Corinne et Philippe le janvier 29th, 2010

Nous avions terminé notre dernier article en arrivant à Auckland chez Francis et Jennifer.

Mais, il faut quand même que l’on vous raconte notre départ de Tahiti et l’entrée sur le territoire Nouveau Zélandais. Eric et Nathalie se sont donc levés aux aurores pour prendre le petit déjeuner avec nous et nous accompagner à l’aéroport. « Pas de problème, on se lève toujours tôt… » En effet, quand on prend l’avion, on préfère arriver les premiers à l’enregistrement. Car la vue d’Aucéba et de sa remorque provoquent toujours un peu de stress aux employés des compagnies aériennes. Alors, on se dit que, plus on arrive tôt, moins ils sont tendus et plus ils gèrent avec sérénité notre enregistrement. Tout se passe bien au début, jusqu’au moment où, pour la 1ère fois, on nous demande de signer une décharge pour le tandem et la remorque. Pas de recours s’ils sont abimés. Bien sûr on commence par refuser. Le chef d’escale arrive alors et le ton monte un peu . Au bout d’un moment, il nous dit : « Soit vous signez, soit vous reprenez vos bagages et vous les faites acheminer différemment ». Ce qui revient à dire : « vous n’embarquez pas ». On signe donc. Mais c’est incroyable. Ils nous expliquent que, dès que c’est inscrit « fragile », si le paquet n’est pas envoyé en fret, la compagnie se dégage de toute responsabilité. Ça nous étonne, parce que quand Iberia a abimé le vélo, on a fait un recours et ils nous ont remboursés. On demandera à Manuella (notre fidèle aide d’Ibéria qui nous suit de près, depuis Orly, et est toujours disponible pour répondre à nos questions de l’autre bout du monde).

Passé le « coup de chaud » de l’embarquement, on se rend compte alors, dans l’avion, qu’on a avec nous, dans nos sacoches de guidon, le couteau (que Dominique nous a donné le 1er Mai et auquel on tient comme à la prunelle de nous yeux) et les couverts de camping. Incroyable! Et cela malgré les nouvelles règles, qui conduisent à ce que tout le monde soit palpé de la tête au pied, et à ce que tous les sacs « cabines » soient ouverts et vérifiés. Comme quoi…

Comme à chaque fois que l’on prend l’avion, on arrive à l’aéroport de destination, un peu tendu. On est inquiet pour le tandem et la remorque, et nous savons aussi que nous serons contrôlés pour la tente et ses piquets, des fois qu’on fasse entrer un peu de terre d’ailleurs, ou un ou deux insectes immigrés… On commence par passer la douane. On tombe sur un mec super sympa, déconneur, bref tout se passe bien. On récupère le tandem et la remorque à un point spécial pour les objets fragiles. Ils sont en bon état. Ouf! On continue par le contrôle des documents d’entrée sur le territoire, et là, on s’attrape tout de suite avec l’employée parce qu’elle est vraiment très très désagréable. On lui dit tout le bien qu’on pense d’un accueil comme le sien, lorsque l’on arrive dans un nouveau pays. On enchaîne avec le contrôle des objets à déclarer, et ça ne rate pas, la tente est prise pour être « analysée ». Mais les deux jeunes qui font les contrôles sont super sympas et ça se passe vite et bien. Arrive finalement le moment où tout bascule. Re-contrôle des bagages. Tout doit repasser dans le caisson Rayons X. On dit à l’employé en charge de faire passer les bagages dans la machine, que le tandem est trop large et ne passera pas. Il insiste. Ok on veut bien essayer, mais on lui demande de faire attention parce que si ça passe, ça passera juste. Et bien sûr, il y va franco, et ça bloque. Et il n’a aucune réaction. On intervient tous les deux en même temps. Philippe tire sur le tandem pour le débloquer en le faisant reculer, et Corinne appuie sur le bouton pour faire stopper la machine. Et là, crime de lèse majesté, le gars devient dingue. On lui a arrêté sa machine. Il pète un câble et nous dit : « vous allez repasser au contrôle, on va tout vous faire sortir et on va tout contrôler ». Et là, carrément, on s’énerve grave. C’est drôle d’ailleurs de voir comme on parle facilement les « langues étrangère »s quand on est énervé!. On fait un tel raffut, qu’ intelligemment un autre contrôleur arrive pour calmer le jeu. Il faut dire que, depuis le temps, la file d’attente a sensiblement grossi. On peut repartir, grâce à lui, sans aucun contrôle supplémentaire. L’autre bille qui avait un tout petit peu de pouvoir, voulait nous le montrer. Comme celui de ce matin, pour la décharge du matériel. Ça en fait quand même deux dans la même journée, qui appliquent des directives comme des ânes et qui, en plus, nous menacent avec le petit pouvoir qu’on leur a attribué et qu’ils aiment à montrer.

Comme on l’a lu dans les livres, on a droit au contrôle du chien pour la recherche d’aliments. Il renifle avec ferveur notre sac isotherme, il n’y a pourtant rien dedans! La policière le contrôle et nous demande si on a mis, par le passé, des aliments dedans. Et oui! Bonne pioche.

Enfin, ça y est, on a passé tous les contrôles. On peut enfin partir pour aller chez Jennifer.

Jennifer, c’est une amie de Cristian. Souvenez-vous, Cristian…. le copain qui nous a hébergé au Chili, pour Noël. Et, c’est drôle, mais, on a l’impression de la connaître depuis toujours. Elle est super agréable. C’est comme avec Nathalie et Eric. « Pas de problème », tout est facile. Francis, son copain, est aussi super. Il est Maori et en a bien le look, à l’exception des tatouages qu’il ne porte pas. Par contre, il parle vite. Se remettre à l’anglais n’est déjà pas trop facile, mais arriver à le comprendre, c’est trop dur. Jennifer, qui est française, nous fait souvent la traduction.

On reste quelques jours à Auckland pour écrire l’article sur la fin de notre séjour en Amérique du Sud, et préparer, avec les conseils de Jennifer et Francis, notre virée dans l’île Nord.

On fait un rapide tour d’Auckland. Il faut que l’on s’adapte à la conduite à gauche. Le pire, c’est pour traverser les rues. On n’a pas le réflexe de regarder à droite avant de poser le pied sur la chaussée. C’est super dangereux! Sur le vélo, on doit aussi changer l’écarteur de voiture et les rétroviseurs de côté. En plein centre ville, il y a du saut à l’élastique depuis la plus haute tour de la ville, et juste à côté, il y a une centrifugeuse (manège en vogue à la foire du trône). C’est vraiment un pays qui cultive ce côté casse-cou (est-ce pour la prise de risque ?).

Depuis qu’on est arrivé Auckland, on trouve qu’il y a beaucoup de vents. C’est vrai qu’Auckland est sur une bande de terre très étroite, coincée entre le Pacifique à l’Est et la mer de Tasmanie à l’Ouest. Sébastian, un copain de Jennifer, qui est skipper, et qui a convoyé de nombreux voiliers, nous dit qu’actuellement avec le courant marin appelé El Nina (2ème prénom de notre fille Cécile…et petit copain d’El Nino), les vents portants sont Sud-Ouest.

Notre projet est donc de monter, par la côte Ouest, jusqu’en haut de l’île du Nord, au cap Renga, là où les 2 océans se rejoignent. Comme toujours c’est le projet. On avisera au jour le jour.

On part un jeudi d’Auckland. Le lendemain, il y a un festival de rock énorme à Auckland. Fancis est musicien. Il joue, avec ses quatre frères et un copain, dans un groupe de rock nommé KORA. Le groupe est super connu en Nouvelle-Zélande et ils arrivent bien à en vivre. Ils vont jouer devant environ 45 000 personnes. On a vu des vidéos de certains de ses concerts, et en revenant des photos de celui-ci. Impressionnant! Leur musique est super bonne. Vous pouvez d’ailleurs jeter un œil sur internet, via YouTube, en recherchant « KORA ».

Francis nous montre le début du chemin pour sortir d’ Auckland. Car la seule « route » qui va dans notre direction est la motorway n°16. Il va nous falloir la longer, et ça va être épique. Une piste cyclable la longe par intermittence, et nous devons, à de nombreuses reprises, demander notre chemin pour trouver le tronçon suivant. Mais bon ça le fait! Au bout de quelques heures de route, la Motorway se transforme en route que nous pouvons emprunter. Une seule voie de chaque côté. On aura beaucoup, beaucoup de voitures. Et en permanence, un nombre impressionnant de camping-cars.

Le lendemain, au moment de partir pépères, de notre camping, on s’aperçoit que le pneu arrière est crevé, et, plus embêtant, qu’il est entaillé. On n’est pas plus surpris que ça, vue la quantité de morceaux de verre qui trainent sur le bas côté des routes. Incroyable, il y en a partout! En arrivant au camping, on trouvait même qu’on avait eu de la chance de ne pas avoir crevé. On vous en reparlera après, de la propreté des routes…

C’est donc vers 12h30 seulement, qu’on repart ce deuxième jour. Et la journée est difficile. Principalement au niveau des dénivelés. On va se faire un paquet de « bosses » à 8, 9, 10 et même 11% de moyenne. Soit, à certains endroits, des pentes encore plus fortes que ça. On va être « obligé » de pousser deux fois (ce jour là…, car il y aura encore d’autres jours où l’on poussera).

On a prévu ce jour-là, d’aller planter notre tente à Port Albert. C’est un tout petit port, où on nous a dit pouvoir trouver un joli camping « libre ». Mais nous devons au préalable faire des courses à Wellsford, ville de plus grande importance, car à Port Albert, il n’y a rien. Après avoir fait les courses, il nous reste 1h avant la tombée de la nuit et Coco est fatiguée. On change donc nos plans, (on ira voir demain Port Albert, et si ça nous plaît, on y restera un jour), et on se met en quête du camping de Wellsfor. Au point informations où nous nous sommes arrêtés en début d’après-midi, on nous a dit qu’il y en avait un. On se renseigne auprès de plusieurs personnes qui nous disent qu’il n’y a pas de camping à Wellsford. Une personne nous dit que l’on peut demander à planter la tente sur le terrain du B&B (Bed & Breakfest), en bas de la ville. On y va donc. Mais rêve! Une vieille dame pas sympa (à l’allure très british), nous dit: « c’est la chambre à 80$ ou rien »! Et elle nous claque la porte au nez. On remonte donc vers le centre ville, en évoquant les options qui se présentent à nous. Demander à quelqu’un de mettre la tente dans son jardin, ou aller voir au Motel que l’on a croisé, s’ils acceptent la tente sur leur terrain. De toutes façons, il nous restera toujours l’option « camping sauvage », mais pour cela, il faut que l’on s’éloigne de la ville.

Les rues des villes néo-zélandaises sont désertes à partir du début de soirée. On n’y croise plus personne. Chacun est chez soi. On s’était déjà fait cette réflexion, car cela nous change de nos précédents pays. Mais comme d’hab, la chance va nous sourire. En chemin, on croise une femme à qui on demande, si elle a une idée d’un lieu où on puisse planter la tente. On lui explique la situation. Et elle nous dit : « Vous pouvez éventuellement la mettre dans mon jardin, mais comme votre projet était d’aller à Port Albert, moi, je vous emmène à Port Albert avec le Pick-up ». Elle est super sympa. Elle s’appelle Sharon, elle est paysagiste et connait bien la vieille dame acariâtre. On entasse comme on peut toutes nos affaires dans le « bordel » de son pick-up. Elle y entasse tout son nécessaire pour son travail. Pelles, pioches, cordes, bois, etc… On se serre tous les 3 à l’avant. Le voyage sera super sympa. Sharon est pleine d’énergie et on rigole bien.

Le camping de Port Albert est donc un camping libre. Gratuit et en pleine nature. Le site est enchanteur. Un seul camping-car s’est posé là. On monte la tente à la tombée de la nuit. On dîne, éclairés par nos seules frontales, et on se lave dans les toilettes publiques. Parce qu’en Nouvelle Zélande, ils ont un truc génial: ce sont les toilettes publiques. On en trouve un peu partout! Elles sont gratuites, très propres, spacieuses, équipées de lavabo avec savon et sèche mains en papier ou ventilé.

Dommage qu’on n’ait pas ça en France. Autre truc, ils ont des points information un peu partout, avec des gens qui vous renseignent sur des coins et des campings très sympas, qu’on ne trouve pas forcément dans les guides.

On continue notre montée vers le nord. C’est très vallonné. Les routes sont très fréquentées. Sur certaines routes, la n°1 en particulier, route principale que l’on doit emprunter sur une trentaine de kilomètres, c’est infernal! Que de voitures. Et ce qui va avec : bruit, odeurs, insécurité. Car on peut dire que les Nouveaux Zélandais ne font pas du tout attention aux cyclistes. Ils foncent, et même s’il y a quelqu’un qui arrive en face, ils ne songent pas à ralentir, mais ils vous doublent au ras du vélo. Super dangereux. Plusieurs personnes nous confirment la « mauvaise » attitude des néo-zélandais, lorsqu’ils se mettent au volant. C’est le pays où nous sommes le plus mis en danger, sur la route. Incroyable, non? On ne s’attendait absolument pas à ça! Les lignes blanches souvent ne sont pas respectées. On arrête là sur ce sujet, mais il ne fait pas bon faire du vélo dans cette contrée! On a même vu de la « publicité » pour un numéro de téléphone « de délation » permettant d’appeler pour dénoncer les mauvais comportements des conducteurs!

Après quelques jours, les routes deviennent plus tranquilles et c’est tant mieux! On continue à être frôlé, mais c’est plus espacé. (frôlé / espacé, ça nous plait bien ça). On passe par les villes de Paparoa, Pahi, Dargaville. On rencontre Marc, un cycliste allemand qu’on retrouve lors de plusieurs campements. On profite des paysages de campagne, de montagne ou de bord de mer. C’est varié et joli. On visite le musée du Kauri. L’arbre qui a fait vivre la région pendant tout le siècle dernier, avant que les néo-zélandais ne se rendent compte qu’ils étaient entrain d’en détruire tous les spécimens, et qu’ils n’en fassent une espèce protégée. C’est incroyable ce que la Gumm (« sève ») de l’arbre est jolie. C’est l’équivalent de l’ambre, mais propre à cet arbre. On cherche un bijou pour les filles mais dans le magasin du musée, ce n’est pas très joli. On espère en trouver plus tard.

Dans nos pérégrinations, on voit plusieurs choses qu’on a envie de vous faire partager.

Un jour, c’est un drôle d’animal. La propriétaire nous dit que ça s’appelle un « ELPACKER » et que c’est un croisement entre un lama et un (?) mouton peut-être. Devant notre air médusé, elle nous dit que c’est aussi bizarre pour un animal, que notre tandem pour les vélos!!!

Une autre fois, on photographie sur une poutre un drôle d’insecte.. Il s’agit d’un « SHELL ». Animal qui fait un bruit d’enfer, comme électrique, et que l’on a dû entendre sur les routes du Nord de l’Argentine. (On l’apprendra en montrant la photo à Garry dont on va vous parler plus tard).


Le long des routes, on voit un paquet de champs de maïs, avec des n°s de parcelles sur des pannonceaux Pioneer. On croise même un champ d’essais Pioneer en pleine nature. Qu’est-ce que ce peut être de la part d’un semencier tel que Pioneer, sinon des champs d’OGM? On en voit tellement, que ce n’est pas très rassurant sur ce que l’on mange ici.

On croyait ce pays à la pointe de l’écologie, et de l’environnement. Et bien quand on voit ces champs et le bord des routes, on peut dire que ça laisse à désirer. Et pour ce qui est de la nourriture « bio », elle est vraiment ET rare ET hors de prix.

On revient sur ce point parce qu’en venant ici, on était persuadé que c’était un pays très « écolo ». En tout cas, c’est ce que laissaient supposer nos lectures. Ce qui est vrai dans ce qu’on a lu, c’est qu’ils sont nombreux, enfants et adultes, à marcher pieds nus, en ville, partout… En revanche, pour ce qui est de l’écologie, c’est un pays de voitures, des grosses, des 4×4, des campings car… Les bas côtés sont jonchés d’ordures. Un jour où la pente était particulièrement raide, pour penser à autre chose, Corinne s’est mis à les compter…puis a abandonné, car en 200 mètres, il y a en avait plus de 200!!! Et le tri des ordures n’est ni très répandu, ni très respecté. En tout cas, dans l’île Nord. Peut être que tout va changer sur l’île Sud, démentant nos premières impressions.

Installés dans notre camping, on a une petite pensée émue pour les copains CCistes car c’est le week-end du festival CCI. D’habitude, on est assis dans l’amphi, à regarder des projections de gens qui sont partis à l’autre bout du monde. Et cette année, on n’est pas là, mais à l’autre bout de la terre, en Nouvelle Zélande dans un camping en bord de mer, superbe! On a vu, via la famille Binet, que sur le nouveau site de CCI, il y a un « article » sur nous en première page et qu’Eric a mis un lien vers notre blog aussi sur la première page. Merci, c’est très gentil et ça nous fait vraiment plaisir.

Pour en revenir à notre situation actuelle, on est dans nos « préoccupations » de voyage. Le matériel tient bon. Philippe fait tout pour. Mais voilà, le matériel humain, comme dit l’armée, a un petit souci. Un matin, Philippe fait un mouvement brusque, et zut, se bloque le dos. La douleur est très présente, mais, heureusement, il n’est pas complètement bloqué. Il va faire quelques exercices d’étirement dans la cuisine du camping. Un employé qui passe par là, lui demande s’il a mal au dos. Comme il lui répond par l’affirmative, le gars lui propose de l’aider à enlever la douleur. Philippe, un peu inquiet quand même, lui demande s’il sait faire. Comme il répond « oui », Philippe accepte son aide. L’homme va chercher un drap, qu’il pose sur l’herbe et dit à Philippe de s’allonger dessus face contre terre. Ensuite, avec son pied, il lui appuie très fort sur le dos. Philippe entend plusieurs fois des craquements. Il a un peu peur qu’il lui « explose » le dos, et pour se rassurer, il se dit qu’il ne prendrait pas un tel risque, s’il n’avait pas déjà une certaine pratique. De plus, la peur de ne pas pouvoir rouler, lui fait préférer cette solution de « déblocage ».

Et ça marche! Toute la journée, il réussit à pédaler, même s’il appuie beaucoup moins que d’habitude et que Corinne doit compenser. Et les paysages sont magnifiques. On aperçoit de nombreuses fois la mer de Tasmanie, depuis les multiples sommets que nous gravissons. Le plus haut point atteint aujourd’hui est à 325m. En partant de 10m ça représente quelques bonnes montées. Philippe sent les rappels à l’ordre de son dos, mais ça va, et on parvient, malgré une fin très, très vallonnée, à atteindre le superbe camping de Waipoua Forest, dans un parc naturel. Comme il ne faut pas non plus trop jouer avec sa condition physique, on décide de s’octroyer une journée de repos.

Seulement, voilà, quand on arrive à la réception du camping, on demande à la « réceptionniste », si on peut acheter à manger. Elle nous répond « seulement des sandwichs ». On était persuadé que le camping se trouvait dans une ville, ou à l’entrée d’une ville (en fait sur notre carte, les lieux-dits, sont indiqués comme des villes). « Non », nous dit-elle, «  la ville la plus proche est à environ 12kms ». 12 aller, 12 retour, ça fait 24kms! Trop pour nos p’tites jambes, ce soir. On lui demande alors, si ce soir elle rentre en ville. Elle nous dit qu’elle habite sur place. Autrement, on lui aurait demandé de nous faire des courses pour demain.

Derrière nous, il y a un couple avec un jeune. On leur demande aussi, si, par hasard, ils vont faire des courses en ville. Ils nous répondent « non », mais qu’ils ont plein de choses. De quoi a t-on besoin? On leur dit « pâtes ou riz ». Ils nous disent qu’ils en ont et que c’est ce qu’ils vont préparer pour ce soir. Et si on veut bien partager leur repas, ça leur ferait bien plaisir. Et à nous donc! Elle est pas belle la vie?

On plante la tente dans un superbe espace, très grand où les camping-cars ne peuvent pas venir. Il y a 3 tentes seulement, et le bruit de la rivière qui coule un peu plus bas. Mais on a aussi, la compagnie de nombreuses petites mouches noires qui piquent sacrément. En plus elles attaquent toujours en dessous de la ceinture… C’est pas du jeu ça! Et pour la 1ère fois, Corinne n’est pas la seule à se faire piquer, protégeant ainsi Philippe. Ces petites bêtes « piquent » vraiment n’importe quoi! Les moustiques présents aussi, sont de la rigolade à côté! Dans ce camping, c’est sauvage et l’ambiance est très cool.

On va donc dîner avec Garry, Hellen et leur fils de 16 ans, Léon. Ils sont australiens, en vacances ici et ont loué un camping-car de 5 places. Ce qui nous permet d’ailleurs de jeter un œil pour voir si le tandem et la remorque vont rentrer facilement dans celui que Sylvie et Jean Pierre ont loué. Ça va pas être du gâteau pour rentrer le tandem, mais ça devrait le faire. Ils nous offrent un super repas à base de pâtes, et arrosé de bière (Philippe d’ailleurs, devient « accro » à sa petite bière du soir. C’est pour se préparer à l’arrivée de Jean-Pierre dit-il!). Après manger, on va faire une randonnée d’une heure et demie, dans la forêt, avec traversée de rivière à guet sur les pierres glissantes, chaussures à la main. Comme la nuit commence à tomber, les sous-bois deviennent bien sombres. Et le chemin est très boueux par endroits. Mais c’est super sympa. On finira encore une fois à la frontale. En rentrant, ils nous proposent un thé. Superbe soirée.

Le petit déjeuner du lendemain est tout aussi sympa. On est assis à côté d’un couple d’allemands, Walter & Barbara. On discute beaucoup, de tout, de vélo car Barbara en fait aussi. On leur parle aussi de notre soirée d’hier et on leur demande s’ils partent aujourd’hui et si on peut leur acheter du pain. Ils nous donnent leur pain, nous offrent en plus 2 bières, de la sauce tomate, des bananes. Vraiment trop sympa eux aussi. On déconne sur le fait que c’est une super façon de se nourrir « gratos »: il suffit de dire que l’un des deux a mal au dos et ne peut pas rouler…

On se repose bien pendant deux jours dans ce cadre splendide et on mange bien!

