pour nous raconter des blagues. Qu’avez-vous fait depuis la dernière fois?

            On y vient! Pas grand chose en fait, mais nous rappelons à chacun, que nous sommes en méga grandes vacances et qu’à ce titre, on est libre de notre temps.

 

            On veut aussi commencer par pousser un « coup de gueule ». Nous apprenons que les méthodes de management n’ont pas changé le moins du monde depuis notre départ. Des chefaillons mettent la pression sur certains et certaines, dans l’espoir de les voir craquer et ainsi, s’éviter le licenciement et les indemnités qui vont avec. Quand cette première technique ne fonctionne pas, ils montent un dossier, en concertation avec la DRH, dans lequel ils fixent des objectifs totalement irréalisables, de façon à encore faire monter « la température » de l’employé. Et si celui-ci ne craque pas, ils n’hésitent absolument pas à le licencier pour faute grave, avec parfois même, l’impossibilité de pénétrer dans l’entreprise dés le lendemain. Une copine est entrain de vivre ça et nous voulons lui souhaiter bon courage, et lui dire que nous aimerions être là pour l’aider davantage. On sait qu’il y a beaucoup de gens qui l’apprécient au travail, et qui chercheront à la soutenir, mais quand la « machine » est lancée, il est difficile de l’arrêter.  Y’en a marre de ces modes de fonctionnement, dans lequel le seul objectif est l’accroissement des résultats sans se soucier le moins du monde des individus qui concourent à la vie de l’entreprise et qui pendant des années ont permis son expansion.

            En ce moment, ça doit être encore plus facile, en s’abritant derrière « la crise »! Vous avez aussi, si on a bien compris, un thème « porteur » en ce moment, la grippe H1N1.

            Pour « solder » ces 2 sujets, crise économique et grippe, nous avons une proposition à faire. Surtout qu’il semble que les « forces vives de la nation » commencent à déserter le pays. Nos correspondants sur place nous citent en exemple, 2 jeunes Villemomblois partis parcourir le monde. Attention à l’hémorragie!

            Il faut toujours apprendre du passé. Les incas pour demander la protection de leur dieu Inti, dieu soleil, sacrifiaient le ou la meilleur(e) d’entre-eux, dans une cérémonie qui se déroulait aux sommets des plus hautes montagnes pour être au plus près de leur dieu. On peut d’ailleurs voir au musée d’Aréquipa, la momie de Juanita, jeune fille sacrifiée lors d’un de ces rituels. 

            Notre proposition est donc la suivante. Déterminer en France qui est le meilleur d’entre nous. Oublions Juppé et les fameux propos de Chirac, le qualifiant ainsi. Je crois que tout le monde pense immanquablement au même personnage. Son abnégation, sa dévotion, sa volonté d’être au service des autres, son détachement des biens matériels, sont autant d’éléments qui conduisent tout de suite notre pensée vers notre illustre Chef. Dés que cette proposition lui sera soumise, ne doutons pas que pour l’intérêt du plus grand nombre, il soit fier et honoré d’avoir été choisi. Et il se conduira comme à son habitude, fier comme un coq (français) sur ses talonnettes . Vous l’avez tous sur le bout de la langue… et oui, nous avons tout de suite pensé, à notre guide suprême, Nicolas.

            Nous avons dans nos amis (ça peut surprendre, mais c’est comme ça), un homme qui saura trouver le canal, parmi ses relations proches du pouvoir, afin que cette proposition arrive jusqu’aux oreilles de notre omni-président. Après son sens du devoir saura le guider….

 

            Bon alors après avoir réglé en « deux coups de cuillères à pot », ces problèmes, nous allons vous narrer les péripéties survenues, depuis notre dernier article.

            Après Sicuani, nous nous sommes  arrêtés, comme il se doit, aux sources chaudes d ’Agua Calientes, puis nous avons franchi le col d’« Abra La Raya », où juste après, nous avons essuyé de la grêle.  En laissant le vélo à Juliaca, nous sommes allés passer 3 jours à Aréquipa, ville dans laquelle nous avons eu la chance de rencontrer Carlos ZARATE, président pour la partie péruvienne de l’association « Bambins des Bidonvilles – Rayo del Sol », dont Marie-France Coudurier, une amie cyclo, est la présidente pour la partie française. Il a eu la gentillesse de nous emmener visiter les installations et les travaux en cours dans les locaux de l’association, dans la banlieue pauvre d’Aréquipa. Carlos Zarate est aussi guide de haute montagne et un des « découvreurs » de la momie Juanita, jeune inca, dont nous avons parlé plus haut. Nous avons également eu le grand plaisir de rencontrer Christian Dion, qui s’est installé il y a 6 ans à Aréquipa, et qui y a monté une agence de tourisme. Nous étions en contact avec lui depuis quelques temps. Nous avons discuté un long moment ensemble autour d’un café français. Il nous a donné plein de renseignements et des contacts qui vont nous aider pour la suite de notre voyage.  A Aréquipa, nous avons aussi visité le magnifique Monastère San Catalina.

 

 

             Nous sommes actuellement basés à La Paz, d’où nous rayonnons. Dans tous les sens du terme.

            Nous y sommes arrivés relativement vite après avoir rencontré de nouveaux « amis » à la frontière. Ils sont boliviens et habitent à La Paz.

            Carlos et Marianella ont travaillé, clandestinement, de nombreuses années en Suisse, avant d’être arrêtés et de devoir quitter le pays. Pour la petite histoire, ils ont cotisé pendant toutes ces années et Carlos a pu divorcer en Suisse alors qu’il était clandestin. Il nous a raconté, qu’il vivait en permanence avec la peur au ventre. Il s’est fait arrêté, parce que sa voiture a pris feu sur son lieu de travail et que bien évidemment, police et pompiers sont arrivés pour circonscrire le sinistre. Ils lui ont demandé ses papiers, qu’il n’avait pas bien sûr. La police a alors demandé au patron de Carlos de faire les démarches pour régulariser sa situation. Il a refusé, et lui a dit : « tu vas devoir rentrer chez toi, Carlos ». Salopard, c’est sûr, il aurait dû le payer au tarif digne de ses qualifications. Il est ingénieur agronome….. Marianella, elle, nous a raconté l’angoisse lors de son arrestation de ne pas pouvoir avertir ses enfants, de peur qu’ils ne soient à leur tour arrêtés, et l’humiliation subie lors de la fouille corporelle.

            Nous nous sommes donc retrouvés le soir à Copacabana, petite ville touristique au bord du Lac Titicaca, qui se trouve à 8kms de la frontière et d’où s’effectuent la plupart des visites des iles du côté bolivien.

 

            Nos « amis » boliviens, une famille «recomposée », Carlos, son amie Marianella, et les enfants de Marianella, Franklin et Kimberly, nous ont proposé de les accompagner jusqu’à La Paz avec leur voiture. Ils partaient dès le lendemain.

            Nous nous sommes laissés un temps de réflexion car nous voulions faire la route jusqu’à La Paz en vélo. Nos amis français nous ayant précédé, en vélo, dans ces contrées, nous ayant dit que les paysages étaient magnifiques. Nous voulions également, aller sur l’Isla del Sol (l’île du soleil), où nous voulions passer une nuit pour assister aux coucher et lever du soleil qui y sont mémorables. Mais depuis maintenant 5 mois, nous savons combien il est précieux d’avoir des « amis » du pays qui nous font découvrir d’autres aspects, que ceux auxquels peuvent conduire la seule lecture des guides, même si on sort en permanence des « sentiers battus ».

 

            On a donc accepté leur gentille proposition et nous ne le regrettons pas. Le matin avant de partir vers La Paz, nous sommes allés tous ensemble sur « l’Isla Flotante » (l’île flottante), que connaissait Carlos. Elle est  faite en totora, comme l’île d’Uros du côté péruvien, mais elle est bien moins touristique. Nous y avons mangé des truites que nous venions de pêcher, nous-même. Nous étions 6 sur l’île, ce matin là. Nous nous sommes attablés pour déguster cette truite. Il faisait grand beau et le site nous a donné un avant goût de ce que nous imaginons être Tahiti.

            Nous rayonnons donc.

            Tout d’abord, nous avons dû remplacer un rayon de la roue arrière. Il n’a pas supporté le traitement que nous lui avons infligé sur les routes très très inégales du Pérou. Il a décidé de « se casser ». Ça  tombait mal! C’est la seule réparation que Philippe n’a jamais réalisé avant notre départ. Par chance, il a cassé à moins de 3kms du village où nous voulions nous arrêter ce jour-là. Dans l’auberge de jeunesse où nous avons dormi, il y avait de l’espace pour effectuer la réparation. De plus, tous les éléments, cassettes, disque, se sont laissés démonter sans difficulté. Les « problèmes » sont apparus lorsqu’il a fallu mettre en place le nouveau rayon. Il faut en effet, le faire passer derrière un premier, puis devant un autre avant de le fixer. Mais avec tous les autres rayons déjà en place, ça ne passait pas. Philippe n’osait pas trop le « contraindre » pour le faire passer. Mais après avoir tourné et retourné le problème dans tous les sens, il a dû s’y résoudre. D’ailleurs si des copains cyclo ont une technique particulière qui simplifie l’opération, Philippe est preneur. Philippe était très content, car il est parvenu à le mettre en place, sans enlever, ni le pneu, ni la chambre à air, en réutilisant l’écrou de l’ancien rayon. 

 

            Nous rayonnons aussi dans La Paz. C’est une ville tentaculaire. Les maisons du quartier populaire d’El Alto, la partie haute de la Paz, occupent toutes les collines entourant la ville.  On n’aperçoit aucun espace libre. Tout ceci est fait en plus dans le plus grand chaos. L’impression en arrivant est saisissante. C’est GIGANTESQUE! Entre le haut et le bas, le dénivelé est de 800 mètres. Cette capitale, la plus haute du monde est, en effet, étagée de 3200 à 4000 mètres. La Paz, a proprement parler, se trouve au fond de la cuvette.1.480.000 habitants vivent dans cet espace alors que l’ensemble de la Bolivie n’en compte que 8 millions environ.

           

 Dans l’ensemble de la cité, la circulation est infernale. On a l’impression que tout est bloqué, mais ça bouge quand même. Les gaz d’échappement sont d’une noirceur inquiétante. Coco et moi avions tous les 2 un rhume en arrivant. Avec la pollution, la situation a nettement empiré pour Co qui tousse énormément et craint pour son oreille, car elle qui est sujette aux otites.

 

 

            Autrement déambuler dans cette ville est agréable. Il y a une effervescence permanente. C’est aussi, un gigantesque marché. Partout, il y a de petits étals, organisés ou non, qui occupent les trottoirs, et une partie de la chaussée. Il y a également de très beaux monuments. On aime bien cette ville. Seule la toux de Coco nous embête.

      

 

  

    Nous rayonnons enfin, en retournant à Copacabana pour nous rendre sur l’île du soleil où nous avons la chance de trouver une chambre exceptionnelle, à un prix, après négociation, défiant toute concurrence. Des baies vitrées sur 3 côtés, et juste en face de la Cordillère Royale. De ce côté-ci, nous ne pouvons pas assister au coucher de soleil, il faut que nous allions chercher un endroit à pied. Par contre, demain matin, pour le lever de soleil, on pourra y assister depuis le fond de notre lit. Et ça c’est top. Ne pas avoir à sortir sur les coups de 5h30 du matin, c’est bien, n’est-ce pas? Malgré des nuages qui masquent un peu l’horizon, ces 2 spectacles sont incroyables. Imaginez un endroit, sans aucun bruit autres que ceux de l’environnement naturel. Il n’y a aucun véhicule sur l’île. Nous croisons une personne de temps en temps. On a vraiment l’impression d’être seuls, pour assister à ce spectacle qui s’offre à nous. Le lendemain, après avoir assisté au lever de soleil, en sortant du lit, seulement pour faire quelques photos, nous allons faire une randonnée sur l’île en laissant nos affaires à l’hôtel. Nous avons rendez-vous à 14h00 avec la dame de l’hôtel, pour les récupérer afin de pouvoir prendre le bateau de 15h30 qui nous ramènera à Copacabana, où nous espérons pouvoir enfin, rencontrer Stéphanie et Félix, autres tandémistes français, avec qui nous sommes en contact, qui nous suivent à quelques jours, et qui devraient être arrivés à Copacabana hier dans l’après-midi. A 14h30, comme la dame n’est pas là, Philippe décide de rentrer comme il peut dans l’hôtel. Par chance, une des fenêtres de la cuisine, est mal fermée. Il parvient à l’ouvrir et, de cette façon, récupère nos affaires.

 

            Nous avons prévu de dormir à Copacabana pour ne repartir que le lendemain matin à la première heure, afin d’être à La Paz pour manger chez la maman de Carlos,  chez qui nous sommes invités, avant d’aller tous ensemble dans l’après-midi, visiter la « Vallée de la Luna » (vallée de la Lune).

            On a réservé une chambre dans laquelle, nous avons déjà dormi, mais une « embrouille », fait que nous nous fâchons avec le gérant de l’hôtel qui veut nous refiler, au même prix, une autre chambre car il a déjà reloué la nôtre. Certainement à un prix supérieur à celui que nous avions négocié. Comme nous avons pour habitude de visiter quasiment tous les lieux d’hébergement d’une ville avant de nous décider, nous l’avions fait mardi dernier, lors de notre précédent passage à Copacabana, et nous avions repéré entre-autres un hôtel super, mais dont la chambre « matrimoniale » était difficilement accessible pour y mettre le tandem et la remorque. Comme cette fois-ci, nous ne les avons pas, nous les avons laissé chez Carlos à La Paz, nous n’avons pas de problème. On y va donc, et le hasard fait, à nouveau bien les choses, car nous apprenons que Stéphanie et Félix sont aussi descendus dans cet hôtel. Ils y ont laissé leur tandem, mais eux sont partis dormir cette nuit sur l’Isla del Sol.

            Ce matin donc, lundi 28 septembre, nous allons tranquillement chercher un bus pour aller à La Paz. Bizarrement, sur la place habituellement noire de mini-bus, il n’y en a aucun. On se renseigne, et on nous apprend que la route est coupée par des pierres. Comme il a beaucoup plu cette nuit, on imagine un éboulement, mais il n’en est rien. Ce sont les supporters d’un candidat à l’élection présidentielle, qui a lieu en décembre de cette année, opposant à Evo Morales, qui trouvant que la région manque de moyens de la part de l’état, ont décidé d’organiser un barrage sur la route. On ne sait pas trop à quelle heure, ce barrage sera levé. Ce qui n’est pas trop un problème pour nous, qui n’avons pas d’impératif, on a simplement prévenu Carlos de ce contretemps et le programme d’aujourd’hui est reporté à demain,  mais pour un couple d’allemands qui a un avion demain matin à La Paz pour Buenos-Aires et dont tous les hôtels pour la suite sont réservés, la situation est bien plus « stressante ».

            Nous, on prend ce contretemps comme une chance, qui nous permet de « trouver » du temps, afin d’essayer de finir notre article. On prend notre « mal » en patience. On verra suivant l’évolution de la situation. Eux sont très tendus et cherchent une solution alternative. Ils envisagent de repasser au Pérou, pour atteindre La Paz par l’autre frontière. C’est beaucoup d’heures de route, avec de nombreux changements de bus, aléatoires, et surtout le risque que les supporters du fameux candidat, bloquent aussi cet accès qui est bien plus commercial et donc plus sensible que le nôtre qui n’est majoritairement que touristique. De plus nous savons, si c’est comme au Perou, que lors de grèves ou de manifestations, tout le monde doit y participer. Si un « local », se limite à regarder sans participer, il est aussitôt « pris » par les manifestants, obligé à venir participer et en plus fouetté pour lui apprendre. Donc en général, il y a peu de non-manifestants

 

            On voudrait aussi faire un petit bilan de ce mois et demi passé au Pérou. En premier lieu, dire que l’on a adoré ce pays et ses habitants.

            Les paysages sont époustouflants. Malheureusement nos photos ne peuvent pas refléter l’immensité et la beauté incroyable de la plupart des endroits que nous avons traversés.

            Nous avons vu plusieurs Pérou. En premier lieu Lima, qui est à part. 9 millions d’habitants pour un pays qui en compte 33millions! Plus du quart des péruviens vivent à Lima! Cette ville grise, dans laquelle la majorité des gens se barricadent derrière de grosses grilles, est « déstabilisante » lorsque l’on arrive, mais ensuite quand on la parcourt, on lui trouve beaucoup de charme. En deuxième lieu, les régions le long de la côte pacifique, de part et d’autre de la panaméricaine, que nous avons parcourues jusqu’à Nazca sont désertiques, grises, tristes et plates. Puis, à partir de Nazca et jusqu’à l’Altiplano, c’est pentu, c’est le moins qu’on puisse dire, pierreux et assez désertique. La partie suivante jusqu’à Cuzco est vallonnée, verte et plus riche. Cuzco et Arequipa, sont deux villes très, « trop » touristiques, mais qui sont très agréables dés que l’on s’isole un peu du quartier touristique. La vallée sacrée, à côté de Cuzco, est magnifique. Et enfin, les régions qui vont de Cuzco jusqu’à la frontière, sont  quasi plates. A partir de Puno et jusqu’à la frontière, on longe le Lac Titicaca et là les paysages sont sublimes, les couleurs de la végétation, du lac, des roches, rendent cette partie particulièrement belle.

            L’état des routes est très aléatoire, il semble dépendre de la richesse de la  région traversée et de la proximité des élections régionales.

            Par contre les habitants sont vraiment adorables dans tout le pays. Peut-être un peu plus « rustres » et moins conviviaux en arrivant dans la région de Juliaca et de Puno.  Moins de signes de sympathie. Mais c’est tout à fait marginal vu la taille du pays. Les gens cherchent toujours à vous aider et si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous trouvez toujours quelqu’un qui s’occupera de vous. Si vous demandez l’hospitalité dans un village qui n’a pas d’hébergement « organisé », la communauté se concertera et vous trouvera une famille qui vous accueillera pour la nuit. Saurait-on faire de même?

 

           

 

Nous nous sommes faits beaucoup d’amis dans ce pays. Des français, qui ont décidé de venir aider ce pays et sa population, en travaillant dans des associations, en montant des « entreprises ». Des péruviens, qui avec la gentillesse évoquée nous ont donné beaucoup, de façon totalement désintéressée. Certains de ceux évoqués resteront des amis au-delà de la simple rencontre pendant notre périple.

 

           

 

 Ci-dessous, une liste à la Prévert, d’éléments qui nous ont marqués. Anecdotiques ou plus sérieux :

-        La musique est toujours très forte. Partout.

-        La télévision est allumée en permanence. On avait déjà évoqué ça dans tous les pays traversés à l’exception de la France.

-        Les motos, en ville, roulent souvent avec leur béquille latérale dépliée.

-        Prix :

-        une chambre « matrimoniale » avec SdB et eau chaude : env. 35 soles ( env.9€)

-        prix moyen d’un repas : 5 soles (env. 1,25€)

-        une petite bouteille d’eau (650ml) : 1,50 soles (0,4€)

-        repas le plus cher : 77 soles par personne (env. 19,5€) anniversaire de mariage (27ans)

-        repas le moins cher : 1, 50 soles par personne

-        Les péruviens ne font pas la queue et passent devant les autres sans aucun problème, même si la personne est entrain d’être servie.

-        Ils sifflent les serveurs

-        La quasi-totalité des animaux sont en liberté. Ils sont « marqués » avec un signe distinctif propre à leur propriétaire.

-        Tout le monde se promène avec son rouleau de papier toilette.

-        Le papier toilette usagé ne se jette pas dans la cuvette des WC mais dans la poubelle. Cette consigne de jeter dans la poubelle existe, car sinon les péruviens jettent n’importent quoi dans les toilettes, chaussures, vêtements, etc…

-        Les péruviens ont été traumatisés par la guerre civile qui existait à l’époque du mouvement révolutionnaire du Sentier Lumineux. Et tous, sans exception, enfin tous ceux que l’on a croisés vouent un culte à Fujimori, qui a éradiqué ce mouvement, avec des méthodes extrêmes. Il a été jugé pour les crimes commis dont il ne pouvait pas ne pas avoir connaissance, et est incarcéré pour 25 années. Mais sa fille Keiko, qui se présente aux prochaines élections présidentielles qui ont lieu en décembre, comme en Bolivie, comme au Chili, est en tête des sondages et a de très fortes chances d’être élue. 

 

Et enfin, une petite synthèse de notre périple au Pérou :

-        43 jours : du mercredi 12 Août au mercredi 23 septembre

-        31 jours de franc soleil, 2 jours de soleil voilé, 6 jours de brume, 3 jours de pluie

-        830 kms à vélo

-        la plus longue étape en distance : 98 kms pour relier  Ayaviri  à Juliaca.

-        la plus longue étape en temps : 4h25 sur le vélo de Quiquijana à Sicuani

-        la plus courte étape en distance : 25 kms pour aller d’un camping sauvage à Villatambo. C’est aussi la plus faible moyenne : 5,8 km/h

-        20 jours passés à plus de 3000 mètres

-        répartition de nos 43 nuits par type d’hébergement : 21 hôtels, 17 chez des particuliers, 2 en camping sauvage,  3 dans les locaux d’associations

 

            Nous sommes donc, maintenant en Bolivie. Pour combien de temps? Nous ne le savons pas. Nous voulons simplement être à Buenos-Aires, chez Marianne, la cousine de Philippe, pour la fin Octobre. D’ici-là, nous voulons passer à Oruro, Potosi, Sucre et enfin Uyuni. D’après les cyclos rencontrés, un japonais, un brésilien, et un argentin, la route à partir d’Oruro semble quasi impraticable. Donc que ferons-nous? Comment? On va voir ça en avançant. On vous tient au courant dans les jours qui viennent.

 

 

On vous embrasse tous.

 Si vous en avez la possibilité, vous savez combien cela nous fait du bien, mettez-nous un petit mot, dans la case « Commentaire » à la fin de l’article. Ce n’est d’ailleurs pas forcément un commentaire, mais quelques nouvelles, une blague, ce que vous voulez, mais mettez-nous 2,3 lignes.  Et si vous pouvez prendre la bonne habitude de le faire à chaque nouvel article, ce serait super sympa.

Merci à tous ceux qui le font déjà et merci d’avance à tous les autres.

 

Gros bisous.

Philippe et Corinne          

           

 

 

 

 

Corinne et Philippe le septembre 16th, 2009

Nous reprenons notre histoire, là où nous nous étions arrêtés, à savoir à Andahuaylas, dans l’association « Munay ».

Nous sommes installés dans les locaux de l’association à Munay Wasi. Là, nous sommes les seuls « non péruviens ».

Raul, le coordinateur des projets de Munay, nous fait visiter le site. Il y a:

  • une école pour les petits de 3 à 5 ans, qui sont environ une quarantaine avec 6 assistantes maternelles.

  • une classe pour les enfants de 6 à 8 ans.

  • un cabinet dentaire superbement équipé, mais qui ne fonctionne que lorsque qu’un dentiste volontaire y vient.

  • une bibliothèque avec ludothèque pour les enfants.

  • des dortoirs pour les volontaires qui viennent travailler dans l’association.

  • une cuisine, ainsi qu’une cantine, qui fonctionnent avec l’école.

  • une salle commune dans laquelle se tiennent des réunions de quartier ou bien des séminaires, ou encore des fêtes. Et, en ce moment, pour 3 jours, cette salle sert de dortoir pour une soixantaine d’enfants qui sont en classe découverte.

Le soir nous allons faire quelque courses dans le quartier pour manger. Corinne qui est mal fichue s’abstient, elle est vraiment patraque, elle a froid et pratique avec assiduité les toilettes!

Nous venons d’entamer notre cinquième mois de voyage. C’est incroyablement riche ce que l’on vit. Le temps file….

Le lendemain, nous avons rendez vous, sur la Plaza de Armas, avec Raul, qui va nous servir de guide, aussi bien pour les activités de MUNAY, que pour les visites « touristiques ».

Nous allons commencer par visiter le marché d’Andahuaylas. Il est gigantesque. On y trouve de tout. Philippe s’y achète un lance-pierre, en souvenir de son enfance et également pour éloigner les chiens si nécessaire. Mais il a bien perdu la main, et Raul doit l’initier au maniement de cette arme très utilisée ici. A la fin de la journée, tout de même, il parvient à tirer une pierre sans s’exploser un des doigts qui tient le lance-pierre.

Ensuite nous passons chez Raul, pour y prendre la voiture et retrouver Nieves, sa femme. Elle est entrain de laver le linge avec l’aide d’une étudiante qui suit des cours le soir, et vit chez eux en accomplissant divers travaux ménagers. Ce mode de fonctionnement semble répandu au Pérou. Les gens « emploient » quelqu’un, à qui ils paient des études.

Il y a également, une deuxième jeune fille qui s’occupe également des tâches ménagères et des enfants.

Nous partons tous les quatre, à la Laguna de Pacucha, à environ 15kms d’Andahuaylas. Le site est superbe, c’est un très grand lac entouré de montagnes somptueuses. Nous le contournons pour aller dans la montagne, voir une école ouverte récemment par Munay pour toute une communauté de paysans. Les enfants y sont une douzaine « encadrés » par une institutrice. Des mamans s’occupent de préparer le repas dans la cuisine extérieure, accolée à l’école(frites, bien sûr). Il y a aussi une douche solaire et des WC secs. Raul se met en colère avec le maçon car celui-ci a arrêté les travaux de la douche solaire ,faute de matériau. Raul n’est pas content de ne pas avoir été prévenu et qu’il ait fallu qu’il vienne pour s’en rendre compte. Cet après-midi, il va donc s’occuper de faire livrer un camion de sable….