On reprend donc la route, reposé. Heureusement, parce qu’on commence tout de suite par 15kms de montée. Longue, mais « tranquille ».Au bout de 10kms on va voir le plus gros Kauri au monde. « Tane Mahuta », c’est son nom. Impressionnant, il faut bien le dire. Comme derrière la montée, il y a toujours une descente, comme dit Philippe, on a une bonne descente de 6kms, mais suivie à nouveau de montées abruptes. On doit encore pousser 2, 3 fois, tellement c’est raide. Et le vent commence à se lever, la pluie fait son apparition. On s’arrête devant le point information de Omapere pour vérifier l’emplacement du camping que l’on a prévu pour ce soir. Philippe arrive d’ailleurs à bien énerver la p’tite dame qui tient le point information, en lui soutenant que les cartes qu’on a sont hyper précises et qu’on a toujours trouvé les campings là où ils étaient indiqués! Elle maintient, pour sa part, qu’il n’y a pas de camping près de Whirinaki, là où nous pensions dormir. On sort donc très dignement.

Et là, le hasard, la chance comme toujours. Quelqu’un vient vers nous pour voir le tandem et sa remorque. C’est un suisse allemand, dont la maman était suisse française. On commence donc à se parler en français. On en arrive à parler des campings, lui non plus ne connait pas celui près de Whiniraki. Et de fil en aiguilles, il nous dit qu’il habite pas très loin de l’endroit où l’on voulait s’arrêter et que si on veut, on peut dormir chez lui et sa copine. On accepte bien sûr, fort de notre principe de ne refuser aucune invitation.

Ça tombe à pic, car une tempête commence à se déchainer. Le vent devient super violent. Comme on est près des plages, on se prend du sable avec une force inouïe. On nous dit que les rafales sont de 40 nœuds! Quand on s’arrête pour prendre des photos, on est obligé de tenir fermement le tandem qui risque de basculer. Dans la boutique où l’on fait les courses, un homme nous interpelle (Mais comment, nous direz vous, sait-il que c’est à nous, le vélo dehors? C’est simple, on rentre dans les magasins dans notre jolie tenue de cycliste, vous savez, celle qui fait un si joli derrière!) : « Il faut vous arrêter » nous dit-il, « car il va y avoir une très forte tempête, avec d’énormes bourrasques de vent et de la pluie violente. Cette nuit et demain. Ça devrait se calmer vendredi. Je suis sûr de moi à 95%! ».

On met très longtemps à parcourir les quelques kilomètres qui nous séparent de la maison de Marcel et de Norma, parce qu’avec le vent, c’est vraiment difficile. L’accueil est vraiment chaleureux. Norma est irlandaise, comprend le français, mais ne le parle pas. On s’arrange donc entre français et anglais.

Eux ont une maison écolo, avec éolienne, panneaux solaires, toilettes sèches. Ils font de l’élevage de quelques moutons, ont des serres, des arbres fruitiers. Ils vendent des plants, des plantes, des légumes, des fruits en vente libre, dans une cabane à l’entrée de chez eux, sur la route. Ça aussi, c’est une particularité bien sympathique de la Nouvelle-Zélande: la mise à disposition en vente libre, sur le bord des routes, de produits potagers: fruits ou légumes. Les prix sont indiqués sur un panneau et une boîte est disposée à côté des « marchandises ». On se sert, on met la somme dans la « tirelire ». Et ça marche. En plus, les fruits et légumes sont très frais et très bons. On n’a vu ça qu’une fois en France, le long du canal de la Martinière, chez les parents d’un cyclocampeur tourdumondiste.

On passe encore une super soirée. Marcel a énormément voyagé dans sa jeunesse. Il a fait un nombre de pays incroyables. Ils nous conseillent tous les deux d’aller plutôt à Pahia qu’à Kawakawa. On modifie donc note itinéraire initial.

On part à l’heure à laquelle on se lève habituellement et on s’arrête à l’heure à laquelle on démarre en général. En effet, Marcel et Norma, vont à Auckland et doivent partir à 8h. Ceci explique cela.

Quand on arrive à Pahia, et on va directement au point information pour prendre nos billets de car afin de retourner lundi matin à Auckland. On tombe sur une « crème ». Joy va s’occuper de nous « aux p’tits oignons ». Elle s’occupe de tout! De faire les réservations du car, pour nous, le vélo et la remorque, de nous réserver un logement pas trop cher pour le dimanche soir à proximité du point de départ du car et de nous trouver un endroit où nous pouvons laisser Aucéba et la remorque, une fois emballés. On les laissera, le dimanche soir, dans la boutique située juste en face de la station de bus. Joy est allée le demander à la responsable du magasin. Incroyable, cette gentillesse, cette disponibilité et cette efficacité.

Nous sommes vendredi, il est tôt, on décide d’embarquer tout de suite sur le ferry pour aller à Russel. On s’installe au camping proche du centre de Russel. On se balade, à vélo, pendant 2 jours dans la baie (Bay of Islands qui est composée de 440 îles). Les alentours de Russel sont vraiment très jolis. Très très vallonnés, encore, mais très jolis. De superbes criques, des routes très peu fréquentées.

On reprend le ferry pour passer de Russel à Pahia On veut aller voir le lieu où a été signé le traité d’annexion, de la « Nouvelle-Zélande » à la couronne d’Angleterre, entre les chefs Maoris et la reine d’Angleterre. En chemin, on assiste à une partie de « Bowl outdoor ». Les règles semblent proches de la pétanque » mais avec un côté beaucoup plus « british ». Ça se déroule sur gazon, et c’est un jeu vieux de plus de 200ans, d’après un des participants. La Nouvelle Zélande a beaucoup de côtés très « british » et là, la tenue et le comportements des joueurs sont très typiques.

On se balade dans Pahia et on va voir les chutes de « Haruru Falls ». On passe le cap des 7000 kilomètres. A ce propos, on est loin du calcul qu’on avait fait en préparant notre tour du monde. On pensait avoir parcouru 10.000 kilomètres à l’arrivée de Sylvie et Jean-Pierre en Nouvelle-Zélande. On en sera à peine à 7 500. Mais, jamais, dans nos préparatifs, nous n’avions imaginé rencontrer autant de gens et passer tout ce temps avec eux. Et on est très heureux de ce déroulement.

Après cette escapade au Nord, nous voilà de retour à Auckland chez Jennifer et Francis. On y passe juste une soirée et une nuit puisque dès demain, on prend le fameux train panoramique pour nous rendre à Wellington. Une nouvelle fois on se lève très tôt, 5h15! Hier 6h00 pour prendre le car. Le soleil n’est même pas levé, lui! Ça nous oblige à rouler avec gilets fluos et frontales pour aller à la gare d’Auckland, qui se trouve au centre ville. On n’a aucun souci pour mettre le matériel dans le wagon prévu pour les bagages. On met même Aucéba, juste à côté, dans le wagon où se trouve le moteur. On le fixe avec les sangles. On met la remorque dans le wagon des bagages, avec les sacoches. Le bagagiste nous dit qu’il va caler la remorque avec des valises. OK, c’est parti. On s’installe pour 12heures de train. On a juste nos shorts et nos T shirts. Il fait froid dans le train. Tout le monde a sorti les vestes. Mais nos micros-polaires sont dans les sacoches, dans le wagon des bagages. Lors de l’arrêt au parc national (arrêt de 20′ sans intérêt car on n’a pas le temps d’aller visiter), vers 14heures, on va le dire. On nous dit qu’il faut le dire au « manager »du train. Donc, après le départ du train, Corinne va le dire au wagon restaurant. Elle se fait fraîchement (c’est le cas de le dire) cueillir par la barmaid, qui l’engueule et hausse les yeux au ciel. La contrôleuse, à côté, vient calmer le jeu. Elle remontera un peu le thermostat pour venir le rebaisser 20 minutes plus tard. En fait, c’est long 12 heures dans le train. C’est joli, mais comme les paysages en France vus du train (et dans les trains en France, on sait qu’il fait froid, on prévoit le gilet!!). Et en plus ça ressemble beaucoup aux paysages français.

Ah, il ne faut pas oublier l’épique sortie du tandem du wagon. Philippe, qui veut aider, se fait physiquement sortir du wagon des bagages par la barmaid qui ce coup-ci, s’occupe des bagages. Comme le train s’est arrêté avec le quai côté gauche alors qu’on avait chargé le tandem côté droit, on a un souci de franchissement de porte pour le sortir. La porte coulissante qui nous avait permis de le rentrer est du mauvais côté!

Bon, un peu de tension, beaucoup de bonne volonté de la part des autres employés du train et de la gare et tout se termine bien. On va ensuite au Backpacker (« Auberge de Jeunesse » pour routards), qu’on a appelé hier pour réserver une chambre. Comme nous ne voulions pas donner notre n° de carte bleue par téléphone, la réservation n’a pas abouti. On nous dit que c’est complet et que les hébergements de la ville sont tous pleins, car 2 jours plus tard, il y a un concert du groupe de rock ACDC. Mais le responsable du Backpacker, super sympa, va nous proposer une solution. Il nous laisse partager le salon TV avec une jeune estonienne. Pour 40 dollars quand même, il va falloir attendre que les derniers « accros » télé aient quitté la pièce, et on va dormir sur des canapés. Pas de problème, l’objectif, c’est d’avoir les visas pour le Vietnam, demain et de prendre le ferry le plus tôt possible pour l’île Sud.

En fait, impossible d’avoir les visas le jour même. A l’ambassade, on nous dit que normalement, il faut 4 jours ouvrés pour avoir le visa. Nous le voulons le plus vite possible pour passer dès que faire se peut sur l’île sud et quitter « la ville ». On négocie demain à 15h00. Le prix augmente de 20$ par personne. On en est à 180$ NZ par personne (90€)! OK, on accepte.

Quand on revient de l’ambassade, on demande donc une chambre pour la nuit. Il y a seulement un dortoir de 4. Qui sent le fauve d’ailleurs, le linge sale et humide. C’est d’ailleurs un vrai foutoir. Ils sont 2 à y dormir pour l’instant, mais il y a des fringues partout, la poubelle est pleine, et ça pue! Philippe y fera tout de même une bonne sieste…

Au réveil, dans le salon TV, Philippe rencontre la jeune fille avec qui on y a dormi la veille. Elle lui dit qu’elle aussi a une chambre pour la nuit. Et qu’il y a un lit double dedans. Inoccupé pour l’instant. Et que ce serait sympa si on pouvait l’avoir. On va donc demander au type de la réception de l’auberge de jeunesse, qui après quelques circonvolutions, finit par nous l’attribuer. C’est super, on a un lit double dans une chambre de 3 nickelle, en plus avec une jeune super gentille et agréable.

Et voilà, on a obtenu nos visas, pris le ferry pour la traversée vers l’île Sud. La dernière demi-heure, juste avant l’arrivée, à travers les fjords est jolie. Mais depuis notre croisière au Chili entre Puerto Chacabuco et Quellon, on devient vraiment difficile!!!

On est maintenant à Picton sur l’île Sud. On a rendez-vous dimanche, dans 3 jours, à une trentaine de kilomètres de là, avec Sylvie et Jean Pierre.

Avant d’arrêter ces nombreuses lignes, on veut faire aussi le bilan « traditionnel » de notre périple en Amérique du Sud. Continent que nous avions « idéalisé » et qui ne nous a absolument pas déçu.

Comme d’habitude, une liste à la Prévert, d’éléments qui nous ont marqués. Anecdotiques ou plus sérieux :

    • l’apprentissage de l’espagnol.(eh oui, même à nos âges, baignés dans la culture locale, on apprend vite)

    • Les amitiés créées. Celles auxquelles on pense, très intenses, perdureront. Nous en sommes certains.

    • Les églises pleines, malgré un nombre de messes quotidiennes très important.

    • Les collectivos, pratiques, peu chers et qui vous conduisent partout

    • les « petits » métiers : jongleurs de rue aux feux rouges, pompistes, cuisine dans la rue, gardiens de voitures…

    • le décalage entre le peuple et les dirigeants. Tous les gens avec qui nous avons discuté dans chaque pays, nous ont fait part de ce sentiment qu’il s’agit de 2 mondes cloisonnés, qui s’ignorent. Ils n’attendent rien de leurs dirigeants!

    • Nos engueulades aussi car en presque neuf mois de vie commune, 24 heures sur 24, des situations de tension extrême entre nous, ont existé. Cela fait aussi partie de la réalité du voyage.

Voilà, cette fois, c’est terminé. On interrompt ce récit, à Picton, au nord de l’île sud.

On va maintenant retrouver avec un très grand plaisir Sylvie et Jean Pierre. Même si on (Philippe surtout), s’inquiète un peu du décalage de « tempo » que nous allons nécessairement connaitre. Nous sommes dans un voyage de 16 mois, avec un rythme et des centres d’intérêts très différents de ceux qu’on peut avoir lorsque l’on a 3 semaines de vacances et que l’on va les passer à l’autre bout du monde. Il va falloir concilier vélo et camping-car. Nous allons devoir trouver un mode de fonctionnement qui nous permette à tous les 4 de vivre en harmonie, ces 3 semaines à venir. Heureusement notre excellente entente avec Sylvie et Jean-Pierre nous permet de nous parler librement… On vous racontera ça, la prochaine fois.

Merci vraiment, encore une fois, à tous ceux qui nous écrivent des commentaires, ça nous fait toujours très très plaisir…

A très bientôt.

On vous embrasse.

Ps : Nous avons lu dans notre journal préféré, à savoir le Canard Enchainé, que le parquet général, qui dépend donc du pouvoir politique, avait fait une demande de mise en liberté de Falcone, qui vient d’être condamné à 6 ans de prison dans le cadre de l’Angolagate, en s’appuyant (c’est du délire) sur la présomption d’innocence! On se demande ce que sera la justice (qui est déjà tout, sauf équitable), lorsque la réforme qui supprime les juges d’instruction (indépendants) sera appliquée. Quelqu’un peut-il nous livrer quelques éléments complémentaires sur le suite de cette affaire

A ce sujet, vous pouvez continuer à alimenter le sujet, sur le Forum, sur les nouvelles, petites et grandes, ainsi que les actualités françaises et internationales, que nous suivions avec grand plaisir. Merci d’avance.

Ps1 : Accès au Forum. Pour y aller :

Onglet « Le Forum » en haut de la page, puis laissez-vous guider. Entre-autres, on vous demande si vous avez des relations dans les pays que nous traversons susceptibles de nous accueillir… Vous savez combien on apprécie les rencontres.

Ps2 : Nous avons actualisé mis en ligne de nouvelles photos. De l’île de Pâques, de Papeete et nos premières de la Nouvelle-Zélande.

Ci-dessous un petit mode d’emploi pour visualiser les photos dans les meilleures conditions.

1 - Cliquez sur l’onglet « Les Photos » en haut de la page du blog

2 - Choisissez l’album désiré, Cliquez sur le drapeau.

Vous voyez apparaître l’album ou les albums photos désirés.

3 - Cliquez sur celui qui vous intéresse

Vous voyez apparaître les photos en miniatures.

4 - Vous avez ensuite la possibilité de lancer un diaporama (cliquez sur le libellé « Diaporama », au-dessus des miniatures, en haut à droite).

Vous voyez apparaître la première photo en grand au centre de l’écran, et si vous déplacer la souris au centre de l’écran, vous avez aussi une suite de miniatures sur la partie basse de l’écran. A côté des miniatures, à droite, en bas de l’écran, apparaît un cadre qui contient 4 flèches dans tous les sens. Cliquez dessus pour passer en « plein écran ».

5 - Pour visualiser les légendes des photos, quand elles existent, cliquez sur « Afficher les infos » en haut à droite de l’écran.

6 - Déplacez votre souris sur un des côtés de l’écran, ce qui vous permet de n’avoir à l’écran que la photo et la légende (si vous avez choisit de les faire apparaitre).

7 - En cliquant sur « Options » en haut à droite, vous pouvez régler la vitesse de défilement des photos (lent, moyen ou rapide).

8 – Pour suspendre le défilement et s’arrêter sur une image, appuyer sur la barre d’espace. Pour reprendre le défilement, appuyer de nouveau sur la barre d’espace.

9 - Pour sortir du mode « Plein écran » : Appuyer sur la touche « Echap » ou « Esc ».

Bonne balade…

Ps3 : Pour nous écrire un « commentaire » (qui d’ailleurs peut simplement être un message et pas forcément une réaction à l’article) :

  • Allez à la fin de l’article. Idéalement le dernier publié (si vous cliquez sur l’onglet « Accueil », vous arrivez sur le dernier article publié).

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Nous étions déjà quelque peu décalés, lorsque nous étions en France. Mais depuis qu’on joue avec les fuseaux horaires, on « est complètement à l’ouest ». Au sud-ouest pour être précis d’ailleurs. C’est ce que nous pensions! En fait on ne sait plus trop où on est. En partant de Papeete, on effectue juste un petit saut de plus, une nouvelle fois vers l’ouest, et vous savez quoi, on se retrouve au point le plus à l’est de notre belle planète. Allez y comprendre quelque chose.

En fait Tahiti est le point le plus à l’ouest et la NZ le point le plus à l’est.

Nous nous levons même à présent, quand certains d’entre vous vont se coucher. Et inversement.

Nous avons quitté depuis quelques jours, le continent sud-américain et nous nous sommes envolés pour l’Océanie. Cette séparation a eu lieu, empreinte de beaucoup d’émotions, entourés que nous étions par les familles avec qui nous avons passé nos derniers jours autour de Santiago, de Valparaiso et de ses environs.

Nous vous avons déjà parlé de Kenny, de ses 2 filles, Javiera et Paloma, et de leurs « pololos » (amoureux)respectifs. Nous nous sentions en famille parmi eux.

Nous avons visité Valparaiso, pendant quelques jours en compagnie d’Isaac et de Cécile, avant que Cristian, ses parents et sa sœur, Janina, ne passent nous y chercher, pour aller fêter Noël au sein de leur famille, près de San Antonio. Mais non, pas assis à côté du célèbre flic, la ville.(petit clin d’œil pour Pollio). C’est trop agréable de se retrouver invité pour Noël en famille. Quand on pense que Cristian ne nous connaissait pas une semaine avant! Les parents de Cristian, Victor et Emilia, ainsi que sa sœur Jarina, nous accueillent vraiment à bras ouverts. On passe le 24 et le 25 Décembre avec eux. Les discussions sont faciles, puisqu’en ayant vécu 8 ans en exil en Suisse, leur français est courant. Encore un accueil chaleureux et inoubliable. L’occasion de nombreuses discussions politiques « en famille », avec Victor qui appartenait au M.I.R, ainsi qu’avec Nicolas qui fut le chauffeur du ministre de l’économie sous Allende.

C’est donc avec beaucoup de mélancolie que l’on s’apprête à quitter le Chili et avec elle, l’Amérique du Sud. Mais jusqu’au bout, ce continent et ses habitants sauront nous réserver des joies intenses. Une excellent surprise se produit à l’aéroport, puisqu’on voit arriver la famille de Keny accompagnée de celle de Cristian. En fait, Cristian et Jarina prennent aussi l’avion ce jour-là pour rentrer en Europe où ils vivent.

Enfin, ce n’est pas tout à fait juste de dire que nous quittons l’Amérique du Sud, puisqu’on se rend à l’île de Pâques et qu’elle fait partie du territoire Chilien. Mais nous sommes déjà en Polynésie, et ça n’a plus grand chose à voir avec le Chili et l’Amérique du Sud.

L’île de Pâques, Philippe en rêve depuis longtemps. Corinne, elle, est persuadée que c’est une île où il pleut tout le temps, et s’attend donc au pire. En fait, on aura une semaine de rêve avec du soleil tout le temps. Encore un beau coup de chance, car les polynésiens que l’on rencontre dans l’avion, y ont eu de la pluie toute la semaine précédente!

Quand on arrive à l’aéroport de Hanga Roa, on se fait « accoster » par les gérants d’ hôtels et des 2 campings de l’île. On choisit d’abord l’hôtel, car il est onze heures du soir, qu’il accepte de garder notre remorque et nos emballages, le temps que nous visitions l’île en dormant en camping sauvage! Mais rien ne se passera comme prévu. D’abord on apprend que le camping sauvage est interdit sur l’île, afin de préserver les sites. On comprend et on se résigne à chercher un terrain de camping. On va alors faire le tour des 2 campings référencés par l’office du tourisme local : vraiment horribles! Comment va t-on faire? On ne veut pas rester à l’hôtel. Et comme d’habitude, la chance nous sourit.

Alors qu’on est en train de faire des courses dans une supérette très excentrée, on est abordé par Didier, un français qui nous a vus à vélo. Il a 46 ans et est lui aussi en voyage autour du monde, depuis de nombreux mois. A vélo, qui plus est. Il nous dit qu’il dort dans un camping à 1km de là. On l’accompagne donc. En y arrivant, on est ravi. Voilà notre solution. L’endroit est isolé, avec une vue superbe sur les alentours. Désert également puisque la seule tente installée est celle de Didier. On y fait la connaissance de Benjamin. Le camping lui appartient.Benjamin est un vrai Rapa Nui.

Il est d’une gentillesse incroyable. Pendant notre séjour, sur les cinq jours que nous passons dans son camping, il nous invite dans sa famille, deux soirs : pour la Saint Sylvestre et pour notre repas d’adieu. Sans compter qu’il nous fait à chaque fois des doggy bags suite à ces invitations… Il nous a bien plus offert que ce que nous lui avons laissé comme argent. Le camping est pour lui un moyen d’aller à la rencontre « des autres »…Pour l’anecdote, on vous raconte quand même que, pour notre repas d’adieu, on a dîné avec un consul. C’est une première pour nous. James,c’est son nom, est consul pour le Royaume-Uni, et a délégation pour l’ensemble des pays occidentaux. Comme on lui demande à quoi ressemble la fonction d’un consul sur l’île de Pâques, il nous raconte son emploi du temps harassant. Réveil le matin tardif, après midi: surf et soir: discothèque, …. Ceci dit, c’est un homme vif, ouvert et charmant qui parle parfaitement le Rapa-Nui, et joue du Ukulélé. Ça fait 5 ans qu’il est en poste ici…

Ça, c’est pour le côté « hébergement ». Mais tout le reste est comme ça. L’île est très belle et nous la parcourons en vélo dans tous les sens. On découvre les célèbres « Moais » - ça se prononce « Mo Aïe ». Ils sont très impressionnants! Souvent, leur visage et leur corps sont « polis » par le temps. Quand ils ne sont pas tombés, face contre terre. D’après Benjamin, c’est à cause des guerres de clans, que les « Moais » des tribus ennemies ont été jetées à terre. Notre guide « papier » évoque aussi un tremblement de terre en 1960, dont l’épicentre était au Chili, et qui a eu des effets jusqu’ici. De toutes façons, c’est superbe dans ces sites majestueux et naturels. La nature est préservée sur l’île. On découvre de beaux volcans éteints, ainsi que des sites exceptionnels : le volcan de Rano Raraku, où les Moais étaient taillés et le site de Tongariki, où sont alignés 15 Moais magnifiquement restaurés. Vraiment, ils nous plaisent bien ces « Moais » On est là, toi et « Moai » à les regarder et on se dit « il n’y a que Moai qui m’aille ». On sait, elles sont faciles mais elles nous plaisent bien…

Et sans oublier le volcan Orongo sur le site de Rano Kau C’est une bonne ascension pour y arriver . La vue est superbe durant toute la montée. On surplombe toute l’ile. Et arrivés là haut, le paysage est incroyablement impressionnant. Le cratère est gigantesque. 1600 m de diamètre. En arrière-plan, la mer. Le vert des herbes et le bleu de l’eau du lac au fond du volcan. Extraordinaire! On se promène sur les crêtes du

volcan. C’est vraiment très beau.

La mer aussi est incroyable. Des bleus très marqués, une plage blanche, des roches autour, les volcans en arrière-plan. Les vagues sont impressionnantes. C’est magnifique. Et en plus, c’est chaud! On rentre dedans sans avoir à se mouiller le ventre et à marcher sur la pointe des pieds …Bref, pas besoin d’utiliser nos techniques habituelles pour pénétrer dans les 17°C de l’ Océan Atlantique, à Saint-Brévin!

Tout nous plaît sur l’île de Pâques. En revanche, côté pratique, on est surpris par les magasins et la nourriture. Déjà, c’est difficile de trouver à manger et les prix sont entre 3 et 5 fois supérieurs à ceux du Chili. Mais surtout, dans les magasins où l’on va en centre ville, les étalages sont quasi-vides. On s’imagine voir les magasins russes au temps des pénuries. En fait, les locaux ont leurs adresses et les magasins y sont mieux achalandés. Mais question prix, c’est la surprise à la caisse car ils ne sont pratiquement jamais indiqués! Et c’est mal vu de demander le prix avant, que de toutes façons, seul le caissier connaît!!! Quand on en parle à la famille de Benjamin, ils nous expliquent qu’effectivement, c’est comme ça et que du coup, beaucoup vont à la pêche et font pousser leurs légumes pour soulager le porte monnaie. Et, ils sont remontés contre le gouvernement chilien qui ne subventionne rien mais récupère tous les profits dégagés, nous disent-ils. D’où l’émergence de revendications pour réclamer l’indépendance ou une autonomie encore plus importante.

C’est sur l’île de Pâques qu’on a changé d’année. Il faut qu’on vous en parle. Déjà, on a réglé le réveil à 18 heures pour appeler les enfants. Et oui, en France, vous fêtez la nouvelle année 6 heures avant nous! Ensuite, on fait la fête dans la famille de Benjamin. Alors à minuit, on débouche le champagne chilien (un peu trop sucré, mais bien agréable quand même) et on s’embrasse tous, garçons et filles. Comme en France, nous direz vous!! Oui mais….il y a un rituel pour se « congratuler » entre garçons. En premier, une poignée de main typique d’ici. Tu te tapes dans la paume en accrochant les doigts. Puis tu serres la main, après tu te prends dans les bras pour l’accolade, puis pour finir tu te serres à nouveau la main. Faut s’entraîner, c’est pas inné! Mais encore plus difficile:le chaloupé des danses. Ça se fait sur la pointe du pied et tu pousses le talon de gauche à droite, tout ça en bougeant « gentiment » les fesses, ou plus exactement, le bassin. Bon, c’est clair, on n’y arrive pas. Coco prend des cours avec Jenny, la femme de Benjamin, mais ça rend pas pareil! Et oui, vahiné, c’est gonflé!

Petite info géographique : l’île de Pâques est l’île du monde, la plus éloignée de toute autre terre.

Après les adieux à Benjamin, annonçant cette fois-ci, l’abandon de l’espagnol, on embarque pour Tahiti.

Nous avons rencontré Martine et Philippe sur l’île de Pâques. Ce sont des « métro » (Métropolitains) qui vivent à Papeete. Ils nous disent que si on reste 5 jours, on a intérêt à aller tout de suite sur Moorea et qu’on peut laisser chez eux Aucéba et la remorque. Ça tombe bien, car le remontage d’Aucéba et de la remorque nous prend une bonne demi-journée. Leur démontage et emballage nous occupent une journée complète. On a donc pris la décision de les laisser empaquetés pour ne pas perdre 1 jour et demi sur les 5 que nous allons passer à Tahiti et alentours.

On va donc chez eux dés notre arrivée, … ou presque, car on arrive à une heure du matin! Sur leurs conseils et ceux de plusieurs personnes interrogées à l’aéroport à notre arrivée, on va prendre une chambre au motel en face de l’aéroport. Tout le monde nous dit que c’est le moins cher alentour. A 5 minutes de l’aéroport, mais sur les hauteurs, donc avec le tandem et la remorque emballés, il nous faut prendre un taxi. Et on en reprend un autre le lendemain matin pour nous rendre chez Martine et Philippe. Avec tout ça, on a un avant goût de ce qui nous attend :on a dépensé 160 euros en 8 heures!

Tout le monde depuis l’île de Pâques, nous met en garde contre la cherté de la vie à Tahiti.. Grâce à Philippe, qui est 1er conseiller à la cour des comptes, et à Eric, qui est un excellent connaisseur de la vie politique et économique de la Polynésie française, nous avons pu entrevoir les raisons qui ont conduit à cet état de fait.

En Polynésie française, 42% des salariés travaillent dans le secteur public. Les salaires du secteur public, qui représentent 60% de la masse salariale, sont majorés de 84% par rapport à ceux de la métropole. Les tahitiens ne paient pas d’impôt sur le revenu. Toute l’économie s’est « alignée » sur ce pouvoir d’achat des fonctionnaires et les prix sont devenus déments.

La Polynésie française « bénéficie » d’une très grande « autonomie ». Il y a un Président (élu par l’assemblée), un gouvernement et une assemblée qui vote ses propres lois. Effarant : la masse salariale du gouvernement polynésien est la même que celle du gouvernement français (pas seulement les ministres mais y compris leur entourage, conseillers, secrétaires, etc…). L’un « administre » 260 000 habitants, l’autre 65 millions! Cherchez l’erreur. Tout cela a été instauré à la grande époque du système « Flosse ». Protégé pendant des années par Chirac et consort, il a pu verrouiller l’île, en mettant à tous les postes les amis des amis, et à l’évidence en en créant, lorsqu’il n’y en avait pas assez pour certains amis! La culture polynésienne lui a facilité les choses, car la notion de « chef » y est très développée et respectée. Et toutes ses décisions sont suivies et appliquées à la lettre. Il lui suffisait donc de « se mettre dans la poche », les chefs de village, de clans, etc… pour maintenir et orienter toutes les élections. Il est actuellement poursuivi pour de très nombreux détournements d’argent. Certains ont déjà été jugés, et il a été reconnu coupable. Néanmoins, il n’est pas en prison! (Encore un bel exemple de l’égalité face à la justice, dans notre belle république!) Il est également poursuivi dans une affaire de disparition de journaliste…Il faut enfin se souvenir que la France, à l’époque du CEP (Centre d’Etudes du Pacifique) qui était le centre d’essais nucléaires français dans le Pacifique, a « inondé » les îles d’argent afin que le calme règne et qu’il n’y ait pas de remous autour de ces essais. Le dernier a eu lieu en 1995, à l’époque de Chirac et avait provoqué une colère « monstre » de la Nouvelle-Zélande.

Sur les conseils de Philippe et Martine, on file donc vite s’installer sur Moorea, au camping dans un « dortoir » de 2! (On n’a pas la tente qui est emballée avec les matelas et les sacs de couchage dans la remorque). En fait il s’agit d’une toute petite petite pièce, avec 2 lits et un éclairage central, pas de prise, rien de superflu …. Dans la cuisine-salle à manger commune où on prend tous nos repas, on fait la connaissance de Reiner, un allemand de notre âge qui vit à côté de Stuttgart ,et qui, depuis dix ans, part régulièrement dans le monde 2 ou 3 mois, et d’Adeline et Julien, des jeunes qui vivent à Nouméa depuis un an.

On s’achète de jolies chaussures en plastique transparent (vous voyez de quoi on parle…) pour aller nager, car il y a des poissons pierres, qui se « cachent » dans les coraux. Et si tu marches dessus, t’es mort, ou c’est tout comme! T’as 6 heures pour une intervention en urgence. Tout le monde nous a mis en garde. On va donc investir car on veut plonger. Enfin, mettre la tête sous l’eau avec masques (prêtés par Martine) et tubas. On voit de superbes poissons (poissons clown entre autres – dixit Julien et Adeline, car nous, on n’y connait rien) et Coco se fait peur en voyant de drôles de poissons, genre murènes.

Coco se fait aussi des frayeurs avec l’argent qui file si vite. Un matin, elle se lève avec une angoisse. Comment faire pour sortir du liquide en Nouvelle Zélande alors qu’on a sorti le montant maximum sur les 2 cartes bleues ici, et qu’on a un plafond sur 7 jours glissants. On fait les calculs, on regarde les plafonds des cartes. Ils sont bien supérieurs à ce que l’on a sorti à présent. Mais on apprend, comble de l’histoire, qu’en Polynésie française, les banques ont plafonné les retraits à 36 000 Francs Pacifiques, soit 300 euros. Avec nos 2 cartes, ça fait 600 euros mais tout est tellement cher qu’on les a déjà sortis.

Au camping, Coco rencontre des français « métros » venus en vacances ici et obsédée par son inquiétude sur l’argent pour la fin du séjour, elle leur dit à quel point on est surpris et déçu par les prix exorbitants. Nathalie et Éric, c’est leurs prénoms, sont avec leurs 3 enfants: Ambre, Oxana et Bastien. Ils nous font penser aux P’tits Loups il y a 10 ans, adorables! (Attention, ne vous méprenez pas, les P’tits Loups sont toujours adorables!). Ils habitent à Tahiti et tout naturellement, nous proposent de venir chez eux le vendredi soir. On leur explique alors qu’on prend l’avion très tôt le samedi matin, « pas de souci, on se lève tous les jours très tôt ». On leur dit qu’on a un tandem à transporter. « Pas de souci, on a une galerie sur la voiture ». Qu’on a une remorque à véhiculer. « Pas de souci, on a 2 voitures ». On convient donc qu’ils nous récupèrent à la sortie du Ferry vendredi après-midi, pour aller ensuite chercher les affaires chez Philippe et Martine, avant d’aller passer la soirée chez eux. Soirée très agréable, gaie avec les enfants qui participent à la conversation. Nathalie et Éric voulaient qu’on « garde quand même un bon souvenir de Tahiti » Et bien, ils ont parfaitement réussi.

Au moment d’aller se coucher, on discute des horaires de vol et on découvre qu’en partant samedi matin à 9 heures 30, et avec une durée de vol de 5 heures, on va en fait arriver vers 14 heures 30 à Auckland, mais le dimanche! Comment ça??? Et bien, mais c’est bien sûr, on va franchir la « ligne de changement de date ». On ne savait même pas que ça existait! Le temps est devenu fou autour de nous. Après avoir passé Noël à Pâques, voilà qu’on n’aura connu que la matinée du 9 janvier et l’après-midi du 10! Où sont passées les heures « manquantes »? Rendez-nous la nuit du 9 au 10 Janvier!

Tout penaud, on passe un coup de fil à Jennifer à Auckland. C’est une amie d’un ami, qui nous accueille à notre arrivée sur le sol néo-zélandais. Elle commençait à s’inquiéter. On lui avait dit qu’on arrivait le samedi après-midi. Elle avait même appelé l’aéroport qui lui confirma qu’il n’y avait pas de vol en provenance de Papeete le samedi!

Pour en revenir à la Polynésie, on a donc été déçu. Certes, il n’a pas fait beau: sur les 5 jours, on a eu 3 jours de grosses pluies. A Moorea, il a même tellement plu que la montre-altimètre de Philippe a été « noyée », par les trombes d’eau, malgré une capacité d’immersion de -30 mètres. Elle ne fonctionnait plus après un de nos plus gros épisodes rinçage. Les conditions de notre séjour n’étaient peut-être pas idéales – pas le tandem, ni la tente, … Mais quand même, c’est vraiment exagérément cher : 500 euros en 5 jours et 6nuits, si on extrapole, il nous aurait fallu un budget de 43 000 euros sans compter les billets d’avion et le matériel pour notre tour du monde. Un luxe réservé à peu. Pour vous fournir encore un exemple: dans le camping où nous étions, on pouvait accéder à internet, en payant bien sûr! On demande le prix: 150 francs Francs Pacifiques la minute. 1€25 la minute! Ils sont dingues ici! 75€ de l’heure!!! On n’a jamais vu ça. Heureusement qu’on parle français, on aurait pu mettre ça sur le dos d’une incompréhension! D’ailleurs, à privilégier la clientèle de luxe, ils ont actuellement de gros soucis de fréquentation touristique… Tu m’étonnes!

Alors, on l’écrit sans hésitation :quitte à aller loin, ce qui n’est d’ailleurs pas forcément nécessaire…, il y a pleins d’autres destinations aussi belles et moins chères. La mer est belle, les gens sont dans l’ensemble gentils (sauf la propriétaire du camping, une vraie mégère….), la végétation est belle. Mais tout ceci est vraiment gâché par le coût de la vie… A suivre quand même car on ne voit pas comment ça peut continuer comme ça!

Voilà, à présent, on vous écrit de chez Jennifer et Francis en Nouvelle Zélande. Le Chili, c’est fini et l’Amérique du Sud aussi.

Alors, avant de conclure, nous faisons le bilan « traditionnel » de notre périple au Chili : Voilà encore un pays que nous avons adoré!

Ci-dessous, une liste à la Prévert, d’éléments qui nous ont marqués. Anecdotiques ou plus sérieux :

    • La dictature de Pinochet a frappé la majorité des familles que nous avons croisées: exil, assassinat d’un proche. L’histoire est encore très présente.

    • Les Chiliens parlent beaucoup politique, librement, ouvertement.

    • Les prochaines élections préoccupent beaucoup avec l’avantage actuel de Pinera et la peur de voir revenir une droite toute puissante, dure et corrompue.

    • Le poêle à bois est encore l’unique source de chauffage et la seule cuisinière dans tous les foyers de l’île de Chiloe et de la Patagonie.

    • Les grosses voitures et les 4×4 sont légions… Pour consommer, les Chiliens s’endettent.

    • L’endettement des ménages est un vrai fléau: pour payer ses études,qui sont très chères, les jeunes contractent des prêts et l’engrenage du crédit commence pour eux.

    • Les « condominios », soient les lotissements fermés et gardés sont majoritaires à Santiago et dans d’autres villes que nous avons vues. C’est culturel, on vient s’installer dans un condominios pour « protéger »ses enfants! Mais aussi, les assurances sont tellement chères ici, que les gens ne sont pas couverts en cas de cambriolage et donc se sentent plus à l’abri des vols ainsi. (rappelons qu’en Argentine où ce système existe, les gens en reviennent car les cambrioleurs savent où se trouve l’argent).

    • Beaucoup de terres ont été cédées à des capitaux étrangers. Certains possèdent des territoires entiers.

    • Les Chiliens sont très serviables et vous dépannent avec beaucoup de gentillesse. Malades? Pas de problème, on vous embarque avec tout votre matériel dans le 4×4 et on vous dépose où vous voulez.

    • Il reste beaucoup de « petits métiers » ici: pompistes, gardiens de parking, de maisons, mises en sac aux caisses…

    • Les coquillages et les poissons sont très présents dans l’alimentation. Tout frais, très bons et très économiques

    • Les vins chiliens sont très bons et très peu chers (cesont toujours des vins jeunes)

    • Le repas du soir se limite souvent à un café(soluble) avec des toasts accompagnés de margarine et avocat écrasé ou miel ou confiture. On appelle ça le « Once », soit « Onze », comme les onze lettres du mot « Aguardiente »ou « digestif ». On dit que c’est parce que les marins allaient prendre un « Once » en grignotant pour camoufler leur haleine.

    • Prix :

      • une chambre « matrimoniale » avec SdB commune et accès à la cuisine : env. 13000 pesos chiliens ( env.15€)

      • prix moyen d’un repas : 3000 pesos (env. 3,6€)

      • une bouteille d’eau (2 l) : nsp. ( nous avons bu l’eau du robinet)

      • repas le plus cher : 17500 pesos pour 2 (env.20 €) - repas avec Michel et Monique à Caulin, célèbre pour ses fabuleuses huitres.

      • repas le moins cher : 3000 pesos pour 2 (env. 3,6 €) – dans les hospédajes de la Carratera Australe.

Et enfin, une petite synthèse de notre périple au Chili (sauf Ile de Pâques) :

  • 37 jours : du vendredi 20 Novembre au samedi 26 Décembre

  • 21 jours de franc soleil, 14 jours nuageux, 11 jours de pluie

  • 842 kms à vélo

  • la plus longue étape en distance : 93 kms pour relier Villa Manueles à Cohaique.

  • la plus longue étape en temps : 6h13 sur le vélo pour parcourir 78kms de Puyuhuapi à Villa Amengual sur la Carretera Austral.

  • la plus courte étape en distance : 27 kms pour aller de Curaço de Velez à Dalcahue.

  • la plus courte étape en temps : 1h44 sur le vélo pour parcourir 30kms d’Ancud à Pargua

  • la plus petite moyenne : 11,4 km/h pour relier La Junta à Puyuhuapi, sur la Carretera Austral.

  • répartition de nos 37 nuits par type d’hébergement : 8 chez des particuliers, 22 à l’hôtel, 4 en camping, 1 dans des bus, 2 en bateau.

Et aussi, une petite synthèse de notre périple à l’Ile de Pâques :

  • 7 jours : du lundi 28 Décembre au dimanche 3 Janvier.

  • 7 jours de franc soleil.

  • 156 kms à vélo et on y franchit notre cumul de 6500 kilomètres.

  • la plus longue étape en distance et en temps : 56 kms en 3h38.

  • répartition de nos 7 nuits par type d’hébergement : 2 à l’hôtel, 5 en camping.

Et pour finir, une petite synthèse de notre périple à Tahiti et Moorea :

  • 5 jours : du lundi 4 Janvier au vendredi 8 Janvier.

  • 1 jours de franc soleil, 1 jour nuageux, 3 jours de pluie.

  • 0 kms à vélo.

  • partition de nos 6 nuits par type d’hébergement : 1 chez des particuliers, 1 à l’hôtel, 4 en camping.

    Voilà, c’est fini pour cette fois. On termine cet article à Auckland. On va reprendre notre monture et se mettre à l’anglais! On a du mal après tous ces jours passés à parler espagnol.

On vous souhaite à tous une très bonne année 2010. Que dans vos résolutions de début d’année, vous fassiez la part belle à la réalisation de vos rêves. La vie est courte, le monde est beau et les gens adorables. Donnez-vous le temps d’en profiter. On vous souhaite aussi une bonne santé et beaucoup d’amour.

On vous embrasse tous très fort.

Encore merci à tous ceux qui nous écrivent des commentaires, ça nous fait toujours très très plaisir…

A très bientôt,

Nota : le chargement des photos n’est pas terminé mais la connexion étant très lente, nous nous y reprendrons un autre jour … vous reviendrez voir ….

Ps1 : On a également lancé un certain nombre de sujets sur le Forum. Pour y aller :

Onglet « Le Forum » en haut de la page, puis laissez-vous guider. Entre-autres, on vous demande si vous avez des relations dans les pays que nous traversons susceptibles de nous accueillir… Vous savez combien on apprécie les rencontres.

Ps2 : Nous avons actualisé l’album sur le Chili et alimenté ceux de l’île de Pâques et de Tahiti.

Ci-dessous un petit mode d’emploi pour visualiser les photos dans les meilleures conditions.

1 - Cliquez sur l’onglet « Les Photos » en haut de la page du blog

2 - Choisissez l’album désiré, Cliquez sur le drapeau.

Vous voyez apparaître l’album ou les albums photos désirés.

3 - Cliquez sur celui qui vous intéresse

Vous voyez apparaître les photos en miniatures.

4 - Vous avez ensuite la possibilité de lancer un diaporama (cliquez sur le libellé « Diaporama », au-dessus des miniatures, en haut à droite).

Vous voyez apparaître la première photo en grand au centre de l’écran, et si vous déplacer la souris au centre de l’écran, vous avez aussi une suite de miniatures sur la partie basse de l’écran. A côté des miniatures, à droite, en bas de l’écran, apparaît un cadre qui contient 4 flèches dans tous les sens. Cliquez dessus pour passer en « plein écran ».

5 - Pour visualiser les légendes des photos, quand elles existent, cliquez sur « Afficher les infos » en haut à droite de l’écran.

6 - Déplacez votre souris sur un des côtés de l’écran, ce qui vous permet de n’avoir à l’écran que la photo et la légende (si vous avez choisit de les faire apparaitre).

7 - En cliquant sur « Options » en haut à droite, vous pouvez régler la vitesse de défilement des photos (lent, moyen ou rapide).

8 – Pour suspendre le défilement et s’arrêter sur une image, appuyer sur la barre d’espace. Pour reprendre le défilement, appuyer de nouveau sur la barre d’espace.

9 - Pour sortir du mode « Plein écran » : Appuyer sur la touche « Echap » ou « Esc ».

Bonne balade…

Ps3 : Pour nous écrire un « commentaire » (qui d’ailleurs peut simplement être un message et pas forcément une réaction à l’article) :

  • Allez à la fin de l’article. Idéalement le dernier publié (si vous cliquez sur « Accueil », vous arrivez sur le dernier article publié).

  • Cliquez sur « xx Commentaire >> »  (xx étant le nombre de commentaires qu’on nous a gentiment écrit à la suite de cet article)

  • Vous voyez apparaître les commentaires écrits à la suite de cet article.