En revenant vers la Laguna, nous visitons les ruines de Sondor. Superbe site Inca. La vue depuis le point le plus haut, (qu’il faut atteindre, soit dit entre nous, le souffle c’est pas encore ça!) est fantastique. Nous sommes seuls sur le site. C’est grandiose.

Nous rentrons ensuite manger chez Nieves et Raul, avant d’aller voir le site de Munay Semillas, grand lieu d’hébergement pour les volontaires de Munay. On y rencontre Luc, arrivé en décembre pour un mois et qui est encore là, voulant même y rester et qui cherche un travail, pour avoir un moyen de subsistance. On y rencontre aussi Pascale, qui est au Pérou depuis 9 mois. Elle a vadrouillé dans le pays pendant 3 mois et est revenu à Andahuaylas pour y finir son séjour, en Amérique du Sud. Son année sabbatique se terminant bientôt, elle rentre le mois prochain en France.

Sur le chemin de Munay Semillas, nous sommes passés par la maison des mères de Munay. C’est un lieu de repos, où les femmes viennent quelques jours avant l’accouchement, qui a lieu, lui, au centre de santé situé à côté, et où elles reviennent après l’accouchement, pour s’y reposer quelques jours.

Munay a également inventé le PEB, le Poêle Economique à Bois, qui ne nécessite qu’un tout petit peu de bois. Ce poêle équipe donc la cantine de la maison des mères.

Nous passons également voir une famille qui a une marraine française via l’association. Cela revient à verser environ 40€ par mois, qui servent à des achats « durables », par exemple poules pour avoir des œufs. Munay a installé des WC secs pour cette famille, qui ne disposait de rien précédemment.

Nous finissons notre « tournée » par le « Paraïaso » (le Paradis en Quechua). C’est un lieu où Munay, avec l’aide d’un « spécialiste » local, fait pousser des semences de toutes variétés pour pouvoir ensuite inciter les villageois à faire un jardin potager, ce qui leur permettra de subvenir à leur diversification alimentaire. La dénutrition est un des principaux problèmes du Pérou. La pomme de terre étant la base alimentaire quasi unique des paysans. Munay est en train de construire un petit laboratoire où ils testeront les semences pour retenir celles qui sont les plus simples à installer et qui ne nécessitent pas trop d’entretien.

La personne qui s’occupe des plants sur place, fait de nombreux essais de plantations. Le site est incroyable., et très vert. Il y en a partout et comme c’est à flanc de colline, pour tout voir, il faut grimper, descendre, regrimper, etc… (no comment sur notre souffle!)

Pendant notre visite, on va d’ailleurs se prendre une bonne saucée. Notre première au Pérou. Mais comme tout finit toujours bien, on profitera juste après d’un superbe arc-en-ciel.

Le lendemain, toujours avec Raul,nous allons dans la communauté de Churubamba. Raul a réservé un mini-bus car outre nous deux, il y a le maçon péruvien qui fabrique les douches solaires, Luc, Margot, et Pascale, les seuls volontaires français de l’association actuellement.

Nous allons dans l’école de la communauté, installée par Munay. Il y a de nombreuses classes. Nous en visitons deux et « el professor » nous explique les difficultés auxquelles il est confronté. Le premier problème est dû au fait que les enfants sont des enfants de paysans et soit, ils ne viennent pas pour travailler aux champs, soit, après l’école, ils doivent aider à la ferme. Le deuxième problème est lié à la langue (Quechua vs Castillan), le troisième à la malnutrition.

Pour résoudre ce dernier point, Munay vient d’installer un jardin, dont l’entretien est assuré par des groupes de tricoteuses. Elles sont déjà organisées en groupe pour le tricot. Munay leur vend la laine au prix coûtant à J. Les femmes paient Munay à J+2mois, le temps d’avoir vendu une partie de leur production. En contrepartie, elles « donnent » du temps pour entretenir le potager, ce qui, à terme, avec l’installation de la serre, leur permettra d’avoir de la verdure à donner à leurs enfants.

Pour détailler les problèmes liés à la langue : les enfants parlent Quechua dans leur environnement familiale, alors que la langue officielle est l’espagnol (le Castillan), ce qui complexifie les apprentissages. Ils ne commencent l’espagnol qu’à partir de la 3ème année.

Pour l’organisation de la classe, les élèves travaillent en groupe de 4, avec un référent dans le groupe, qui peut aider les autres. Il n’y a aucune note individuelle, pour ne pas dévaloriser qui que ce soit.

Dans le jardin de l’école, est installée une douche solaire. Le système de la douche solaire est basique. Une arrivée d’eau avec suffisamment de pression qui descend directement de la montagne. Un T, dont une partie est directement l’eau froide, la 2ème serpente dans des tuyaux peints en noir (pour récupérer la chaleur du soleil) et dont les bouts sont 2 bouteilles fixées sur le tuyeau. Le serpent est composée de 8 tubes et c’est cette succession de tubes qui permet à l’eau d’être chauffée par le soleil. Dès 9h00, quand le soleil chauffe, et jusqu’en fin d’après-midi, il y a de l’eau chaude. Aujourd’hui la douche solaire est réservée aux enfants de l’école. Mais les cours s’arrêtant à 14h30, Munay essaie de voir si la communauté pourrait accepter qu’ensuite la douche puisse être utilisée par les adultes. Toutes les décisions sont prises collectivement dans les réunions de la communauté. Ce mode de fonctionnement semble très souple et efficace. Une fois la décision prise.

On visite également le centre de santé, où chaque jour il y a médecin et infirmier. Ils nous expliquent que les gens ne viennent que lorsqu’ils sont malades et qu’ils veulent une guérison immédiate. Pour eux dans le cas contraire, cela indique que le centre de santé ne sert pas à grand chose. La grosse difficulté réside dans la prévention, dont ils ne perçoivent pas l’utilité.

Avant de reprendre le collectivo qui doit nous ramener à Abancay, nous allons manger avec Raul, Nieves, leur petit fils et Pascale. Après ça, on va boire un coup chez Brice au « Cappuccino ». On en profite pour se connecter en Wi-fi et charger quelques photos sur le site. (A ce propos, allez-vous les voir? Via l’onglet photo du site )

Lorsque l’on arrive au rendez-vous du collectivo, on sent tout de suite lembrouille. Ils nous ont « effacés » de la liste des passagers de 16h00. Là, on se met en colère. On était passé la veille pour changer l’horaire et devant nous, ils avaient fait la correction. On s’installe donc le mini-bus et on attend après avoir poussé un bon coup de gueulante. Ils comprennent qu’on n’en bougera pas, et sans qu’on sache trop leur arrangement, Corinne change de place pour être à côté du chauffeur, et hormis ça, quand le mini-bus part, nous sommes dedans…..

Le retour est somptueux. Les paysages, grandioses, magnifiques, et avec une lumière de fin de journée. C’est un vrai régal. Par contre, on peut déjà dire que nous avons fait la « route de la mort ». La route est étroite et les précipices vertigineux. Lorsque l’on croise un camion ou qu’on doit effectuer un dépassement, on sert les fesses. D’ailleurs souvent dans les collectivos et mini-bus, les péruviens se signent lorsque la voiture commence à rouler. Ça rassure…

Nous voici donc de retour à notre hôtel d’Abancay, où sont restés Aucéba et les affaires. Le matin nous avons rendez-vous avec un chauffeur qui doit nous « monter », le lendemain, au sommet de la collina, à la sortie d’Abancay, sur la route de Cuzco. (33kms d’ascension bien pentue, soit un jour pour nous dans cette configuration). Ce qui va donc nous faire « gagner » un jour et pas mal d’efforts. On n’a pas trop confiance en lui. Le 1er jour c’était 20 soles, hier quand on l’a croisé, c’était devenu 100$. On a raison, il ne viendra pas. Heureusement, hier soir, nous en avons parlé au réceptionniste de l’hôtel qui nous a dit qu’il s’en occuperait aujourd’hui. Et ce matin, avec un petit jeune, Henry, qui fait beaucoup de vélo, ils s’occupent de nous trouver un taxi. On a fixé la barre à 40 soles. Tous les 2 sont postés dans la rue devant l’hôtel et quand un taxi, qui correspond au besoin, passe, ils lui font signe. Le 1er sera le bon. Ils le connaissent tous les 2 et il accepte de nous monter demain matin à 8h00 pour 35 soles. Philippe dit « non ce sera 40 ». On sait pas pourquoi, sauf qu’il lui paraît vraiment sympa, et qu’en plus il est content que le problème soit déjà réglé.

Après ça, pendant que Corinne va charger l’article et mettre les photos, Philippe révise le tandem et la remorque. S’assurer que tout fonctionne, est serré. Un p’tit coup de nettoyage, et on regonfle les pneus. Henry vient voir la bête, et discuter. Il nous apprend qu’il étudie la cuisine, et qu’il va venir en Allemagne l’année prochaine en Août. Sa sœur habite là-bas. On lui donne notre adresse pour qu’il puisse venir en France. Co lui demande une recette typique péruvienne. Il dit « pas de problème je te l’écrirais, et ce soir je vous invite à la maison. Je vais vous faire à manger ». Rendez-vous est pris pour 19h00 à l’hôtel .

Entre temps, on va ranger les affaires pour notre départ de demain. Finalement, le soir, Henry qui n’a pas pu cuisiner, passe nous chercher et on va manger dans un resto « musical » de la rue principale d’Abancay. C’est tellement fort qu’on a du mal à se comprendre et au bout d’un moment, on décroche. Il est gentil comme tout et passionné par la cuisine et l’histoire. En rentrant, il vient discuter un peu dans la chambre, mais au bout d’un moment, on lui fait comprendre qu’on a besoin de dormir pour être en forme demain. Ah, il nous offre 2 livres de cuisine péruvienne. Ce qui comble Philippe… pour qui faire la cuisine est une passion. Ils sont assez légers car il sait que nous sommes en vélo.

Le lendemain, au petit déjeuner, Henri est là, dans la cuisine. L’hôtel appartient à son père. Il nous prépare un « Causa », plat typique du Pérou. Comme on s’est déjà « baffré » de pain, Philippe ne peut en avaler qu’un mais Co parvient à manger les deux.

On arrive au col vers 9h30. On enfourche Aucéba et moins d’une heure après, on arrive aux portes de Curahuasi. On s’arrête pour faire les photos de nos 4000 kilomètres et alors que nous sommes entrain de ranger, une voiture s’arrête à notre hauteur. Un jeune d’une trentaine d’année, Harold, en sort et nous demande s’il peut faire des photos. On lui dit pas de problème et on commence à discuter. De fil en aiguille, on s’échange nos adresses et il nous dit qu’il y a une super ballade à faire à Curahuasi. Aller voir le Canyon de l’Apurimac, depuis le mirador auquel on accède par un chemin de montagne . Au bout d’un moment, il nous dit, « si vous êtes d’accord, on laisse votre équipage chez un ami à moi qui habite à 2 minutes et je vous emmène ». Ni une, ni deux, c’est parti. On débarque donc chez Werner, le fameux ami. On y laisse tour notre attirail et on monte dans la voiture d’Harold. En fait Werner, qui est ingénieur agronome et qui travaille à la municipalité, va nous accompagner aussi, en moto, avec son neveu Braulio. On monte sur un chemin de montagne qui a été inauguré par la municipalité mercredi dernier, soit il y a 2 jours. Arrivés au bout du chemin, on laisse voiture et moto et on continue à pied. On va d’abord au mirador de Capitan Roumi (le capitaine des pierres – en quechua). Le vertige de Philippe l’empêche de s’approcher de trop du précipice. Le canyon est vertigineux. C’est le plus profond du monde – 13400m.. On continue ensuite vers le mirador de San Cristobal, qui est le point d’observation le plus haut. Et bizarrement, pendant la marche le vertige de Philippe disparaît quasi complètement, et il peut s’approcher, faire des photos… L’altitude nous rend l’ascension difficile, et nous faisons de multiples pauses, alors que nous voyons bien que les autres n’ont aucune difficulté. Le paysage est grandiose. On voit des condors. Un feu apparaît devant nous sur une montagne en contre-bas. L’agriculteur qui brûlait son champ (courant au Pérou), n’a pu le maîtriser bien évidemment, et il prend vite de l’ampleur poussé par le vent. On apprend alors que dans ce cas, ils ne peuvent rien faire, car même il n’y a pas de pompiers à Curahuasi et de toutes façons, il n’y a pas d’eau pour éteindre les feux!

Nous nous sommes régalés avec cette superbe randonnée, et nos accompagnateurs. Nous redescendons et nous allons manger avec Harold au restaurant de l’hôtel que nous avait recommandé Henry. Chose rigolote, c’est le père d’Harold qui a été l’architecte de cette hospédaje.

Werner vient nous rejoindre pour discuter. En se quittant le midi, il nous donne rendez-vous à 19h00 sur la plaza de Armas. Après s’être retrouvés, il nous emmène, devant l’épicerie d’un copain à lui où il nous offre une bière et une petite bouteille d’anis. C’est la spécialité de la région, l’anis. On prend notre bière que l’on boit tranquillement sur un banc en pierre devant l’épicerie. On y restera un long moment, à discuter avec Werner et son copain épicier. Ensuite on va manger tous les 3 dans un restaurant de pollo au four. On doit également se croiser demain car Werner va, comme nous, à Limatambo, et il nous rattrapera sur la route. Ça c’est sûr, vu notre rythme!

On repart donc le lendemain de Curahuasi. Au début, on roule vite: ça descend! Ensuite quelques plats et faux plats, nous font plafonner à 10km/h. A 9h30 on est au pont d’où débute l’ascension. On en a pour 21kms. Il s’avère que les pourcentages sont loin d’être réguliers. Le début va à peu près, la fin par contre est particulièrement difficile. Ça monte sacrément. Corinne n’a plus de jus depuis un moment. Au mieux on fait des pauses tous le 2 kms, au pire, c’est tous les 500m. On est à environ 2kms du but vers 14h30. Malgré les difficultés, Philippe trouve que les paysages sont superbes. Co, elle ne regarde que ses chaussures. Alors qu’on fait une pause, on voit arriver Werner en moto. On discute un moment et on convient qu’il nous retrouvera en ville. La ville étant petite, il n’aura pas trop de difficultés. On arrive « cuits » à Limatombo. On veut manger et se poser. Co trouve une petite Hospédaje bien calme qui donne sur un petit jardin intérieur, avec une chambre spacieuse où nous n’avons aucun mal à rentrer le tandem et la remorque.

En fin d’après-midi, Werner vient discuter avec la propriétaire pour qu’elle nous trouve un taxi qui puisse nous monter au col demain matin, pour 30 soles. Il est évident qu’on ne pourrait pas le faire dans les circonstances actuelles : Altitude et Poids. A ce sujet, on a décidé qu’à Cuzco, on refait le tri et on vire tout ce qui n’est pas indispensable.

Le taxi que nous a trouvé la dame de l’hospédaje n’a pas de galerie comme nous en avons l’habitude. Le chauffeur nous dit « je vais demander à un autre taxi avec une galerie, de venir ». En fait, il revient, car nous dit-il, il n’y en pas de disponible. Il nous dit : « ça va aller, avec mes 2 barres latérales ». Y’a pas d’autres solutions immédiates, on essaie donc, et « ça va le faire ». Philippe ne peut pas serrer les sangles autant que d’habitude sous peine de lui arracher ses barres. Mais avec les 2 sangles et sa corde, l’ensemble est solidement fixé quand même. Nous avions négocié 30 soles pour monter au col (26kms), il propose à Philippe de nous déposer à l’adresse que l’on veut à Cuzco, pour 50soles, comprend Philippe . Il s’avérera que c’était 60 soles. Corinne était crevée hier et a super mal dormi, à cause des « mousquos », qu’elle a rencontrés à Curahuasi et dont les boutons l’ont démangée toute la nuit, l’obligeant à se gratter en permanence, Philippe accepte la proposition.

Ça nous fera également, à nouveau, « gagner »un jour. Toujours cette nécessité de sortir du Pérou avant fin Septembre, et avec le temps « nécessaire » en Bolivie, sans se speeder, mais en voulant arriver chez Marianne, à Bueno-Aires, avant fin Octobre pour avoir du temps avec eux et la famille et également se laisser la possibilité d’aller voir les chutes d’Iguazu.

On arrive donc à Cuzco, en milieu de matinée. On va dans la maison de Puri, une péruvienne qui vit à Rennes et que connaissent nos amis Barthel. Berna, la dame qui « garde » la maison de Puri, est là à notre arrivée. Outre le gardiennage de la maison, elle vend du Maté autour du Mercado (marché) de Tio, qui est juste à côté. Elle a un fils de 35 ans, Angel, qui vit aussi dans la maison.

On va déjeuner sur le marché dans une petite échoppe, bourrée de Péruviens, notre critère numéro un pour sélectionner les resto! Une serveuse dit à Corinne, c’est rare que les « gringos » parlent Espagnol, d’habitude, ils nous parlent en anglais. Ce n’est pas la première fois qu’on nous fait cette réflexion. Et pourtant notre espagnol n’est pas encore très bon, mais on se débrouille!!!

Le début d’après-midi est consacré à la préparation de notre séjour à Cuzco. Nous hésitons encore sur le Machu Piccu. Beaucoup de gens ici, nous recommandent d’y aller en nous disant que c’est exceptionnel. D’autres par contre qui y sont allés, ont été déçus. Alors? On verra.

Cet après-midi, nous voulions aller à la Plaza de Armas, mais on est parti tard et le trafic est dense. Nous sommes donc juste allés à la banque et nous avons retiré 1500 soles. (environ 380€). Nous ne récupérons que des coupures de 100 soles, peu pratiques à utiliser. Nous rentrons dans la banque pour avoir des billets de coupures inférieures. Un policier, nous demande ce dont nous avons besoin. On lui explique, il nous dit « donnez moi vos billets, je m’en occupe ». On lui dit qu’on préfère l’accompagner, il nous dit « mais avec moi, c’est sûr, je suis policier ». Il comprend qu’on ne les lui remettra pas et il nous accompagne devant une porte où le change se fait, client par client. Porte sécurisée et gardée à l’intérieur par un autre policier, auquel le nôtre dit, « après c’est à eux ». L’agent de banque qui nous fait la monnaie ne nous donne pas tous les billets qu’il a en main. Il les trie. On lui demande pourquoi, et il nous explique, très gentiment, que certains sont des faux et comment les reconnaître : figure dans le papier visible à la lumière, et couleur du montant en bout de billet, qui change selon l’inclinaison du billet.

Quand on racontera cette anecdote à la famille d’Harold, ils nous diront qu’on a eu raison de se méfier.

Pour notre deuxième jour à Cuzco, on prend notre temps. Nous avons trié la remorque et les sacoches et enlevé ce qui ne nous semblait pas indispensable. Le réchaud et l’essence, les hauts techniques de vélo à manches longues et sous-vêtement bleus, le fauteuil, les sur-chaussures de pluie, les chaussettes super chaudes, les jeux, les petites roues,… Nous allons envoyer une partie à la maison et une partie chez Marianne, la cousine de Phiippe, à Buenos-Aires.

Après nous sélectionnons ce que nous voulons voir autour de Cuzco et dans la vallée sacrée. Harold nous téléphone et vient nous rejoindre. Nous discutons avec lui de nos projets de visite dans la vallée sacrée. Il nous propose de nous accompagner demain avec « son amoureuse ». On trouve ça super et bien sûr, on accepte.

On pensait partir de Cuzco, samedi, mais Harold nous a invité chez lui le samedi, pour le repas familial. On partira donc dimanche matin.

Harold a la gentillesse de nous consacrer toute son après-midi. Nous voulons aller voir la « Fiesta de la Virgen de Natividad - Allmundena ». Défilé avec de magnifiques couleurs, costumes, rythmes, danses. . Tout le monde (Harold, la police) nous disent de faire attention aux agressions et au pickpockets, mais tout ce passe très bien. Pour nous rendre aux différents endroits où nous voulons aller, nous parcourons la ville en voiture avec Harold. Ce qui nous donne un aperçu complet de la cité qui est très étendue. Nous nous déplaçons aussi beaucoup à pied. Il y a énormément de touristes dans le centre historique, mais dés qu’on s’en éloigne, on n’en voit quasiment plus. Nous allons près de la plaza de Armas, voir la pierre angulaire, aux 12 facettes. Les assemblages de pierres Incas pour l’élaboration des murs, sont incroyables. On n’y passerait pas une feuille de papier à cigarettes. Ensuite nous allons acheter nos billes « touristico » pour pouvoir visiter les sites que nous avons sélectionné. Nous prenons, sans réfléchir, le Billeto a 130soles par personne, qui donne aussi le droit d’accès, à des sites que nous ne voulons pas visiter. On ne sait pas qu’il y a d’autres formules. Heureusement, Harold, vigilant, nous alerte (à ce sujet, les habitants de Cuzco, ne paient pas pour l’accès aux sites de la Vallée Sacrée, sauf pour le Macchu Pichu). On récupère donc notre argent et on prend la 2ème formule à 70soles par personne qui nous donne droit à tout ce que l’on veut voir.

Nous voulons aussi aller à l’Alliance Française, pour essayer de trouver des journaux récents et des livres à échanger. Nous récupérons la voiture qu’Harold a garé dans la rue qui conduit à l’église San Antonio, objectif du défilé précédemment évoqué.. On se retrouve avec la voiture en plein milieu du défilé! Les gens sont vraiment « cools » car personne ne nous dit rien.

Arrivés à l’Alliance Française nous sommes surpris, car personne n’y parle français. Iil n’y a pas de journaux récents, nous avons seulement trouvé le journal de la Seine-Saint-Denis daté de mai 2009… Pas de possibilité d’acheter ou d’échanger un livre à emmener. Pas d’espace d’échange d’infos autour des français à Cuzco. C’est la première Alliance française où nous allons, mais nous sommes bien déçus.

Le lendemain, soit le mercredi 09 Septembre, Harold et Maribel arrivent vers 7h15 et nous partons, tout de suite, vers les hauteurs de Cuzco pour aller au pied du Jesus Blanco. On peut y découvrir la ville depuis ses hauteurs, et essayer de voir la forme du jaguar que représente la ville.

Et maintenant, direction Pisac. Là, c’est vraiment l’enchantement. Il n’y a quasiment personne et le site est magnifique. Nous montons jusqu’au point le plus haut du site, vertigineux, avant de redescendre vers la ville par un chemin de randonnée.

Philippe a le vertige qui recommence à le titiller, mais encore une fois, au fil du temps, ce sentiment s’estompe. La randonnée est vraiment très belle.

Le midi, nous mangeons dans un petit resto que connait Harold. Nous y avons goûté pour la première fois du Cui (cocon d’inde). C’est pas inoubliable, mais c’est bon. Il y a peu de viande et beaucoup de petits os.

Après le déjeuner, on va à Ollanloytambo. Là, par contre, beaucoup de touristes. On réussit à les éviter pendant un moment en prenant le chemin en sens inverse. Mais on se retrouve au milieu de la foule, lorsque nous atteignons les hauteurs du site.

La ville, en elle-même, est restée très « rustique ». Il y a encore des maisons qui sont celles dans lesquelles vivaient les incas. Nous visitons 2, car Harold les connait. Des gens y vivent. Ils gardent les crânes de leurs ancêtres dans l’unique pièce de la maison, et ils font l’élevage de Cuis (cochons d’inde) également dans cette pièce.

Nous reprenons la route, et dans une petite ville, Yucay, il y a un défilé de toutes les écoles devant les autorités de la ville. On s’arrête pour y faire un petit tour et prendre quelques photos.

Ce jour-là, nous appelons notre fils, Sébastien pour lui souhaiter « bon anniversaire ». A 17h00, ici, il est minuit à Paris. Mais nous ne sommes pas les premiers à le lui souhaiter, ses sœurs nous ont précédés!

Le programme de notre journée suivante, jeudi 10 Septembre: prendre un taxi pour aller à Cuzco, au point de départ des colectivos pour Urubamba. Se faire déposer à Chinchero, visiter la ville et le marché, prendre un taxi qui nous emmène à Moray, nous attende pendant qu’on visite le site, et nous emmène ensuite à Maras puis au Salinas (marais salants en étages). Tous ces sites sont très peu visités, mais nous ont été recommandés par pleins de locaux. Depuis les Salinas, descendre jusqu’à la route par le sentier de montagne avant de regagner Urubamba en colectivo, et enfin retour à Cuzco, toujours en colectivo.

Notre programme s’est déroulé à merveille. C’était vraiment un super tour. Dans le premier colectivo, nous avons sympathisé avec un archéologue péruvien qui allait à Ollanloytambo, et qui partait bientôt en Espagne en espérant pouvoir faire un tour en France, à Paris où il connait du monde.

A la sortie de Cuzco, nous apercevons un couple qui arrive en Pino, tandem où le passager est à l’avant en position couchée. Nous allons en reparler…

Dans le village de Chinchero, il y a la fête de la Virgen de la Natividad, qui dure trois jours, et tout le village, aujourd’hui, se rend à la messe. Tout le monde est en costumes traditionnels et c’est une véritable explosion de couleurs.

Le site de Moray est superbe. C’est un site où les Incas ont testé la conception des cultures en étages, orientation, profondeur, et les types de cultures, résistance, rendement. La ballade à partir des Salinas est impressionnante car on marche sur le bord des bassins et le petit muret est très étroit et par forcément plan. En plus, le côté est tout de suite à pic. Mais les couleurs des différents bassins, dans ce milieu naturel, sont extraordinaires.