  • Faites défiler pour descendre tout en bas de la page, jusqu’au pavé « Commenter »

  • Sur la 1ère ligne, vous devez mettre un nom ou un pseudo,

  • Sur la 2ème ligne, vous devez mettre votre adresse e-mail. Elle n’apparaitra pas à l’écran et nous serons les seuls à la connaître.

  • Site Web : à renseigner uniquement si vous avez vous-même un blog

  • Saisissez le texte de votre message dans le carré en dessous

  • Descendez tout en bas de la page, et cliquez sur « Soumettre » pour que votre message soit envoyé.

Voilà c’est fini pour vous. Nous recevons votre message et cela nous réjouit !!!!

Corinne et Philippe le décembre 26th, 2009

Cet article, nous allons le faire court, contrairement à notre habitude. Nous sommes DE-BOR-DES. Nos copains « locaux » nous sollicitent en permanence pour des balades, des visites, des fêtes, des pique-niques, etc…

Nous naviguons ces derniers jours entre Santiago, Valparaiso et San Antonio pour les fêtes de Noël. On pensait pourtant passer Noël à Pâques (et oui, on vous la fait tout de suite comme ça on est sûr de ne pas l’oublier), nous y serons « seulement » pour la Saint Sylvestre!

Et il nous faut le préparer, cet envol pour l’île de Pâques. Nous décollons le 27 décembre dans l’après-midi, et nous avons dû « habiller » Aucéba et son attelage pour ce grand saut vers l’Océanie. Répartir les équipements pour atteindre nos 2 fois 23kgs max auxquels nous avons droit. On n’a pas une minute à nous. Et tant mieux, car on est « tout chose », d’arriver au bout de notre séjour en Amérique du Sud. Quel rêve, ça aura été tout au long des 5 mois passés sur ce continent!!!

A présent, remontons quelques jours en arrière…Et égrainons les routes, paysages et surtout les rencontres qui ont jalonné à nouveau notre chemin.

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Nous quittons Coihaique, pour rejoindre le port de Puerto Chacabuco, où nous voulons embarquer pour une traversée qui doit nous conduire vers l’île de Chiloé et son port le plus au sud Quellon. Sur le chemin, on rencontre Eric, un jeune breton parti à l’assaut de la Carretera Austral. On partagera un repas, autour d’un abri bus, avant que chacun ne reprenne sa route, lui vers le sud et nous à l’opposée, vers le nord (qu’il ne faut jamais perdre… On est en grande forme, comme vous pouvez le constater).

Cette croisière entre Puerto Chacabuco, ville de « bout du monde », et Quellon est magique. En permanence des paysages à couper le souffle. Nous traversons des lagunes, longeons des fjords, nous arrêtons à quelques encablures de petits ports. Au loin, en permanence, les montagnes nous offrent leurs imposantes silhouettes. Ce qui ne gâche rien, nous avons une cabine pour la nuit. Nous irons nous coucher bien tard, pour profiter encore et encore de ces paysages vraiment extraordinaires.

Lorsque nous arrivons en vue de Quellon, la marée ne nous permet pas d’accoster. Nous avons le choix entre débarquer le tandem et la remorque dans une petite vedette qui nous conduira jusqu’à la jetée, ou attendre la marée qui permettra au bateau d’accoster. Comme la mer ne sera haute qu’à 1h00 du matin, c’est à dire 15 ou 16 heures plus tard, nous n’hésitons pas longtemps et optons pour la première solution.

Les jours suivants, nous parcourons l’île de Chiloé de long en large. Plutôt de haut en bas, d’ailleurs, car cette île ressemble à une immense montagne russe. Ça monte et ça descend en permanence. Nous y restons 12 jours. Comme toujours, la chance nous sourit. L’île est réputée pour être un des endroits au monde où il pleut le plus. Et bien, nous n’aurons en tout et pour tout que 2 jours de pluie. Et ce sont 2 jours où nous avions décidé de ne pas rouler. Principalement pour préparer une petite intervention vidéo lors de l’anniversaire de Grand-Maman (la maman de Coco). Sylvie, la sœur de Coco, avait eu cette bonne idée afin de lui faire une surprise pour ses 80 ans.

Nous avons parcouru les rues de différentes bourgades de l’île, telles que : Castro auquel nous resterons fidèles (voilà que ça continue…), Achao (Pantin), Chonchi (où nous n’avons pas fumé), Chepu (« où c’est! » - avec l’accent espagnol, ou « du cul » - avec l’accent français, c’est au choix).

Nous y avons aussi retrouvé, par hasard et grâce à l’apport d’internet, Michel et Monique que nous avions croisés à Puyuhuapi sur la Carretera Austral quelques 2 semaines plus tôt. On y a aussi « retrouvé » Olivier, un jeune routard belge, que nous avions rencontré, lui, en Argentine presque un mois plus tôt. Ce jour là, il pleuvait des cordes, et il s’était arrêté, impressionné par notre accoutrement et de nous trouver là, ruisselants, en train de faire des photos d’une superbe cascade, juste avant d’arriver au Lac Faulkner.

Michel et Monique sont venus récupérer à Buenos-Aires, la camionnette de leur fils (qui avait lui aussi fait un voyage en famille en Amérique du Sud) pour la ramener en France. Ils en profitent pour sillonner l’Argentine et le Chili avant de prendre le chemin du retour. Olivier, quant à lui, voyage seul (des amis viennent le rejoindre de temps en temps) et il est parti pour effectuer un long tour en Amérique du Sud.

Avec tout ce petit monde, on va se retrouver autour de la table, dans la cuisine de Blanca et de Luis, pour une soirée mémorable, autour d’un plat traditionnel le « Polmais  , ou Couranto». A la fin de ce repas inoubliable, Luis nous ouvrira la bouteille qu’il avait « réservée » pour le repas de Noël. Toujours cette générosité et cette chaleur qui sont vraiment la marque des Sud Américains.

Nous passerons quelques jours en compagnie de Michel et Monique, avec lesquels nous irons entre autres à Chepu, suivant ainsi les conseils de Luis. C’est un tout petit village, perdu au bout d’une piste en « ripio » (pierrailles), totalement inconnu des touristes. Nous partirons à la rencontre de l’océan pacifique en remontant en bateau, le rio Chepu, pendant 1 heure environ. Là encore des paysages extraordinaires! A partir de ce village, on peut aussi faire une grande randonnée de plusieurs heures, sur 2 journées avec la tente, pour aller admirer une colonie de pingouins. On ne la fera pas, car nous devons être, à Ancud le lendemain pour trouver une connexion Wi-Fi de bonne qualité permettant la tenue de la vidéo d’anniversaire de Grand-Maman… Mais on va se rattraper…

On verra bien les pingouins, mais à partir d’Ancud. Florence et Christine, des copines françaises, passées ici il y a quelques semaines nous avaient recommandé de le faire et c’est vrai que c’est étonnant et adorable.

Chiloé nous permettra aussi de découvrir le système de santé du Chili. Corinne « traîne » une otite depuis quelques jours déjà. Aucun système de soin à Puerto Chacabuco, pas de possibilité durant la croisière. On s’en occupe donc dès notre arrivée à Quellon. En fait, il nous faut aller aux urgences de l’hôpital car c’est la façon de procéder pour les gens qui ne possèdent pas de mutuelle. Et, de fait, aux urgences, beaucoup de monde attend pour voir le médecin. On passera à notre tour, parce qu’aucune « vraie » urgence ne se présentera ce jour là. On ne paie pas, c’est gratuit, même si Corinne insiste en disant qu’elle est française! En revanche, à la pharmacie, c’est payant « plein pot » et les chiliens ne peuvent pas se faire rembourser les médicaments. A la pharmacie, on verra affichées les dates de consultation des spécialistes : pédiatres, ophtalmologistes…soit une seule consultation dans le mois!

Au delà de ce petit problème de santé, maintenant résolu, nous avons beaucoup de chance car nous pouvons profiter d’un 2ème printemps (nous pensons bien à vous qui grelotez en France…). Toute l’île de Chiloé est un enchantement de couleurs. Les genêts égayent les paysages de leur touche jaune. Mélangés au bleu de l’océan et des lagunes, et à tous les tons de verts de la palette, c’est superbe. Et des genêts, il y en a sur l’île. Ce qui est bien pratique d’ailleurs, car des genêts quand on a faim, ça tombe plutôt bien…( Ils devraient s’arrêter avec leurs mauvaises blagues, ça devient pitoyable! - « ok, on se calme! »)

Excités par les discussions politiques et sociales que nous avons eues en compagnie de Monique et de Michel, autour de la table de Luis et Blanca, on en redemande. La période des élections présidentielles actuelle s’y prête bien.

A la sortie de l’île, on décide donc de « réactiver » nos réseaux. On reprend les listes d’hébergements auxquelles nous sommes adhérents et on envoie des dizaines de mails pour nouer des contacts dans les différentes villes que nous allons traverser avant notre départ du continent.

Le succès est au-delà de nos espérances. On passe beaucoup de temps à répondre à tout le monde. Certaines réponses se dégagent immédiatement « du lot ». La spontanéité de la réponse, la générosité qui s’en dégage, l’envie de contacts que l’on peut percevoir, font que l’on va choisir Alberto à Puerto Montt et Keny à Santiago. Et on peut dire qu’on a eu « le nez creux ». Agréable et incroyable de sentir, seulement au bout de quelques instants que le contact est tel que nous l’avions rêvé. Simple, direct, généreux, familial. On va, grâce à eux, passer des moments que nous n’aurions jamais connus, sans cette « intégration » au sein de leur famille. Repas de famille dans le décor de Noël, chez les parents d’Alberto, qui ont mis les petits plats dans les grands. Puis tranches de vie d’une famille « spontanée », très nombreuse chez Keny , avec les petits copains des 2 filles, la cousine, le tonton, les amis, et très politisée(le frère de Keny a été arrêté, torturé et exécuté par la dictature de Pinochet, le père de Christian, un ami de la famille, militant du M.I.R, a été contraint à la fuite, et n’est rentré au Chili que depuis quelques années).

Au-delà de leur modes de vie, ces familles nous font aussi découvrir leur ville et leur région. Nous voyons ainsi des lieux et des « richesses » que les guides n’ont pas encore référencés… Ils nous permettent également de soulager nos « économies » en nous faisant bénéficier de leurs connaissances pour éviter les « attrape-touristes ». Deux exemples sont significatifs. A Valparaiso, il y a deux ascenseurs, permettant l’accès à la même colline. Ils sont distants de quelques dizaines de mètres. L’accès de l’un est fléché pour les touristes, la montée ou la descente coûtent 500 pesos. L’autre est seulement connu des locaux et pour le même trajet, il coûte 100 pesos. Un rapport de 1 à 5. A Puerto Montt, c’est Alberto qui nous a pris les billets pour Santiago et c’est la première fois qu’on paye aussi peu cher des billets de car (on se disait d’ailleurs que pour les locaux, ça faisait cher!!).

Les contacts sont d’une telle simplicité et d’une telle chaleur que l’on se sent parfaitement bien au sein de ces familles.

On a aussi la chance, qui comme vous avez pu le remarquer, nous sourit sans discontinuer, de faire des rencontres fortuites qui seront particulièrement fortes. Par exemple, un jeune couple va nous offrir son jardin, en sortant table et chaises, pour nous permettre de venir y déjeuner. Voulant ensuite faire une sieste (eh oui, on ne perd pas facilement ses bonnes habitudes!), ils nous proposent une chambre. On leur dit qu’on a une couverture qu’on va poser dans le jardin, le garçon revient quelques minutes après avec un matelas, qu’il pose dans le jardin pour que nous soyons parfaitement installés. Instants inoubliables de gentillesse et d’attention. Une autre fois, alors qu’on débarque sur le continent à Pargua, on a envie de camper mais on ne trouve pas de camping. Un passant va nous indiquer la maison de « El Professor »: Raul. Non seulement Raul nous propose de mettre la tente dans son jardin mais, avec Elena, sa femme,ils nous invitent à dîner.

Nous avons découvert que le Chili est un pays extrêmement « libéral ». On préfère à ce terme celui de « capitaliste sauvage ». Les entreprises fixent leurs conditions pour vous attribuer un emploi. Si vous hésitez ou pensez qu’il y a exagération, pas de problème, passez votre chemin. Il y aura toujours quelqu’un qui aura « besoin » de ce travail et qui donc acceptera les conditions. De très nombreux emplois existent sans déclaration de travail, sans cotisations, avec un nombre d’heures hallucinant, beaucoup d’emplois s’exercent 7 jours sur 7, avec un découpage des horaires fluctuant, suivant le bon vouloir des entreprises. Nos interlocuteurs nous disent que beaucoup d’éléments, qui orientent cette politique, ont été inscrits dans la constitution par la dictature de Pinochet. On nous cite l’exemple du sénat, qui à l’inverse de la France, a un pouvoir plus important que la chambre des députés. Le sénat, donc, est et restera de droite quelque soit le résultat des élections. Par le truchement des textes existants, il faudrait que la gauche obtienne une majorité écrasante des sièges pour qu’il bascule. Ce qui oblige tous les gouvernements à des compromis permanents et fait que les gouvernements de « gauche », mènent des politiques, au mieux, centristes.

On aurait peut-être dû aller au rendez-vous que nous pouvions avoir avec Michèle Bachelet. Ce n’est pas un gag!

Lors de notre balade dans Santiago avec Keny, nous allons bien-sûr voir « Le Palacio de la Moneda », siège de la présidence de la république. Là où fut assassiné Salvator Allende. Nous sommes samedi et Keny demande si on peut quand même rentrer (le palais est ouvert au public tous les dimanches). Le responsable de la sécurité, posté à l’entrée, lui dit que non, mais que demain pas de problème.

La conversation étant engagée, Philippe lui explique que nous sommes français, que nous faisons un tour du monde en tandem, et il lui demande si on peut rencontrer Michèle Bachelet. Philippe pensait le faire rire avec sa demande. Mais pas du tout. Et il répond très sérieusement qu’à priori, il n’y a pas de problème, mais qu’il faut que nous nous présentions lundi matin, car Michèle Bachelet ne vit pas à la Moneda, et n’y vient que pour y travailler, seulement pendant la semaine. Donc pas de problème, mais venez lundi matin.

Quand nous racontons ça à Kenny et à d’autres personnes ensuite, personne n’est surpris et tous nous disent qu’elle est très accessible.

On imagine bien la réaction du planton devant l’Elysée, si on lui faisait la même demande. Et pour la connaitre, ce sera une des premières choses que nous ferons à notre retour…

Une autre anecdote de la même veine. Un jour, en voiture avec Christian, dans le centre de Santiago, arrive à notre hauteur, un convoi de voitures, précédé par des motards et fermé par un véhicule porte entrouverte avec à l’intérieur des hommes aux regards froids et durs tenant dans leur main des fusils. Christian nous dit : « C’est Michèle Bachelet dans la voiture au centre du convoi ». Et bien incroyable! Il n’y a pas de sirène, les motards ne font pas dégager les voitures devant. Ils roulent assez vite, quand ils le peuvent certes, mais ils s’arrêtent aux feux rouges. On se souvient avec émotion des convois passant dans les rues de Villemomble lorsque notre cher Nicolas s’était rendu au collège de Gagny, lors d’une de ses actions visant à « occuper » les médias. Quelle différence dans la considération vis à vis des gens qui vous ont élu.

Pour en revenir aux élections présidentielles, dont le 2ème tour aura lieu le 17 Janvier 2010, il inquiète énormément la plupart des personnes avec qui nous en avons parlé. Ils craignent très fortement l’élection de Pineira, le candidat de droite. Ils nous rappellent qu’il a réalisé sa fortune durant les années de dictature. Qu’il a été inquiété par la justice pour une affaire de délit d’initiés, que l’enquête a été arrêtée et classée sans suite, après une intervention des responsables de la CIA auprès du président chilien de l’époque, qui était….. Frey, le candidat de « gauche » de l’élection actuelle. Cette affaire sortie durant la campagne électorale n’a pas fait long feu. Pineira semble avoir un contrôle direct sur la plupart des médias chilien, et Frey n’a pas intérêt à trop « remuer » cette affaire. Les étudiants, pour leur part, ont peur de voir revenir les années de terreur, dont leur famille ont subi la folie.

Voilà, c’est fini pour cette fois. On termine cet article à Valparaiso, superbe ville, très escarpée que nous avons découverte et arpentée en compagnie d’Isaac et de Cécile qui y vivent (Le papa de Cécile a été obligé, lui aussi de s’exiler pendant le dictature de Pinochet. Il a choisi la France qui, à l’époque, lui a ouvert les bras. Le ferait-elle encore? Personnellement, nous en doutons! Isaac a été, avant notre départ de France, notre professeur d’espagnol par téléphone.

Nous avions 3 invitations pour le réveillon de Noël. Nous le passerons finalement au sein de la famille de Christian, avec laquelle nous serons pour les 2 prochains jours. C’est sa grand-mère qui organise le repas du 24 au soir,.

Pour nous, cette année, ce ne sera donc pas « notre » Grand-Maman chez qui nous nous rendons habituellement, mais nous le passerons avec une grand-mère quand même!

On vous embrasse tous très fort. Passez d’excellentes fêtes de fin d’année. Profitez de ces moments en famille ou entre amis.

Encore merci à tous ceux qui nous écrivent des commentaires, ça nous fait toujours très très plaisir…

On vous souhaite par avance une excellente année 2010. Qu’elle vous apporte la joie et le bonheur auquel nous aspirons tous.

A très bientôt,

PS 1 : Allez voir les photos que nous avons mises en ligne, et qui feront peut-être un bon complément à cet article que nous regrettons de ne pas avoir plus travaillé. (onglet « photo » en haut de la page)

PS 2 : Allez écouter les musiques de Martin, on vous les recommande, www.myspace.com\morteroargentina

Nous commençons cet article, à Coihaique, installés dans un petit duplex douillet. Prévu pour cinq, nous avons pu le garder après le départ de nos co-locataires Alain, Augustin et Florence. L’hospedaje étant pleine, la propriétaire nous a laissés l’occuper, pour un prix défiant toute concurrence.

Notre petit groupe de copains poursuit sa route vers le sud, la nôtre nous conduit à présent vers le nord, précisément à Puerto Chacabuco, près de Puerto Aysen, pour embarquer à destination de Quellon sur l’Ile de Chiloe.

Nous aurions bien continué la Carretera avec le groupe, mais il n’existait plus de possibilité, plus au sud, pour remonter ensuite vers le nord et ce, pendant au moins 3 semaines. D’autant que nous ne voulions pas être contraints de prendre l’avion.

Nous sommes en effet, invités pour Noël à Valparaiso. (Ça, c’est ce que prétend Philippe, parce qu’Isaac qui nous donnait des cours d’espagnol par téléphone avant notre départ habite à Valparaiso et nous avait dit, « vous serez donc chez nous pour Noël »! De là à ce qu’il nous ait invités !!!! Corinne, elle, ne le sent pas comme ça!). De toutes façons, nous sommes en contact par msn avec lui. Nous lui avons envoyé les petites roues qui permettent de transformer la remorque en valise. Il sait donc que nous allons passer chez lui. Il est donc temps de commencer à « remonter ».

Justement, remontons quelques semaines en arrière et reprenons le fil de l’histoire, là où nous vous avions quittés…On vous replante le décor :

Notre désir est d’aller en Patagonie, et si nous le pouvons, de parcourir une partie de la Carretera Austral. Nous savons qu’un petit groupe de copains, C.C.I stes, viennent de partir de San Carlos de Bariloche pour vadrouiller pendant quelques jours avant d’attaquer la Carretera. Nous allons essayer de les rattraper pour pouvoir, comme nous l’avions évoqué ensemble, à minima prendre un verre « à l’autre bout du monde ».

Donc, en partant de chez Karina et Martin, à Cordoba, nous prenons un bus pour descendre rapidement, jusqu’à San Martin de Los Andes. Comme à chaque fois, c’est la croix et la bannière, dès que nous devons mettre Aucéba et sa remorque dans un bus, mais comme toujours, on finit par y arriver. Martin est resté avec nous jusqu’au départ et nous a grandement facilité les choses avec les bagagistes.

San Martin de Los Andes, où nous atterrissons donc, est le départ d’une « nouvelle » route mythique. La route des 7 Lacs, qui alterne asphalte et piste, au milieu d’une nature sauvage, contournant et longeant, comme son nom l’indique, 7 lacs.

Nous allons dès le premier jour, découvrir la nature exceptionnelle, magnifique, de la Patagonie, mais également son climat bien particulier.

Le temps change en permanence. Ça a du bon, vous allez dire, quand il pleut, on sait que ça ne durera pas! Et on ne vous parle pas de quand il neige… On dit que dans cette région du monde, on peut avoir les 4 saisons en une seule journée. C’est tout dire! Les équipements de pluie ne sont jamais bien loin et font le yoyo entre la sacoche et nos petites personnes.

Nous mettrons 3 jours à rejoindre San Carlos de Bariloche par cet itinéraire. Le premier jour, nous sommes ruisselants lorsque nous atteignons le Lac Faulkner où nous avons prévu de faire halte. Par chance, le gardien du camping accepte que l’on s’installe dans la terrasse, couverte et bâchée, du restaurant qui est fermé à cette époque (les vacances scolaires au Chili, ne commençant que mi-décembre). Il y a un feu dans le poêle posé au centre de la pièce. Nous en profitons pour faire sécher tous nos vêtements en les suspendant un peu partout. Le gardien, adorable, approvisionne sans cesse le poêle, ce qui nous permet de nous réchauffer à petit feu…

Quelques heures plus tard, nous allons avoir une sacrée surprise. Arrive en effet, un couple de jeunes cyclistes hollandais (la trentaine), que nous avions croisé, en coup de vent à Uyuni. Ils s’installent et vont passer la nuit avec nous dans la pièce. On pensait passer la soirée en amoureux dans ce site enchanteur, c’est raté!

Le gardien raconte que sur la piste, qui relie le lac Faulkner à Villa La Angostura, des « bandits » attaquent et détroussent les voyageurs, et plus particulièrement, les cyclistes. Complètement « paniquée », Georgine, la jeune femme hollandaise nous demande de partir avec eux le lendemain.