Le vendredi, on prépare un repas français pour nos hôtes Berna et Angel et on va à la poste pour envoyer nos 2 paquets de sur-poids : 1 pour la maison, 5,485 kg et un chez Marianne à Buenos-Aires, 1,835kg . On peut dire qu’on s’est vraiment allégé, 7,320kg et financièrement aussi ( 281 soles ~70€). Mais le plus important, vraiment, c’est de rouler allégés. On verra le résultat.

Après, on se rend à l’association Qosqo Maki, dans laquelle travaille Angel. On y rencontre Isabelle, une française qui l’a fondée. Elle est au Pérou depuis maintenant 40 ans et a la nationalité péruvienne. Son combat est d’aider les enfants des rues de Cuzco. Elle a créé, à l’origine, un atelier (avec seulement 5 enfants)qui faisait des puzzles en bois. Ils les vendaient, ce qui permettait de couvrir les dépenses de fonctionnement. Les enfants dormaient dans la petite pièce qui leur servait d’atelier. Par la suite, elle a voulu qu’aucun enfant ne soit plus « obligés » de dormir dans la rue et elle a crée une « Hospédaje » pour les enfants des rues. Gratuite, sans obligation aucune, sinon celle de fournir un nom, mais qui peut-être réel ou faux, elle s’en fiche. Elle accueille les enfants mineurs, jusqu’à 18 ans donc. Elle leur fournit lit, douche, ludothèque, bibliothèque, journaux. Ils n’ont absolument aucune obligation.

En parallèle, elle a créé deux vrais ateliers. Le premier est une menuiserie, qui est une excroissance du petit atelier du début. L’autre est une boulangerie. Les produits sont vendus et il y a une véritable démarche d’entreprise. l’association cherche des clients. Ce n’est pas un centre de formation. Les enfants qui y travaillent, ont parfois du mal à s’y habituer. Dans la rue, ils n’ont pas de contraintes, autre que celle de travailler pour manger, et ils sont payés immédiatement. Alors que là, ils ne sont payés qu’en fin de mois et leur travail est conditionné par celui des autres et conditionne celui des suivants, dans le processus de fabrication. On sent Isabelle, dame de 70 ans, passionnée et hyper dynamique.

On mange avec toute l’équipe dans un resto équitable du quartier. On rencontre un jeune d’une école de commerce qui vient faire une année de césure dans l’association. Il doit s’occuper de développer l’aspect commercial et aider Isabelle dans ses tâches quotidiennes. Super ambiance festive.

Après on va aire un tour dans le quartier de San Blas à Cuzco. Un quartier où il fait bon flâner. Co aurait bien acheter une belle veste verte. Mais on a pas de solution sous la main pour l’envoyer à Paris. Donc, il faut qu’elle oublie…

Samedi, c’est le jour où Harold nous invite dans sa famille. Sa maman nous a fait un plat excellent. Co a préparé un far breton, qui a été bien apprécié. Un peu brûlé néanmoins. Le repas est très agréable, tout le monde discute. Encore une ambiance festive! Sur les coups de 17h00, on dit qu’il faut qu’on aille préparer nos affaires pour notre départ demain. Harold et Maribel nous raccompagnent et ils nous disent que le lendemain, il viennent à 7h00 pour nous guider jusqu’à la sortie de la ville, afin de nous montrer la route.

On est en contact par mail, jusqu’à présent, avec un couple de français en tandem qui nous suivent à quelques jour. Aujourd’hui, on se téléphone et on se rend compte que ce sont eux que l’on a aperçu avec le Pino, quelques jours plus tôt. On va essayer de se retrouver dans les jours qui viennent pour rouler ensemble. Peut-être à Juliaca..

On repart donc, de Cuzco le dimanche, comme prévu. Angel s’est levé pour prendre le petit déjeuner avec nous et nous dire au revoir. Harold et Maribel nous montrent le chemin, et nous protègent avec leur véhicule. Puis ce seront les adieux, un peu dur!! Harold et Maribel forment un super couple, et on espère vraiment les revoir. On a bien accroché ensemble.

On roule super bien,pour une fois! Sauf qu’aujourd’hui, un bus nous a frôlé comme jamais. Pas plus de 5cm , sans exagérer. On a eu peur.

Les jours ne se ressemblent pas. Dès le lendemain, les 40 premiers kilomètres, ne sont que des bosses. Ça monte et ça descend en permanence. Co est mal. Pas de jus, manque de souffle. Par chance, les 30 derniers kilomètres se font avec vent dans le dos et terrain plat. On file et on arrive sur les coups de 14h00 à Sicuani. Impeccable.

On commence à chercher une chambre. Nos premières visites ne sont pas terribles. Alors que Philippe va voir un nouvel hôtel, Co se fait aborder par un jeune français, Guillaume, en stage ici et qui dort dans la maison paroissiale. Il va se débrouiller pour nous y trouver une place . Super Gentil. Il fait une formation d’animateur de quartier près de Toulouse et il effectue, au Pérou son stage de 2ème année, dans une association. Il travaille autour des violences familiales et de la maltraitance infantile. Ces deux aspects sont aussi très fréquents au Pérou.

On passe la soirée avec Guillaume et Hugo, un péruvien qui travaille avec lui, dans l’association.

Le lendemain matin, juste avant notre départ de Sicuani, nous avons la chance de rencontrer la jeune archéologue qui organise les fouilles dans l’église de la ville (on y a retrouve beaucoup de vestiges et d’ossements de l’époque inca et coloniale) , et qui nous propose de venir visiter le chantier. C’est passionnant.

Nous sommes vraiment deux veinards. On tombe toujours sur des personnes gentilles, généreuses, qui nous font découvrir ce pays, sous un aspect complémentaire aux paysages superbes et gigantesques que l’on croise chaque jour. Merci à chacun d’entre eux.

On vous embrasse tous. Écrivez-nous. Ne posez pas le clavier, tapotez donc sur le site et le forum… Merci de votre soutien.

Corinne et Philippe le septembre 4th, 2009

Nous arrivons à Nazca, le vendredi 21 Août, dans l’après-midi. Le chauffeur du car de Perù Bus, est super sympa. On sympathise rapidement. Il nous installe devant. On s’échange nos adresses et à l’arrivée à Nazca, on fait une série de photos avec lui et le « receveur ».

Sœur Tabernacle nous avait préalablement, aidé à réserver une chambre « matrimoniale », dans une pension recommandée par le Lonely et le Guide du Routard, les 2 guides que nous trimballons avec nous pour le Pérou. A ce sujet, pour éliminer du poids, on arrache des guides, les pages qui ne nous serviront pas, en fonction de nos itinéraires prévisionnels. C’est ainsi qu’au Maroc, ayant changé totalement nos plans, nous n’avions plus de guide. Mais en fait, on peut très bien vivre sans. Bon reprenons….

Nous arrivons donc dans un hôtel de « routards », où toutes les chambres donnent sur un patio, ce qui est fréquent au Pérou, d’après notre modeste expérience. Le gros avantage du patio, outre le charme de l’espace fleuri, c’est qu’il permet les rencontres, les gens ne demeurant pas dans leur chambre. Nous avons ainsi pu collecter de multiples infos concernant l’itinéraire et les lieux où nous allons passer. Les chambres sont équipées d’eau chaude, avec un système électrique qu’on enclenche à la demande, mais qui parfois délivre quelques coups de jus. Il y a là, un « homme à tout faire », qui est fan de vélo, et avec qui nous allons discuter à de nombreuses reprises. C’est lui qui nous indiquera la route à emprunter pour « monter » vers Puquio, et plus loin Abancay et Cuzco. Ce détail a son importance comme nous allons vous l’expliquer un peu plus loin.

Nous décidons d’aller voir les lignes de Nazca en tandem. Nous sommes en manque. Voilà maintenant 35 jours que nous n’avons pas ré-enfourcher Aucéba, à l’exception d’un tour de quartier à Lima, après l’avoir remonté, suite au transport en avion, et un tour à Ica après avoir peaufiné tous les réglages. C’est assez excitant de remonter sur le tandem et de pouvoir rouler pendant un bon moment (50 km environ). Il y a un tout petit peu d’appréhension quant à la façon dont la roue va se comporter, mais on oublie vite ce problème potentiel.

Les lignes vues de l’observatoire, ou du mirador sont des dessins sur le sol… au milieu de nulle part. On pourra dire que nous y avons été, mais je pense que nous en avons plus appris sur ce sujet par la lecture et les reportages que par ce qu’on a vu aujourd’hui. Que retiendra-t-on de ce lieu, sur lequel nous serons venus? Inutile de faire le déplacement pour ça. En tous cas dans les conditions dans lesquelles nous les avons vues. Peut-être qu’en avion…

Au retour, un petit jeune sur sa bicyclette, Ronaldo,18 ans environ, fait demi-tour pour rouler avec nous jusqu’à Nazca. C’est sympa. On discute un peu. On partage avec lui, eau et oranges. Il nous raccompagne jusque devant la pension. D’après ce que l’on comprend il n’habite pas très loin de notre pension. On lui propose donc de venir boire un coup, mais il doit être attendu, car il demande l’heure et nous dit qu’il doit partir.

Maintenant, on va répartir nos affaires dans les sacoches et la remorque et Corinne va faire cuire le riz et les œufs, pour nos futurs repas, sur les 2 ou 3 jours qui viennent, car il n’y a pas de ravitaillement avant le km43, que l’on n’est pas sûr de pouvoir atteindre en 1 journée. Ce soir, on reçoit un appel sur le portable. C’est Serge Fichant. On apprécie cette attention. Il va partir pour Buenos-Aires avec un petit groupe, tous membres de CCI, début novembre. Ils seront également à vélo. Et si la possibilité se présente, on roulera un moment ensemble.

Demain matin, c’est le grand départ. « A l’attaque » des Andes.

80Kms d’ascension. Lever à 7h00, on prend le petit déjeuner dans le patio. Il fait frisquet mais le soleil brille. Nous avons bien dormi. De 21h30 à 6h45, une bonne petite nuit. On finit de charger les dernières affaires, petits pipis, cacas et on sort tout dans la rue pour assembler l’attelage une fois dans la rue. On part vers 8h30, en présence de tous les gens de l’hôtel venus assister au départ. On a mis 1h30 à se préparer, c’est pas possible on est super long, ou super tranquille. C’est selon la façon de voir….

Nous voici en route, très très chargés. 9litres d’eau, 1kg de riz cuit, donc avec le poids de l’eau en plus, tous les vêtements été, hiver, etc… Nous n’avons jamais roulé aussi lourdement chargés. Ça promet! Le temps est agréable, un petit vent nous pousse gentiment, il fait encore frais, tout va bien. Les kilomètres s’enchaînent, et Philippe commence à s’en étonner. Et pour cause!. Nous devions tourner à gauche pour prendre l’embranchement pour Puquio et Cuzco, et pas de carrefour en vue. On fait signe à un motard, lui demandant de s’arrêter. Il nous ignore superbement. Nous aurons plus de chance avec le 2ème. Il nous confirme ce que nous craignions, il va falloir faire demi tour. L’embranchement est juste à la sortie de Nazca. En plus nous avions les notes des Mercat et des Bathel qui auraient dû nous aider, mais à l’auberge, notre « homme à tout faire », amoureux du vélo, nous a dit : « c’est facile, il y a un embranchement, vous prenez à gauche, il y a un panneau indiquant Puquio - Cuzco ». Ben oui, mais le panneau n’y est plus…

Vu l’heure, on vient de faire environ 15kms pour rien, on se dit qu’il est trop tard, pour envisager de monter et atteindre le point que l’on vise à minima, à savoir le km 33 de la montée. On retourne donc à l’auberge où nous prenons cette fois, une chambre « matrimoniale ». On remettra ça demain…. On parle du vélo, bien-sûr!

On décide d’en profiter pour faire à nouveau un peu de bricolage sur le tandem. Le garde-boue arrière est à recouper car, si nous franchissons une bosse un peu « sensible », il saute, forcé par le triangle de la remorque. On demande donc une scie, et vite fait bien fait, l’aménagement est réalisé. On regonfle aussi les pneus.

Dans l’après-midi, on décide d’enfourcher à nouveau Aucéba pour aller voir les aqueducs, dont nous avons lu le plus grand bien. Ils sont sur la route de Puquio, donc on peut déjà voir par quoi on commencera demain. Sans personne pour nous expliquer le fonctionnement du système, on peut juste s’émerveiller devant le travail des pierres mises en place et la qualité de la conception qui permet, encore aujourd’hui, d’utiliser ce système. Un peu frustrés, on prendra des informations à notre retour à la pension sur internet.

Un peu préoccupés par le mal aigüe des montagnes, on commence à prendre les cachets de Diamox, et on va en ville, s’acheter des feuilles de Coca. Pas pour les fumer, mais pour les boire en infusion.

Ce coup-ci, ça y est, on est parti. Deuxième grand départ. Lever à 7h10, on prend à nouveau le petit déjeuner dans le patio. Il fait bon et le soleil brille. Nous avions préparé le maximum, hier soir, ce qui nous permet de commencer à pédaler à 8h00.

Ça va monter toute la journée. On refait les niveaux d’eau, dans la dernière épicerie avant « le désert ». Elle se trouve près d’une mine d’or, et est tenue par un vieil homme, à moitié aveugle. On lui prend 7 bouteilles de 625ml et on remplit notre 2ème vache à eau. Il s’avèrera que son eau est infecte. Mais comme toujours, on a de la chance; car il y a beaucoup de travaux sur la route et les ouvriers nous permettront a chaque fois de refaire les niveaux. Ils ont d’énormes bonbonnes d’eau bouillie.

En partant ce matin, on vise un peu ce qu’on fait nos amis Isabelle et Pierre Lancelot, à savoir faire une étape « cool », le 2ème jour, 17km. Comme, le premier jour, ils avaient trouvé un coin pour dormir autour du km 33, on se dit que ce serait bien d’y arriver à ce km33. A partir du km 25, la route devient passablement mauvaise, pleine de trous partout.

En fait, on s’arrêtera au km 31,5 dans un coin « idéal » pour le sauvage. On dit ça sans avoir une grande expérience. Mais c’est encaissé, à l’abri des regards de la route, plat, et c’est là! Comme on est cuit, ça tombe très bien. On s’y arrête sur les coups de 16h45. Montage de la tente, toilette de chat, repas, saisie du carnet de route et un peu de lecture. La nuit tombe à 18h00. Le coucher de soleil est superbe et le ciel étoilé magnifique.

Le deuxième jour, on a changé de paysage. On a quitté les montagnes rocailleuses qui nous entouraient depuis Nazca, pour arriver ce soir, au milieu de la pampa, avec de petites collines. En terme de journée « cool », celle-ci est à marquée d’une croix blanche. Notre meilleure moyenne de tous les temps; un peu plus de 5km/h. On est parti de notre campement à 8h30 et on est arrivé à Villa Tambo à 17h00. On avance 2kms par 2kms. Quand la journée est finie, on est cuit. La journée cool sera donc pour demain. On va y réfléchir ce soir.

Ce soir on dort à 2800m, dans un restaurant / épicerie, qui ferme entre 21h et 22h et qui ouvre entre 5h et 6h. La nuit va être courte, pour nous, mais on est content d’être dans ce contexte. On ne voit pas grand chose, la salle étant éclairée avec une seule lampe à gaz, posée sur le comptoir. Pour la toilette, on oublie et pour les toilettes, on se débrouillera comme en camping. Les seules du village,(un trou et 2 planches), sont payantes, la fille qui s’en occupe est désagréable et vu l’état, ça ne le mérite pas.

Ce midi, on a mangé à Hualhua(km43), à la table de gens qui tiennent une épicerie où nous avions acheté de l’eau. On leur a demandé si on pouvait se mettre à leur table à l’ombre, et ils ont accepté. Ils écoutaient de la musique rock américain, assez puissamment pour qu’on l’entende en arrivant dans le hameau. Cette musique n’était pas pour déplaire à Philippe, et les gens étaient adorables. Que demander de mieux.

Un kilomètre à peine après être repartis, nous tombons sur une autre épicerie / restaurant. On se dit qu’on prendrait bien un maté de Coca et que comme il n’est pas référencé sur la feuille Mercat / Barthel, on va relever les coordonnées. On y va donc, et on commence à discuter avec le patron à qui on dit qu’on est français. Il nous dit : « mais je connais des français à vélo » et il va chercher une carte de visite qu’il nous tend… Et incroyable, c’est la carte du site d’Isabelle et Pierre Lancelot. On est bien content de les revoir, même seulement en photo….Un peu passée, la photo d’ailleurs! En fait, on apprécie de rouler dans leur sillon, un an après, et dans celui des Barthel, deux années après leur expédition..

On a bien réfléchi toute la soirée, et on a décidé de passer une journée supplémentaire ici. En fait, deux choses principalement, on guidé ce choix. La première, se reposer et s’acclimater à l’altitude, la seconde, passer le col à 4350m, sans y dormir, ce qui signifie 33kms à faire en 2 jours (nous devenons « modestes » au vu de nos performances de la veille).On veut essayer de dormir « au pire » à 3800 mètres.

Le 3ème jour donc, la première chose à faire est de demander à nos hôtes, si on peut rester dans la salle du restaurant / épicerie un jour de plus. Il n’y a pas de souci. Ensuite, notre priorité va être de se laver. On sait qu’au centre de santé, 2kms plus bas, il y a un point d’eau. On part donc avec tout notre attirail, vêtements de rechange, trousse de toilette, vache à eau, cuvette et on suit un bout de route avant de couper à travers la pampa. On prend de l’eau, puis on va chercher un coin un peu isolé pour pouvoir être tranquille au moment de se dévêtir. Les sous bois d’eucalyptus feront parfaitement l’affaire.

Après quoi on revient au village. Il est déjà 11h15, alors que nous étions partis à 9h30… Le retour en fait a été marquant, car chaque effort se ressent et nous sommes obligés de faire des pauses fréquentes lorsque nous coupons à travers la pampa où ça monte plus dur que par la route. Nous nous intéressons ensuite, à notre liste de courses pour les 2 jours à venir, car jusqu’à Pampa Galleyras, il n’y a plus aucune épicerie, hameau ou restaurant. On convient avec Anna-Maria, notre hôtesse, qu’elle nous préparera 1 plat pour 2, soit 1 repas. Corinne fait une salade avec maïs, riz, fromage et œuf, ce qui fait un 2ème repas. Aparté : nous avons gouté pour la 1ère fois un épi de maïs tiède avec du fromage. C’est pas inoubliable, mais c’est pas mauvais du tout. Les gens en raffolent ici et Anna-Maria en vend plein au bus locaux qui s’arrêtent devant chez elle. Fin de l’aparté. Notre 3ème repas sera constitué de pain et fromage. Le 4ème, si tout se passe comme prévu, devrait être pris, soit dans un restaurant, soit acheté dans une épicerie.

Après le repas de midi, nous avons tour à tour un petit coup de barre et on s’endort un petit quart d’heure sur nos chaises. On discute avec tous les gens qui attendent un transport leur permettant de remonter « en collectivo » jusqu’à Puquio. Et comme ils attendent un bon moment, ça nous permet de discuter pas mal.

Anna-Maria et Marcellino nous ont appris qu’un couple de français en vélo couché s’étaient arrêtés chez eux, il y une semaine. Il va falloir se renseigner pour savoir si quelqu’un les connait. D’ailleurs, merci les copains de CCI, si vous pouvez glaner des infos.

Le 4ème jour, on a prévu de se lever à 6h00 pour un départ à 7h00.

Durant la nuit, petit moment de panique. Philippe a le nez bouché et la gorge hyper sèche. Il se dit qu’il a la crève et comme la veille, un rien le fatiguait, il commence vraiment à se stresser pour le lendemain à vélo. Il finit par se raisonner en se disant qu’on essaiera de toute façon et qu’on verra bien si ça passe. Et en fait au fil du temps, ça s’est amélioré, tant et si bien, que ça aura été la journée la plus facile pour lui depuis le départ de Nazca.

Hier au soir, Anna-Maria et son frère avec qui on discutait de la route du lendemain et des problèmes liés à l’altitude, nous on dit, qu’il y avait une maison abandonnée, près d’un pont « Punto Toro Muerto », approximativement 21km plus loin, et qu’après être montée, la route redescendait pour revenir aux alentours de 3500mètres. Et ben c’était une info particulièrement intéressante et on a cherché à atteindre ce fameux pont, pour aller inspecter cette maison abandonnée. On a trouvé le pont au km24, à l’altitude (GPS) de 3590mètres. Par contre la maison ne fait pas l’affaire pour notre nuit. Trop près de la route, le toit s’est effondré et il y a donc des pierres dans une bonne partie de la pièce, le reste étant jonché de crottes diverses et de PQ. Mais juste en face, part un chemin, qui descend assez vite près du lit d’un torrent. Un peu avant d’atteindre le lit du torrent, il y a une plateforme, on ne voit quasiment pas l’endroit de la route. Allez zou, on y va. Mais Co à la trouille, car Philippe a vu une sorte de Lynx pas très loin de la maison abandonnée et il s’est armé, en lui demandant de faire de même. Donc maintenant, allez dormir pas très loin de l’endroit de la rencontre ne la tente guère. Philippe essaie de la rassurer, l’endroit est idéal, le « lynx » est reparti, ne nous a pas attaqué quand il nous a vu, et il lui semble avoir lu que cette espèce est gentille…

Bon, Philippe croit être parvenu à calmer les angoisse de Co et on s’est installé là. Les autres petites anecdotes du jour : nous avons vu notre 1ère vigogne, et pour la première fois, un chauffeur de poids lourd s’arrête spontanément pendant notre repas de midi, pour nous donner 2 fruits, pas identifiés pour l’instant, mais bons, et qui ressemblent au melon pour le goût et la forme, mais en plus petit.

Il est maintenant 19h00 et on est déjà dans les duvets depuis 1/2h. La nuit tombe vers 18h30. Et le froid avec.

Ce soir Coco a mal à la tête et demande à Philippe de la réveiller de temps en temps pour être sur qu’elle vit encore!

Le 5ème jour : La nuit s’est bien passée, sauf apparemment pour Coco qui était un peu stressée et qui trouvant que Philippe dormait trop profondément, s’est sentie obligée de « monter la garde ».

Que dire de cette journée? On a eu froid! Il a fallu que nous ressortions les manchettes, même dans les montées, le vent a été quasiment de face,toute la matinée. Et d’un froid. On a vu plein de vigognes, tout au long de la journée, plus ou moins loin de nous. Parfois seulement à 3mètres. Nous avons aussi apprécié nos premières descentes. Finie les journées où tu montes sans arrêt. Pour les descentes nous avions mis les coupes-vents. Ah et l’état des routes. Inouï! Des trous monstrueux, des parties de plusieurs centaines de mètres où la route se transforme en piste. Plus de bitume. A d’autres moments, on se croirait sur le Paris – Roubaix, tellement il semble que nous roulions sur des pavés.

l'altimètre indique 4000 mètres d'altitude

Alors que l’on mangeait un bouillon au péage de Pampa Galleyras, un motard s’arrête près du tandem pour faire des photos. Il nous aperçoit et vient discuter avec nous. Il est brésilien et fait un tour en Amérique du Sud. Il nous demande si nous allons passer au Brésil et on lui dit non, sauf peut-être aux chutes d’Iguazu. Super nous dit-il, j’y habite et je vous invite à venir à la maison. Il nous donne ses coordonnées et insiste pour que nous le contactions. C’est toujours rigolo, ces rencontres de hasard au milieu de nulle part.

Ce soir nous couchons dans un hôtel-restaurant très sommaire. Le prix est élevé par rapport à ce que l’on a payé à Nazca, et nous hésitons un peu. Mais la prochaine ville est en haut d’une côte relativement longue, il n’est pas très tôt et on en a marre. La fille au comptoir n’est pas très agréable mais le patron est très gentil. Le soir à nouveau, toilette dans la chambre avec la bassine et au menu, encore, poulet (pollo), frites (patatas) et toujours le riz (arroz). On commence à en avoir un peu marre. Déjà! En plus frites et riz arrivent souvent quasiment froids.

6ème jour : Nous partons « tranquillo » sur les coups de 9h30, il fait beau et nous n’avons que 34kms à faire…. Ce soir on veut se poser à Puquio.

Les paysages aujourd’hui, sont vraiment superbes. On s’arrête donc pour prendre quelques photos. On rencontre plein de gens, ce qui nécessite de multiples arrêts pour discuter. Et puis, tout de même il y a de nombreuses montées, alors que nous pensions faire une journée plutôt descentes. C’est ce que nous avions imaginé en lisant les minutes du parcours au Pérou, fait par les Mercat et actualisées par les Barthel. Et bien, parfois les chiffres peuvent être trompeurs. Tout ce qui est écrit est à peu près juste, mais si on détaille les éléments, cela peut faire une succession de descentes et de montées et non une descente à la seule lecture de la différence d’altitude entre le point de départ et le point d’arrivée. Donc aujourd’hui, on a été un peu surpris aussi par les dénivelés. Après 3h de route, nous n’avions pour toutes les raisons énoncées plus haut, parcouru que 15kms.

Depuis que nous sommes au Pérou, on est bien en deçà des 50 kms de moyenne journalière sur lesquels nous avions établi notre itinéraire prévisionnel. Il va donc falloir que l’on avance, d’une façon ou d’une autre. Sans se prendre la tête, mais pour pouvoir justement profiter des rencontres prévues et de toutes celles que l’on souhaite faire. On verra comment demain.

En arrivant à Puquio, nous avons rencontré Alex, un sculpteur péruvien de 37 ans qui vit à Lima et qui est venu aider son père à construire sa maison en adobe (terre séchée), à Puquio. Il a appris le français pendant ses études et est venu vers nous très chaleureusement, pendant que nous cherchions un hôtel. C’est lui qui nous a conseillé l’hôtel où nous sommes, après que nous ayons visité tous les hôtels de Puquio, c’est à dire 7. Nous nous sommes retrouvés le soir pour boire un verre ensemble après le dîner.

L’hôtel dans lequel nous sommes est nickel. La chambre est claire, propre et tout est en parfait état. Sous la douche, Philippe se fait la réflexion qu’au delà du confort matériel que représente un tel hôtel (on se calme quand même, il ne s’agit que de 40 soles, soit 10€), douche chaude, lit commun, table, chaise, électricité pour recharger nos appareils, service de lavage des vêtements (1 soles pour un vêtement d’adulte à manche longue ou pantalon, 50 centimes de soles pour le reste), etc…ce qui est vachement agréable, c’est de se relâcher complètement. Dans toutes les autres situations, il y a la nécessité d’être attentif, vigilant. Pas stressé du tout, mais les sens en éveil. Et là, dans la chambre, tu relâches tout. Et c’est super grisant comme impression.

Bon demain, repos, mais comme il y a la procession de Santa Rosa de Lima autour de la Plazza de Arma, on va quand même mettre le réveil pour y assister, et en plus Corinne veut prendre un petit déjeuner dans la chambre et il faut que Philippe aille chercher pain frais (commandé), lait et café. Ah, les vacances!

7ème jour :

La nuit portant conseil, nous nous sommes réveillés ce matin, en repensant que nous n’avions que 50 jours « autorisés » sur nos passeports, pour traverser le Pérou. Et nous en sommes déjà à 19 jours! On calcule à la va vite en fonction des kilomètres prévisionnels qui nous restent à parcourir, de notre moyenne actuelle, soit 25km/jour et des visites et détours sans vélo que nous avions imaginés. Nous arrivons à à peu près à 40 jours.

Comme nous l’avons déjà écrits, nous avons la chance d’avoir des amis qui sont passés par là, il y a tout juste un an. Nous filons vite les appeler pour leur demander des infos sur leur temps de parcours. Toujours aussi disponibles alors qu’ils rentrent à peine de leur week-end, et qu’il est tard pour eux, ils nous répondent en retour par mail, le soir même

On reprend nos calculs et conclusion : 7 jours de « trop » avec l’hypothèse d’aller à Abancay en 1 journée. Il va falloir réfléchir à ce que nous allons faire. Peut-être grappiller un jour par ci, par là. On va tester avec Andahuaylas. On y reste 3 jours au lieu des 4 prévus, et on voit combien de jours on met pour aller à Cuzco. Et là on avise.

Aujourd’hui, on a donc « réservé » une camionnette pour demain 7h30 à l’hôtel, qui nous conduira à Abancay. Les bus passent aux alentours de 5h00 du matin sans être sûrs de disposer d’une cale pour y mettre le tandem et la remorque, car ils viennent de Lima et sont déjà chargés. En plus les cales ne correspondaient pas à la configuration que nous avions eu avec Perù Bus. Donc se lever à 3h30 sans être sûrs du résultat…. nous avons choisi le confort et la certitude. Mais, il ne faut jamais avoir de certitudes….

8ème jour :

En fait de confort et de certitude, et bien nous avons été servis. Nous sommes prêts à 7h30, heure du rendez-vous prévu pour le départ devant l’hôtel. A 7h45, ne voyant personne, Philippe passe un coup de fil au chauffeur dont nous avions les coordonnées. Il baragouine on ne sait quoi, mais on comprend qu’il arrive. Il arrive effectivement, mais avec une autre voiture (et d’un autre format, plus petit bien sûr) que celle convenue ensemble la veille, et un autre chauffeur. Il nous demande si ça rentre dans cette voiture. Philippe lui dit, « non, il faut l’autre ». Il dit à l’autre chauffeur: « tu vois, ça n’ira pas ». Il nous dit : « ok, je vais la chercher et je reviens ». On sent « moyen » le coup. Il ne reviendra pas! En fait, il a filé le « contrat » (en plus c’est vrai, nous avions signé un contrat), à une autre personne qui a un break, avec galerie sur le toit, et qui arrive donc avec sa voiture.

On commence par s’échauffer un peu, Philippe est même bien chaud pour aller à la police, mais en 3 minutes, on a réfléchi. Soit on parvient comme on l’a prévu à être à Abancay ce soir, soit on se prend la tête toute la journée pour faire rendre gorge à ce connard, mais au final, on a pas bougé d’un iota. Il faut dire aussi, que le réceptionniste de l’hôtel, nous dit : « je le connais », en parlant du nouveau chauffeur qui vient d’arriver avec sa voiture. A ce sujet, nous avons choisi cet hôtel, entre autre parce que le réceptionniste avait l’œil vif et pétillant, et qu’on le sentait « démerdard ». On retourne donc les voir, et on négocie le prix. Ok pour un prix inférieur de 25%, avec le repas pris en commun et payé par nous.

En fait, ils sont adorables. On passe un temps fou, à tout amarrer correctement. Et Philippe sait être chieur. Il vérifie dix fois chaque élément, ce qui ne lui paraît pas bien est repris, mais franchement le résultat est bien. Le patron qui accompagnait le chauffeur, le laisse seul avec nous. René, un p’tit jeune de 27 ans, avec qui on discute un bon moment, toujours assisté par le dictionnaire en cas de blanc….

Nous arrivons à Abancay, à l’hôtel »Impérial » qu’avait tant apprécié les Lancelot et où ils avaient pu laisser leur vélo pour aller à Andahuaylas. On pose nos affaires, on prend une douche et on file à la station de bus pour voir les horaires pour demain matin pour Andahuaylas. A priori, on va prendre un «collectivo» (minibus) à 9h00 qui met 3h30 pour effectuer le trajet.

On rentre à l’hôtel, où on trie nos affaires pour ne garder que ce que l’on veut emporter demain, le reste, c’est-à-dire Aucéba, la remorque, et une sacoche resteront dans une pièce fermée de l’hôtel dans laquelle nous rangeons tout dés ce soir.

9ème jour :

Et bien voilà, on vient d’arriver à Andahuaylas, où nous avons été accueillis par Raul, le coordinateur de l’association MUNAY, et sa femme Nieves.

Pour la petite histoire, nous avions prévu, pour déranger le moins possible, d’aller à l’hôtel, et nous avions commencé notre tournée. Corinne étant patraque après le trajet, on s’arrête devant une maison, de laquelle sort une dame. Elle nous demande, ce que nous cherchons. Elle se propose de nous accompagner au 5ème hôtel que nous étions entrain de chercher. Chemin faisant, on discute du but de notre venue à Andahuaylas, et lorsque l’on évoque Munay, elle nous dit : « j’ai une amie qui est vice-présidente de Munay « local » et elle nous conduit au Cappuccino « café français », dans lequel on pourra la rencontrer. Sur place, on « tombe » sur Brice, un français qui vient tout juste (il y a 2 semaines) de se marier avec une péruvienne. Ils ont tous les 3 ouvert ce café, qui fait crêpes, gaufres, en plus de la cuisine locale. On appelle donc Raul, depuis le café, et quand on évoque l’hypothèse d’aller à l’hôtel, Raul nous dit « pas question, je viens vous chercher et je vous installe dans les locaux de l’association ».

Sans cette rencontre improbable, on dormirait à l’hôtel au lieu d’être au cœur de l’association. But de notre détour à Andahuaylas.

Raul nous accompagne demain et après-demain pour nous présenter les sites et les activités de l’association dans leur détail. Nous vous en parlerons lors du prochain article.

Ps 1 :En discutant avec Nuebe dans la cuisine, Corinne apprend que la fille de Nuebe et Raul qui a 29 ans est atteinte de la maladie de Croslin et devient aveugle. Elle doit donc se faire opérer des yeux dans une clinique privée de Lima. Pour ce faire, on lui demande une somme exhorbitante de 2300 $ pour l’oeil droit (opération planifiée le 25/09/09) et de 4000$ pour une transplantation de cornée à l’oeil gauche 3 mois plus tard. On ne sait pas sur quoi peut déboucher ce petit mot dans l’article mais si vous avez des idées ou des contacts, cela pourra peut être faire avancer les choses. De notre côté, on va contacter un médecin qui est en relation avec le Pérou pour voir ce qui est possible.

Ps 2 : La roue tient! Merci qui? Merci José-Luis, notre champion cycliste de Madrid. On vous remet d’ailleurs les coordonnées de la boutique. Cela peut servir aux cyclos qui sont ou qui passent à Madrid.

Notre flash publicitaire : La boutique des vélocistes à Madrid : ALNI (www.alni.es) Carretera de Canillas, 15 - Madrid

Ps 3 : Les premières photos du Pérou sont téléchargés. Vous pouvez les voir via l’inglet “photos” du site

Corinne et Philippe le août 21st, 2009

La dernière fois, on vous a laissés à Saint-Brévin, où, pour résumer, on s’est rempli l’estomac et le cœur. Pour le cœur, c’est intime, donc on reste discret, mais pour l’estomac, on veut bien vous faire saliver un peu! Grand Maman nous a cuisiné tout ce dont on rêvait dans l’avion Madrid Nantes.

Si vous voulez tout savoir, en voici la liste: tapenade, boudin aux pommes, gigot mogettes, côtes de bœuf, colin mayonnaise, mouclade, fromages à chaque repas, tarte aux abricots et tartes aux fraises. Mais en plus de la liste, on a eu droit à Homard (rien que ça!) et pour les connaisseurs, le « must » : fromage blanc en faisselle avec louche de crème fraîche et sucre à gogo (eh oui, Georges, tu as raté ça!)

Après plus d’une semaine en famille donc, on a repris l’avion et comme vous avez bien compris que notre tour du monde a complètement modifié nos horaires: lever 4heures, départ à 5heures du matin de Saint-Brévin pour l’avion de 7h30 Nantes- Madrid

Si on résume nos aux-revoirs, on en est au

-5ième départ avec Grand-Maman et Grand-Père

-4ième départ avec Sylvie et Jean Pierre, Elvira et Marie et Valentine

-3ième départ avec Didier, Pierre et Isabelle,Olivier, Caroline et Thimothée

-2ième départ avec Pierrette, René et Céline, Anne et Lahcen

-1er départ avec Laurence, Odile et Jean Paul

Mais ce coup-ci, on part vraiment loin!

Ça commence par un crochet à Madrid, après le vol Nantes-Madrid, on retourne chez Martine

Si vous avez bien suivi, on a donc récupéré la roue que Rando Cycles nous a préparée et qu’Olivier nous a amenée à Saint Brévin (on a toujours des solutions simples!)

En installant la roue, par habitude Philippe tâte les rayons. Et là, ô surprise,un couple de rayons sur deux, d’un côté, n’est pas tendu. Et MERDE!!! On est super colère. Surtout qu’on a payé le prix fort. 120€, comme pour une neuve (alors pourquoi, direz-vous, n’avons-nous pas pris celle faîte à Nantes??? et bien parce que le flanc de la jante ne permettait pas d’utiliser les freins V Break en plus des freins à disques…les avertis comprendront!) .Bon continuons…. Donc, Sébastien pour la garantie avait amené à Rando Cycle la roue sur laquelle le moyeu avait cassé au Maroc. Et c’est cette jante que Rando Cycle a repris pour nous faire la nouvelle roue. Déjà quand on l’avait appris, on n’était pas des plus contents, car elle avait déjà 10.000 kilomètres et on aurait été rassuré avec une roue neuve. Mais là, c’est le bouquet. On essaie de l’appeler mais il a dû partir en vacances.

Bon et maintenant comment on fait?

S’il n’y avait eu qu’un rayon a retendre, on l’aurait fait, mais là, cela revient à finir le rayonnage de la roue, ce que nous n’avons jamais fait. Et nous avons devant nous, au moins 3 mois de conditions « difficiles », état des routes, dénivelés, à passer.

Mais à Madrid, comment trouver un vélociste à même de faire ça? Petit coup de fil à Alain Barthel pour avoir son avis, mais on tombe sur le répondeur…Même chose avec Bernard qui habite Madrid et qui aurait peut-être pu nous conseiller. La semaine précédente à Madrid, nous avions cherché un vélociste pour couper les rayons et récupérer le moyeu sur la roue explosée par Ibéria. Nous en avions trouvé un près de chez Martine où les gens étaient vraiment gentils. On se dit, n’ayant pas d’autre piste, qu’on peut commencer par là. Quel pot encore! Il y a dans la boutique, toute la famille, le père, la mère et les 2 fils, Alphonso et Javier. Le père a un côté un peu rustre, mais ils sont tous adorables. Il y a surtout, pour notre histoire, un ancien champion d’Espagne sur piste: Jose Luis NOVILLO Il a dû passer sa vie dans le vélo et c’est lui qui prend le problème en charge. Il enlève pneu et chambre à air et commence par vérifier si la roue est ronde. Et, à votre avis? Et bien elle ne l’est pas! On « tombe de la chaise » comme on dit. C’est la cerise sur le gâteau. Incroyable!

Donc Jose Luis commence par ça. Aidé de l’appareil qui va bien mais aussi et surtout avec beaucoup de minutie et on sent qu’il aime ça. On est tous dans l’atelier et on discute vélo.

On a dû les gonfler sérieusement, car on voulait absolument être sûr qu’ils sauraient le faire, craignant dans le cas contraire, qu’ils amplifient le mal. Philippe les a donc agressés en leur demandant plusieurs fois de nous dire s’ils savaient faire avant de commencer quoi que ce soit. Nous nous étions dit que s’ils n’avaient pas le matos ou si on se rendait compte que ça n’allait pas, on partait. A chaque fois, ils nous souriaient gentiment et disaient pas de souci avec José Luis. Il nous a fait ça aux petits oignons. Du mieux qu’il a pu. Ils n’ont pas voulu qu’on paye. On a tous bu un coup ensemble dans l’atelier. On était allé acheter des cannettes à l’épicerie d’à côté, et la maman nous a apporté des petits gâteaux à grignoter en buvant.

A la fin l’ambiance était super et le champion cycliste, visiblement ému, nous a dit qu’il espérait que cette roue tiendrait jusqu’à la fin de notre périple. C’était sa contribution à notre voyage. On ne sait pas si ça va tenir, mais ce qui est sûr, c’est que cet instant est plus important que la « galère » dans laquelle on était. Et on se rend compte que les galères sont des occasions « inespérées », ça c’est clair, de connaître quelque chose d’extra-ordinaire.

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Ensuite, on a préparé l’emballage du tandem en décidant de modifier par rapport à la dernière fois. Nous allons, cette fois-ci, mettre du bulle-gomme en quantité, autour de la roue arrière et entourer le tout d’un carton prédécoupé à cet effet. On ne peut pas tout mettre en place, car pour rentrer le tandem dans la voiture de Bernard, nous devons démonter les roues. On prépare donc et on finira le matin même à l’aéroport

Le matin de notre départ, Bernard, est venu nous chercher plus tôt que prévu et il a bien fait, car en fait, ce fut juste (Valeria nous avait prévenu)…. Il nous dépose au terminal 4 avec tout notre attirail. On protège le dérailleur, on met en place notre protection pour la roue arrière et on re-filme tout le tandem pour finir. On a laissé l’avant roulant car on aurait eu du mal à le porter. On a bien dû mettre 1h30 à peaufiner tout ça. Ensuite queue pour l’enregistrement : la remorque et le tandem sont pris en charge dans d’autres conditions que sur le tapis des valises. Donc, un voyage pour la remorque que l’on met sur le tapis des bagages spéciaux et ensuite après avoir beaucoup insisté, un deuxième voyage pour descendre le tandem par l’ascenseur, après avoir refusé que le bagagiste le mette sur le tapis des bagages spéciaux qui commence par une descente que nous ne voulions pas que le tandem prenne. On lui explique l’importance du tandem pour nous. Il nous dit qu’il va y faire attention et qu’il va le prendre avec un collègue pour l’amener jusqu’à l’avion. On lui demande en plus de dire au bagagiste qui chargera l’avion de faire très attention à la façon dont il l’installera. Il nous dit qu’il le fera. On fera le bilan à l’arrivée. Maintenant, c’est parti, on n’y peut plus rien! Avec tout ça, on arrive vers 11h50 au second contrôle. Et vous savez quoi? Au moment ou on passe, le contrôleur change et, et, … On se retape le même abruti que la dernière fois lors de notre vol Madrid Nantes. Incroyable mais vrai! Et ce con nous confisque la crème solaire, presque neuve. Et hop, 15€ par ici. Que font-ils de tous les produits qu’ils récupèrent? Si on l’avait laissé planqué dans le sac à dos, il n’y aurait vu que du feu. On trouve que c’est du racket! Mais bon, il faut accélérer le pas maintenant,emprunter le train qui conduit au Terminal 4S puis à nouveau la queue pour le 3ème contrôle, dont on sort vers 12h10…. Décollage dans 30′. On arrive au moment où l’employé annonce « dernier appel » pour les passagers à destination de Lima. Derniers coups de téléphone à la famille avant de changer de continent (pas aux enfants qui sont en Espagne mais n’ont plus de forfait et nous envoient un SMS) On appelle Elvi dans le couloir qui mène à l’avion. On est dans l’avion à présent. Et c’est parti pour l’Amérique du Sud qui nous fait tant rêver…..

Arrivée à l’aéroport de Lima.

En fait le vol ne nous a pas semblé super long. Pourtant il a duré 12h00.

On débarque. Passage de douane, on a changé la durée souhaitée de notre séjour, sur la feuille d’immigration et mis 50 jours. A la douane, c’est passé comme une lettre à la poste. Le douanier en scannant la bande du passeport de Philippe, ne parvient pas à afficher les données, alors que lorsqu’il passe celui de Corinne, tout est pré affiché. Il faut donc qu’il saisisse les éléments….On enchaine avec la récupération des bagages. En allant chercher un chariot, on aperçoit un bureau de change. Il n’y a pas de queue. On en profite pour changer 50€ vite fait, bien fait. 1€ = environ 4 Soles. On récupère vite la remorque et notre gros sac contenant les sacoches. On a l’impression que les charnières de la remorque sont cassées. En tout cas l’axe des petites roues est plié, ça c’est sûr.
On a décidé que, de toutes façons, on ferait l’inventaire le lendemain matin, au calme. On attend les bagages et là tout d’un coup apparaît le tandem sur le tapis roulant. Philippe se précipite et le récupère très vite avant qu’il ait commencé à faire le long serpent du tapis. On doit par contre attendre un bon moment pour voir apparaître les 2 gros sacs de Monique qu’on laissera à Lima pour l’association Munay.

Ça y est, on a tout récupéré, on arrive devant le contrôle des bagages. Et là ça ne rate pas, il faut dire qu’on a l’air bizarre, car à la question « que faites vous avec tout ça? », on répond à la dame, qu’ « on fait un tour du monde à vélo ».« Avec tout ça ?» C’est vrai que le tandem emballé paraît gigantesque, mais elle doit se demander comment on va transporter nos 4 énormes sacs et remorque qui forment une montagne sur le chariot. Et là, on ne peut que lui donner raison. Allez zou, contrôlez-moi tout ça!

Repassez-nous ça sur les tapis roulants qu’on puisse vérifier ce que ça contient. Devant notre mine déconfite, ils ont pitié et nous laisse passer le vélo à côté et non sur le tapis roulant. On décharge et recharge donc le reste. Hasta Luego…. On arrive enfin dans le hall avec notre attirail. On aperçoit une pancarte Philippe & Corinne Wolf. On lui dit « Antonio » en passant à côté de lui, il répond « Antonio, Si ». Et on longe donc les barrières, chacun de notre côté pour nous rejoindre au bout. Bon ce n’est pas Antonio, mais un ami à lui, chauffeur de taxi, Dio, qui est venu nous récupérer. Par contre, sa voiture ne pourra pas tout emporter. On échafaude donc un plan, tout juste sortis de l’aéroport. Un petite constatation qui nous servira pour la suite :on a atterri à 17h35, il faisait jour et là à 18h15, il fait nuit. Un rabatteur de grand taxi nous accoste. Il peut nous proposer de tout nous emmenez pour 50 Soles négociés. Ok! On charge tous les bagages dans son grand taxi et Philippe monte avec lui. Co ira avec Dio. Elle prend nos sacs à dos et nos sacoches de guidon. Philippe n’a sur lui que les Soles sortis à l’aéroport et l’adresse d’Antonio. Les chauffeurs conviennent de se suivre depuis la sortie du parking où est stationné Dio et sinon, ils se donnent un point de rendez-vous. Bon en fait, ça va merder et Dio, dans la voiture avec Corinne commence à s’inquiéter. A ce sujet, il a quand même relevé le numéro du taxi en se postant devant et en le notant sur un calepin. Tous les deux, chacun dans notre taxi, on sent bien que « ça merde », le temps passe et on ne se retrouve pas. Philippe ne s’inquiète pas plus que ça puisqu’il a l’adresse, le numéro de téléphone d’Antonio et le chauffeur de taxi lui paraît sérieux. Mais Dio transmet un peu son inquiétude à Corinne surtout que les échanges en espagnol ne sont pas simples et ce n’est qu’à la fin de la course qu’on s’apercevra qu’il parle anglais! Et puis, quand on arrive dans un pays, on n’a pas de portable puisqu’il nous faut d’abord acheter une carte téléphonique du pays. Donc pas moyen de se joindre! Philippe, de son côté n’est pas inquiet et mène son enquête sociologique …auprès de son conducteur de taxi Il apprend ainsi que, c’est son taxi, qu’il bosse 12 heures par jour et que cela lui permet de continuer à « survivre ». Il ne peut pas prendre de vacances par exemple. Il maintient juste ce qu’il a.

Bon l’histoire finit par bien se terminer, on se retrouve enfin. On va se suivre à présent…

La circulation à Lima, c’est du délire. Bien pire qu’au Maroc et qu’à Paris. Ça force de tous les côtés. On a l’impression que c’est le plus dingue qui finit par l’emporter ou le plus sage qui sait s’arrêter le premier. Et en plus il y a de sacrés bouchons. On mettra plus d’1/2h pour faire le trajet, alors que apparemment on est pas très loin de l’aéroport.

1er soir avec Antonio et Doris et les 3 françaises

On arrive chez Antonio. La route d’accès au bloc de maison, dans lequel habite Antonio, est protégé par une grille. L’accès à la maison d’Antonio est grillagé. La porte d’entrée est grillagée. Ça crée un climat bizarre. On entre. A table, dans la pièce principale, il y a Antonio et sa femme Doris et aussi 3 jeunes françaises, Marie, Cyrielle et Stéphanie qui viennent de passer 6 semaines en Amérique du Sud dont 3 à Andaluyas dans l’association Munay. Elles font des études de psychomotriciennes, et travaillaient sur la grossesse et la transmission des habitudes alimentaires de mère à enfants. Elles évoquent le fait qu’une part de la malnutrition des enfants provient de la méconnaissance de la nécessité de diversifier les repas et de la méconnaissance des bienfaits des fruits et légumes. Elles disent aussi que cela vient peut-être du prix de ces produits et nous disent qu’un grainetier étranger à le monopole et l’exclusivité dans les semences des paysans. Il faudra que l’on se renseigne. On demandera à Martine qui connaît bien le monde paysan sur tous les continents.

On mange pour la 1ère fois de la confiture de lait. On va se coucher sur les coups de 21h30. Avec le décalage horaire, cela fait 4h30 du matin. On est crevé. On veut en plus se lever pour dire au revoir aux 3 jeunes qui repartent à 7h30 demain matin.

Les toilettes sont à côté de la chambre par le couloir extérieur. A ce sujet, au Pérou, on ne jette pas rien dans les toilettes. Ce qui veut dire, que même le papier toilette usagé doit aller dans la poubelle juste à côté. C’est pas évident, avec nos habitudes, mais bon ça le fait. C’est parce que les péruviens jetaient tout et n’importe quoi dans les toilettes et qu’elles se bouchaient en permanence, que cette règle a été mise en place.

Voilà,notre première nuit en Amérique du Sud.

Chez Antonio, en fait on va rester du mercredi soir au lundi matin

Le lendemain de notre arrivée, on vérifie donc le matériel

Sur la remorque, la peinture a été abimée au niveau des charnières, mais elles ne sont pas cassées. Ouais! Et sur le tandem, les protections auront été efficaces. Tout semble en ordre et le remontage se passe bien..

1er jour,on achète vite de quoi communiquer avec les nôtres. Une carte téléphonique (147) pour nos appels et une carte Sim, pour recevoir les appels. On fait un tour sur internet dans un cyber et Elvi est sur MSN, ce qui nous permet de discuter avec elle.

Le soir, nous accompagnons Antonio à une soirée du Rotary Club. C’est amusant d’être à l’autre bout du monde pour assister à une soirée du Rotary Club!

On y goûte alors la boisson locale; l’ Inca kola, même goût que le Clamoxyl mais en version jaune fluo!

On a réussi, grâce à Antonio, à avoir une vue panoramique de Lima la nuit, en montant au dernier étage de l’immeuble où nous allons diner.

Les jours suivants, on va visiter Lima avec Dio.

Dio et Nous

Un jour, un car recule pour manœuvrer dans un carrefour et rentre dans la voiture de Dio (son klaxon marche une fois sur deux, selon la position de son volant,et ce coup-ci, il n’a pas marché!). On en profite pour donner 2 rouleaux de scotch à Dio. Il re-fixe tant bien que mal son phare qui a été amoché dans l’accident… La voiture restera réparée comme ça!