Ayant tellement entendu depuis notre départ, que le prochain village, la prochaine région, le prochain pays, … est très dangereux, nous n’avons, pour notre part aucune appréhension. On est totalement serein pour tous nos déplacements à vélo. Bien que le « courant » ne passe pas particulièrement avec eux, on accepte pour les rassurer.

Si l’échange du soir est « poli », celui du matin est carrément glacial (la température extérieure, peut-être…), ce qui avait déjà été le cas à Uyuni! Nous pensons, à ce moment là, qu’ils n’apprécient pas qu’on pousse leurs affaires, puisqu’ils ne le font pas d’eux-même, pour dégager un banc. On veut simplement permettre aux pêcheurs, trempés et gelés, qui ont passé la nuit sous la tente et qui s’agglutinent depuis un bon moment debout face au poêle, de s’assoir et de boire leur maté correctement installés. On est bien content d’ailleurs que les pêcheurs aient rallumé le feu, car à leur arrivée nous étions tous encore emmitouflés dans nos duvets, n’osant en sortir dans l’environnement frais du petit matin.

Ils nous attendent tout de même pour partir. Mais devant leur attitude, et après avoir malgré tout essayé de « casser la glace », nous décidons de rouler à notre rythme, sans tenir compte d’eux. On ne connaitra que quelques semaines plus tard, la raison totalement débile avancée par les hollandais, pour justifier leur attitude à notre égard. Ils l’auront entre temps racontée à un autre routard. (Soyez patients, la solution de l’énigme est fournie un peu plus loin dans l’article). Nous connaissons un couple de copains qui après les avoir rencontrés, et vécu des moments similaires, regarde très régulièrement leur site pour être certain de ne plus les croiser. Si on parle longuement de ce sujet, c’est que nous avons été longtemps préoccupés par cette histoire, cherchant à en comprendre les raisons et à décrypter leur attitude.

Bien, reprenons.

Nous avons adoré cette route des 7 lacs. Difficile, de par les conditions météo et l’état de la piste, mais véritablement extraordinaire par l’immersion dans cette nature exceptionnelle, d’une beauté à couper le souffle.

Depuis Villa La Augustura, nous appelons les adhérents Servas (réseau d’hébergements) pour essayer d’être hébergés et avoir ainsi, la possibilité de rencontrer des résidents. Car on se rend compte que c’est ce qu’on aime, et que c’est de cette façon qu’on découvre, le mieux, les pays. Malheureusement, comme souvent dans notre expérience avec Servas en Amérique du Sud, aucun de nos contacts n’accepte. Mais, comme toujours, la chance va nous sourire…

Arrivés à quelques kilomètres de San Carlos de Bariloche, nous décidons de nous poser pour déjeuner à l’abri du vent, dans un arrêt de bus. Aucéba et la remorque trônent à quelques mètres de là. Un couple qui rentre d’une balade à vélo, avec leurs bicyclettes à l’arrière du 4X4, remarque ce bel attelage, et fait demi-tour pour venir le voir. La conversation s’engage. Schätzi et Gerardo sont chaleureux, le courant passe immédiatement. On parle un long moment ensemble, de notre aventure, de la beauté de la région, de San Carlos de Bariloche où ils habitent et où nous allons, et de fil en aiguille, ils nous donnent leur adresse et nous disent qu’ils seraient heureux qu’on passe chez eux. On leur dit, qu’on s’est fixé un principe selon lequel si on nous invite, on vient! Et voilà comment on se retrouve hébergé par des gens adorables. C’est la première fois qu’ils hébergent des inconnus et quand Gerardo le raconte à son travail, ses collègues le traite de fou! Faire venir des inconnus chez soi, n’importe quoi…

Une nouvelle fois, nous changeons nos plans à la dernière minute. Cette fois-ci pour se donner une chance de rejoindre nos copains de C.C.I (Cyclo Camping International).

Nous avions dans l’idée de descendre plus au sud en Patagonie, du côté argentin, puis de traverser la frontière chilienne dans la région de Futaleufu que l’on nous avait décrite comme magnifique.

Mais en en ayant parlé avec les pêcheurs du lac Faulkner, puis avec Gerardo et Schätzi, nous comprenons que nous ne pourrons pas être, en temps et en heure au rendez-vous organisé par mail avec les copains, dans la petite ville de Santa Lucia.

Gerardo et Schätzi nous parlent alors, de la possibilité d’arriver à Puerto Montt en 2 jours depuis San Carlos de Bariloche. Il nous resterait ensuite à traverser en bateau pour atteindre Chaiten. Nous sommes mercredi, nous savons que le groupe de CCI sera à Chaiten samedi matin pour récupérer Florence et Christine qui arrivent de Chiloé. On a donc juste le temps…

Pour effectuer la 1ère liaison, de San Carlos de Bariloche à Petrouhue, il faut acheter un billet qui combine la traversée de 3 lacs, avec entre chacun des lacs, un tronçon de pistes d’un total de 42 kilomètres, à effectuer soit en bus, soit à vélo. Nous savons aussi, qu’il y a un bateau qui quitte Puerto Montt, (à environ 90 kms de Petrohue) le samedi soir à minuit et qui arrive à Chaiten vers 8h00 le dimanche matin. Nous aurons donc au pire un jour de retard sur le groupe. Ça devrait pouvoir se rattraper. On leur envoie un mail pour les avertir de notre changement d’itinéraire et de notre arrivée.

La compagnie qui vend ces billets a, pendant 40 ans, l’exclusivité de la concession des transports dans le parc vers le Chili. Elle fixe donc ses tarifs qui même en prenant l’option vélo, restent très élevés (612 pesos, soit environ 110€ pour nous 2). Mais nous ne pouvons pas partir le lendemain, car les billets doivent impérativement être achetés la veille avant 18h00, et l’heure est dépassée. Nous ne partons donc que le vendredi matin. Cela nous permet de passer une nouvelle soirée avec Schätzi et Gerardo.

Les trois traversées en bateau sont somptueuses, les paysages magnifiques tout au long de la journée. Deux des trois liaisons en vélo, ne posent pas de problème et sont bien agréables, seuls au milieu de cette nature, malgré les pierres et la boue. Mais la troisième va être « sportive », et pourtant tout se présente dans les meilleures conditions. Pour parcourir les 33kms de cette piste qui passe de l’Argentine au Chili, nous disposons de 2h30. Les bagagistes qui acheminent les valises de ceux qui prennent le bus, acceptent de nous prendre la remorque et de la déposer à la douane, ce qui nous enlève un sacré poids.

Mais la piste s’avère particulièrement difficile. Elle débute par 7 kilomètres de montées particulièrement pentues, où nous sommes souvent obligés de pousser. Elle se poursuit par 16 kilomètres de descentes, rendues particulièrement dangereuses du fait de la forte pente, des pierres et de la boue. On se « repose » un peu, (mais il ne faut pas trop traîner tout de même pour attraper le dernier bateau) sur les 10 kilomètres de plat qui concluent ce tronçon. Nous arrivons ric-rac à la douane chilienne à 15h45! Un quart d’heure avant le départ du bateau! Corinne expliquant la situation à la file des gens qui attendent, passe immédiatement sans faire la queue. Les douaniers avertissent gentiment le bateau que nous arrivons (il reste 2 kilomètres jusqu’à l’embarcadère).

La douane chilienne est réputée pour faire la chasse aux aliments interdits, à l’entrée dans le pays. Mais nous n’avons pas eu le temps de manger et nous faisons donc une fausse déclaration, afin de pouvoir conserver ce que nous avons et le manger dans le bateau. C’est pas joli, joli ça…

Nous profitons aussi du bateau pour récupérer un peu, et sécher nos vêtements. Il nous reste une vingtaine de kilomètres à faire avant notre étape de ce soir à Ensenada, et demain nous avons à nouveau, une bonne étape pour arriver à Puerto Montt. Le soir, nous dormons dans une petite cabana et nous en profitons pour tout laver, car ça pue sérieusement, et tout mettre à sécher en poussant le chauffage à fond dans la pièce. Ce soir-là, pour nous loger et manger, nous avons dû utiliser quelques-uns des dollars que nous avions en réserve. Nous n’avons pas de pesos chiliens (pas de distributeurs avant Puerto Montt), et les commerçants n’acceptent ni les pesos argentins (risque de dévaluation subite), ni les euros (et pourtant on croyait, comme le dit la chanson, que quand on a un problème, on est bien content car S’euros va arriver!).

Tout s’enchaîne à merveille. Nous arrivons comme prévu le samedi à Puerto Montt. Nous achetons immédiatement nos billets pour le bateau du soir qui part à minuit. Au terminal maritime, nous avons une bonne et une mauvaise surprise. La bonne : nous croisons de tout nouveaux adhérents de CCI, Huguette et Daniel Moreau, qui vont à Chiloé, avant de rejoindre la Carretera Austral (pour la petite histoire, on croisera des amies à eux à Puerto Aysen, 12 jours plus tard. « Le monde est petit ma bonne dame! »). La mauvaise, pas de pot : nous croisons nos 2 « amis » (lol) hollandais. Elle, toujours aussi fermée qu’une porte de prison, ne nous adressera même pas un regard! (non, c’est pas maintenant qu’on dévoile la solution. Le suspens insoutenable continue…).

Nous passons une mauvaise nuit. Il n’y a plus de cabine de libre, il y a beaucoup de monde sur le bateau et les sièges ne s’inclinent quasiment pas. Philippe s’allonge par terre dans les travées, Coco, elle, se couche sur 3 sièges (eh non, elle n’a pas maigri). Depuis ce matin, Philippe a des douleurs vives au ventre, et au milieu de la journée, il doit se ruer aux toilettes. Ce sont les premiers signes d’une tourista carabinée qu’il va conserver pendant 6 jours et qui l’oblige à « faire la vidange », à peu près toutes les 3h, jour et nuit.

Arrivés à Chaiten, dimanche matin, nous sommes accueillis à la sortie du bateau par un guide local, qui a un message pour nous de la part d’Augustin. Ils sont partis hier matin pour les Termas (« thermes ») de Amarillo, à 30 kilomètres de Chaiten et nous attendent là-bas. On enfourche le vélo, après un bon petit déjeuner, direction la bande de joyeux drilles de CCI. On touche au but!

En traversant Chaiten, on voit encore les stigmates de l’explosion du volcan qui a eut lieu l’année dernière. Certaines maisons ont encore le rez-de chaussée totalement enterré dans la cendre. Le volcan est encore en activité. C’est une première pour nous de voir une telle fumerolle sortir du cratère d’un volcan. Ça ressemble à l’image que l’on a d’un champignon atomique. C’est très impressionnant.

Alors que nous sommes en plein dans l’ascension qui mène aux thermes, sur une piste bien escarpée, nous apercevons Augustin qui arrive à vélo. Ils ont décidé de venir nous attendre sur la route, pour nous éviter d’avoir à grimper jusqu’aux thermes. C’est à moitié réussi…

Apparaissent ensuite Serge, Christine, Florence, et Alain. Francis et Mathilde sont partis devant. Nous sommes vraiment contents de retrouver ce groupe dans lequel nous avons de vrais bons copains. C’est toujours un plaisir de partager des moments avec eux. Et on sait par avance que la route ne sera pas triste.

Le groupe a prévu d’aller, si possible, jusqu’à Santa Lucia, à environ 70 kilomètres de là. Il y a un campement possible sous un pont, en cours de route. Un arrêt y est prévu, pour voir l’état des troupes, et décider d’y dormir ou de continuer.

On dormira bel et bien à Santa Lucia dans une toute petite hospédaje où nous serons reçus avec une très grande générosité, par une famille adorable. La nuit se passe très très mal pour Philippe, et le lendemain matin, il est sans force. Impossible de repartir dans cet état. Deux options s’offrent à nous. Se reposer et attendre l’amélioration pour repartir, ou bien trouver un moyen de transport pour nous emmener jusqu’à la prochaine étape. Nous avons tellement voulu rejoindre le groupe, nous sommes tellement heureux de partager des moments avec eux que le choix s’effectue de lui même.

Augustin qui parle couramment l’espagnol, va aider Coco à trouver un 4X4 « taxi » qui va nous conduire à la Junta. Celui-ci, on va le payer. Ce sera la dernière fois.

Dans le groupe, il y a un médecin: Florence. Elle va, avec beaucoup de discrétion et de gentillesse surveiller les symptômes de Philippe et leur évolution, allant jusqu’à envoyer un mail à sa fille, praticienne à l’hôpital en France, pour s’inquiéter des « saloperies » qui traîneraient dans les pays que nous avons traversés. De toutes façons, il faut attendre l’arrivée à Coihaique pour une éventuelle analyse de selles (pas celles du vélo, bien sur). Rien n’est possible avant ,car nous ne traversons que des petits villages sans infrastructure adéquate. Donc tout le groupe suit l’état de santé de Philippe : nausées, maux de ventre et diarrhées!

Nous passons 8 jours avec ce groupe de copains, sur cette route fantastique qu’est la Carretera Austral - (leur blog : http://cci-chili-argentine.over-blog.fr pour suivre et encourager la petite bande). C’est fort de retrouver des personnes avec qui tu sais à l’avance, que la vie de groupe va être facile. Nous avions déjà roulé plusieurs fois avec certains d’entre eux, que nous apprécions tout particulièrement. Nous en avons découverts d’autres à l’occasion de cette virée. Ce furent vraiment de superbes journées. Les conditions n’étaient pas faciles, faciles : pistes, météo, p’tits problèmes de santé, mais on s’est vraiment régalé, des paysages, de l’ambiance, …

Le Dimanche, à Coihaique, Corinne va à la messe avec Alain et Florence. C’est toujours assez extraordinaire d’être à l’autre bout du monde à la messe et de prier avec les gens du pays, mais de se retrouver là, avec des copains, c’est vraiment unique. Ce qui est marquant, en Amérique latine, c’est qu’il y a beaucoup de messes et que les églises sont pleines! C’est vrai que les chants sont très beaux, et entraînants, et les messes sont gaies. Autre chose étonnante aussi: parfois, pendant l’office, des confessions ont lieu et donc, une « file d’attente » se forme dans un coin de l’église. En revanche, dès que la messe est finie, la confession s’arrête même s’il reste du monde qui attend!

Par épisode, Emilie et Karel, se sont joints à nous. Nous les avions croisés à Uyuni. Nous avions apprécié les quelques heures passées ensemble. C’est un couple de jeunes enseignants français qui a fait le choix d’un mi-temps annualisé, pour réaliser cette année, leur projet de partir 6 mois, à vélo en Amérique du Sud - (leur blog : http://odyssees.canalblog.com pour les suivre et les encourager)

La Carretera Austral est une route, dont la construction a été décidée par Pinochet, le dictateur qui renversa S.Allende, afin de pouvoir intervenir militairement au sud, en permettant à ses troupes et à ses chars de s’y rendre, et montrer de cette façon à ses voisins argentins que cette région n’était pas « à prendre ». Pour la petite histoire, des interrogations existent, en Argentine, sur le rôle joué par ce salopard de Pinochet, grand ami de M.Tatcher, dans la crise entre l’Argentine et l’Angleterre, qui a débouché sur la guerre des Malouines… Massacre pour un bout de terre perdu en plein océan. Mais c’est une autre histoire, on s’égare.

Aujourd’hui 90% de cette voie, qui va de Chaiten à Villa O’Higgins, est constituée de pistes de pierres. Les nombreux aménagements en cours vont rendre cette piste beaucoup plus praticable. Et donc l’ouvrir, petit à petit, au tourisme de masse. La majorité des touristes se rend sur les sites tels que les parcs nationaux et les glaciers, soit en bateau, soit par avion jusqu’à la grande ville la plus proche puis en 4X4, ce qui laisse la Carretera aux seuls cyclistes, à quelques motards et aux locaux. La conséquence directe risque d’être une envolée des prix. Actuellement, les quelques petits villages traversés ont des commerces, hospedajes, restaurants, épiceries, etc… très simples et à des prix tout à fait abordables. A l’inverse, les prix d’entrée dans les parcs et les expéditions sur les sites naturels sont à des prix exorbitants. Nous avons renoncé à aller voir la Laguna San Rafaël, accessible seulement par bateau, ou en hélicoptère. Le prix de l’excursion en bateau, pour 1 journée, est de 340 dollards par personne (on rappelle quand même, qu’on est actuellement hors saison touristique!). Qui peut se payer ça? Ne parlons même pas des locaux, qui n’ont pas de tarif différent du nôtre pour cette excursion, et qui ne peuvent donc même pas connaître un site extraordinaire à quelques kilomètres seulement de chez eux. Comme les concessions sont exclusives, il n’y a aucune concurrence. C’est du délire!

La Patagonie, argentine et chilienne, est certainement une des régions du monde, où la terre a été la plus vendue à de riches étrangers. Certains sous couvert d’écologie, affichent leur volonté de préserver la nature. Cela restera à confirmer, au-delà des avantages fiscaux liés à leurs fondations dont ils bénéficient actuellement. Par exemple, lorsqu’ils rendront ces terres aux états, les restituant ainsi à la collectivité. Restitution éventuellement assortie d’un cahier des charges contraignant pour les gouvernements, pour préserver effectivement la nature. D’autres ont de simples vues mercantiles. Benetton est un de ceux-là. Certains sont même allés jusqu’à acheter des glaciers, afin d’avoir une réserve d’eau potable en vue des graves crises annoncées dans ce domaine. Ce qui est le plus insupportable dans cette affaire, est que les gouvernements de ces pays, corrompus, aient laissé se faire cette vente d’espaces naturels, retirés du bien commun!

En arrivant dans les environs de Coihaique, nous avons encore eu quelques aventures avec nos amis les bêtes…Un méchant gros chien blanc, nous a fait des misères. Il a attaqué chacun des cyclos du groupe au fur et à mesure des passages (étalés sur 2 jours). Sa technique semble identique pour chacune de ses attaques. Il fonce sur sa cible, en partant du haut d’une colline et en aboyant comme un gros méchant, qu’il est. Nous concernant, n’étant vraiment pas inquiets, on l’a bien vu arriver et foncer sur nous. Mais à côté de la Bolivie, où nous avons craint pour nos mollets, les chiens du Chili aboient beaucoup mais s’arrêtent vite si on élève la voix en faisant preuve d’autorité. Donc on le voit arriver, on fait la grosse voix et on le pointe d’un doigt autoritaire. Il dévie de sa trajectoire, et là, vas savoir pourquoi, il fonce sur la remorque, la percute, cassant net la tige, support de nos fanions. Sous sa masse, la remorque chasse sérieusement, et c’est un coup de pot qu’on ne se soit pas cassé la binette. Lui est assommé, sur le bas côté sous la violence du choc. On se dit que ça lui servira peut-être de leçon. Le récit fait par les membres du groupe arrivé le lendemain, nous prouve que non.

Devant réemprunter cette route pour aller à Puerto Aysen, prendre le bateau, nous nous sommes particulièrement bien équipés, pour affronter ce molosse. Quelqu’un a dû l’avertir, car il n’était pas à sa place habituelle…

A Coihaique, nous avons aussi, eu le plaisir de retrouver Emilie et Karel. Ils étaient excités. Ils avaient des infos à nous donner concernant le couple de hollandais. Un ami à eux, cyclo belge, avait roulé quelques jours avant avec les hollandais. Ils lui ont raconté les raisons de leur attitude à notre encontre. (Ah, enfin, on va savoir…). Et là, on se tient bien! Nous sommes des « voleurs de connaissances ». Il faut se méfier de nous, et ne pas nous parler! Ils lui ont raconté que nous avions posé plein de questions sur leur matériel, ce qui est vrai (en particulier, ils avaient un réchaud qui nous paraissait très efficace). C’est bien là, le signe de personnes qui volent des connaissances et ça nous, on ne le supporte pas, lui ont-ils dit… Le penser, c’est déjà inquiétant,… mais aller jusqu’à le raconter, ça fait peur!!! Enfin, on en a bien rigolé tous les 4 ensuite.

Avant de conclure, nous faisons le bilan « traditionnel » de notre périple en Argentine : Voilà encore un pays que nous avons adoré (Corinne a tellement aimé ce pays, qu’elle souhaiterait que nous y refassions une incursion. On verra, comment ça se goupille…).

Ci-dessous, une liste à la Prévert, d’éléments qui nous ont marqués. Anecdotiques ou plus sérieux :

    • Les argentins vénèrent 2 figures légendaires. Les deux types de sanctuaires présents partout en Argentine, sont liés à 2 histoires,… et demie… :

  • La Difunta Correa ( « La défunte Correa »): Une femme part à pied, avec son enfant, à la recherche de son mari. L’histoire se déroule dans une zone très désertique, sans eau. La femme exténuée, meurt. Son enfant est sauvée en s’allaitant au sein de sa maman. Depuis, les gens laissent des bouteilles d’eau, en verre ou en plastique, pleines, à côté de chaque sanctuaire à sa mémoire.

  • El Gauchito Gil : ( « Le petit gaucho Gil ») : Un gaucho qui s’appelle Gil, refuse d’aller à la guerre. Des gens enlèvent son fils. Il demande aux ravisseurs d’échanger son fils contre lui. Les ravisseurs le tue et tous meurent sur l’instant. Pour vénérer son personnage, son courage et son sang versé, les argentins posent des drapeaux rouges, près de ses sanctuaires, eux-même peints en rouge. Il semble aussi qu’il ait joué un rôle de « Robin des Bois », prenant l’argent aux riches pour le donner aux pauvres.

    • Les argentins sont révoltés après Carlos Mehnem qui a ruiné le pays en piochant allègrement dans les caisses, en l’endettant dans des proportions insensées, et en vendant tout ce qu’il a pu a des compagnies étrangères (l’eau vient d’être re-nationalisée après avoir appartenu pendant des années à Véolia). Il est poursuivi en justice, mais personne ne croit à une condamnation quelconque.

    • Pour « pouvoir joindre les 2 bouts », beaucoup d’argentins exercent 2 métiers.

    • Dans tous les kiosques, figurent en bonne place « Le Monde Diplomatique » en version espagnole.

    • L’actuelle présidente de la république, est la femme du précédent président, qui a fait 2 mandats et qui ne pouvait donc pas se représenter aux dernières élections. Lui, est à nouveau candidat en 2012. Tant que ça reste en famille, pourquoi se gêner? Ça ne vous rappelle pas les Clinton? C’est pas magnifique, la démocratie représentative? On pourrait p’t-être l’améliorer. Penses-tu!

    • La Parilla : la cuisine au barbecue est une tradition nationale.

    • Le pays est rempli de campings « libres » : sans clôture, gratuits, avec tables, bancs et … barbecues. On peut y mettre la tente où l’on veut.

    • La viande est l’aliment de base de tout repas. Ah, les bife de chorizo… (« pavés »de 500 grammes minimum)

    • Chez nous, les bidets sont « décoratifs ». En argentine, tout le monde les utilise après chaque passage aux toilettes.

    • Nous avons appris à cette occasion que chaque pays possède 4 attributs. Ceux de la nation argentine sont … à compléter car on en a déjà oublié la majorité… : (nous allons ouvrir un post sur le forum de velomonde.fr, à ce sujet).

      • la fleur

      • le sport national : Le Horse Ball

      • l’hymne

      • la couleur

    • A Buenos-Aires, 80% du parc automobile est de marque européenne et neuf ou en parfait état.

    • Buenos-Aires est une ville qui ressemble beaucoup aux villes européennes, et qui nous a paru très riche.

    • La culture du soja se développe à tour de bras dans toutes les régions du pays. Aux alentours de Cordoba, une mince rangée d’arbres masque des champs gigantesques totalement dédiés à sa culture. Cette tendance à la monoculture inquiète beaucoup les habitants de la région.

    • Les poubelles sur roulettes n’existent pas. Les gens construisent dans la rue, devant chez eux, un bac, en fer ou en bois, en hauteur à cause des chiens, dans lequel ils déposent leurs sacs poubelles. Une autre technique consiste à fixer des crochets aux poteaux électriques, en bois, et à y suspendre leurs sacs.

    • La signalisation routière n’est absolument pas respectée.

    • Le panneau de sens interdit n’existe pas, il est seulement indiqué par le sens de la flèche sous le nom de la rue.

    • Les élèves de l’école publique sont tous en haut blanc, en signe de rassemblement national après les années de dictature.

    • Prix :

      • une chambre « matrimoniale » avec SdB et eau chaude : env. 80 pesos argentins ( env.16€)

      • prix moyen d’un repas : 55 pesos (env. 10€) Mais c’est toujours hyper copieux

      • une bouteille d’eau (2 l) : nsp. ( nous avons bu l’eau du robinet)

      • repas le plus cher : 140 pesos pour 2 (env.26 €) - repas avec Philippe Madiot à Iguazu.

      • repas le moins cher : 40 pesos pour 2 (env. 7,5 €) – dans des restaurants locaux, non touristiques..

Et enfin, une petite synthèse de notre périple en Argentine :

  • 32 jours : du lundi 19 Octobre au jeudi 19 Novembre

  • 24 jours de franc soleil, 4 jours nuageux, 4 jours de pluie

  • 669 kms à vélo

  • la plus longue étape en distance : 116 kms pour relier Yala à Valquero – La Caldera

  • la plus longue étape en temps : 5h32 sur le vélo pour parcourir 106kms de Valquero – La Caldera à Salta.

  • la plus courte étape en distance : 52 kms pour aller de San Martin de Los Andes au Lago Faulkner.

  • La plus petite moyenne : 12,5 km/h pour relier le Lago Faulkner à Villa La Angostura.

  • répartition de nos 32 nuits par type d’hébergement : 17 chez des particuliers, 6 à l’hôtel, 5 en camping dont 1 dans le jardin de Paola, 4 dans des bus.

Voilà, c’est fini pour cette fois. On termine cet article à Quellon, petite ville située au sud l’île de Chiloë, où nous venons de débarquer. Nous vous raconterons la superbe traversée que nous venons de vivre et la suite de nos péripéties, lors de notre prochain récit..

En attendant, on vous embrasse. Encore merci à tous ceux qui nous mettent des commentaires, ça nous fait toujours très très plaisir…

A très bientôt,

La dernière fois, beaucoup de temps s’était écoulé avant qu’on puisse vous donner des nouvelles. Certains s’étaient d’ailleurs plaints auprès de leurs fournisseurs d’accès, pensant que leur messagerie internet était en dérangement…Cette fois, donc, nous reprenons le clavier bien plus vite. On le fait, pour vous tous, qui êtes tenus en haleine par nos récits ….Non, non ne nous remerciez pas, à nous également, ça fait plaisir!

Le dernier article, nous l’avons écrit chez Carlos et Marianne (la cousine de Philippe). On est resté ensemble, un peu plus d’une semaine. C’est peu et beaucoup à la fois, car les occasions de se voir sont peu nombreuses, du fait des distances et du prix des voyages entre nos 2 continents. La dépréciation du peso argentin associé au cours très élevé de l’euro ne facilite bien sûr pas les choses. Mais en plus, pour les Argentins, c’est toute une « galère » à supporter, pour espérer venir en Europe. En effet, aux problèmes financiers s’ajoute la difficulté d’obtenir l’indispensable visa. Nous, qui voyageons sans souci et passons la majorité des frontières avec notre simple passeport, sommes attristés par les récits respectifs que Carlos et Marianne, tout comme Martin et Karina, nous ont fait de leur passage aux contrôles, des aéroport de Madrid ou de Paris. Tant Carlos, que Karina et Martin ont cru qu’ils n’arriveraient pas à rentrer face à l’arrogance des douaniers et à leurs interrogatoires sans fin! Marianne n’a pas ce problème, elle a la double nationalité française et argentine. On n’est vraiment pas fier d’entendre comment se comportent les douaniers. Eh oui, là dessus l’Europe a trouvé un accord et elle s’est donnée le (mauvais) mot…. Ah, la France, LE pays des droits de l’homme…

Et les choses ne sont pas prêtes de s’arranger, en effet certains pays commencent à poser en retour des contraintes subies, des exigences réciproques… Ex : l’Argentine vis à vis du Canada et des Etats-Unis.

Revenons au plaisir que nous avons eu, à retrouver notre famille argentine.

On a passé tout un week-end dans le Delta del Rio de La Plata. Pour ceux, qui ont ressorti l’atlas pour suivre notre périple, le Delta del Rio de La Plata est proche du Tigre, au nord de Buenos-Aires… (à ce sujet, Corinne est soulagée de voir, à la lecture de vos commentaires, qu’elle n’est pas la seule à être nulle faible en géographie )

C’est un lieu où les maisons sont sur pilotis. Pour se déplacer, il faut un bateau. Lorsqu’on arrive en voiture au port, on commence donc, par aller chercher le bateau, qui est dans un hangar. Et là, ô surprise, le rangement des bateaux est d’enfer: ils sont posés comme sur des étagères. Un chariot élévateur avec de grandes pales, attrape le bateau, le sort du garage et le place sur un appareil pour le descendre à l’eau. L’opération ne prend pas plus de 5 minutes.

Cet endroit est magique. Comme à Venise, les rues sont des canaux qui sont appelés ici «Rio» (fleuve). Il y a des avenues, larges rios et des ruelles, petits rios. Comme dans une ville, il y a l’église, les commerces, les taxis, les transports en commun, etc… L’environnement est superbe. Malgré la pluie. Car, il pleut sans discontinuer toute la journée du samedi. Et pas qu’un peu. Des trombes d’eau . Mais le dimanche, une belle éclaircie, bien belle, nous permet d’aller en barque (à moteur, entendons nous bien!) faire une superbe promenade sur les canaux du delta. C’est vraiment très beau.

Carlos et Marianne ont retapé une maison et Carlos en construit une autre, en bois, sur leur terrain, pour la mettre en location. Car, si quelques personnes habitent ici, c’est surtout un endroit de villégiature, et beaucoup de maisons sont louées à la semaine.

Le dimanche soir, avant de rentrer à Buenos Aires, on fait le détour « classique » au Puerto Frutas, qui est un quartier de la ville de Tigre et un lieu de promenade du week-end. C’est aussi un centre commercial, un peu dans le style de ports comme La Rochelle.

D’ailleurs, en Argentine, plusieurs lieux et paysages nous rappellent la France. Certains quartiers de Buenos Aires, font penser à Paris. Maximilien, le fils de Marianne et Carlos, qui nous fait découvrir sa ville, nous emmène sur le Puerto Madero. Et bien, ça ressemble à Berçy et/ou à la coulée verte sous les arcades près de la Bastille. De même, dans le quartier de la Recoleta, tant par les constructions que par les boutiques, on se croirait dans les quartiers chics de l’Etoile ou du Parc Monceau. Buenos Aires est une très belle ville, très « verte », très aérée avec de très grandes avenues. Malgré ses trois millions d’habitants, on ne se sent pas stressé. Quoi que. Un soir, on se retrouve dans la foule qui sort des bureaux et là, ça nous rappelle des souvenirs…lointains… Ici aussi, ça court dans tous les sens pour attraper le bus ou le métro!!! Mais, on découvre une chose extraordinaire : pour attendre le bus, le train ou une rame de métro, les gens font la queue sagement l’un derrière l’autre, dans l’ordre d’arrivée et pas de resquille!!! Quand la rame ou le bus arrive, chacun monte calmement à son tour et quand il n’y a plus de place, il attend simplement le bus, le métro ou le train suivant. On a du mal à imaginer ça en France.

Autre chose assez incroyable pour nous en France, à la Recoleta, le quartier le plus riche de Buenos Aires, il y a un cimetière privé très cher (où est enterrée Eva Peron). Déjà, « cimetière privé », ça fait drôle, mais bon, on peut craindre le pire dans les années à venir! Mais surtout, dans ce cimetière, les luxueux cercueils dans les caveaux sont visibles .Comme le luxe et le clinquant sont ici de mise, le caveau est constitué d’une petite chapelle à l’entrée puis éventuellement d’un escalier en marbre pour accéder aux cercueils. Et comme les cercueils ne sont pas enterrés mais empilés sur des « étagères » (oui, oui, comme dans le hangar à bateaux mais en plus « smart »)) on voit les places vides. Ça fait penser à la chanson de Brel « Au suivant »….Étonnant aussi de penser que toute cette « haute société », qui évolue de son vivant dans un milieu très fermé, éprouve le besoin jusque dans la mort de rester « entre gens sélects ». Et idiotie suprême, comme la place est très chère, certains qui n’ont pas les moyens, payent pour que la cérémonie et l’enterrement aient lieu dans ce cimetière et ,dès la cérémonie finie, le défunt est discrètement enterré ailleurs avec le commun des mortels, quelle horreur!!

Bref, on vous parle de ce qui nous a marqué dans Buenos Aires car on a beaucoup déambulé dans Buenos Aires, avec nos super guides. Mais on a aussi et surtout profité de la famille, revu Christiane, la tante de Philippe que l’on n’avait pas vue depuis plus de quinze ans. Philippe a pris plein de photos de son appartement, pour les montrer à sa maman, afin qu’elle connaisse l’environnement de sa sœur.

Ce qui est incroyable, c’est la ressemblance entre la tante et la maman de Philippe. Physiquement, mais aussi dans les mimiques, les attitudes, les expressions. C’est fou! Elles ne se sont pas vues depuis on ne sait combien de temps. Comment est-ce possible? (Si quelqu’un a un début de réponse, qu’il n’hésite pas, car vraiment on s’interroge…).

On est bien à Buenos Aires, on est magnifiquement reçu chez Marianne, Carlos et Maximilien, on resterait bien encore mais on veut absolument aller voir les chutes d’Iguazu à la frontière du Brésil, et donc, on va déjà repartir (faut pas croire, on n’a pas tout notre temps, il ne nous reste plus que 10 mois !!!!). La veille de notre départ, Carlos et Marianne nous invitent avec toute la famille argentine dans un restaurant typique de « Parilla ». C’ est un barbecue géant avec possibilité de goûter, à volonté, à toutes les viandes. On apprécie (ici, la viande est tendre, tendre…. et il y a même des ris de veaux ). En plus, tout est à volonté: entrées, frites et boissons. Le pied, quoi! Un grand merci vraiment pour tout à Marianne, Carlos et Maximilien.

Carlos est un très bon cuisinier et Corinne a ramené des recettes(et en prime des kilos, car si on était lassé du « pollio con papas fritas y arrows », ce qui nous avait valu de perdre quelques kilos, pas de lézard, ici, on reprend tout!!!) Bref, un de ces jours, on vous mettra les recettes sur le site puisque vous nous le demandez.

On quitte donc Buenos Aires pour Iguazu, avec un saut de bus de plus (quel subtil jeu de mots!), de 20 heures…

Comme on arrive en début d’après midi à Puerto Iguazu, un peu fourbu quand même, on part juste faire une promenade le long du Rio Igazu. On va au « Hito Tres Fronteras », c’est un point de vue qui surplombe l’endroit où se rejoignent les Rio Iguazu et Rio Panama, marquant la frontière entre l’Argentine, le Brésil et le Paraguay. Étonnant de voir en même temps trois pays! (Par compassion, toujours pour les faibles en géographie, les indications données sur les 3 frontières doivent vous aider à trouver sur votre Atlas, là, c’est facile….)

Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, on part visiter, côté argentin, les « fameuses » chutes d’Iguazu. Ce matin, il pleut comme « vache qui pisse », des trombes d’eau. On est complètement trempé. Les chaussettes et chaussures font « blop, blop ». Mais on s’en fiche. C’est si beau qu’on fait deux fois la « Garganta del Diablo » (« Gorges du Diable »). Le matin sous un déluge, et l’après-midi, sous un temps plus clément. On marche plus de deux kilomètres, sur des passerelles posées sur le Rio Iguazu, pour arriver sur la plateforme qui surplombe cette chute d’une puissance incroyable. C’est vraiment impressionnant, quel débit! Avec la vapeur d’eau, on ne peut pas voir le fond de la chute qui avoisine les 70 mètres. On fait ensuite le tour de l’ensemble des chutes, à travers une végétation luxuriante, en passant par le circuit supérieur long d’1,2 kms et qui permet de surplomber chacune des chutes, et le circuit inférieur (1,7kms), qui permet d’appréhender chacune des chutes dans toute sa splendeur. C’est vraiment trop beau!!!

Sur les conseils de Carlos et du guide Géo, mais aussi parce que l’on est dans la forêt vierge (« Selva »), on décide de s’inscrire pour faire le « Safari en la Selva ». C’est cher – 300 pesos pour nous 2, soit 60 euros les 2 heures – mais bon, c’est pas tous les jours qu’on va dans la forêt vierge…(enfin vous, je sais pas, mais nous, non!)

Au passage, un petit coup de gueule à l’encontre des guides de voyages, Lonely planet, Guide du Routard, Géo Guide et autres ….C’est fou, les prix ne sont jamais ceux indiqués dans les guides. Que ce soit pour les hôtels ou les excursions. Un hôtel indiqué à 20 pesos par personne, dans le guide, s’avère être à 80 pour nous 2. L’excursion dans la Selva est, dans le guide « Géo 2009 », indiquée à 60 pesos, l’agence qui l’organise nous dit 150 (prix d’ailleurs mentionné sur leur plaquette), pour la même excursion, bien sûr. Cherchez l’erreur. D’ailleurs, entre les bus et les excursions, pour la première fois depuis le début de notre voyage, notre carte bleue nous boude et ne veut plus sortir d’argent car le plafond hebdomadaire est atteint!!!

Bref, revenons à l’excursion dans la forêt vierge. Le guide qui s’occupe des inscriptions nous conseille de choisir celle qui part l’après-midi, à 16h00. Celle du matin, à 10h00, n’étant pas idéale pour voir les grands animaux. OK, on prend celle de 16h00. On est neuf passagers plus un guide dans le 4X4. Il pleut un bon coup au début, mais pas très longtemps et on peut retirer la capote du véhicule. On ne voit aucun grand animal! Ah, si !, incroyable, on voit une fourmi d’1,5cm et quelques oiseaux. Mais le guide est super sympa et intéressant, et les passagers français, avec nous à l’arrière, pleins d’humour. On ne s’embête donc pas, mais le prix reste très cher pour ça. Dans le 4X4, on fait la connaissance de Philippe, un français (qui lui aussi trouve que « ça fait cher la ballade en forêt!! »). Il a une pêche du feu de dieu. Le soir, en rentrant du safari, on va donc boire une bière ensemble, et après la douche indispensable, on se retrouve pour manger. Comme il connait très bien la Thaïlande, où il va depuis 20 ans, il nous file plein de renseignements sur ce pays que nous visiterons dans quatre mois. Corinne ne sait pas qui c’est, mais il est cousin des frères Madiot, qui sont célèbres dans le milieu cycliste. Enfin, c’est ce que Philippe (celui de Corinne, ce coup-ci), lui explique. Marrant, non ?

Le lendemain, on décide d’aller voir les chutes du côté brésilien. La somme pour le faire est, elle aussi, rondelette, mais le site est grandiose et il y a peu de chances que nous y revenions. Et heureusement qu’on y va. Car, c’est de ce côté-là que l’on se rend compte de la majesté du site. C’est grandiose! On embrasse d’un coup d’ œil toutes les chutes. C’est véritablement superbe. Corinne dit que c’est la plus belle chose qu’elle ait vue depuis notre départ. C’est vrai que c’est Extraordinaire, Époustouflant!!! En plus, il n’y a pas trop de monde, il fait super beau, et quel spectacle. On se régale vraiment pendant plus de deux heures. La forêt est très dense, le parc est magnifiquement entretenu. Bref nous sommes super contents d’être là. Si des gens n’ont le temps de ne faire qu’un côté, nous leur recommandons de venir du côté brésilien qui permet d’avoir ce panorama.

D’ailleurs, de ce fait aussi, on a fait un pays supplémentaire….Le Brésil. Ça c’est pour la p’tite histoire, car, c’est sûr, il nous faudra y revenir pour le découvrir vraiment.

Comme on sait que vous aimez nos petites péripéties, on vous livre celle-ci. En rentrant de la visite des chutes, côté brésilien, le taxi, à notre demande, nous dépose dans un petit resto. On commande notre plat, on demande de l’eau du robinet, le serveur nous dit qu’elle n’est pas potable, Ok, on commande une eau gazeuse (pour faire plaisir à Coco). Il revient, nous sert en eau, on goûte, c’est de l’eau plate. On lui dit : « S’il vous plait, on vous a demandé de l’eau gazeuse ». « Ah, mais j’avais pas compris, comme vous vouliez de l’eau du robinet, et blablabla,… ». Il finit par reprendre nos verres, la bouteille d’eau plate, et revient avec une bouteille d’eau gazeuse. On n’est pas certain (notre espagnol n’est pas encore « fluent »), mais on comprend qu’il nous dit, que la première bouteille aussi sera dans l’addition. Alors là ça part au quart de tour. On lui dit qu’effectivement, il a peut-être mal compris ou qu’on s’est mal exprimé, mais qu’il est hors de question que nous payions cette première bouteille. On est vraiment fâché. « C’est bien clair? ». On a déjà reculé les chaises, prêt à partir, si le problème demeure. Ah, on lui dit aussi, qu’on est déjà sympa d’avoir accepté de prendre de l’eau en bouteille, mais qu’on a pas gobé son histoire sur l’eau du robinet, puisqu’on en a bu la veille dans un autre petit resto, vraiment pas loin du sien. Il est saisi par notre réaction. Il cède immédiatement. Et oui, on l’oublie, mais, ces anecdotes nous le rappellent , bien que nous nous sentions « voyageurs », pour certains locaux, « on est des touristes ».

Après s’en être mis plein les mirettes, comme dirait Pierre Perret, on va reprendre notre bus, ce coup-ci, direction Cordoba, pour récupérer Aucéba et notre remorque. A nouveau plus de 20 heures de bus. C’est long! En plus, on n’a ni couverture, ni oreiller pour la nuit, et il fait un froid de canard avec la climatisation. Le plateau repas nous est apporté à 22h00, et le petit déjeuner, à presque 10h00. Bref, cette fois-ci, le bus, c’est pas ça!. Il faut vous dire que les bus sont chers en Argentine. Il y a 3 options, Normal, Semi-Cama (« semi-lit» et Cama (« lit »). Pour espérer dormir on choisit l’option « Cama », et on ne pense pas une seconde qu’il puisse ne pas y avoir de couverture et d’oreiller. Eh ben,si!

Nous voilà donc de retour à Cordoba, chez Karina et Martin. On retrouve avec plaisir les copains, qu’on a connu grâce à Sébastien(Rambour). Comme Martin est musicien, on veut aller voir un de ses concerts et on va décaler de deux jours notre départ en Patagonie, pour San Martin de Los Andes (toujours compréhensif pour les mêmes cancres, c’est plus au sud sur la carte, dans la région de Neuquen)

Martin joue dans 2 groupes, un de Jazz et un de musiques latinos « Mortero ». C’est à un concert du groupe de Jazz - « So What! Jazz »- qu’on assiste. Super groupe. Tous les musiciens sont excellents, et la chanteuse, Tamara, aussi. Très très bons. Ils s’éclatent tous en jouant, Martin et le batteur sont les plus expressifs lorsqu’ils jouent. Juste avant la fin du concert, le pianiste dit au public, en se plaçant juste devant nous qui sommes au premier rang, qu’il y a un couple d’amis français qui sont venus les voir ce soir. Il raconte l’histoire de l’arrivée des français en Nouvelle-Orléans et l’influence qu’ils ont eue, en acceptant les rapprochements avec les noirs. Et c’est ce mélange qui a permis l’émergence de nouvelles musiques, qui ensuite se sont répandues dans l’ensemble du continent américain. Il nous dédie la dernière chanson. En fait, avec notre niveau d’espagnol (bon quand même, mais toujours pas« fluent »), on n’a pas tout compris du premier coup!! Comme ensuite, on va manger avec le groupe, ils nous ré expliquent. Ils sont tous super sympas. Ils se feraient une joie de venir jouer en France. Si quelqu’un peut les y aider, ce serait extra. (on peut toujours rêver, non ?)

Karina et Martin nous emmènent aussi voir un terrain boisé, en pleine forêt, qu’ils ont acheté l’année dernière. Ils ne l’ont pas payé cher du tout. Ils l’ont acheté parce que beaucoup de leurs copains à eux avaient décidé d’acheter là, ensemble. En plus, en Argentine, les gens n’ont aucune confiance dans leurs dirigeants . Ils ont connu tellement de périodes de crises (lors de la dévaluation de 2001, énormément de gens ont perdu le peu qu’ils possédaient, qui se trouvait à la banque) et l’inflation continuant, qu’ils investissent le peu qu’ils ont dans des biens: voitures ou terrain, car comme dit plus haut, l’argent dans les banques argentines n’est pas sûr. (quelqu’un veut faire un commentaire sur la fragilité du système bancaire???)