On va faire à pied la visite de tout le centre de Lima, avec de nombreuses explications données par Dio. En plus, en visitant le hall du conseil constitutionnel, on tombe sur un des présidents qui nous donne tout un tas d’explications sur l’architecture du lieu et son histoire.

On a aussi visité le Museo de la Nacion. Dio glisse une pièce à un mec qui « dirige » la sécurité pour qu’il le laisse se garer à côté du musée, là où 2 minutes avant quelqu’un venait de se garer, mais quand Dio a voulut s’y mettre, on lui a dit que c’était impossible. Il y a beaucoup de similitudes avec la Maroc… Au musée, il y a une exposition sur les années de terrorisme 1980 – 1996 avec le Sentier Lumineux, qui s’appuie sur des photos de l’époque. C’est saisissant! La quadrature du cercle : même si la cause est juste, combien de tueries inutiles… Beaucoup d’innocents meurtris et beaucoup d’individus manipulés. Alors que faire? Laisser les « salauds » « gagner » en permanence. Peut-être! On ne se bat pas à armes égales. Eux n’ont pas de morale et sont prêts à tout.

Dio nous a appris qu’il y avait eu un tremblement de terre la nuit de notre arrivée à 3heures du matin et qui était sensible. Nous, comme on n’a rien senti, on y croyait juste sans plus, mais Antonio nous l’a confirmé. Même pas peur! Pour une fois qu’on dormait profondément….

Le dimanche, on va le passer avec Antonio. On a pris la décision de sortir de Lima et d’aller jusqu’à Pisco, Ica ou Nazca en bus, ça présente, pour nous, des avantages indéniables et d’avoir du temps pour chercher un hébergement dans la première ville péruvienne dans laquelle on se posera. Dio avec qui nous avions évoqué le sujet, nous a proposé le trajet dans un gros taxi pour un prix qui nous semble très cher.

On en parle au petit déjeuner avec Antonio pour avoir son avis. Il trouve ça très cher. Après le petit déjeuner, il nous propose d’aller chercher une autre compagnie de bus qui pourrait nous satisfaire. On y parviendra à la 3ème. Perù Bus, Compagnie dans laquelle on peux louer tout une cale dans le car pour y mettre seulement nos affaires. Cela nous coûtera environ 45€ + 28soles par personne pour le transport jusqu’à au choix, Pisco, Paracas ou Ica. (la moitié de ce qu’on aurait payé pour un grand taxi)

On va ensuite avec Antonio au supermarché pour faire des courses qu’il veut apporter à des membres de sa famille qui habitent dans les montagnes au nord de Lima, à environ 18kms. Ils sont pauvres et lorsqu’il y va, il leur apporte de la nourriture. Etant « pris en charge » depuis notre arrivée, on a décidé de payer les courses. Toutes les courses. On est obligé d’insister un peu, mais il finit par céder.

Le trajet, le parcours dans la montagne au milieu des maisons de bric et de broc , la visite à sa cousine, tout est super

Antonio et sa cousine dans la montagne

Antonio, sa cousine et celui qui aide dans le magasin

! Rien, vraiment rien n’est triste autour de nous. Il y a beaucoup de pauvreté, mais aucune tristesse ambiante. Au contraire.

En parcourant une quinzaine de kilomètres, on a enfin revu le soleil. C’est bien agréable. Et le soir lorsque l’on revient, l’inverse est démoralisant.

Chez Antonio, qui est de l’association Munay, il y a toujours du monde qui vient dormir après l’arrivée à Lima et avant de s’envoler vers Andahuaylas. Un soir, 12 français sont venus dormir. Un autre jour, c’est Vincent qui débarque (suivez le et soutenez-le sur son blog :autres-horizons.blogspot.com). Il connait aussi Isabelle et Pierre. Il vient de prendre une année sabbatique, après avoir bossé dans l’informatique pendant 9 ans. Il a décidé que les valeurs auxquelles son boulot faisait appel n’étaient pas les siennes. Il a décidé de se ré-orienter vers la terre. Il va donc dans des fermes pour voir et apprendre. On devrait à nouveau se croiser en Nouvelle Zélande!

Pendant notre séjour à Lima, on a partagé la vie de la famille d’Antonio. Lui et sa femme, Doris ont encore Kelly et Marco à charge, mais Kerry, l’ainé qui est marié à Isabelle et a 2 enfants Alexandre » et Bianca, vit aussi au dernier étage dans un appartement aménagé pour sa famille. On a mangé souvent « en famille » et aussi au restaurant avec Dio. On a découvert la cuisine locale dont le « ceviche ». C’est le plat local de poissons marinés dans du jus de citron: excellent. Au Pérou, le riz remplace le pain… donc riz à tous les repas.(pour le plaisir de Corinne qui adore ça, mais Philippe cherche un peu le pain)

Lundi matin, on quitte Lima et Antonio, qui bien sûr nous dit de l’appeler si on a le moindre souci pour qu’il nous aide. Et on sait que c’est vrai.

Doris et Antonio

Marco, Antonio, Kerry et Isabelle

On s’est levé à 6h30, et après ça s’enchaine vite et bien. P’tit dej préparé par Evelyne, la bonne de la famille, arrivée de Dio et de Magner son copain qui a un grand taxi. Chargement du tandem et de la remorque dans le taxi. Et c’est parti, direction la station de bus Soyuz – Perù Bus, avenida Mexico. Aucun gros problème pour charger la remorque et le tandem dans la cale que nous avons payée pour qu’elle nous soit dédiée. Tous les employés aux bagages nous ont regardés ou aidés. Philippe s’est mis dans la cale pour tout fixé suivant sa vision, mais ils lui ont grandement facilité la vie.

Le voyage par lui-même s’est bien passé. Un peu de stress, c’est sûr, pour la découverte d’une nouvelle ville dans un nouveau pays, à vélo, à cause de cet autre « problème » que représente le voyage du tandem et de la remorque en soute.

Arrivés à la gare routière d’Ica, on remonte le trandem, on fixe les sacoches. Encore une fois, les employés aident, ce qui simplifie les choses car Corinne doit surveiller les bagages pendant l’opération et si elle avait dû aider, cela aurait été bien moins facile. Plusieurs personnes nous regardent faire et l’un d’eux, quand tout est en place, nous demande ce que nous faisons, où nous allons. Nous lui demandons s’ il connait le couvent de la Tinguina, ville proche d’Ica (à ce moment-là, on pensait que c’était un quartier d’Ica). Il nous répond que oui, et nous demande si nous y allons à vélo. Oui bien sûr! Oh là! Il nous dit que c’est super dangereux avec le vélo.

Coco dit « allez on y va. Tous les chauffeurs de taxi du monde entier te disent la même chose pour t’emmener »! Deux personnes par la suite lui confirmeront que c’était prendre de gros risques que de sortir avec le tandem. Il semble y avoir un trafic de vélos autour de la station de bus, et des gens se font piquer leur vélo. Le chauffeur nous dit que la mère supérieure a une camionnette et qu’elle viendra nous chercher si on lui téléphone. On lui passe donc notre portable et c’est réglé en 2 minutes. Sœur Rosa vient nous chercher dans ½ h. Elle arrive avec une camionnette Toyota dont on baisse le hayon arrière. On installe, les sacoches, la remorque sur le siège arrière. On pose le tandem sur le flanc, sur le plateau arrière. Philippe sort nos sangles, sœur Rosa sa corde, et on fixe le tandem. Philippe met une sangle, Sœur Rosa sa corde et lorsque Philippe s’apprête à mettre la 2ème sangle, Sœur Rosa dit, « c’est pas la peine ». Même si ça fait pittoresque, on doit dire qu’elle nous a impressionnés en mettant sa corde en place et en faisant les nœuds, mais de fait, la fixation de sœur Rosa laisse à désirer. Assis à l’arrière avec un petit garçon du quartier du couvent qui a accompagné Sœur Rosa pour venir nous chercher, Philippe est obligé de tirer sur sa corde pour essayer de compenser le mou qui s’est créé et qui s’accentue de minute en minute. Et vu l’état des routes, le mou, c’est dur à compenser. A la fin d’ailleurs, y a plus de compensation du tout, la roue qui est à moitié dans le vide fait des bonds dans tous les sens, et les trous sur lesquels passe la voiture sont tels que Philippe est obligé de cogner à la vitre pour que Sœur Rosa lève le pied. Ça faisait d’ailleurs penser au film « La Grande Vadrouille » dans lequel une bonne sœur conduit une 2CV à toute vitesse. La prochaine fois, on mettra la 2ème sangle!

Par contre, dès que l’on a franchi le seuil du couvent, on s’est immédiatement senti bien. C’était joli, propre, entretenu, calme, serein. On a immédiatement été sous le charme de la gentillesse des 5 sœurs qui vivent au couvent.

Les sœurs ont insisté pour qu’on prenne un repas à notre arrivée. Après quoi, on est allé faire une petite sieste, histoire de ne pas perdre les bonnes habitudes et au réveil, on a décidé de rester un jour de plus en leur compagnie. Pour profiter de l’endroit, mais également pour voir toutes leurs activités avec les gens du quartier. Elles ont une boulangerie, gèrent un atelier de couture, réalisent de la broderie, ont ouvert une bibliothèque, mis en place des accès internet à très bas prix, sont en train de faire installer l’eau courante dans le quartier, gèrent une maison de retraite…. Et celle-là, c’est la meilleure, car on pensait qu’elles géraient une maison de retraite, alors qu’elles nous expliquaient que le couvent est leur retraite, en tant que religieuse… Bon, notre niveau d’espagnol s’améliore mais ce n’est pas encore fluent(en anglais dans le texte).

Sœur Tabernacle nous dit que les péruviens pensent que tout tombe du ciel et qu’il faut leur apprendre à travailler, à économiser. Les sœurs ont donc organisé les activités pour faire travailler un maximum de gens du quartier.

En préparant la suite, on se rend compte aussi que les 92kms qui séparent Ica de Palpa, ville située à 49 kms de Nazca, sont désertiques, sacrément vallonnés, avec une route en mauvais état, et qu’il n’y a rien entre ces 2 villes. Pas de ravitaillement en eau, pas de restaurant, pas d’hébergement possible. (à ce sujet, il faut qu’on achète de l’essence pour le réchaud). Et on n’a pas rouler avec Aucéba et la remorque depuis un mois. On n’a pas eu le loisir d’apprendre ou d’apercevoir les situations possibles au Pérou à vélo, et Philippe est moyennement rassuré avec la roue arrière. On est super chargé et on devra l’être encore plus pour emporter eau et nourriture nécessaire pour 2 jours

Et si on complète par notre observation météo sur les 3 derniers jours : Il y a un vent qui vient des Andes, qui se lève à partir de 17h00 et qui continue toute la nuit jusqu’au matin 9h00 à priori. Le matin, la brume recouvre tout le paysage et elle ne se lève qu’entre 9h30 et 11h00, suivant les jours. Le jour se lève à 6h00 et se couche vers18h00.

On a donc calculé qu’avec notre rythme, nous ne partirions pas avant 8h30 – 9h00 au mieux, car le temps semble très frais avant 8h00. Donc si on se force à se lever à 7h00 – 7h30, on devrait pouvoir prendre la route 1h30 plus tard. Et pour le soir, s’il fait nuit à 18h00, et avec le froid amplifié par le vent, il sera grand temps de se lover au fond du sac de couchage. Donc avoir mangé, s’être lavé, avoir monté la tente, et en premier lieu avoir trouvé l’endroit qui va bien. Ce qui nous amène à commencer à chercher à partir de 15h45 – 16h00. Il faut aussi retrancher le temps du déjeuner. Comptons 1h00 pour faire simple. En conclusion, une journée de 5h00 de vélo maximum, entre 9h30 et 16h00. On n’est jamais descendu au-dessous de 11,5 km/h de moyenne. Allez, on tente de tête: ça nous fait du 57,5kms par jour.

De fait, on décide de reprendre le bus pour se rendre à Nazca. Comme ça, on avance et on arrivera plus vite sur des routes qu’on aura envie de parcourir à vélo (la Panaméricaine en vélo, c’est pas folichon!)

Dernière petite touche au vélo : le garde-boue avant touche le pneu quand on freine, depuis notre voyage avec sœur Rosa. La bonne réponse, après avoir cherché par tous les moyens à l’ajuster apparaît enfin, « arrêtes de fignoler et règles le problème! ». Philippe attrape la pince Leatherman et tord le côté qui frottait. C’est pas de l’art, mais ça fonctionne maintenant.

On en profite aussi pour faire du tourisme à Ica et aux alentours.

Nous sommes allés à Huacachina. C’est une oasis, en plein milieu des dunes de sables qui entourent Ica. Pour y aller, Sœur Rosa et Sœur Betty nous ont conduit en voiture. Elles se sont assurés que le buggy et le chauffeur étaient « sérieux »et ont organisé notre retour en taxi. Pris en charge du soir au matin et même dans les sorties maintenant. Nous voulions, au départ y aller en tandem. Mais Sœur Rosa, nous a apporté la contradiction. Nous ne pourrions pas profiter du lieu, nous balader. Si en plus on se perd au retour, il pourrait faire nuit et nous serions « dehors », ce qui est dangereux.

Elles nous font en plus visiter le centre ville qui a subi le tremblement de terre d’ il y a 2 ans. C’est incroyable le nombre de maisons qui sont encore en ruine. L’église est en l’état. Il y des trous béants, et des fissures partout sur l’édifice.

A Huacachina, on a vu des paysages magnifiques. Notre première expérience d’un désert de sable. C’est superbe. Les lignes dessinées par le vent sont d’une « pureté » incroyable. Nous avons vu ce jour-là, 2 oasis. C’est étonnant de voir cette verdure autour du point d’eau, en plein milieu du désert. On a pris un buggy pour parcourir le désert. Le buggy par lui-même et les sensations, en plus du bruit, tient plus des manèges de foire. Et ça, c’est plus notre truc. De plus, on a decline l’invitation pour surfer sur la dune. On vieillit, faut croire.Les enfants, eux, auraient adoré Mais il fallait en passer par là pour profiter des paysages. CQFD.

Voilà, pour cette dernière quinzaine, nos aventures. Demain, on repart pour Nazca.

« Nazca, faut qu’on » comme on dit beaucoup dans le monde du travail. Vous tous qui avez repris le chemin laborieux, on vous souhaite bon courage…Lisez nous pendant les heures de bureau, ça vous détendra… et écrivez- nous bien sûr

On vous embrasse.

P.S: Impossible de charger des photos ce soir, on attend 10 minutes, et il ne se passe rien …. Donc, l’article sera avec photos plus tard… Voilà, ça y est, nous sommes parvenus, après 3 jours à mettre les photos dans l’article.

Bonne lecture. Ecrivez-nous!

Corinne et Philippe le août 9th, 2009

Nous nous déplaçons beaucoup ces derniers temps. Continents et pays défilent. Mais malheureusement pas à vélo…Quoique…

Reprenons le fil de l’histoire. Lors du précédent épisode, nous étions en Afrique. Nous arrivions devant la porte de la famille BERRADA à Casablanca. Nous aimerions parvenir à « planter » le cadre de ce séjour et à vous restituer nos impressions dans notre « vie de famille » casablancaise.

Nous sentons dès notre arrivée que nous allons être « royalement » traités, par la famille de Sabrine. Tout se présente donc pour le mieux. Nous allons en plus y retrouver nos trois p’tits loups qui vont arriver quelques jours plus tard.

Commençons par faire les présentations : la maman, tout d’abord, se prénomme Saâdia, le papa Fouad, Achraf est le grand frère, il est âgé de 29 ans, et Medhi le petit frère a 23 ans. Tout ce petit monde entoure et chouchoute Sabrine. On ne vous la présente plus Sabrine… Elle est « à nos côtés » depuis suffisamment longtemps pour que tout le monde en ait déjà entendu parler…Il y a aussi Warda, (« fleur » en français, ce qui lui vaut le surnom de « fleurette » par Sabrine) la copine de Medhi qui vient très fréquemment à la maison.

Continuons par le décor…

La maison de la famille de Sabrine est une maison de ville, dans le quartier « Français » de Casablanca. A ce sujet, nous n’en avons pas rencontré un seul durant tout notre séjour…La maison se dresse sur 3 étages, avec un petit jardin en façade et une courette sur sa face arrière. C’est là que nous stockons le tandem et la remorque. Dés la porte franchie, on pénètre dans une belle entrée très claire. Face à nous est accroché un poster de Sabrine, couverte du voile traditionnel berbère. Elle ne doit pas avoir plus de 8 ans et déjà à l’époque, les yeux étaient rieurs et malicieux… On ne se refait pas!

La maison a 6 salons! 4 marocains et deux « occidentaux ». Le salon marocain se caractérise par des canapés qui occupent tous les murs, avec des coussins de différentes formes et tailles. L’ensemble est réalisé dans des tissus joliment assortis. Une table centrale, ronde en général, sert aux repas et pour le thé. Des petites tables sont disposées aux quatre coins pour pouvoir y déposer plats, assiettes ou verres. Quelques chaises permettent de finir le cercle lorsque les plats sont disposés sur la table et que le repas commence.

Au rez-de-chaussée, on trouve donc deux salons. Le premier nous sert de chambre. Toute la famille Wolf y dort, confortablement installée, « à la queue leu-leu », sur les canapés. Le second, à côté de la cuisine, sert de lieu « de vie ». On y prend l’ensemble des repas, on y regarde la télévision qui reste allumée en quasi-permanence. Sabrine est incollable sur les séries mexicaines. Elle a juste besoin d’une remise à niveau, lorsqu’elle revient « au pays ».

La famille est très unie, soudée. On perçoit beaucoup de tendresse entre tous. Tous les repas, à l’exception du petit déjeuner, sont pris ensemble. Achraf, lorsqu’il n’est pas en déplacement, rentre manger le midi. Et toute la famille l’attend pour prendre le goûter, qui est un repas en tant que tel. Saâdia est une cuisinière incroyable. Elle excelle dans tous les domaines. De l’entrée, aux petits gâteaux en passant par les plats (couscous, tagine …), le café agrémenté de cannelle, le thé à la menthe, tout est succulent. Les repas, sont le moment idéal pour parler. Et la famille parle très librement de la quasi-totalité des sujets.

Le plat principal est disposé au centre de la table. De nombreuse assiettes de différentes salades, sont disséminées sur la table. La tradition veut que les plats en sauce se mangent avec les doigts directement dans le plat, à l’aide du pain. C’est une découverte pour nos enfants (nous, nous l’avions découvert avec Lahcen et Anne à Rabat). Aude veille en permanence, à ce que je ne me lèche pas les doigts avant de replonger ma main dans le plat. Elle s’assure aussi que je respecte ma « zone de nourriture », sans aller piquer quoi que ce soit dans la zone des autres. Ce qui me vaut quelques coups de coude assénés avec vigueur par ma fille.

A table, pour la boisson, nous nous sommes cantonnés à l’eau en bouteille, ne voulant prendre qu’un minimum de risques quant à la tourista. Nos enfants ont adopté

sans aucune difficulté la boisson de la famille. A savoir le Coca. On aurait pu s’y mettre aussi, cela nous aurait préparé aux boissons d’Amérique du Sud à base de feuilles de Coca….

Saâdia et Fouad sont à la retraite, ce qui ne les empêche pas d’être en permanence « sur le pont ». Ils se lèvent les premiers. Ils font tout dans la maison. Et tout pour la maisonnée, également à l’extérieur. Ils sont à l’écoute des moindres envies de leurs enfants, Et très souvent même, ils les devancent.

Achraf est directeur commercial dans une société qui commercialise des boissons de luxe, le champagne par exemple, auprès des hôteliers, restaurateurs,…

Medhi poursuit ses études dans une école de commerce privée, chère mais qui offrent des débouchés aux élèves qui peuvent y accéder. C’est la même école par laquelle est « passé » Achraf.

Achraf a une Audi TT décapotable, 2 places. Sabrine la surnomme la « voiture porte-clef ». Lorsque Achraf part en rendez-vous et que pour s’y rendre il doit emprunter des routes de « médiocre qualité » ,il « emprunte » la voiture de Papa. C’est somme toute assez fréquent, vu l’état des routes au Maroc…Cela « bloque » toute la famille à la maison, car tout le monde ne se déplace qu’en voiture. Sans voiture, pas de sortie pour Sabrine ou Medhi. Il faut alors essayer de trouver un copain u une copine qui puisse rendre service. Sabrine n’a jamais pris ni les transports en commun, ni les taxis…

A ce sujet, en ce qui concerne les « petits » taxis, ils pullulent dans les villes marocaines. C’est vraiment le moyen de locomotion idéal dans les villes. Ils sont très peu chers, on en trouve facilement sur les axes principaux, et on parvient sans trop de difficultés à en trouver qui mettent le compteur sans se faire prier. Le principe de fonctionnement est le suivant :

    • vous faites signe au chauffeur. S’il lui reste de la place et qu’il va dans votre direction, il vous prendra.

    • pas plus de trois passagers au total. Lorsque la famille p’tits loups va se balader, nous devons en trouver 2 (ou parfois, on s’arrange avec le bus).

    • en entrant, vous mémorisez le chiffre indiqué par le compteur. Lorsque vous sortez vous calculez la différence avec le nouveau montant inscrit et vous payez.

    • Le montant de la prise en charge, pour le premier passager ou groupe de passagers, est de 1,4 dirhams (14 centimes d’euro)..

    • Le montant de la course ne peut être inférieure à 5 dirhams (50 centimes d’euro).

Papa, « Baba » en marocain a de nombreuses « occupations ». Il sert de chauffeur à tout le monde, il conduit et va rechercher à la demande. Il approvisionne quotidiennement la maisonnée pour les repas de la journée. A ce propos, les courses quotidiennes se font systématiquement chez les petits commerçants du quartier. Il existe bien quelques grandes surfaces, mais elles ne semblent pas être très fréquentées. Fouad fait les menus travaux d’entretien, et il aide Saâdia pour les travaux ménagers, lorsque la femme de ménage ne vient pas. Il conduit les voitures au garage lorsqu’une intervention est nécessaire. Il emmène et va rechercher les vêtements de Sabrine à la retouche et au pressing. Quand il y va seul, il n’a jamais de problème. Une fois, il va avec Sabrine récupérer quelques robes. Medhi les a accompagnés. Il veut s’acheter une paire de chaussures. Fouad reste dans la voiture, garée devant la boutique de chaussures, pendant qu’ils cherchent le modèle « idéal ». Ils finissent par le trouver et appellent Fouad pour lui demander son avis. Il ferme sa fenêtre, les portes de la voiture et s’en va les rejoindre. Au retour, Sabrine se rend compte que le paquet contenant les robes a disparu. Medhi et elle avaient oublié de fermer leur fenêtre respective. Les robes étaient posées sur le siège arrière ….à portée de main, dans le quartier de luxe de Casa.

Le jour de notre arrivée, après un repas pantagruélique pris en famille, Sabrine et Simo, nous proposent d’aller manger, près de la corniche, des « Bobouches », escargots cuits dans leur coquille, et servis avec leur bouillon de cuisson. Nous avions déjà mangé des petits escargots avec cette préparation en Andalousie, mais ils étaient légèrement plus petits et le bouillon était assaisonné différemment. Les nombreuses vendeuses sont le long d’une artère perpendiculaire à la corniche, avec leur marmite montée sur des roues qui rendent l’ensemble ambulant. Chacune s’attribue un numéro quelconque, qui permet d’une fois sur l’autre, de retrouver « sa » vendeuse. Simo se gare en double file, passe sa commande par la vitre ouverte du passager, et la vendeuse apporte les bols à la fenêtre et on mange dans la voiture. On peut avoir du rab de jus et ensuite on lui rend les bols. Pour avoir des serviettes, Simo fait signe à des petits vendeurs de mouchoirs, qui se précipitent en faisant la course pour arriver le premier et vendre un paquet. Bien sûr le plus grand gagne, et devant la mine dépitée du petit, Simo paiera une boite de mouchoirs à chacun.

Au moment où nous repartions, on aperçoit au loin des fusées d’un feu d’artifice. Ni une, ni deux, Simo va par des chemins détournés, nous trouver un endroit idéal, pour assister au plus grand feu d’artifice que nous ayions vu jusqu’à aujourd’hui. Nous étions super reconnaissants à la ville de Casablanca, d’avoir organisé cette attraction en notre honneur…

Simo nous a invités à passer toute une journée chez lui. Ses parents étaient partis en vacances mais sa soeur Lamia et ses neveux Saâd et Hamza ont partagé les repas avec nous. Sa famille appartient à la très haute bourgeoisie marocaine. Son papa, cadre dirigeant, travaille dans la direction de la holding royale. Cela nous a permis d’avoir un nouvel éclairage sur les différentes facettes de la société marocaine, et d’entrevoir certains « mécanismes » en cours dans le monde des affaires nationales et internationales.

Nous avons aussi passé pas mal de temps à entretenir le matériel. Nous ne l’avions pas vraiment fait depuis le nord du Portugal. Nous avons bien évidemment dû remonter la nouvelle roue que nos enfants nous ont amenée et y réinstaller le disque et la cassette. Nous avons changé le pneu qui avait été « lacéré » lors du passage sur les lieux de l’accident du camion… Nous avions planifié le remplacement des chaines, cela faisait partie du matériel préparé avant notre départ, dans les bagages des enfants.

Nous sommes allés passer deux jours à Marrakech, avec nos enfants. L’aller eut lieu en car et le retour en train. Ceci, afin de pouvoir découvrir les conditions de voyage avec ces deux modes de transport. Et bien, contrairement à tout ce que nous avions lu, nous avons préféré le car et de loin. Le train que nous avons pris, fut une véritable étuve, malgré un départ à 21h30!