Et rituel avant de reprendre la route: la révision du vélo. Donc,la veille de notre départ de Cordoba, Philippe et Martin font ensemble le nettoyage à fond de leurs vélos respectifs. Car Martin veut « apprendre » en regardant comment Philippe procède. Philippe retend la chaine de couple qui était un peu détendue et en profite aussi pour régler le dérailleur avant. Il retend le câble et règle les butées. Voilà, le matériel est prêt. On va pouvoir ré-enfourcher Aucéba. D’autant qu’on a aussi revu notre « garde-robe » et notre matériel de camping. On s’est racheté chacun un cuissard parce que les nôtres commençaient à être recousus de partout, et avec un casque pour Philippe . On a également investi dans un brûleur et une recharge de gaz puisque, contrairement à ce qu’on pensait, on trouve du gaz ici. Et pour faire la cuisine, Corinne préfère ça, au brûleur à essence (oui, Philippe aussi…).

En route maintenant pour la Patagonie, ses glaciers et ses lacs. On ne va plus rester très longtemps en Argentine, on va bientôt passer au Chili. D’ailleurs, on a reçu un message d’un copain de notre association de cyclos sur notre blog, qui nous dit que lui (Alain Grillet)et 4 autres CCIistes (dont Serge et Augustin) viennent d’arriver en Argentine. Nous connaissons grossièrement leur itinéraire prévisionnel. Ils passent par Puerto Montt, puis l’île de Chiloe, avant de passer à Puerto Aisen, et de descendre la Carratera Australe, route que nous allons emprunter. (Là, désolé les cancres, on vous laisse un peu chercher sur la carte, il y a trop de lieux énumérés! Un seul indice, c’est plus au sud que Neuquen, et la Carratera Australe se trouve facilement…au Chili) Il y a donc de fortes chances que l’on se rejoigne puisqu’on va soit se suivre, si on est encore dans le même sens, soit se croiser, lorsque nous aurons fait demi-tour pour remonter ensuite vers l’île de Chiloé.

Voilà, c’est fini pour cette fois ci. On écrira le prochain article au Chili.

En attendant, on vous embrasse. Encore merci à tous ceux qui nous mettent des commentaires, ça nous fait toujours très très plaisir…En revanche, excusez nous de n’avoir pas trouvé le temps de répondre à chacun d’entre vous … On essaiera de se rattraper la prochaine fois.

A très bientôt,

Corinne et Philippe le novembre 3rd, 2009

Voila maintenant de nombreux jours que nous ne nous sommes pas posés pour écrire….

marianne-carlos-et-coco-sur-bateau

Nous sommes arrivés, il y a 3 jours à Buenos-Aires, chez Marianne et Carlos, les cousins de Philippe. Dans cet environnement idéal, nous passons le week-end dans une maison sur pilotis dans le Delta del Rio de La Plata, nous allons trouver le temps de mettre en forme nos péripéties.

Nous avons envie, tout d’abord, de vous faire partager nos satisfactions actuelles et de profiter de l’occasion pour faire passer un message au cardiologue de Philippe.

Avant de partir pour notre périple en Amérique du Sud, nous avions Une inquiétude, que le Mal Aigu des Montagnes ne nous contraigne à redescendre des hauteurs de la Cordillère des Andes, et à emprunter une autre route longeant la côte du Pacifique. Nous rêvions tellement de ces paysages, de cette ascension « mythique », de rouler sur les traces de nos amis et d’emprunter les voies Incas, que nous aurions été très déçus de ne pouvoir le faire. Aucun moyen n’existe pour dépister, ou anticiper, cet éventuel problème. Il faut y être pour savoir si on y est sujet ou non.

Nous sommes donc tout d’abord super heureux d’avoir réalisé ce rêve. Et si la montée vers ces cimes fut difficile, la descente vers San Salvador de Jujuy en Argentine, a été un vrai régal.

Nous nous rendons compte, à mesure que nous descendons, que nous retrouvons des odeurs, des parfums. Ça nous fait prendre conscience que lorsque nous roulions sur les hauteurs de la Cordillère, nous ne sentions aucun parfum. Pas d’odeurs. On ne s’en était pas rendu compte avant de les retrouver.

Depuis notre entrée en Argentine, nous avons aussi redécouvert les plaisirs de la table. Après 2 mois et demi, nous nous sommes lassés du Pollo con Papas Fritas et Arroz frio (poulet – frites et riz froid). Nous avons retrouvé avec grand plaisir les pavés de viande, les glaces, la cuisine au barbecue, le vin…

Enfin, avant de partir nous avons fait faire une révision complète de nos acabits. A cette occasion, nous avons rencontré des « soignants » qui nous ont « préparé » pour cette aventure. Plusieurs d’entre eux, gentiment, suivent nos péripéties et certains nous écrivent sur ce blog. Nous nous étions engagés à informer le cardiologue de Philippe dés que nous serions redescendus à des altitudes « raisonnables ».

    • « Et bien voilà, docteur, on y est, et tout s’est bien passé ».

       

A présent et pour la 1ère fois, tout au moins avec cette intensité, nous voudrions partager avec vous des instants que nous avons vécus avec beaucoup de désagréments.

Nous avons adoré Le Salar et les « aventuriers » que nous avons croisés dans ses parages. Mais nous avons détesté la ville d’Uyuni et son seul intérêt mercantile.

Nous étions devenus des porte-monnaies sur pattes. Seul l’appât du gain guidait les rapports que les gens de la ville entretenaient avec nous. Nous avons fini par rencontrer des situations qui nous ont fait exploser.

La première d’entre-elles, nous l’avons croisée en cherchant à organiser notre tour dans le Sud Lipez. Toutes les agences acceptent d’organiser le tour que vous souhaitez, avec même quelques exigences ou particularités (ne pas refaire le Salar où nous sommes déjà passés, ne pas suivre l’itinéraire « commun » du troupeau de 4X4 pour être seuls dans la plupart des endroits, être seulement 4 passagers…). Ensuite le nombre de personnes qui nous auront recommandé l’agence, le contact et le prix, seront nos éléments de choix.

Après notre escapade à Potosi et Sucre, nous retrouvons, à Uyuni, Stéphanie et Félix (les « globetandémistes »), avec qui nous souhaitons réciproquement effectuer cette randonnée.

Nous effectuons, tous les 4, un tour de nombreuses agences de la ville, et nous comparons les propositions. Notre choix se porte sur une agence, recommandée de plus par des amis et qui satisfait nos attentes. Le seul point qui reste, après discussion, est de voir le chauffeur qui doit nous conduire, et le véhicule, pour vérifier son état. Rendez-vous est donc pris pour 18h00.

Lorsque nous arrivons au rendez-vous, pas de voiture, ni de chauffeur. La dame de l’agence nous dit que :

  • « l’entretien de la voiture n’est pas fini ».

  • « Ok, vers quelle heure pouvons-nous revenir? »

  • « Pour ce soir ce ne sera pas possible ».

Des copains nous avaient mis en garde. Ils étaient partis en groupe, à deux 4X4. L’un des 2 était dans un état pitoyable et le chauffeur était « bourré » du matin au soir, d’où notre exigence. En plus 3 heures avant, il n’y avait pas de problème et maintenant ce n’est plus possible! Bizarre. Nous nous voulons conciliants :

  • « On peut aller le voir là où il se trouve, s’il ne peut pas se déplacer »

  • « Non, ce n’est pas possible ».

Il est 18h15. Nous sommes plantés! Nous ne voulons pas prendre le risque de connaître la même mésaventure que celle racontée par les copains. Nous insistons, mais nous sentons que la personne face à nous se fiche complètement que nous restions ou que nous partions. On décide donc « d’aller voir ailleurs », non sans lui avoir fait part de notre mécontentement.

Stationnée face à cette agence, se trouve un 4X4 qui vient d’arriver. Des jeunes en descendent. On fonce leur demander par quelle agence ils sont partis, et s’ils sont contents de leur tour. Ils nous indiquent l’agence sur le trottoir en face de « la nôtre », et nous disent qu’il n’y a pas eu de problème. Ils ont réservé leur tour depuis San Pedro de Atacama, au Chili. C’était dans un tour « global », ils ne connaissent donc pas le prix spécifique pour le Sud Lipez.

Deux autres 4X4 s’arrêtent devant cette même agence, et les personnes qui en descendent sont français. Eux aussi sont ravis de leur tour, mais eux aussi effectuent un voyage organisé. Par une agence française, pour le coup.

On n’a pas cinquante possibilités, on veut partir demain matin. On décide donc de foncer dans cette agence. Le contact se passe super bien. Doris, c’est la femme qui tient l’agence, nous donne entière satisfaction sur l’ensemble des points. Le chauffeur et le véhicule sont là. Parfait! Nous pouvons passer à la rédaction du contrat préformaté que nous propose l’agence. Nous y notons ce qui est inclus, ce qui ne l’est pas, le nom du chauffeur et l’immatriculation du véhicule.

On se met d’accord pour payer la moitié le lendemain, avant le départ, et l’autre moitié au retour. On convient donc de se retrouver entre 9h et 9h15, à l’agence, le lendemain pour un départ à 9h30.

Notre soirée se finit bien, d’autant plus que c’est l’anniversaire de Coco. 50 ans ça se fête! Elle a reçu de très nombreux coups de fil pour le lui souhaiter. Tous l’ont beaucoup touchée. Mais tout particulièrement, celui de nos enfants qui ont pris la peine d’appeler à minuit. Ce qui avec le décalage horaire les obligeait à se lever à 6h00 du matin…

On part donc, guillerets, avec Stéphanie et Félix vers un resto que nous ont indiqué des belges rencontrés le matin même. En chemin, on croise Mimarie, avec qui nous avions sympathisé, au musée de Potosi. Allez zou, nous voilà partis tous les cinq, fêter comme il se doit cet événement. La soirée est animée, gaie et insouciante… On chante le traditionnel « bon anniversaire, nos vœux les plus sincères…. » et Coco soufflera même la bougie symbolique. On va se coucher « tranquille ».

Le lendemain, nous sommes à 9h00 devant l’agence avec Félix. Personne. On attend 10 minutes, personne. On retourne donc à l’hôtel, prévenir les filles, mais pas plus inquiets que ça.

Lorsque nous revenons vers 9h25, l’agence est ouverte, Doris est là; Impeccable! Nous entrons, et elle nous dit :

  • « Je n’avais pas vu hier, sur internet, mais j’ai eu un mail, qui me réservait un tour. Et donc le chauffeur et la voiture que vous deviez avoir, sont partis avec un autre groupe. » Et elle ajoute « en plus vous n’étiez pas là à 9h00, et donc, j’ai pensé… » Et là Félix pète un plomb, il explose.

  • « Mais si on était là, et toi tu n’étais pas là! Tu racontes n’importe quoi! ».

Le ton monte. Nous sommes à nouveau plantés. Nous devions partir à 9h30 et nous nous retrouvons sans rien, car Doris nous dit, qu’avec nous, elle sent qu’elle va avoir des problèmes et qu’elle préfère donc ne plus faire affaire avec nous. On lui dit qu’on a quand même signé un contrat. Elle s’en fout. C’est nous qui sommes « plantés ». On est chaud, chaud, chaud!!! Nous comprenons vite qu’elle n’a rien prévu pour nous. Elle passe tout de même, mais sans grande conviction, des coups de fil pour essayer de trouver un chauffeur. Même un qu’elle ne connait pas. Elle demande à ses interlocuteurs qu’elle a au bout du fil, s’ils n’en connaitraient pas un disponible….

Vers 10h15, elle finit par trouver quelqu’un de libre. Elle veut l’argent pour acheter les courses alimentaires et l’essence. Rien n’a été fait. C’est du délire. On lui dit qu’on a l’argent et qu’on veut d’abord voir le nouveau chauffeur et la voiture, et que nous irons avec eux faire le plein. Nous paierons là-bas et ne lui donnerons qu’ensuite l’argent pour les courses. En fait pour essayer d’accélérer les choses, nous irons même avec Félix, jusqu’à faire les courses au marché avec la personne « missionnée pour ça »..

On finira par partir vers 11h30, hyper excités, mais satisfaits de prendre enfin la route du sud. Nous payons à l’agence, le complément pour que la somme représente la moitié convenue.

Nous comprendrons que les agences nous maintiennent « férés » et que si elles ne trouvent pas plus intéressant financièrement, vous partez, si par contre elle trouve un autre groupe qui leur rapportera plus, elles vous « remplacent » et vous abandonnent sans aucun état d’âme.

Je suis tellement « énervé » que je vais chercher comment rendre à Doris la monnaie de sa pièce, à notre retour. Et je vais la trouver. Le nerf de la guerre pour eux étant l’argent et la renommée, nous allons jouer sur ces 2 tableaux.

Nous lui expliquerons que nous avons reçu une mauvaise nouvelle par internet, que nous n’avions pas vue, et que nous sommes sans le sou. Nous devons passer des coups de fil pour essayer de trouver un ami qui puisse nous dépanner (ce qu’elle nous avait fait avec les chauffeurs…). Elle nous dit qu’elle veut une empreinte de notre passeport. C’est c’la oui! Qu’elle va appeler la police. Pas de souci. Ensuite, je sors l’appareil photo, la prend en photo, ainsi que la devanture de l’agence, et lui dit qu’avec ça, on va lui faire une super pub dans les guides pour voyageurs. Elle va finir par craquer, et être au bord des larmes, disant qu’elle n’est qu’une employée. Donc pas responsable, certainement. Nous n’avons discuté avec personne d’autres qu’elle!

Je ne sais pas si cela lui servira de leçon pour la prochaine fois, mais je suis tellement énervé que ça me soulage. Je n’aurais pas voulu que cette histoire se finisse comme si de rien n’était.

La 2ème phase de l’opération : « Uyuni, On ne s’est pas fait que des amis!», surviendra au retour du Sud-Lipez. Lorsque nous arrivons à l’hôtel, où nous sommes installés depuis de nombreux jours, et où nous avons fait venir Félix et Stéphanie, les propriétaires veulent que l’on aille chercher un autre endroit pour dormir. Il est 18h30, nous avons tous nos bagages dans une chambre de leur hôtel, nous sommes sales, pas lavés depuis 3 jours, pleins de poussière, nous n’avons qu’une envie, prendre une douche. Comment en sommes-nous arrivés là?

Lors de notre arrivée initiale à Uyuni, nous cherchons un hôtel dans lequel nous pourrons laisser Aucéba et la remorque durant nos déplacements à Potosi, Sucre et ensuite au Sud Lipez. La dame qui nous reçoit, nous dit qu’il n’y a aucun problème, qu’ils ont un espace où nous pourrons laisser tout ça. Parfait! Mais en fait, cette dame s’avérera n’être que la belle-fille et c’est là que le bât blesse, car l’hôtel est dirigé, en fait, par une vieille dame acariâtre pour qui, TOUT doit se payer.

La veille de notre départ pour Potosi, à chaque fois que nous demandons à la belle-fille, à quel moment nous pourrons installer le tandem et la remorque dans l’espace auquel elle pensait, elle nous dit dans 1 heure. Après 3 demandes, bloqués depuis 3 heures et l’heure du repas ayant sonné, elle finit par nous dire que Belle-Maman ne veut pas qu’on mette les affaires dans le local. On lui dit qu’on part le lendemain matin, qu’on a choisi l’hôtel en grande partie pour ça, et on lui demande qu’elle est la solution de rechange. Elle nous dit qu’on peut louer une chambre d’une personne pour y mettre le tandem, normalement facturée 30 bolivianos, mais qu’elle nous fera « gracieusement » à 25. Waouh! On la voit « embêtée », nous le sommes aussi, on accepte.

Le soir, où nous rentrons de notre virée Potosi / Sucre, nous ne nous posons pas de question et nous dormons dans cette chambre. Le lendemain, nous partons tôt faire le tour des agences avec Félix et Stéphanie, rentrons tard du fait des mésaventures racontées plus haut. Le matin suivant, la belle-fille dit juste à Corinne : « vous ne pourrez pas continuez à dormir dans cette chambre qui est prévue pour une personne ». On part pour le Sud-Lipez, on verra donc ça à notre retour, pensons-nous. Mais dés notre arrivée, ils sont là tous les 3, Belle-Maman, Belle-Fille et Fils (inexistant) et ils veulent que l’on partent sur le champ. Nous, mais aussi Stéphanie et Félix qui ont mis leur tandem et leurs sacoches dans la chambre, le temps de la virée au Sud-Lipez.

Nous avons 2 arguments forts. Nous n’avons pas payé toutes les nuits et nous avons la clef du cadenas qui ferme la porte de la chambre. Comme en plus on a prévu de prendre le train pour la frontière le lendemain, on se dit qu’on va les envoyer paître, dormir dans la chambre cette nuit, et solder tout ça demain matin. Mais je commets une grosse erreur; J’ouvre le cadenas alors qu’ils sont encore là et surtout je laisse la clef sur le cadenas. La belle fille plonge sur le cadenas et le fourre dans sa poche. Plus moyen pour nous d’utiliser la chambre. En plus, ils ne veulent pas donner de chambre à Stéphanie et Félix.

Nous sommes obligés de les menacer de ne pas les payer du tout, pour qu’ils nous donnent une nouvelle chambre, à nous et aux « globetandémistes ». Nous faisons donnant-donnant, nous les billets dans une main, et eux les clefs des chambres. On leur aura laissé une petite fortune (pour la Bolivie), avec le temps que nous y avons passé. Nous même, mais aussi Stéphanie et Félix. Le lendemain, on se fâchera encore, car ils ne veulent pas qu’on laisse nos affaires où que ce soit dans leur hôtel. De jeunes anglais acceptent de les mettre dans leur chambre, la vieille mégère arrive et les menace. Nous les y laisseront quand même le temps d’aller manger, mais pas plus, de peur qu’ils ne soient vraiment embêtés.

Les tandems et la remorque que nous avons fait enregistrer sont dans la salle des bagages spéciaux de la gare. Le train que nous allons prendre tous les 4 ne passant qu’à 2h20 du matin, nous avons une longue journée devant nous. Nous ne voulons pas nous trimballer toutes les sacoches et nous cherchons donc une solution.

Un hôtel acceptera de nous les garder jusqu’à 22h00 pour 4 bolivianos par bagages. Petits ou gros, même prix.

Les nuits à Uyuni sont frisquettes. En revenant chercher nos bagages, craignant le froid, nous demandons au réceptionniste de l’hôtel si on peut rester un petit moment dans le salon qui se trouve juste devant la réception. Il nous dit : « pas de problème, c’est 5 bolivianos par personne ». On n’en pleut plus! On sort très dignement et on a la chance de trouver un café qui nous permet de rester au chaud jusqu’à minuit, après quoi on va tuer le temps dans le hall de la gare.

Le dernier épisode « d’Uyuni, c’est la folie! » va se dérouler pour l’embarquement des tandems et de la remorque, dans le train. Il y a, ce jour-là, énormément de bagages à charger. En fin de matinée, il y a eu de grosses difficultés pour que Stéphanie et Félix puissent prendre leurs billets, du fait de ce problème de place pour les bagages « spéciaux ». Nous , nous avions déjà nos billets depuis quelques jours.

Il y avait également ce matin-là, un motard qui souhaitait enregistrer sa moto. Pensant être « en concurrence » avec le tandem de Félix et Stéphanie, il essaiera même, devant nous, de « corrompre » l’employé de l’enregistrement et le chef de gare. Mais l’employé, préposé à l’enregistrement, voulant essayer d’arranger tout le monde va accepter de prendre tous les bagages. Il nous dira avoir organisé les choses pour que tout puisse être embarqué…Tu parles, Charles!

A l’arrivée du train, à 2h20 du matin, avec le quai complètement bondé, on sent déjà que tout le monde est bien excité. Les filles sont montées dans le train avec les sacoches pendant que Félix et moi, restons sur le quai pour surveiller l’embarquement de nos montures et de la remorque.

Les employés décident d’embarquer en premier la moto. Pas de problème. On les aide, avec le motard, à hisser la bête dans le wagon en la faisant rouler sur une planche de fortune, dont un bout est posé sur le quai, plus bas d’au moins 1m20. Nous pensons qu’ensuite, c’est le tour des tandems. Penses-tu! Le responsable du wagon nous dit « non, non » et il charge des tonnes de trucs en nous repoussant à chaque fois. Ça court dans tous les sens. Personne avec qui parler. Le chef de gare, le responsable de l’enregistrement, sont dans un état second. Le temps passe, nos vélos et la remorque sont encore sur le quai. Et tout d’un coup, le responsable du wagon nous montre l’autre bout du train et nous dit : « vite, vite ». On comprend qu’on doit rapidement emmener nos tandems vers l’autre extrémité du train. Félix a la possibilité de faire rouler son tandem sur une roue qui n’est pas bloquée. Nous, nous avons emballé les 2 roues et nous ne pouvons donc pas le faire rouler. Porter seul un tandem n’est déjà pas chose facile, mais courir avec, en plus, est quasi impossible. J’en bave. Je porte, cours en hurlant pour demander de l’aide aux gens qui sont encore sur le quai. Il faut dire que la cloche qui annonce le départ imminent du train, a retenti. Le motard a disparu, ce qui ne nous étonne pas. Par chance, un brave homme va venir à mon secours et m’aider à porter Aucéba. Arrivés près de la tête, l’employé qui nous accompagne, hyper excité lui aussi, s’arrête, se retourne, semble ne plus savoir quoi faire. On est comme des idiots sur le quai quasi vide maintenant, et Félix et moi qui hurlons : « Où, Où? ». Pas de réponse. On repart vers l’avant. Cette partie du train n’est pas éclairée, elle est hors quai.. L’employé essaye d’ouvrir un wagon de marchandises, n’y arrive pas, essaye le 2ème qui, lui, s’ouvre. Félix allume sa lampe frontale pour y voir un minimum et là, stupeur, le wagon est plein à « raz la gueule ». Ça crie de tous les côtés, le train doit partir. On va tant bien que mal parvenir avec Félix, à coucher les tandems l’un sur l’autre tout en haut de l’amoncellement d’objets que nous ne pouvons pas identifier. Pas de possibilité d’amarrer quoi que ce soit. Dans la manœuvre, je perds l’équilibre, essaye de me rattraper et je me perce la main avec je ne sais quoi. Le wagon est refermé, nous courrons pour parvenir à monter dans le train avant qu’il ne s’ébranle. Je ne sais même pas si la remorque a été embarquée ou non. Je veux me renseigner. Félix m’incite à monter sans tarder. Je veux savoir. J’aperçois un contrôleur à la porte d’un wagon, je monte. Dés que j’ai franchi la porte, il la ferme à clef, m’interdisant de redescendre alors qu’il ne peut me répondre au sujet de la remorque et que je tiens à regarder au moins sur le quai et dans la salle des objets « spéciaux ».