Nous nous sommes installés, grâce à Achraf, dans un duplex au sein d’une superbe résidence avec piscine, dont Sébastien a particulièrement bien profité. Nous avons fait les visites et activités traditionnelles à réaliser lorsque l’on est à Marrakech. La place Jemaa-el-fna où voulant photographier un singe, je vois débouler un jeune homme qui arrive avec son singe et qui me demande de l’argent pour la photo prise. Je lui dit qu’il n’y a aucun problème et en lui montrant l’écran, je supprime la photo que je viens de prendre. Je lui explique, que partis pour un tour du monde et en voyage pour plusieurs mois, il est hors de question que je paye pour prendre une photographie. Nous discutons un bon moment de sa vie, de la France, du voyage et il me demande l’appareil photo pour faire (gracieusement)une photo de moi avec le singe….Inutile de dire les sarcasmes du reste de la famille car nous avions convenus avant, d’être vigilant et de ne pas se laisser mettre un singe dans les bras, d’autant que ses adorables animaux transportent des maladies. En revanche, on est resté très loin des cobras, surtout Cécile qui les a en horreur !

La ballade en calèche aux heures les plus chaudes (47°) durant lesquelles, si vous avez le malheur de sortir un doigt de pied, et de l’exposer au soleil, vous comprenez tout de suite votre erreur. La brûlure du soleil étant tellement rapide que vous ne vous faites avoir qu’une fois!

La visite des souks, la visite du quartier des tanneurs où nous sommes tombés dans un traquenard que nous sentions venir à plein nez. La visite a été passionnante, mais nous sommes ressortis très vite de la boutique ou l’entonnoir vous conduit immanquablement. Il y a eu 2 secondes de tension, mais comme nous avions été clairs dés le début, tout s’est bien terminé…

Au retour à Casablanca, nous avons poursuivi les divers entretiens et préparatifs autour du tandem et de la remorque.

Sébastien a apporté la peinture rouge, pour « rattraper » les petits dommages subits durant ces 3 mois de voyage par les drapeaux qu’ils avaient, lui et Adrian un copain, peints à la main sur la remorque.

Les filles sont allés faire un « après-midi beauté » dans l’institut qui « traite » Sabrine. Cela consiste en une séance de coiffeur, avec manucure et pédicure. Ces deux dernières disciplines furent une première pour les filles de la famille Wolf. Corinne en avait marre « de ressembler à rien ». Des amies cyclos l’avaient prévenue : « Prends de quoi te sentir femme lorsque tu en ressentiras le besoin ». Mais les arbitrages sur les volumes et poids avaient passé tous ces accessoires par perte et profit.

Pour nous rendre de chez Sabrine à l’aéroport, distant d’une vingtaine de kilomètres, nous avions besoin de trouver un mode de locomotion qui puisse emmener toutes nos affaires. Nous voulions tout transporter emballé, Fouad se chargea de nous trouver le chauffeur et la camionnette qui conviendrait. Il préféra le faire seul, afin d’obtenir un « prix marocain »… Pour notre premier voyage en avion avec notre attirail, nous avons emballé tous nos bagages avec la plus grande attention. Nous avons transformé la remorque en valise. Pour ce faire, nous avons fixé le triangle de la remorque sur le cadre du tandem et la roue a été placée dans la remorque et remplacée par des petites roues prévues à cet effet par Christian Thouze, inventeur génial de notre remorque. Pour parfaire le tout, nous avons bricolé une poignée.

Nous avons filmé tous nos bagages à l’aide de films alimentaires.

On devra en arrivant au Pérou, changer le câble du dérailleur avant. Il s’est « effiloché » et ne tiendra plus bien longtemps. Mais nous nous en sommes aperçu lors de l’emballage du tandem. Le « change » était déjà emballé dans la remorque.

Notre plus mauvaise surprise jusqu’à présent aura été l’attente interminable pour récupérer notre Tandem à l’aéroport de Madrid. Nous avons vraiment crû l’avoir perdu quand après 2h30 d’attente, nous demandons à un bagagiste où il peut être et que celui-ci nous répond qu’il n’en a aucune idée et que de toute façon, il n’y a plus rien en bas, là où sont les bagages spéciaux.

Panique! Je cours partout, dans les différentes salles de réception des bagages. Et Dieu sait si l’aéroport de Madrid est grand! Pendant ce temps, Corinne va au guichet des réclamation d’Ibéria. La file d’attente est bien longue, de nombreuses personnes se retrouvent avec un ou plusieurs bagages manquants. Lorsque je reviens bredouille et la tête pleine d’idées compliquées : refaire un tandem, changer les dates du billet tour du monde, etc…Corinne est à côté du tandem. Il a suffit d’un simple coup de fil par l’agent d’Ibéria pour que le tandem réapparaisse. Ça c’est la très bonne surprise. La deuxième, mauvaise, arrive très vite après. La roue arrière, toute neuve et mise en place à Casablanca, est en 8. Explosée par on ne sait quoi. Mais ce je ne sais quoi a laissé une entaille importante sur le flanc de la jante et a réussi à la plier. Et merde!!!

En plus Bernard et Valéria (cf article à Saint-Jacques de Compostelle), qui étaient venus nous attendre, avaient dû repartir, après plus de 2 heures d’attente… Là encore, nous avons eu de la chance. Au point tourisme de l’aéroport de Madrid, nous avons trouvé quelqu’un qui s’est mis en quatre pour m’accompagner dans l’aérogare afin de voir si à tout hasard, ils étaient encore là. Il m’a permis de passer les contrôle, allers et retours, sans aucune difficulté. Il nous a ensuite proposé son ordinateur portable, connecté à Internet, ce qui nous a permis de récupérer les numéros de téléphone de Bernard et Valéria, qui sont donc revenus nous chercher, mais aussi de Martine, la sœur de Paul (cf articles autour du « chemin de Saint-Jacques ») chez qui nous allions.

Par chance, nous avions commandé une roue à Nantes, pour en avoir une d’avance. Au cas ou… Deuxième pub du site : Christophe – Vélo & Oxygène – Route de Rennes à Nantes. Sans nous connaître, à partir d’un simple appel téléphonique depuis Rabat, il nous a tout préparé. Nous n’avons pas été plus surpris que ça, sachant qu’il s’agit du vélociste d’Anne (cf article précédent), mais également de Pierre et Isabelle Lancelot. Et maintenant, il faut la récupérer. Et ça ne se goupille pas trop mal. En effet,…

Nous sommes actuellement à Saint-Brévin. Nous devions passer 11 jours à Madrid, entre notre arrivée le 31 juillet en provenance de Casablanca, et notre départ pour Lima le 12 Août. Corinne imaginait y faire venir ses parents pour les voir avant une séparation de plusieurs mois. En apprenant que Sylvie et Jean-Pierre seraient en vacances à Saint-Brévin à cette période, Corinne ne pouvait plus leur faire cette proposition…. Avec l’aide de notre ami Jean, à Villemomble, j’ai mis sur pied le projet pour aller passer 8 jours à Saint-Brévin. Au début, je pensais faire la surprise à Corinne, et nous conspirions par téléphone avec Jean. Mais je le lui ai rapidement dit pour qu’elle « profite » de l’idée le plus longtemps possible.

Pierre et Isabelle nous ont récupérés à l’aéroport de Nantes, le samedi soir. Le lendemain matin, nous avons pris le train jusqu’à Saint-Nazaire puis nous avons fait du stop pour arriver comme des fleurs devant Ti-Bihan, la maison de Saint-Brévin…

Les enfants qui y sont venus pour le 14 juillet ont apporté des vélos… Heureuse idée qui nous a permis de refaire mouliner nos papattes qui s’engourdissaient. Cela faisait presque 15 jours que nous n’avions pas roulé.

Autre mauvaise surprise, nos filles Cécile et Aude sont parties en vacances en Espagne, avec 4 autres copines. Pour simplifier les choses, elles ont pris l’espace renault, qui possède 7 places.

Sur l’autoroute, en partant, un pneu a explosé. Heureusement, cela s’est limité à des dégâts matériels. Nous étions dans la cave de notre copine à Madrid en train de réparer le tandem. Nous avons eu un bon coup de stress, et les échanges téléphoniques ont été nombreux pour organiser leur dépannage et les conseiller.

Là aussi, tout est bien qui se termine bien, et notre problème de tandem était devenu secondaire. Comme quoi, il faut toujours relativiser. C’est parfois plus facile à dire qu’à faire….

Avant-hier, nous sommes passés à Nantes. Nous sommes allés manger chez les Lancelot. Nous en avons profité pour connaitre Christophe, le vélociste, de visu, et enfin nous sommes passés voir Monique qui est la présidente de l’association Munay. Cette association conduit de nombreuses actions au Pérou. Elle nous a confié deux gros sacs à remettre mercredi prochain au responsable local. Et nous avons goûté chez elle notre premier Mate de Coca….

On vous laisse, on va passer à table…Ce midi Anne et Lahcen, viennent se joindre à nous. Au menu, gigot et mogettes, tarte aux fraises fraichement cueillies…Elvira, Didier, Marie et Valentine nous ont fait la bonne surprise d’arriver hier soir. Pierre et Isabelle vont certainement passer cet après-midi, et demain, arrivent Olivier, Caroline et Thimothé, qui nous apportent une autre roue préparée par Rando-Cycle.

Les mogettes de ce midi et toutes ces roues de remplacement, on va pouvoir dire qu’actuellement c’est « Pérou(es) de Secours !» Et avec les amis autour….Que du bonheur!

Continuez ou commencer à nous écrire dans les commentaires ou sur le forum. On adore.

Une petite synthèse de notre voyage au Maroc :

  • 19 jours : du lundi 13 juillet au vendredi 31 juillet

  • 19 jours de franc soleil et grosse chaleur

  • 177 kms à vélo

  • la plus longue étape en distance : 92 kms pour relier Asilah à Moulay-Bousselham C’est aussi la plus longue en temps : 5h13

  • la plus courte étape en distance : 31 kms pour aller de Moulay-Bousselham à ? (casse du moyeu). C’est aussi la plus courte en temps : 1h37

  • répartition de nos 18 nuits par type d’hébergement : 6 hôtels, 12 chez des particuliers

Corinne et Philippe le juillet 22nd, 2009

La canicule annoncée au Maroc vient de débuter. Le thermomètre avoisine les 50° à Marrakech. Par chance, encore une fois, nous sommes posés. Cette fois, nous sommes à Casablanca dans la famille de Sabrine. Et oui, déjà arrivés à notre but final au Maroc. C’est une longue histoire que nous allons tenter de vous faire vivre dans la suite de l’article.

Mais d’abord, revenons à Séville, là où nous nous sommes quittés. Nous voulions vous parler de la cathédrale et de ses innombrables trésors que l’on découvre à chaque nouvelle salle. C’est d’abord la cathédrale la plus grande après celle de la place Saint-Pierre à Rome. Elle est GIGANTESQUE! Tout y est époustouflant. La quasi totalité des objets sont beaux. La sépulture de Christophe Colomb qui repose désormais dans la cathédrale est vraiment une oeuvre que nous avons trouvée splendide. L’accès à la tour et la vue depuis ses hauteurs sont impressionnantes. On embrasse du regard l’ensemble de la ville et la quasi totalité des monuments de Séville. C’est vraiment un endroit que nous avons aimé.

Le soir de cette visite, Agustin nous a préparé une soirée surprise en nous emmenant à un spectacle de Flamenco sur une scène en plein air, d’un des parcs de la ville. Le spectacle était décomposé de la façon suivante : Un “animateur”, grand connaisseur du Flamenco, retraçait l’histoire de cet art en s’appuyant sur des textes de 2 poètes. Une lectrice déclamait un des poèmes. Et la chanteuse, accompagnée à la guitare, entonnait le texte précédemment récité. On a donc pu découvrir les divers aspects du Flamenco : du tragique au comique. Cerise sur le gâteau, une danseuse est apparue pour enchanter l’espace. C’était magnétique, les poses, la fierté des attitudes, les mouvements du corps et de la robe, y compris de la traine maniée avec une dextérité incroyable, faisait que le regard était capté par ses mouvements.

Ensuite tapas, poissons frits, vers minuit pour finir en beauté cette superbe journée. Agustin pensait en prendre suffisamment pour qu’il leur en reste le lendemain. C’était mal nous connaitre. A part quelques arrêtes (et encore…), il ne restait rien.

Le lendemain, après 3 nuits passées à Séville, on réenfouche Aucéba, pour la dernière partie de l’Andalousie qui va nous conduire à Tarifa pour y prendre le ferry vers le Maroc.

On a prévu de s’arrêter à Arcos-de-la-Frontera, village blanc haut perché, que nous voulons découvrir. Nous avons hâte de rencontrer Emilio, avec que nous avons contacté via nos listes d’hébergement. L’échange téléphonique a été hyper simple et super gentil et nous sommes sûrs de “tomber” sur quelqu’un de généreux. On y arrive, alors qu’ Emilio est à son travail . Il fait l’accueil et les réservations dans l’hôtel de son père, qui vient de prendre sa retraite. Première pub de ce site, mais l’hôtel que nous avons visité est superbe, ses prix on ne peut plus raisonnables et la ville est à découvrir. Il s’agit donc de l’hôtel “La Fonda”, en plein centre ville et avec les gens les plus conviviaux que l’on puisse espérer. L’adresse : C/ Corredera 8311630 Arcos De La Frontera, Espagne. Téléphone :+34 956 700 057 Ce n’est pas là que nous allons dormir puisqu’Emilio nous a invité chez lui. Comme son service n’est pas fini, il nous donne ses clefs et nous explique comment nous rendre chez lui. Il ne nous connaissait pas cinq minutes avant! Vive la confiance et le fait de ne pas avoir peur de l’étranger. Nous avons passé une superbe soirée, qu’ Emilio nous a aidés à réaliser. Où et quels tapas manger? Quelle balade de la ville effectuer? Avant de sortir nous avons rencontré Belem, son amie qui, n’étant pas en forme, préfère rester avec Emilio chez lui pour dîner. Pour notre dîner, Emilio nous a suggéré les plats suivants : Pinochitos (brochette de poulet), Crujiente de Langostine (beignets de langoustine), Caracoles (petit escargots avec jus). Tout est excellent. On est attablé dehors, comme des rois. L’endroit est prisé car il y a du monde déjà en place, mais aussi plein de gens qui attendent une table. Comme d’hab, on a de la chance. On va ensuite se balader. La ville est extraordinaire. Les points de vue du haut de la falaise sont saisissants. Le lendemain matin nous prenons tous le petit déjeuner ensemble, puis Belem part travailler et nous discutons longtemps avec Emilio, qui parle parfaitement le français et couramment l’anglais. Il se rend compte que le tourisme, ne marche pas très bien cette année et s’inquiète de l’évolution de l’hôtel. Il ne sait pas encore s’il demeurera à Arcos pour assurer la suite de son papa, lorsque celui-ci arrêtera totalement. Lorsque nous partons d’Arcos, Emilio nous offre une bouteille de vin blanc de sa région. Nous, la veille, nous étions arrivés les mains vides! Nous boirons cette bouteille en pensant à lui le soir de notre arrivée à Tanger. Nous avions trouvé un frigidaire pour la mettre au frais…

Petit intermède culturel grâce à Emilio : il nous a expliqué d’où vient « De la Frontera » accolé au nom de plusieurs villes du sud de l’Espagne (Arcos, Vejer, …) : il s’agit de la frontière entre les catholiques et les musulmans au 16ème siècle. A cette période, ils sont confinés au sud de l’Europe, eux qui, des siècles auparavant, avaient atteint Poitiers.

Notre périple nous conduit justement à Vejer-de-la-frontera. Sur la route, ce matin-là, nous croiserons 6 serpents, endormis ou écrasés. On n’a pas vérifié…Vejer est une superbe ville. Pour la voir, il faut la mériter car l’ascension pour y parvenir est longue et pentue. On veut se connecter à internet avec l’e-pc, et on se tourne donc vers les pensions, hôtels, etc… Le camping en plus est tout en bas. Si nous y étions allés, il aurait fallu crapahuter pour voir quelque chose. On fait un tour de ville pour essayer de voir les hôtels qui pourraient nous convenir, on rencontre des français installés ici, dont Damien avec qui on fait une photo. Ils ont ouverts 2 restaurants. On ira peut-être… On va déjà se laver. En fait, nous n’irons pas. Trop cher, ce que comprend parfaitement Damien, qui nous avait invités à repasser le voir. On reste une journée pleine à Vejer. On trouve la ville jolie, mais elle est « polluée » par la nature des touristes qui l’envahissent et qui lui donne un cachet « m’as-tu vu » que l’on n’aime pas.

La journée suivante va être particulière. Nous pensions à l’origine, atteindre Tarifa dans la matinée et n’effectuer la traversée du détroit de Gibraltar que le lendemain, 14 juillet.

En fait, tout s’est enchainé très vite ce jour-là. En arrivant à Tarifa, guidé par un touriste belge qui vient là depuis 15 ans, on s’est retrouvé au port, prêts à embarquer. On a sympathisé avec les douaniers, le temps que Corinne achète les billets (chers 106€ : 45€ par personne + 16€ pour un vélo), et ni une, ni deux, lorsqu’elle sort, on passe devant tout le monde pour embarquer les avants-derniers sur le ferry qui devait partir 5 minutes plus tôt.

photo floue mais la seule d'Abderrahim

photo floue mais la seule d'Abderrahim

Dans le ferry,, tous les employés nous aident à arrimer solidement Auceba pour qu’il n’y ait pas de mauvaises surprises pendant la traversée. Dans la file de la douane pour les gens qui n’ont pas de véhicule, on fait la connaissance d’Abderrahim, qui habite à Tanger. Il travaille à Pamplune, et ne peut rentrer chez lui qu’au plus 4 fois par an. Il nous donne plein d’infos sur Tanger et le Maroc, et est vraiment désolé de ne pas pouvoir nous accueillir chez lui, la famille au complet étant réunie pour son arrivée. Bien évidemment nous comprenons sans problème. Il nous donne ses coordonnées, à Tanger et en Espagne et nous dit de l’appeler, si nous avons le moindre problème au Maroc.

Je fais des photos dans le ferry et me fait « sermonner » par 2 employés, qui me disent que les photos sont interdites. La même chose se passe lorsque je sors dans le port de Tanger, et la sécurité, m’accompagne même pour me montrer que c’est bien écrit sur un panneau. Après quelques échanges, ils tournent la tête et me laissent photographier. Mais à peine passés les grilles du port, Corinne me montre un très grand panneau sur lequel est écrit qu’il est interdit de photographier dans les lieux publics. Ce qui veut dire également dans la rue….

On va à l’hôtel recommandé par Agustin, mais il est complet pour tout le mois nous dit le réceptionniste. Il nous indique l’hôtel d’en face, où nous allons. Il commence à faire chaud, on n’a qu’une envie, se poser, ne pas galérer à chercher. C’est un 4 étoiles, on accepte donc un prix que l’on n’aura jamais mis jusqu’à présent. 900 dirham (environ 80€). Et pour une chambre et un hôtel très quelconques. On se pose, on se fait une sieste et on va se balader. Dans le « marché des pauvres », on se fait accoster par un homme jeune, Abdul, qui parle très bien français, qui nous dit que la médina et la casbah ne sont pas par là et qui nous propose de nous accompagner. On lui dit que nous n’avons pas besoin de guide et que l’on aime découvrir en flânant. Il nous répond que ce serait bien pour les 2 pour s’entraider, lui nous montre et nous nous lui donnons un peu d’argent. A ce moment de la journée, il ne nous reste que 50 dirhams en poche. On le lui dit, et il accepte de passer la soirée avec nous et de nous faire découvrir Tanger pour ce prix.

Il nous fait voir des tonnes de choses, mais ne nous accompagne pas partout, n’étant pas guide officiel, il évite certains passages. On va assister à la dure loi de la corruption. Il se fait interpeller par un policier de la brigade touristique qui veut sa part de ce qu’on lui donnera. Le policier lui dit de finir sa visite avec nous et de passer ensuite le voir. Abdul est persuadé que le policier ne le croira pas sur le montant gagné et décide donc de jouer au chat et à la souris, en tentant de l’éviter le plus longtemps possible, mais avec le risque de se retrouver incarcéré, en fin de compte. Tous les marocains rencontrés nous confirmerons que tout fonctionne sur la base du bakchich.

Le lendemain après-midi, alors que vous venions de finir grossièrement notre itinéraire prévisionnel : Tetouan, Chefchaouen, Fes, Meknes,…, nous recevons un mail d’Anne, une amie des Lancelot (amis cyclistes nantais) que nous avions rencontrée chez eux. Le courant, lors de cette soirée, était super bien passé et nous savions qu’Anne, était au Maroc où elle s’était mariée quelques mois auparavant. Elle nous propose de passer les voir à Rabat pour faire la connaissance de Lahcen, son mari. Comme vous le savez déjà, on ne refuse aucune invitation, et on change donc nos plans. Direction la côte ouest pour atteindre Rabat via Asilah, Larache, Moulay-Bousselham et tous les petits villages intermédiaires.

Notre sortie de Tanger s’avèrera relativement facile. Pour qui a l’habitude de rouler à Paris à vélo, c’est kif-kif. On est parti très tôt, mais on perd tout le bénéfice de ce départ matinal, une heures après. En effet, on rencontre Aziz et sa famille, sur une aire de station service ou se trouvent de nombreux marocains, travaillant en France, qui viennent passer leurs vacances ici. Ils viennent tous d’effectuer la traversée Espagne – Maroc. Nous allons discuter près d’une heure avec eux. Aziz et sa famille vont à Safi et nous invite à venir découvrir leur ville et à venir y manger le meilleur poisson de tout le Maroc. On note les coordonnées.

Tout va pour le mieux, le soleil est présent, un petit vent nous rafraichit et nous donne l’illusion qu’il ne fait pas chaud. Quand tout à coup, en travers de la route, on aperçoit une remorque couchée sur le côté. Des gens s’affairent pour récupérer le chargement et le transvaser dans un autre camion qui se trouve juste devant. On voudrait faire une photo, mais c’est trop dangereux car les voitures et les camions qui arrivent en face contournent l’obstacle et viennent « manger » toute notre partie de route.

Il y a plein de débris sur la chaussée. Première erreur, je ralentis. Les morceaux ont donc bien le temps de pénétrer dans la gomme. Deuxième erreur, passée la partie où se trouvent les débris, je ne m’arrête pas. A chaque tour de roue, les morceaux pénètrent plus profondément, jusqu’à attaquer la chambre à air. Si j’avais passé la main juste après, j’aurais peut-être chassé les indésirables.

Le résultat est celui que vous aurez tous devinez, nous récoltons après quelques centaines de mètres, une superbe crevaison. Et le plus embêtant, c’est que le pneu est abimé, coupé nettement sur la bande de roulement. On a quand même un peu de chance, il y a de l’ombre à quelques mètres. On va s’y installer.

C’est une sorte de parking en bordure de mer. On est sur du sable. On dévisse les fixations de la remorque et on enlève ensuite une sacoche, et badaboum, le déséquilibre créé, fait basculer vélo et remorque qui tombent dans un bruit inquiétant. Encore un coup de pot, rien ne semble détérioré. On change la chambre à air, on réparera l’autre plus tard, et nous reprenons la route. On croise nos premiers dromadaires qui attendent pour traverser la nationale. Auparavant d’ailleurs on avait vu des moutons qui attendaient et une autre fois des vaches. On voit beaucoup de petites vespa avec un plateau arrière. Quelques chevaux et ânes qui tirent des charrettes, il y a du monde, mais globalement côté circulation ça va. Tout à coup, Coco a à peine le temps de me dire « c’est quoi ce bruit » que le pneu arrière se dégonfle en 2 secondes. Et merde! Et là, pas d’ombre où que l’on regarde. On souffle pour se détendre, on se met sur le bas côté de la route qui est truffé de morceaux de verre, donc on porte tandem et remorque, et on répète les mêmes gestes que ceux effectués quelques minutes plus tôt, en prenant soin de ne pas répéter notre bêtise avec les sacoches. Un homme en robe de chambre, 2 casquettes sur la tête, vient nous voir, venant de nulle part, il ne parle pas français, mais cherche à nous aider. Comme il appuie super fort sur le tandem, je lui dis « non, doucement ». Je ne sais pas s’il comprend, mais il s’en va. Au passage il nous dépose une de ses casquettes sur le tapis où sont déposées nos sacoches et affaires à enlever du tandem quand on le retourne. Il revient quelques minutes plus tard et le manège recommence. Il ré-appuie sur le vélo pendant que je gonfle. Même remarque, je lui rend sa casquette, il la pose sur le tandem. Je lui dis non et la lui rend. Nous avons fini et nous ré-attelons lorsqu’il décide de nous jeter quelques sacs plastiques qu’il avait dans ses poches, il faut dire que le long de la côte, ce n’est pas ce qui manque, et il enlève sa robe de chambre qu’il jette sur le bas côté. Et il part. Pauvre bougre avec qui nous n’avons pas su dialoguer.

Bon maintenant, il fait super chaud, on est crevé, on s’est levé tôt ce matin et nous commençons à avoir faim. Pour aller à Larache, il reste encore environ 45 kms. On se dit qu’on a un peu de boulot sur le vélo, ah oui, on s’est aussi rendu compte que le voile de la roue arrière s’est accentué et donc il faut aussi s’en occuper, réparer les chambres à air et mettre de la colle dans la coupure du pneu pour tenter de limiter sa dégradation. On demandera d ‘ailleurs aux enfants, qui viennent nous rejoindre à la fin du mois à Casablanca, de nous en ramener un neuf. Donc, on décide de se poser à Asilah.

Le lendemain, le parcours est particulièrement chaotique. Nationale 1 jusqu’à Larache. Rien de particulier à en dire, il faut être vigilant car on peut se retrouver avec 3 voitures de front et nous tout petits, visiblement inexistants!!! Ils doublent, qu’il y ait ligne blanche ou pas.

La deuxième partie après Larache est folklorique. Un policier nous recommande de prendre l’autoroute pour aller à Moulay-Bousselham. La bande d’arrêt d’urgence est grande, et c’est beaucoup moins dangereux que la petite route que nous voulions emprunter. Allez zou, nous voilà à la barrière de péage. Nous nous arrêtons boire un coup et manger un peu avant d’affronter l’autoroute. Ce délai nous est fatal, peut-être pas d’ailleurs puisque nous écrivons encore. Tout le ban et l’arrière ban des responsables de l’autoroute et des autorités policières viennent nous voir, nous amènent le dépliant avec les amendes encourues par les véhicules non autorisés. Prendre l’autoroute est interdit aux vélos. Ils nous expliquent gentiment, mais longuement, par où passer.

« Après le rond-point, à droite, prendre la direction zone industrielle ». Tu l’as dit. C’est un va-et-vient incessant de camions qui se croisent sur une route défoncée. Ils transportent du sable dans un sens et y retournent à vide. Ça va durer comme ça sur une bonne dizaine de kilomètres. La partie précédente était de la rigolade par rapport à celle-ci. La suite sera plus sympa en terme de paysages, vallonnés, mais la route a des nids de poules quasiment tous les 500 mètres. Et ce n’est pas un par-ci par-là, non il y en a partout.

On arrive enfin à l’étape prévue et on s’arrête à un agence immobilière. Un marocain, croisé au petit déjeuner, nous avait dit ce matin que c’était un bon plan. L’agence est tenue par une française, Martine. Elle va se mettre en 4 pour nous trouver une location. C’est Claude et Fatima, avec leur fille Myriam qui vont avoir le bonheur de nous héberger, dans leur studio. On mange le couscous du midi avec eux. Il est 3 heures. Après la sieste, Claude nous fait découvrir la ville. Il nous propose de revenir en invités quand on voudra. Il nous donne son numéro de portable, si nous avons un problème, n’importe où au Maroc. Il a travaillé comme responsable dans les domaines agricoles du roi, et il connait beaucoup de monde semble-t-il. Nous devons nous présenter comme étant de sa famille et il nous dit qu’ainsi, nous n’auront aucun problème. On ne savait pas encore qu’on l’appellerait 3 heures plus tard.

Il y a de la brume quand nous commençons à pédaler, mais elle se lève au bout d’1/4h, le ciel restant couvert et chargé, ce qui ne nous déplaît pas, pour atténuer la chaleur. Dans le 1er village que l’on traverse, nous assistons à un spectacle incroyable. Il y a des camions et des gens dans tous les sens, des gens partout, ça court, ça marche, ça parle, ça crie. C’est le marché aux bras, du matin, pour tous les travaux possibles et imaginables. Corinne voit un jeune homme non retenu en pleurs. Traverser le village dans ces conditions est fou. Slalomer entre les camions qui sont coincés, ceux qui arrivent en face, les piétons partout et l’état de la route…bonjour les sensations.

Autant la route d’hier passait à côté des villages, autant celle d’aujourd’hui les traverse. C’est là que la route est la plus défoncée, il y a eu de très importantes inondations l’hiver dernier. C’est là aussi, que l’on voit les premiers enfants qui nous courent après sur quelques mètres pour nous réclamer de l’argent. Nous trouvons des passages totalement recouverts par le sable, certaines fois ça passe sans trop de difficultés, d’autres fois c’est plus profond et on « tangue » un peu. On avance malgré tout pas trop mal, même si, et ça nous ne le saurons qu’après en avoir discuté ensemble, Corinne pense que j’ai fait beaucoup de progrès car elle trouve ça dur ce matin, tandis que moi, je trouve que je fournis beaucoup d’efforts pensant que Corinne « gère » sa fatigue, vue la distance que nous avons à parcourir. Nous avons en effet prévu de nous arrêter ce soir à Kenitra, ville où nous pensons trouver un hébergement sans trop de mal. Donc environ 90 kms à parcourir.

Voilà devant nous un long passage sablonneux, avec des chiens et deux jeunes en train de marcher. On s’engage, c’est profond, on patine, la roue avant chasse, on est obligé de s’arrêter et de pousser l’attelage. Les jeunes écartent les chiens de la voix et nous nous saluons gentiment. On remonte en selle et après quelques centaines de mètres on s’arrête pour manger un petit quelque chose avant de continuer. Le tandem béquillé, par habitude, je fais tourner la roue arrière à la main. Elle se bloque rapidement. Je regarde pourquoi, et m’aperçois qu’elle a un voile important. Je regarde à quel niveau, et tâte les rayons concernés. L’un d’eux est très détendu. Bizarre, j’ai fait les réglages il y a quelques jours. Je le resserre, quand tout à coup il y a un gros bruit. Et merde, il a cassé! Je regarde, non, il n’est pas cassé! Alors quoi? Il faut que je regarde attentivement pour me rendre compte que le moyeu s’est cassé au niveau de la fixation de 2 rayons. Ça devait faire un bout de temps que ça couvait, ce qui explique les efforts ressentis ce matin, et l’augmentation du voile des jours précédents. Bon, et maintenant qu’est-ce qu’on fait? Car dans ces conditions, on ne peut plus rouler. On est bloqué au milieu de nulle part. Immédiatement, on appelle Claude, qui nous répond tout de suite et s’occupe de trouver une solution.

Un homme à pied arrive à notre hauteur et nous sourit gentiment. Par geste je lui fais comprendre que le vélo est cassé, et que je cherche un camion pour nous emmener. Il nous fait comprendre qu’il va trouver, et commence à repartir. A ce moment apparaît une camionnette qui transporte des gens. Il l’arrête. Au même moment arrivent les deux jeunes qui marchaient, l’un des deux parle français. On discute et rapidement le chauffeur accepte de nous emmener à Rabat, mais pas à Casablanca. Casablanca où nous aurions pu laisser le vélo chez Sabrine et revenir en train sur Rabat. Ok pour Rabat. On négocie le prix. Après des palabres on passera des 500 dirhams de départ à 450. En fait, tout bien pensé, et de l’avis même de Lahcen, avec qui on en parlera plus tard, c’est un bon prix. Le temps de faire l’aller-retour, le prix de l’essence, du péage, etc…On démonte donc la remorque, on charge le tout en sanglant bien, et nous voilà partis. Mohammed, celui avec qui j’ai échangé par signes, nous accompagne. Je pense qu’il aura une part du prix. On va mettre environ 1h30 pour arriver à Rabat, avec à la clef quelques scènes d’anthologie par exemple un demi-tour sur l’autoroute avec franchissement du terre-plein central, pour aller chercher de l’essence à la station qui se trouve de l’autre côté.

En route, nous avons contacté Lahcen et Anne à Rabat. Lahcen prend en charge le rendez-vous avec le chauffeur, à Rabat. Il monte avec nous près de la gare routière pour nous guider jusqu’à la maison de leur copine où nous pourrons laisser vélo et remorque. Nous faisons donc la connaissance de Lahcen dans des conditions pour le moins pittoresques. Il est instituteur dans un petit village berbère dans le haut atlas. Dés que nous avons déchargé la camionnette et que nous sommes attablés autour du couscous, on se dit qu’on a beaucoup de chance d’avoir des copains sur place et un endroit où l’on sent un calme et une tranquillité qui vont nous faire le plus grand bien après le « coup de chaud » de ce matin.

Vient ensuite à régler le problème de trouver une nouvelle roue. Après quelques discussions, nous tombons tous d’accord , pour dire que si on peut, il vaut mieux la faire faire en France (Anne est cyclotouriste, a de nombreuses fois voyagé au Maroc, et Lahcen fait du vélo et connait très bien Rabat). J’appelle Rando-Cycle, qui est super, il me dit que le moyeu est garanti et qu’il faudra donc qu’il le récupère et que bien-sûr, il nous prépare une nouvelle roue pour mercredi, que Sébastien pourra passer chercher pour nous l’apporter au Maroc. Top!

Ça se goupille bien. Demain, on s’occupera du problème de l’acheminement vers Casablanca.

On s’installe dans un petit hôtel de la médina, très simple, WC et douche sur le palier, mais super propre. Nous passerons deux jours à Rabat. Nous avons passé la quasi totalité de notre séjour en compagnie d’Anne et Lahcen. Nous avons énormément discuté ensemble. Nous nous sommes baladés, nous avons partagé tous nos repas. Ce furent vraiment des instants supers. On sentait que nous étions tous contents d’être ensemble. Le calme, la sérénité de Lahcen, la douceur et les attentions d’Anne, nous ont vraiment permis de passer cet épisode dans des conditions quasi idylliques

Le samedi nous cogitons tous pour lister les solutions possibles pour transporter le tandem et la remorque vers Casablanca : Car, Train, Location de véhicule, Grands Taxi, Fourgonnette Honda avec plateforme, etc…Au final, 2 solutions « fermes » s’offrent à nous : Sabrine a un copain qui peut faire un aller-retour Casablanca – Rabat avec un Kangoo. Ça sera « chaud » pour faire rentrer l’ensemble, mais on devrait y arriver. Lahcen a un copain de copain qui peut trouver le même type de camionnette que celle prise pour arriver à Rabat. Pour ne prendre aucun risque, et ne pas déranger Sabrine et son copain pour rien, nous opterons pour la solution de Lahcen. Nous donnerons l’argent à Lahcen, qui a négocié le prix, qui le remettra à son copain, qui lui même paiera le chauffeur. C’est compliqué, mais avec Lahcen aux manettes, on n’est pas inquiet!

Le dimanche vers 15h00, on part de Rabat et on quitte Anne et Lahcen. On appelle Sabrine pour la prévenir et on se met d’accord pour se retrouver devant l’hôtel de son oncle. Elle et SiMo, diminutif de Sidi Mohammed, un copain de Sabrine que nous avons déjà rencontré à Paris, viendront nous chercher pour nous guider jusqu’à la maison de la famille Berrada.

Voilà encore une histoire qui se termine, on ne peut mieux. Elle nous a offert la possibilité de mieux découvrir des copains, de découvrir Rabat, sa médina et sa casbah. Elle nous a permis d’arriver plus tôt dans la famille de Sabrine, où nous le sentons dés le début, nous allons être comme des « coqs en pâte ». Ils vont également nous permettre de voir « un autre Maroc » que celui que nous avons côtoyé jusqu’à présent. Nous vous en parlerons prochainement à l’occasion d’un nouvel article.

Nos quelques petits soucis mécaniques.

  • On vient de vous en parler longuement…

Nos quelques petits soucis de santé :.

  • Aucun! Pas de moustique dans l’oreille gauche!.

Une petite synthèse de notre voyage en Espagne pour la partie andalouse :

  • 8 jours : du lundi 06 juillet au lundi 13 juillet

  • 8 jours de franc soleil et grosse chaleur

  • 363 kms à vélo

  • la plus longue étape en distance : 101 kms pour relier Séville à Arcos de la Frontera C’est aussi la plus longue en temps : 6h02

  • la plus courte étape en distance : 20 kms pour aller de Calanas à.Séville (on a pris le train) C’est aussi la plus courte en temps : 1h47

  • Train de Calanas à Séville

  • répartition de nos 8 nuits par type d’hébergement : 4 hôtels, 4 chez des particuliers

Corinne et Philippe le juillet 9th, 2009

La suite et fin de nos péripéties au Portugal.

On est allé en train, visiter Lisbonne. Le hasard a fait que nous y retrouvions Marie-Françoise et André, avec qui nous avions randonné dans la fôrèt de Buçaco. Incroyable, encore une fois…Les premiers effets des prières de Louisa?

Une seule journée à Lisbonne, c’est forcément court. Mais on a tellement crapahuté qu’on a quand même pu « humer » le parfum de la ville. Prendre le tramway n°28 qui fait le tour de la ville, le métro pour aller au centre-ville et déambuler dans les quartiers « historiques » que nous avait indiqué la jeune fille de l’office du tourisme où nous étions passés en arrivant à la gare.

Nous sommes également restés 2 jours à Evora, qui est une ville superbe et où tout semble “tranquille”. Nous étions posés dans un super camping avec piscine, salle de convivialité et dans lequel nous avons rencontré Martine et Rémi, un couple de caennais, qui a commencé son circuit au Portugal par l’ouest pour finir par l’est et à qui nous avons laissé notre guide des campings, ainsi que notre guide Géo, plus diverses adresses “recommandables”.

Notre dernière “grande” ville au Portugal aura été Moura. Ville de la meilleure huile d’olives d’Europe. C’est vrai qu’elle est excellente. Cette ville est incroyable. Elle n’est pas particulièrement jolie, mais il y a une ambiance de nonchalance, la plus développée que nous ayions rencontrée jusqu’à aujourd’hui (même si Séville a un peu cette caractéristique la nuit). Nous y avons rencontré des gens adorables. Ca devient lassant, allez-vous nous dire. Et bien nan! C’et extra de ne rencontrer que des gens comme ça. On en redemande tous les jours..

Un petit bilan du Portugal :

  • 23 jours : du samedi 13 juin au dimanche 5 juillet inclus

  • 17 jours de franc soleil, 4 jours de ciel couvert, 2 jours de pluie

  • 793 kms à vélo

  • la plus longue étape en distance : 108 kms pour relier Ponte-de-Sor à Evora. C’est aussi la plus longue en temps : 5h57

  • la plus courte étape en distance : 31 kms pour aller de Caçarilhe à Amarante. C’est aussi la plus courte en temps : 2h10

  • 51 kms en train de Praia-do-Ribatejo à Ponte-de-Sor

  • répartition de nos 23 nuits par type d’hébergement : 5 pensions, 1 camping “libre”, 4 campings, 13 chez des particuliers

L’utopie est ce qui permet au monde de s’améliorer. Nous avons vu la nôtre concrétisée pour une part: Il existe un pays où la gentillesse et la disponibilité sont communément réparties. Où tout est fait sans arrière-pensée, Où le fait d’aider est une satisfaction et pas un code de conduite ou un comportement mercantile. Ou le partage, d’un verre, d’un gâteau, est considéré comme une richesse et où le contact humain prime sur tout. Nous ne sommes pas seulement de doux rêveurs, même si pour nos enfants nous sommes Peter et Wendy, il y a forcément des choses qui nous déplairaient dans ce pays, si nous y habitions, mais ce que nous en avons vu, ce que nous y avons vécu, nous fait déjà dire “Nous y reviendrons”.

Nous avons 3315 kilomètres au compteur. Nous avons “raté” notre petite cérémonie de passage à chaque nouveau 1000 kilomètres parcourus. On s’est “réveillé” à 3048kms. Et bien on a décidé de faire quand même notre petite série de photos

Nous sommes arrivés à Séville en train depuis Huelva. Nous sommes installés chez Agustin et Maria, membres du réseau d’accueil Servas, auquel nous appartenons. Nous les avions contactés juste quelques jours avant. Agustin est professeur d’anglais et de technologie, Maria est conseillère d’éducation. Ils ont fondé une troupe de théatre il y a des années. Il sont actuellement en répétition d’une pièce dont la 1ère aura lieu la semaine prochaine. Le soir, nous rejoignons la troupe après la répétition pour aller manger des tapas et boire des bières (Jean-Pierre aimerait être là. Clin d’oeil à notre soirée en Allemagne. Ah, ah, ah…), et discuter du monde et des “problèmes” de société. On se couche donc très tard, mais n’ayant aucune contrainte le lendemain, tout va bien.

Agustin nous a raconté à travers une petite histoire, sa vision de l’évolution de son métier, que par ailleurs il adore.

Avant : l’enseignant menaçait l’élève en lui disant. Si ça continue, je verrai ton père!

Actuellement : l’élève menace son professeur en lui disant. Si ça continue, je t’envoie mon père.

Notre visite de Séville a été concoctée avec Agustin. Le 1er soir il nous a expliqué, l’histoire de la ville en prenant appui sur le parcours établi et les monuments que nous verrions. Cette ville a longtemps été un des ports majeurs d’entrée des marchandises sur le continent européen et c’est par ici que sont rentrés pour la 1ère fois sur notre continent, des denrées telles que le cacao, . C’est aussi dans ce port qu’arrivait l’or extrait des mines de Potosi, ville bolivienne que les espagnols ont pillé de ses richesses.

Encore une fois la chance nous sourit car le temps est “clément”. Enfin tout est relatif… Il ne fait “que” 32°. Il n’est pas rare à cette saison de dépasser les 40°, voire d’avoisiner les 45°… Nous n’en sommes pas là heureusement… On verra pour les prochains jours sur la route, pour notre fin de parcours en Andalousie et surtout lors de notre séjour au Maroc où Sabrine nous a déjà averti que venaient d’avoir lieu des épisodes caniculaires.

Chez Agustin et Maria, nous avons également rencontré Maria-Thérésa , leur femme de ménage bolivienne, qui est originaire de la Paz. Elle est depuis 3 ans en Espagne, elle cherchait à venir en europe pour gagner de l’argent et subvenir aux besoins de sa famille. En Bolivie, des amis communs, l’ont mis en contact avec Agustin et Maria. Elle espère retourner en Bolivie l’année prochaine pour un mois. Elle a laissé là-bas, ses trois enfants de 23ans, 20ans et 5ans.Comme elle est séparée de son mari, c’est sa Maman qui élève le petit dernier. Pour Co qui s’est “éloignée” de ses enfants pour 16 mois, mais c’était SA décision, imaginer que la pauvreté contraigne à les laisser plusieurs années sans les voir est insupportable.

Aujourd’hui, c’était notre dernier jour à Séville où nous avons visité la cathédrale: époustouflant! Ce soir, Agustin nous emmène voir un spectacle de flamenco. Nous vous en raconterons plus la prochaine fois et vous mettrons les photos sur le site.

Dans quelques jours, nous allons traverser le détroit de Gibraltar et arriver au Maroc. Ce sera notre premier changement de continents lors de ce périple. Nous entrerons par Tanger qui est pour nous une ville mytique, et même la porte de l’Afrique pour les européens. Ca c’est notre imaginaire et il faut en tenir compte. Qu’allons-nous y trouver,quel sera l’accueil, quel est le traffic, l’état des routes, le comportement des chauffeurs. Nous avons la chance d’être attendus à Casablanca chez Sabrine où nous retrouverons nos enfants le 24 juillet

Nos quelques petits soucis mécaniques.

  • Les fixations de l’axe de la roue arrière se dévissaient régulièrement. Le problème a été réglé, simplement en inversant les 2 parties. Depuis ce problème n’est pas réapparu.

  • Nous avons à nouveau “tordu” la chaîne. C’est la 3ème fois depuis notre départ. Après l’incident et lors de l’analyse de la situation, nous avons vu que la manette des plateaux était sur le petit mais la “fourchette”, pièce qui sert à monter et à descendre les plateaux, était elle, sur le moyen. ?? Nous avons enlevé 2 maillons pour repartir rapidement. Nous en tiendrons compte lorsque nous changerons les chaînes. Ce que nous devrions faire au Maroc, confortablement installés dans la famille de Sabrine. Nous allons voir d’ailleurs si le fait d’enlever 2 maillons n’améliore pas les choses… Et j’ai décidé, d’huiler plus fréquemment les chaînes qui s’assèchent avec le vent et la chaleur.

Nos quelques petits soucis de santé :.

  • Philippe a eu un rhume accompagné d’une toux persistante qui a duré une bonne dizaine de jours.

  • Une nuit, un moustique s’est glissé dans l’oreille de Corinne. Ce qui ne lui faisait pas mal mais la gênait (vous imaginez le bruit du moustique dans l’oreille ….) et a nécessité en pleine nuit, au camping, de se rhabiller afin d’aller pluvériser de l’eau dans l’oreille pour tenter de faire sortir la bestiole. Tout ce que nous avons réussit à faire, aura été de la noyer. Mais au moins, Corinne n’est plus génée…

Ps : Merci à tous ceux qui nous écrivent des commentaires sur le site. Cela représente un vrai soutien pour nous. En plus cela anime et fait vivre le blog. Leur lecture nous procure un plaisir que nous pouvons difficilement décrire. Merci de continuer à le faire même pendant cette période estivale, où l’on s’éloigne de son foyer et de son PC. Et aussi, merci à tous les timides qui n’ont pas encore osé le faire, de se lancer! C’est très important pour nous de vous lire. A bientôt à tous…

Corinne et Philippe le juin 30th, 2009

Le lundi 22 au matin, lorsque nous nous réveillons, nous sommes seuls dans la maison d’Antonio. Il est reparti avec Elvira, Didier et les filles vers 4h00 du matin. Ils rentrent en voiture vers la région parisienne, ce qui veut dire de longues heures sur la route avant d’être arrivés. Il sont passés nous dire “Au revoir” et me souhaiter un bon anniversaire avec une petite bougie à souffler., en me chantant la chanson “familiale” entonnée pour cette occasion. Pour lui permettre de tout fermer avant leur départ, nous voulions dormir, à côté de la maison, à la belle étoile, mais gentiment, Antonio a insisté pour que nous nous installions dans le garage.

Au lever, le contraste est saisissant avec les journées précédentes durant lesquelles l’animation dans la maison n’a pas faibli. Pendant toutes ces journées, nous nous sommes laissés “portés”.

Antonio nous avait concocté toute une série de ballades pour nous permettre de découvrir sa région. Il nous a fait visité Braga et le site impressionnant de Bom Jesus, la jolie ville de Guimaraes, Porto avec outre la flânerie dans les rue, une belle ballade en bateau sur le Douro, ainsi que le funiculaire qui vous transfère de la ville haute à la ville basse (et inversement) et le tramway typique. Nous sommes aussi allés sur le site de Nostra Senorita da Graça qui, de par son altitude à plus de 1000 mètres, permet d’embrasser l’ensemble du panorama environnant. A Bom Jesus, nous avons pris le funiculaire qui nous a conduit en haut du site dont nous sommes ensuite redescendus à pied. Le funiculaire, composé de 2 wagons, un en haut, un en bas, fonctionne grâce à un système à eau, doublé d’une crémaillère pour assurer la sécurité en cas de défaillance du système. C’est rassurant, vu la pente… Le wagon du haut est rempli de 4000 litre d’eau, qui vont permettre grâce au poids que cela représente, de faire contre-poids pour permettre l’ascension du wagon qui se trouve en bas et qui lui, a été purgé de sa cargaison d’eau.

L’accueil qui nous a été réservé par Antonio et toute sa famille, maman, frêre, belle soeur, neveu et nièce, habitants tous juste à côté, aura été incroyablement gentil et généreux.La simplicité des rapports était incroyable. Elvira n’aura pas arrêté une seconde d’être au four et au moulin. Pendant une semaine nous avons envahi l’espace. Nous étions 14. Ca courrait et riait de tous côtés, sauf aux moments où la sieste s’imposait, à l’ombre des vignes.

Cela nous a aussi permis, à Jean, le papa de Corinne, et à moi, de reprendre nos discussions politiques. Nous aimons débattre de politique. Et même si des divergences existent, nous savons que nos sensibilités “humanistes” sont proches. Que ces moments ont été agréables!

Merci encore une fois pour ces instants “en famille”.

Nous avons ensuite repris la route sur notre fidèle attelage. Les ascensions ont succédé aux ascensions (et je n’emploie pas les termes de Pente,Côte). Je n’évoque même pas les descentes, car les pentes sont telles que celles-ci ne durent jamais très longtemps. Notre record de vitesse en descente doit avoisiner les 75km/h… Celui en montée, environ 4,5km/h. On ne se rend même pas compte qu’il existe autre chose que des montées. On a d’ailleurs écrit au ministère de la culture portugais pour lui proposer un nouveau proverbe. Nous attendons sa réponse.

Proverbe portugais proposé : “Ami cycliste, au Portugal, si tu veux du plat, vas en cuisine”.

Ce proverbe ira à merveille avec notre expérience, car c’est vrai que nous nous régalons. On découvre toute une série de plats que nous ne connaissions pas. Une soupe au vin contenant du sucre et du pain. De nouvelles recettes de poulpe. Un pain cuit au four avec du saucisson et du chorizo, des soupes diverses et variées, avec une mention spéciale à celles qui contiennent des feuilles de choux, d’un type particulier que l’on ne trouve pas, à notre connaissance en France. A l’exception des épiceries portugaises.

Nous avons passé les fêtes de la Saint-Jean dans la ville de Lamego, où nous avons vu une partie de la processon et avons mangé les grillades traditionnelles réalisées lors de cette fête.

Nous sommes aussi passés par Luso, ville thermale très mignone située…. sur les hauteurs de Coimbra. Nous avons fait une randonnée pédestre dans la forêt de Buçaco qui jouxte Luso, avec Marie-Françoise et André, deux bretons de la région de Rennes. Nous nous sommes retrouvés tous les 4, seuls, dans le camping de Luso. Cette forêt est impressionnante. Les arbres sont gigantesque, interdiction ayant été donnée par l’église catholique d’en couper le moindre. Et ce, pendant des siècles. Se promener à l’ombre de ces arbres, avec tous les vestiges laissés par les moines ayant occupés le lieux plusieurs siècles durant, a été reposant. Même si l’ascension jusqu’au point le plus haut et son panorama a duré plusieurs heures.

Nous avons toujours autant de signes de sympathie de la part des portugais. Pouces levés, coups de klaxon, … Les gens dans leur très très grande majorité, sont très “disponibles” et se mettent en quatre pour vous rendre service. Si vous faites signe à une voiture, elle s’arrêtera quasi systématiquement. Quitte s’il le faut à faire une marche arrière ou à aller faire demi-tour un peu plus loin. Si vous demandez un renseignement dans la rue, il y a tout de suite un mini attrroupement et chacun a son avis. Quand les explications sont trop difficiles à donner, il arrive que quelqu’un vous accompagne pour vous monter le chemin. C’est ce qu’un vieux monsieur a fait un jour pour nous conduire dans une petite pension du centre de Viseu. Nous marchions à ses côtés pour y accéder et nous avons dû faire de nombreuses pauses pour lui permettre de “reprendre son souffle”, ce qui ne l’a pas fait hésité une seconde pour nous proposer de nous accompagner.

Le seul point noir jusqu’à présent, aura été le camping de Coimbra. Sans détour, il est nul!

Des arbustes à la place des arbres, de la pierraille à la place de l’herbe et comble de malchance, c’est là que nous venons de casser notre bruleur Primus en Titane, réputé incassable. Corinne a bricolé pour ce soir-là une solution avec des parpaings qui nous a permis de manger chaud. Il va falloir qu’on en trouve un nouveau pour la suite.

On continue aussi à parfaire nos connaissances du milieu “paysan”. Pour preuve, nous venons d’apprendre que pour pondre une poule doit être agée au minimum de 6 mois. Nous serons bientôt incollables sur ce sujet des poules…

Nous sommes arrivés samedi soir à Estreito chez les parents de Judite. Judite est une collègue que j’ai l’impression de connaître “depuis toujours”. Elle est douce, gentille, sensible, disponible. Ses parents, Louisa et José, lui ressemblent. On dit bien que “les chiens ne font pas des chats.”

J’avais demandé à Judite si elle serait au Portugal lors de notre passage. Ca lui était impossible à ce moment de l’année, mais aussitôt, elle m’a proposé de passer voir ses parents. Cette invitation spontanée m’avait déjà touché. Mais en rencontrant ses parents, nous en avons été émus. Car les parents de Judite, ne sont pas tout jeunes et surtout, il sont tous les 2 malades. Nous recevoir, leur crée nécessairement de la fatigue supplémentaire, mais ils font comme si de rien n’était, et se mettent en quatre pour nous faire plaisir.

Ils nous ont spontanément proposé de nous prêter leur voiture pour que nous puissions visiter la région. Le plein était fait. C’est ce qui nous a décidé à accepter… Mais quel humour….

Ainsi, avant-hier nous sommes allés au sanctuaire de Fatima. C’est gigantesque et la ferveur religieuse y est impressionnante. Hier midi nous sommes allés au restaurant pour l’anniversaire de Louisa.

Ensuite nous sommes allés visiter Nazaré, la ballade le long de la corniche est magique avec l’océan en dessous et les couleurs extraodinaires du ciel, de la ville, de la falaise. Après, nous sommes allés voir la cathédrale d’Alcobaça, qui est classée au patrimoine mondial de l’humanité. Nous avons trouvé qu’elle était effectivement imposante, mais son épuration quasi “totale”, fait qu’elle manque singulièrement de charme, à notre avis. Nous ne l’avons pas trouvé belle. Après nous avons découvert Obidos. C’est une ville très mignone, mais trop touristique avec sa rue principale qui ressemble à celle du Mont Saint-Michel, avec cet alignenemnt de commerces. Par chance, comme il pleut énormément au Portugal depuis 2 jours, il n’y a personne. Il pleut, mais, encore notre bonne étoile, à chaque fois que l’on va se ballader ou que l’on visite un endroit, la pluie s’arrête. J’ai dit à table, un soir, qu’il s’agissait de miracles. Et Louise qui est très pieuse a dit qu’elle allait prier pour moi, afin que je trouve la foi. C’est très gentil de sa part…Nous vous tiendrons au courant de l’évolution…

On vous embrasse tous bien fort. On réenfouche Aucéba jeudi ou vendredi pour glisser toujours plus au sud. Corinne est enthousiaste, il semblerait que le terrain s’aplanisse…

Commentaire de la dite Corinne: je n’ai jamais été très forte en sciences (en attestent mes notes du bac) mais au nord du Portugal, un phénomène me laisse perplexe, à savoir: comment est-ce possible que ça monte tout le temps très longtemps durant des km et que ça ne descende que rarement et sur quelques mètres seulement ???? Certes, comme dit Philippe, c’est très joli mais au bout d’un moment, je ne vois plus que mes pieds tant la côte me semble interminable. D’autant que parfois, la température avoisinne les 35° !!!Donc, plus plat, c’est peut-être moins beau mais ça a son charme aussi!!!

Corinne et Philippe le juin 22nd, 2009

Nous sommes arrivés à Santiago, le 10 juin, en fin d’après-midi. Ce fut, pour nous, un grand moment pour plein de raisons.

on y est

on y est

La 1ère, est qu’en arrivant à Saint-Jacques, nous avons atteints le but de notre premiere partie de voyage dans un contexte particulier que nous détaillons plus loin. Nous savions que ces conditions étaient tellement particulières, que nous devrions nous adapter à autre chose ensuite. Et comme Hervé repartait le lendemain, ça devenait donc “différent” pour lui. La deuxième c’est que le hasard le plus incroyable nous a permis de rencontrer Bernard et Isabella. Il s’agit bien de hasard, car si nous avions pris une autre route, si nous étions passés une minute avant, s’ils avaient marché dans l’autre sens, si, si, si… Toujours est-il que nous nous sommes rencontrés et que ce fut un moment “fort”. Nous ne nous connaissions pas, mais ce fut comme si nous nous étions quittés la veille au soir. La petite troupe de “Cinq à Vélo”, qui avait fait le lien entre nous, et que nous espérions aussi pouvoir rencontrer, était déjà repartie de Santiago pour emprunter le Camino qui longe la côte atlantique au nord de l’Espagne, en remontant vers la France. La 3ème raison, était liée au temps qui s’améliorait sensiblement. Nous sortions de 3 jours de véritable tempête. Nous avons roulé dans des conditions “dantesques”. La pluie drue, le vent hyper violent et tourbillonnant rendant ces trois journées particulièrement dangereuses. La descente du “El Poyo”, col qui titille les 1350 mètres, fut incroyable. Nous étions “projetés” d’un côté, de l’autre, freinés, accélérés, au gré des bourrasques de vent. Nous devions parfois pédaler, malgré une très forte pente. Pour une fois nous préférions les ascensions aux descentes.

Le lendemain, nous avons pris notre petit déjeuner dans le réfectoire du Séminaire. Hervé avait réusi à nous dégotter une chambre à 3 dans le monastère juste en face de la cathédrale de Saint-Jacques. Royal! Hervé a emballé son vélo pendant que nous procédions à une petite révision des freins qui avaient été bien sollicités. Nous nous sommes ensuite balladés sous le soleil revenu, avant d’aller à la messe des pèlerins qui a lieu, chaque jour, à midi. La cathédrale était noire de monde. Et le spectacle est bien rodé (commentaire de Philippe, bien sûr…, pour tout dire, c’est vrai que l’homélie est assez théatrale et très éloignée des homélies françaises). Nous sommes allés récupérer nos vélos et nos affaires au monastère et nous avons accompagné Hervé jusqu’au taxi qu’il a pris pour se rendre à l’aéroport.

On voudrait revenir sur cette première partie de notre voyage, tant elle nous a plu. Cette première idée en préparant ce tour du monde aura été excellente! On n’ose pas écrire géniale et pourtant…En toute modestie bien sûr. Faire le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, ne nécessite aucune préparation. Il suffit de « dégager » du temps. Seulement du temps. Mais attention, ça, personne ne vous le donnera. Vous devrez vous décider un jour à le prendre, et alors vous vous rendrez compte du plaisir, du bonheur, de pouvoir en disposer.

Les journées ne sont pas plus longues qu’ailleurs (enfin pour nous si car le réveil est bien matinal et les discussions du soir ainsi que l’écriture des récits quotidiens, en dehors du dortoir pour permettre le repos de chacun, peuvent conduire à un coucher tardif, parfois), mais elles sont autrement pleines. Adieu les gestes répétitifs, exécutés sans vraiment y réfléchir et dans un espace clos. Là, l’espace est à vous, et tout vous incite à vous émerveiller en permanence. Les paysages, la capacité à « vivre ensemble » difficile à décrire, mais tellement perceptible (tant de gens différents, voyageant tous « légers », chacun ayant allégé son paquetage afin de n’y laisser que SON essentiel), le partage, la simplicité des rapports, l’entraide, la gentillesse constante des personnes, bénévoles du chemin, pèlerins, habitants. La sympathie inspirée par les pèlerins est permanente, les gens vous souhaitent « Buen Camino », lèvent le pouce, vous donnent un p’tit coup de klaxon, vous font des grands signes, etc…

Toutes les infrastructures existent sur le chemin. Les points d’eau, les petits commerces, le balisage, les auberges de pèlerins. On les utilise si on le souhaite, rien n’est obligatoire. Sauf le respect de l’autre qui conduit à quelques contraintes, telle que la fermeture des portes des Auberges de Pèlerins afin que les va et viens ne soient pas incessants et permettent le repos réparateur, nécessaire.

On débute tous le chemin avec des idées arrêtées sur la façon dont on imagine l’effectuer. Mais on est « happé » par le rythme « lent » que l’on sent nécessaire à l’apparition du vrai plaisir et de la communion avec l’environnement. Il y a toujours le contre-exemple, et nous l’avons rencontré. Nous avons vu passer un Ovni. Clin d’oeil à Jean-Michel qui a effectué un Biarritz, Saint-Jacques à un rythme dément, qui ne nous a permis que de prendre un verre ensemble. Nous espérons qu’il en aura malgré tout retiré quelque chose.

Nous avons cheminé avec plusieurs amis. Paul, Jean-Noël, Hervé. Tous sont différents et cette expérience commune restera pour nous, avec chacun d’entre eux, un moment « vrai ». Nous les avons découverts « différents ». Ils se sont adaptés. Ils ont ressenti ce changement. Aucun n’était plus et ne sera plus le même. Nous nous sommes mutuellement découverts et c’est une vraie chance qui a créée quelque chose entre nous, c’est évident. (S’ils souhaitent témoigner de leur vécu, nous en serions ravis) A bientôt, les amis. Et merci réellement pour ces instants partagés.

Les 2 premières nuits, après Santiago, nous avons dormi à l’hôtel et dans une pension. Chers, environ 45€ et ne correspondant pas à ce que nous cherchons. Nous étions “destabilisés”, nous n’avions plus nos auberges de pèlerins, Puis nous sommes arrivés au Portugal, et là très très vite, nous avons à nouveau eu des contacts très chaleureux avec les gens. Beaucoup de portugais parlent français, ce qui, ne nous en cachons pas, facilite les rapports. On nous a très vite fait comprendre que nous n’aurions aucun problème à demander un coin de terrain pour y planter la tente. Et le soir même, nous avons pû vérifier qu’effectivement, on trouve assez facilement quelqu’un, en l’occurence le patron d’un café, pour vous mettre à disposition, un morceau de terrain. Il est allé jusqu’à le faire “préparer” par un ami à lui, qui, armé d’une débroussailleuse, a tondu en répartissant l’herbe pour nous en faire un tapis.

 

 

 

Le lendemain soir, nous avons dormi chez un “psycopathe”. Nous lui avions demandé une indication et de fil en aiguille, il nous a proposé de nous héberger pour la nuit, ce que nous avons accepté. A ce moment là, tout était “normal” dans son comportement et nous étions ravis. La soirée avançant, mais la maison déjà était “bizarre”, nous nous sommes rendus compte qu’il exitait tout seul et qu’il était “dans son monde”. J’ai passé la soirée avec le couteau dans la poche et au moment de se coucher, j’ai récupéré la clef de la chambre qui était à l’extérieur sur la porte et nous nous sommes “barricadés”. Je n’aurais certainement pas dormi si nous n’avions pas trouvé une solution satisfaisante pour nous sécuriser. Là, avec le couteau à côté de moi et la porte fermée, j’ai très bien dormi. Coco a eu plus de mal…

Depuis lundi nous sommes chez Antonio, à Caçarilhe. Lui, Elvira sa fille et Didier (son futur gendre? - Nous rentrerons si le mariage a lieu pendant notre périple!) ont tout organisé pour nous accueillir. Ils hébergent toute la petite famille Wolf. Sébastien, Cécile et Aude sont arivés par avion à Porto avec les parents de Corinne, Sylvie et Jean-Pierre. Nous sommes comme des “coqs en pâte”. On ne s’occupe de rien (oui, je sais, me concernant c’est une habitude), les randonnées sont organisées par Antonio qui connait bien sûr la région comme sa poche. Le Vino Verde coule à flot et les repas “familiaux” se succèdent avec bonheur. C’est vraiment bon de se “poser” de temps en temps. On en profite aussi pour entretenir le tandem et la remorque, laver le linge, recharger les batteries, les nôtres et celles de nos appareils. Pour mon anniversaire, j’ai été gâté. Je viens d’avoir un e-PC qui devrait nous simplifier la vie pour l’écriture des articles. L’avenir nous le dira.

 

Quelque infos diverses en vrac en commençant par quelques petits tracas rencontrés :

- Nous avons “perdu” Hervé un soir. Il était parti à son rythme et carracolait en tête, sur la nationale. Voulant éviter cette voie express, nous avions, nous, emprunté le Camino qui longeait la route, à quelques dizaines de mètres à peine. Le compteur se décida, à cet instant, à inscrire 2000 km. Stop pour notre petite série de photos pour “marquer le coup”. L’heure ayant bien avancé, on se dit qu’on se poserait bien, et on décide de commencer à regarder les auberges de pèlerins dans les villages que l’on traverse pour en choisir une. Bon, où est passé ERBE (Hervé, prononcé à l’espagnol)? Il nous laisse un message sur le portable qui nous fait comprendre qu’il a dû faire demi-tour et qu’il est relativement loin. Nous n’avons pas de moyen de le joindre directement, on laisse donc un message à sa p’tite femme, à Villemomble, au cas ou. Comme dans le village dans lequel nous nous trouvons, il y a une fête médiévale, et qu’on nous incite gentiment à rester, en nous indiquant en plus une “Albergue de Pélégrinos” qui semble super, nous décidons d’aller y prendre 3 lits, et de profiter de la fête. Hervé avait fait le même raisonnement et réservé 3 lits dans une auberge d’un autre village. Il nous avait, en fait, à nouveau dépassés, et nous sommes allés le rejoindre le lendemain pour poursuivre la route ensemble.

- Nous avons eu toutes les peines du monde à sauvegarder nos photos sur des DVD. Par 2 fois, nous avons voulu décharger nos cartes SD de 4jega qui étaient pleines. La 1ère fois, en utilisant le logiciel NERO dans un cyber. Nous y avons passé une heure, et malgré plusieurs essais, en modifiant les paramètres, et l’aide de la responsable du Cyber, nous sommes repartis bredouilles. La 2ème en utilisant une machine spécifiquement prévue pour la gravure à partir de cartes SD. Hormis le fait d’avoir “flingué” un DVD, la brave dame qui officiait dû rendre les armes, sans être parvenue au résultat escompté.

Les petits bobos : Une chose commence à nous ennnuyer. Nous avons Coco et moi, des fourmis dans les doigts des 2 mains, dont nous avons de plus en plus de mal à nous en défaire. Ceci, bien que nous changions fréquemment de positions sur le guidon et que nous portions des gants avec gel. Nous allons essayer de remettre de la mousse et une nouvelle guidoline.

Nous avons aussi, l’envie de faire des bilans pour les pays traversés. Nous avons réfléchi aux points que nous pourrions retenir. Nous recherchons des idées de comparaison. Si d’aventure vous avez des idées, n’hésitez pas. Participez au sujet ouvert sur le Forum (onglet Forum, cliquez sur le lien puis cherchez le sujet). N’hésitez d’ailleurs pas à vous servir du forum. Il est là pour lancer et animer des discussions. Nous sommes friands de tous vos messages. Donnez-nous de vos nouvelles. Certains hésitent encore. Nous vous le répétons, nous aimerions que vous nous fassiez partager vos émotions. Le quotidien n’est pas lisse. Tout nous intéresse. Vous nous intéressez. Ecrivez!

On vous embrasse et nous attendons de vos nouvelles.

Ps : on repart dimanche de Caçarilhe, direction le sud pour aller rencontrer les parents de Judite… La suite de l’aventure….

Corinne et Philippe le juin 5th, 2009

Nous vous avions laisses aux pieds des pyrennees, nous avons parcouru beaucoup de routes depuis, et nous allons tenter de vous faire partager nos multiples aventures, ainsi que le detail des jours qui ont precede notre arrivee chez Alice et Jean¬François, a Castagnede.

                                               

Parmi nos premieres fois, nous commencerons bien evidemment par le fait de continuer a etre en vacances au-dela des habituelles 3 semaines de conges que nous prenions en general l’ete.

Nous continuerons tout de suite apres par le clavier espagnol qui nous cree bien des tracas. Au lieu de notre habituel “azertyuiop”, nous avons comme base “qwertyuiop”. De plus, pas d’accents français disponibles et des accents la ou on n’en veut pas. Mais comme on est tous super debrouillard, on va tous s’adapter.

Nous poursuivrons par le rassemblement CCI (Cyclo Camping International) de Bagnac-sur-Cele, ou durant 3 jours nous avons ete tres gentiment mis a l’honneur.  Alain et Danielle Guillermou, Christiane et Michel Dodos, ainsi que Serge Fichant avaient tout manigance pour ne pas nous laisser partir sans une nouvelle fète. Nous avons ete presente, ainsi que notre projet lors de la reception par la municipalite et lors de la soiree de projections des films de cyclo-aventuriers. Un feu d’artifice a meme ete tire en notre honneur au milieu du stade de football. C’etait aussi la premiere fois que nous rencontrions quelqu’un venu specialement pour faire notre connaissance apres nous avoir decouvert a travers notre site. Il s’agissait de Chantal et nous avons passe un super moment en sa compagnie. C’est d’ailleurs grace a elle, comme nous l’avons deja ecrit, que nous sommes alles chez Alice et Jean-François. Le dimanche de notre depart, avec leur attention habituelle, Ferrey et Martine nous ont accompagnes pendant un bon bout de route.

Nous nous retrouvons a nouveau seuls pour poursuivre notre periple qui doit nous conduire vers Saint-Jacques. S’interrogeant sur la route a suivre a la sortie d’un village, Balbenque la capitale de la truffe, nous demandons notre chemin. Et de fil en aiguille, nous voici attables autour d’un verre, avec pour la premiere fois un champion, LE champion de la ”chasse a la truffe”. Il est entoure de toute sa famille en plein branle-bas de combat car la voiture du petit fils, qui devait ramener sa famille a Paris est immobilisee. Voici la liste de nos decouvertes liees a cette rencontre :

               

1- Sur une Audi TT, malgre un prix tres eleve, il n’y a pas de roue de secours, pas de galette non plus. Donc un gros clou dans un pneu necessite de faire jouer son assistance rapatriement, ainsi que le remorquage du vehicule. Ce qui, en l’occurrence, represente un vol Toulouse - Paris pour le couple et ses 2 enfants, le remorquage de la voiture jusqu’a un garage local, la commande d’un pneu special a la maison mere, et enfin un vol Paris - Toulouse pour le conducteur afin de recuperer et remonter sa voiture a Paris.   Clin d’oeil pour Sebastien, notre fils, qui lorgnait sur ce modele,  on lui rappelle que même la peugeot 309 de la famille possede une roue de secours. Ce que le grand-pere ne manqua pas de faire remarquer a son petit fils en lui rappelant que des sa premiere voiture, pourtant modeste, il avait toujours eu des roues de secours.

2- La production de truffes : En quelques annees, on est passe de 2 tonnes de truffes, chaque mardi, uniquement issues du canton, a 150 kilogrammes pour tout le departement.

3- Les cochons qui cherchent les truffes, sont dresses et ne sont utilises qu’une annee. Et ensuite finissent en saucisson.

Nous avons pour la premiere fois traverse le pays basque. Une banderolle deployee dans Saint-Jean-Pied-de-Porc nous a fait “toucher” pour la premiere fois la peur des represailles et le mutisme qui en decoule. En effet, comme cette banderole etait ecrite en basque, nous en avons demande le sens, a deux personnes. La premiere nous a repondu qu’elle ne parlait pas politique et le lendemain lorsque nous avons reevoquer cet episode elle nous a clairement explique que par peur elle ne s’approchait jamais de ces sujets. La deuxieme personne interrogee, qui lorsque nous l’avons abordee nous a repondu en français, s’est cantonnee a parler en basque apres que nous lui ayons pose la question. Nous sommes toujours interesses par la traduction de cette phrase “Sarkozy - Zappatero NON DA JON”.

Partis de Saint-Jean-Pied-de-Porc, nous nous sommes pour la premiere fois lances a l’assaut d’un col de 28 kms. Cette escalade devant nous permettre de franchir les Pyrennees, etait incontournable. La responsable de l’auberge, nous voyant partir a 10h00 sous un soleil de plomb, s’est exclamee que c’etait la premiere fois qu’elle voyait des pelerins partir aussi tard. En sueur pendant pres de 4 heures, dans cette tres longue ascension nous avons souvent pense a sa petite phrase. Depuis, ne rigolez pas, nous avons le temoignage d’Herve, nos reveils oscillent entre 6h et 6h30 et nos departs s’effectuent entre 8h00 et 9h00.

Cette etape nous a amenes pour la premiere fois de notre tour du monde a passer une frontiere. Plus concretement, a changer de pays car la frontiere n’est même plus materialisee. Ce qui demeure le plus marquant pour nous, c’est de ne pas revenir en France avant 15 mois et de devoir entendre et parler une autre langue que notre langue maternelle. 

En Espagne, notre cheminement au plus pres du chemin de Saint-Jacques nous a conduit a emprunter, outre l’autoroute, la route nationale 210. La partie entre LOGROÑO et SANTO DOMINGO DE LA CAZALDA a ete une veritable horreur. Un traffic infernal avec un flot ininterrompu de camions, nous obligeait a rouler sur la bande d’arrèt d’urgence, reduite a la portion congrue (80 centimetres, peut-etre meme moins), avec une attention de chaque instant pour ne pas en sortir. Cette bande recoltant tous les dechets de la route, nous avons subi pour la premiere fois de ce voyage, une crevaison.

Cette situation qui devait continuer pour l’etape suivante de 65 kms entre SANTO DOMINGO DE LA CAZALDA et BURGOS, nous a amenes a prendre la bonne decision, a savoir, effectuer ce troçon en car. C’est ainsi, que pour la premiere fois, nous avons embarque dans la soute du car, le tandem, la remorque et le velo d’Herve. Ce ne fut pas simple, mais cela nous a permis de voir ce que nous pourrions ameliorer pour la prochaine fois que cette situation se presentera.

Pour nos hebergements, nous avons privilegie les accueils pelerins pour developper les rencontres, et lorsqu’il n’y en avait pas ou trop loin, nous avons toujours apprecie les petits camping croises sur notre route. Dans chacun de nos hebergements pelerins nous avons fait des rencontres ephemeres mais riches. TOUS les hebergements nous ont plu de par leur convivialite et la simplicite des rapports: Le contacts des autres cultures est tres enrichissant. Entendre et devoir tenter de parler plusieurs langues est egalement stimulant.

Herve est arrive, un beau matin, au gîte de Sauboire, avec des pains au chocolat pour partager avec nous notre route jusqu’a Saint-Jacques. Lui qui apprehendait le moindre bruit pour dormir a dù subir nos desirs et se retrouver dans les dortoirs des auberges de pelerins avec une bonne quantite de ronfleurs, le nombre de lits a varie jusqu’a present entre 9 et environ 100.

Tous les jours sur la route, on croise un nombre grandissant de pelerins. A chaque rencontre, l’echange debute de la même façon . “Hola. Buen Camino“. Un sourire, un p’tit geste et chacun pousuit a son rythme.

  

  

On ne sait pas encore ce que nous reserve la fin du Camino jusqu’a Saint-Jacques, mais pour le moment nous sommes ravis de ce que nous avons vecu sur ce chemin et nous vous invitons vraiment a l’effectuer un jour. C’est une belle experience.

On a quelques fois dû pousser le tandem. La plupart du temps, cela s’est produit lorsqu’on empruntait le chemin pedestre des pelerins, la pente de la montee etait trop importante pour la fatigue du moment. A l’inverse, ce matin, en arrivant a Leon nous avons du effectuer une descente a pied. La pente etait incroyablement raide et de profondes ornieres truffaient le chemin. Herve a maugree pendant toute la matinee, il est mème tombe une fois. Ce n’etait pas son jour puisqu’il avait auparavant failli se faire renverser par une voiture. Mais il ne nous a pas abandonnes pour autant et sa bonne humeur habituelle a rapidement repris le dessus.

 

Il est 4h25 du matin et nous allons maintenant aller profiter de la chambre superbe que Taoufik et Isabelle qui nous accueillent a Leon, nous offrent dans un hôtel luxueux. Corinne est contente, il y a mème un seche-cheveux… Ce qu’elle n’avait pas approche depuis un moment.

On essaira d’inserer des photos dans l’article demain: Certaines sont chargees et vous pouvez y acceder via l’onglet “photo”.

Bonne journee a tous.