Rien à faire, le train démarre et je me dis qu’après une telle journée, le comble serait que la remorque soit restée à Uyuni. Le contrôleur percevant mon inquiétude, se renseignera et viendra me dire, 1 heure après quand même, que la remorque a bien été chargée et qu’elle se trouve dans le wagon des bagages.

Pour ce qui est de la découverte de nouveaux paysages, nous avons été ébahis par la beauté des sites que nous avons pu admirer au Sud-Lipez. Les lagunes, les montagnes, les déserts, les animaux, tout est un enchantement de couleurs, de formes, de types de roches. C’est une région très isolée, difficilement accessible, très venteuse et particulièrement froide. Le fait que nous soyons seuls sur la quasi totalité des lieux que nous avons découverts, nous aura permis de vivre ses instants avec le sentiments incroyable d’avoir ces lieux pour nous seuls. Le seul « bémol » que nous mettons à cette excursion de 3 jours est lié aux déplacements. Bien bien trop longs, en voiture.

Avant de vous raconter nos premiers tours de roues en Argentine nous voudrions faire notre « traditionnel » petit bilan du pays que nous venons de quitter. Cette fois-ci donc, celui de la Bolivie, où nous aurons tout de même passé presque 1 mois.

Nous avons très peu roulé en Bolivie. Seulement 5 jours! Nous avons passé beaucoup de temps dans des sites comme La Paz et les iles du lac Titicaca côté bolivien. Nous avons adoré ces endroits, que nous avons pu en partie découvrir accompagnés d’amis boliviens. Nous avons aimé ce pays. Dans quelques années, vu les travaux gigantesques engagés, les routes seront bien meilleures et permettront d’effectuer à vélo, certaines des liaisons que nous avons effectuées en train ou en bus. Il est vrai que certains les font déjà à vélo, même dans leur état actuel.

Nous avons trouvé, en point négatif que globalement dans les endroits « touristiques », les boliviens aiment nous réclamer de l’argent pour tout. Marcher, photographier, bientôt respirer peut-être…

Ci-dessous, une liste à la Prévert, d’éléments qui nous ont marqués. Anecdotiques ou plus sérieux :

    • Les boliviens jettent facilement les déchets et plastiques par la fenêtre des bus et des voitures. Mais néanmoins, la Bolivie est nettement plus propre que le Pérou

    • Les personnes âgées ne semblent pas faire l’objet d’attention particulière de la part du reste de la population qui n’a pas d’égards spécifiques pour eux. Ils sont bousculés comme n’importe qui dans la rue. On ne leur cède pas la place dans les bus ou collectivo, même s’ils sont très faibles.

    • La télévision ici aussi est souvent allumée. Mais peut-être moins, tout de même que dans les pays précédents, à l’exception de la France.

    • Prix :

      • une chambre « matrimoniale » avec SdB et eau chaude : env. 60 bolivianos ( env.6,5€)

      • prix moyen d’un repas : 12 bolivianos (env. 1,30€)

      • une bouteille d’eau (2 l) : 4 bolivianos (0,5€)

      • repas le plus cher : 180 bolivianos pour 2 (20 €) anniversaire de Coco (50ans)

      • repas le moins cher : 1, 50 bolivianos (env. 0,16 €) – dans la rue, sur des bancs sans table, sous une bâche près du marché central de La Paz.

    • Ici comme au Pérou :

      • la quasi-totalité des animaux sont en liberté.

      • Tout le monde se promène avec son rouleau de papier toilette.

      • Le papier toilette usagé ne se jette pas dans la cuvette des WC mais dans la poubelle.

    • Evo Morales, le président actuel, est en tête des sondages pour les élections présidentielles qui se dérouleront en Décembre de cette année. Comme au Chili et au Pérou.

       

Et enfin, une petite synthèse de notre périple en Bolivie :

  • 26 jours : du jeudi 24 Septembre au lundi 19 Octobre

  • 24 jours de franc soleil, 1 jour nuageux, 1 jour de pluie

  • 275 kms à vélo

  • la plus longue étape en distance : 109 kms pour relier Sica-Sica à Oruro.

  • la plus longue étape en temps : 5h26 sur le vélo de Sica-Sica à Oruro

  • la plus courte étape en distance : 3 kms pour aller de la gare de Villazon à la frontière argentine.

  • La plus petite moyenne : 12,7 km/h pour relier Uyuni au Salar (et pourtant c’est plat! Mais c’est de la piste)

  • 24 jours passés à plus de 3500 mètres

  • répartition de nos 26 nuits par type d’hébergement : 24 hôtels, 1 dans le train entre Uyuni et Villazon (frontière), 1 en camping sauvage

Nous voici donc arrivés en Argentine. Nous avons rapidement profité de l’infrastructure développée des campings en Argentine. Nous avions envie de camper. C’est ce que nous avons donc fait dés les premiers jours.

Nous avons aussi, tout de suite, pu vérifier que l’accueil des argentins et leur sollicitude n’étaient pas des vains mots. Pour exemple, nous avons été invités, par 8 personnes en 4 jours à venir dormir chez eux si nous le souhaitions. Nous ne pouvions pas être partout à la fois et nous avons donc dû décliner quelques propositions. Nous avons même, parfois, monté la tente dans le jardin des gens qui nous le proposaient.

Nous avons aussi découvert et goûté, un autre aspect emblématique de l’Argentine, à savoir son Maté. Il s’agit d’une boisson, à base d’herbes (yerba mate) que l’on place dans un verre (le Mate). On utilise une sorte de paille (la Bombilla) pour le boire. C’est aussi, un moment social, « de partage ». Le rituel se nomme « La ronda de mate entre amigos » (la ronde du maté entre amis). Le Maté et sa Bombilla, qui ne quitte plus le verre, sont passés d’une personne à l’autre. A chaque fois qu’un « ami » a fini son « verre », il le rend à la personne qui a la thermos. Celle-ci rajoute un peu d’eau chaude au fond du maté par un coin du verre, afin que toutes les herbes ne soient pas mouillées ensemble, et le passe au suivant de la ronde. Et ça tourne comme ça quasiment indéfiniment. Tant qu’il y a de l’eau chaude. On peut dire « merci », par politesse, quand on reçoit le maté. Mais si on dit « merci » en rendant le maté, cela signifie qu’on en a assez et qu’on sort de la ronde. Partout, tout le temps, la quasi totalité des argentins se déplacent avec leur maté et leur thermos d’eau chaude.

Petit, Philippe a beaucoup rêvé de ce pays. Sa cousine Marianne, dont il était amoureux, y vivait. Il adorait faire du cheval et se voyait donc bien vivre dans ce pays et devenir Gaucho (homme marginal, libre, dont les seuls biens sont son cheval et son couteau. Qui chasse pour vivre et loue, parfois, ses services pour toutes sortes de travaux. Qui fut très respecté en Argentine, car il était l’emblème d’un certain code de l’honneur!). A défaut de devenir Gaucho en Argentine, il deviendra Gauchiste en France…

Le fait que le Che soit argentin, aura certainement aussi participé à cette idéalisation. A ce propos nous sommes allés, par hasard, dans son village, près de Cordoba lors d’une virée pour un pique-nique au bord d’une rivière, avec Martin et Karina.

Plus grand, avec l’apparition de la dictature, il idéalisera beaucoup moins d’y venir et militera même farouchement pour que la France boycotte la coupe du monde de football qui s’y déroula en 1978. Avec le succès que l’on connait…

Arrivés à Buenos-Aires, la vue des différents sites « emblématiques » de la période dictatoriale ont ravivé les souvenirs de cette époque. La Escuela Superior de Mecanica de l’Arme – L’école supérieure de mécanique de l’armée, qui servit de centre de détention et de torture et d’où partaient Los Vuelos de la Muerte : les vols de la mort. Les « disparus », martyrisés, étaient embarqués dans un avion et ensuite jetés dans le vide au dessus de la mer. Au Portugal aussi, c’était « raffiné », les disparus étaient mis, pieds et poings liés, dans une barque dont le fond était ensuite percé… Nous sommes également allés sur la plaza de Mayo où les « folles de la place de mai », mères de disparus, tournent tous les jeudis, avec un foulard blanc noué sur la tête et une photo de leur(s) disparu(s), en réclamant de savoir ce que sont devenus leur(s) enfant(s).

Nous avons senti depuis notre entrée dans le pays, en discutant avec de très nombreuses personnes, un bouillonnement, une excitation, une exaspération envers la « classe dirigeante » et les hommes politiques en particulier, qui nous font penser que quelque chose « couve ». L’avenir nous dira…

Nos premiers tours de roue en Argentine, auront été l’occasion pour nous, de franchir le cap des 5000 kms, et de nous adonner à notre séance photo devenue maintenant, traditionnelle…

Nous avons pour la première fois de notre vie, mangé dans des wagons-restaurants et dormi dans une cabine couchette . Nous nous sommes crus pendant quelques heures aventuriers dans l’Orient Express…

A Salta, superbe ville du nord de l’Argentine, nous avons été invités à l’inauguration d’un magasin de gnomes et de fées, ce qui nous a permis, outre de rencontrer beaucoup de gens sympas, de boire du champagne. Ce qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps. Le même soir, nous sommes allés écouter une de nos rencontres de la journée, qui joue de la musique saltanaise (un artiste qui chante accompagné de sa guitare. Tout le monde peut venir jouer avec lui d’un instrument qu’il aura apporté, et/ou chanter avec lui, s’il le souhaite. Ambiance garantie) dans un bar - restaurant très réputé pour ce genre d’évènement. Nos copains saltanais, Alicia, Nathalie et Eugénio qui nous y accompagnaient, nous auront permis de faire plein de découvertes dans cette ville très jolie.

Nous avons également eu la chance qu’un copain cyclotouriste français, Sébastien Rambour, nous envoie les coordonnées d’amis à lui, qui habitent à Cordoba. Nous n’avions pas prévu d’y passer, mais suivant notre règle : Si on est invité, on y va…, nous avons intégré cette ville dans notre périple. Et grand bien nous en a pris. On est « tombé » sur un couple adorable, débordant de vie. Karina et Martin nous ont accueillis avec une gentillesse et une générosité incroyables. Ils nous ont fait partager leur passion de la nature, leur connaissance de la culture argentine et de leur ville en passant énormément de temps avec nous. Nous retournons d’ailleurs les voir dans quelques jours.

Vendredi soir à l’aéroport international de Buenos-Aires, nous avons accueillis Florence (Stéfani) et Christine (Colin). 2 copines, cyclotouristes françaises membres de CCI (Cyclo Camping International), elles aussi. Elle arrivent en « éclaireurs » d’un groupe plus nombreux qui va débarquer dans quelques jours. Nous étions avec nos cousins, Carlos et Marianne qui ont été bien efficaces pour que leur transport vers la capitale, avec leurs montures, ne se transforme pas en une grosse « arnaque » économique. La société qui les véhiculait voulant leur faire prendre, une camionnette pour les vélos, un taxi pour les autres bagages et un taxi pour elles deux. Carlos, très persuasif et joignant le geste à la parole, obtiendra que tout, y compris elles, soit embarqué dans la seule camionnette.

Le lendemain, nous nous sommes baladés tous les 4, à travers la ville, accompagnés de Carlos comme guide personnel. Elle sont parties dimanche, vers la région des 7 lacs, au centre du pays, au pied de la Cordillère. Nous même, allons y aller dans une ou deux semaines. Peut-être retrouvera t-on le groupe pour pédaler quelques jours avec eux, ou au moins « boire un coup », comme nous l’évoquons ensemble depuis plusieurs mois… Qui vivra verra!

En terme de découverte, nous avons aussi eu un épisode « survie ». Dans la Quebrada de Huamauaca. Pour la 1ère fois de notre vie nous avons connu « l’angoisse » de manquer d’eau. Sur une portion d’environ 50 kms entre San Salvador de Jujuy et Salta, avec une végétation luxuriante, des monts et des vallées, et quasiment aucune maison. Il fait très beau, très chaud. Nous avons fini nos gourdes et nous n’avons pas croisé une maison depuis très très longtemps. Il nous reste environ 20 kms à parcourir, les choses ne se présentent pas très bien…. Mais comme d’hab, la chance nous sourit. On rencontre deux jeunes garçons sur un cheval. On leur demande s’ils ont de l’eau. Ils n’en ont pas, mais nous indiquent une ferme qui se trouve à environ 2kms de là. Nous y allons. Corinne rentre dans la propriété qui semble « endormie ». Par chance, le gardien est là et Corinne peut remplir nos gourdes. Plus de peur que de mal. On pourra donc continuer à vous faire partager nos aventures….

On est comme des coqs en pâte ici, à Buenos Aires, choyés par Marianne et Carlos… On en profite en se laissant porter. On part en fin de semaine pour les chutes d’Igazu, à la frontière avec le Brésil.

En attendant, on vous embrasse. Soyez sympas, n’oubliez pas de nous mettre un petit message en utilisant les commentaires à la fin de l’article.

A très bientôt,

P.S. Pour voir la legende des photos, il suffit de positionner la souris dessus. Et, via l’onglet:”photos”, vous pouvez voir plus de photos des pays traverses.

Corinne et Philippe le octobre 12th, 2009

Depuis notre dernier article, où nous vous faisions part de nos interrogations quant à la suite de notre parcours en Bolivie, nous avons très nettement progressé, dans tous les sens du terme.

En fait, une nouvelle fois, nous nous sommes largement laissés porter par les évènements, et comme précédemment, cela ne nous a pas mal réussi.

Nous écrivons ces quelques lignes depuis Sucre. C’est la capitale constitutionnelle de la Bolivie, alors que La Paz est le siège du gouvernement et des finances. C’est également une ville emblématique de la sécession que les « riches » provinces boliviennes, ont tenté d’imposer au pouvoir central bolivien, il y a quelques mois. Celui-ci pour la première fois de son histoire est représenté, depuis 4 ans, par un indien aymara, Evo Morales.

Les prochaines élections, comme au Pérou et au Chili d’ailleurs, ont lieu en décembre de cette année. La constitution bolivienne a été modifiée par référendum pour réduire la durée du mandat présidentiel de 5 à 4 ans et surtout permettre à Evo Morales de se représenter.

Les tentions politiques ont été très violentes dans le pays au moment des déclarations d’indépendance par certains gouverneurs. Certaines provinces ont vu des affrontements se terminer dans le sang, et certains gouverneurs « sécessionnistes » ont été emprisonnés.

Nous voulons donc, en premier lieu, venir dans cette ville pour « sentir » une autre Bolivie que celle que nous percevons sur l’Altiplano, majoritairement peuplée d’indiens. A ce titre, un exemple est frappant. A peine arrivés au abords de Sucre, on voit fleurir un peu partout des « tags » politiques qui appellent à voter NON à la modification de la constitution, alors que nous n’avons vu que des appels à voter OUI jusqu’ici. Nous avons un peu perçu ce clivage, lors de quelques discussions politiques que nous avons pu avoir durant notre séjour à La Paz.

Une devise bolivienne relevée au hasard de nos flâneries: « Nous ne sommes pas les ennemis des riches, mais nous sommes plutôt les amis des pauvres ».

Nous voulons aussi bien sûr, découvrir une ville aux nombreux charmes, et que nous ont recommandé nombre de boliviens, mais également de « routards », ces derniers temps. On commence notre récit par Sucre, mais on va vite s’arrêter, car nous venons tout juste d’y arriver et nous vous en reparlerons plus longuement, lors de notre prochain article.

La dernière fois nous vous avions laissé, alors que nous étions encore à La Paz. Nous avons eu la chance d’y retrouver Stéphanie et Félix, un jeune couple de tandémistes français, qui ont décidé de tout plaquer pour s’offrir Le voyage de noces dont ils rêvaient. Ils sont partis pour 2 ans, mais se laissent la possibilité de prolonger cette aventure Leur philosophie nous plaît : « Nous ne pouvons pas dire que notre projet est à vocation humanitaire ou d’aide quelconque…si ce n’est celui de notre avenir… Partant du constat que nos situations respectives ne nous correspondent pas fondamentalement, nous voyons ce projet plutôt comme un parcours initiatique en allant à la rencontre de populations, paysages et cultures différentes qui comptent parmi les plus grands enrichissements du voyage” .

Nous nous suivions depuis quelques temps, échangeant des mails pour se situer géographiquement. Nous avons fini par nous retrouver une première fois à Copacabana, puis à La Paz, donc. Vous pouvez les suivre et les encourager à partir du lien suivant : http://globetandemistes.wifeo.com/

A notre retour de Sucre, nous devrions faire ensemble le Sud Lipez, région qui semble, elle aussi, magique.

Ces quelques jours auront été marqués par énormément de rencontres de voyageurs. Beaucoup de cyclos, avec la même petite flamme dans les yeux, et la même passion des contacts, de l’aventure et des découvertes. Thiago, Iwao, Adrian, Pablo, Toraji, Emilie et Karel, Olivier et Nadège, Stéphanie et Félix, René. Des bénévoles à nouveau, Tim et Christian, venus aider la Bolivie à développer des centres de santé. Une réceptionniste de La Paz, qui nous a offert, ainsi qu’à Stéphanie et Félix, des pin’s de la Bolivie après avoir gentiment animé chacun de nos passages devant son bureau. Des routards « pédestres » également, Miramie, Sedgwick et Anita,. Nous avons aussi retrouvé des drancéens qui parcourent l’Amérique du sud en 4X4 et avec qui nous avions mangé à Sicuani.

Lors d’une soirée à La Paz, où nous devons manger avec Stéphanie et Félix, deux autres français, Nadège et Olivier, se joignent à nous. Ils vont en sens inverse du nôtre, ils remontent vers le nord. Lui est parti pour 4 ans (avec un budget de 5 euros par jour), et son amie, l’a rejoint au Chili, pour faire un bout de route avec lui. Dans le fil de la discussion, on apprend que l’oncle et la tante d’Olivier, font partie de CCI (Cyclo Camping International). Et, je te le donne Emile, c’est Mireille et Bernard Baerd. De bons copains à nous. Incroyable. A l’autre bout de la terre…

La période a aussi été marquée par quelques « incidents » matériels. Chacun en soi étant minime, pour ne pas dire ridicule, mais cette succession de « mésaventures » montre qu’après près de 5,5 mois sur les routes, tout s’use, et qu’un certain nombre de choses ne finiront pas le voyage avec nous. Le MP3, les lunettes de Philippe, son unique pantalon qui se découd, une paire de chaussettes trouée, une sacoche trouée réparée avec une rustine, une cheminée qui maintient le grand et le moyen plateau, tout ça est à remplacer, à réparer ou à rafistoler, cassés ou tellement abimés qu’ils deviennent inutilisables.

A La Paz, nous avons pu constater qu’il y a deux Bolivie. Une très riche, qui habite, soit en plein centre de La Paz, soit mieux encore, à une vingtaine de kilomètres, près de la Vallée de la Lune (sans intérêt), et qui habitent soit des immenses demeures, sur les hauteurs avec une vue à couper le souffle, soit, ce qui se développe beaucoup, dans des lotissements cernés de hauts murs et gardés par des vigiles. Nous avons également appris, en traversant certaines banlieues « moins aisées » de La Paz, qu’il existe des justices expéditives. Lorsqu’un mannequin est pendu à un poteau à l’entrée du quartier, cela signifie qu’ici la justice est rendue par les habitants et de façon « radicale ».

Nous avons relié Oruro depuis La Paz en 2 jours, alors que nous pensions le faire en 3. Les routes étaient faciles et le revêtement, quasi idéal. En chemin, on rencontre un jeune Uruguayen, Pablo Rusinol, qui lui file en sens inverse, vers le nord, et qui maudit le vent qu’il a en permanence dans le nez. Il est super sympa, et on discute un long moment. Sa maman est professeur de français et si on veut y aller, elle serait ravie de parler avec nous, nous dit-il. Ça sera pour une autre fois…. On garde toujours les invitations….On fait des photos et on s’échange bien évidemment nos adresses électroniques.

Le premier jour de route, on décide d’aller jusqu’à Sica Sica, ce qui doit nous permettre de faire des « petites journées », demain et après-demain. On y arrive vers 15h00. Les derniers kilomètres montent pas mal, pas de grosses pentes, mais très longues et répétitives. Co arrive complètement vannée. On cherche une chambre. On a du mal à en trouver une, car il y a une fiesta dans la ville à partir d’aujourd’hui et pour 4 jours. La première hospédaje est complète, mais on nous propose quand même une chambre, triste, sombre, sans quasiment de lumière, mais en dépannage, donc sympa. A la deuxième hospédaje, il n’y a plus de place non plus. A la troisième, coup de pot, il y a de la place, c’est calme, la dame me dit 15bolivianos. On accepte tout de suite, mais 1 heure après, c’est par personne. On a un peu l’impression de se faire avoir, mais Co veut dormir, c’est une vieille dame et on a pas trop envie de négocier. On galère un peu pour rentrer le tandem dans la chambre, mais on finit par y arriver. L’eau ne fonctionne pas dans les « Banos » (sanitaires communs). Chez les hommes ce sont des toilettes turques. Super! Le papier dans la poubelle et pas d’eau pour chasser les crottes… Le lendemain matin pour notre petit déjeuner, on a deux tasses l’eau chaude. L’une « a vécu » et n’a pas du souvent rencontrer le liquide vaisselle…Pour se laver les dents, comme il n’y a toujours pas d’eau dans les banos, on le fait à un robinet dans la cour.

Le 2ème jour, le matin, une voiture nous double et s’arrête quelques centaines de mètres devant. En sortent un « local » et deux « occidentaux », dont un qui se met au milieu de la route et mitraille avec son appareil photo. On s’arrête bien sûr pour discuter et leur demander qu’il nous envoie les photos, on en a pas tant que ça, de nous deux sur le vélo. En fait ils sont allemands et font partie d’une ONG qui travaille dans le milieu médical. Ils sont en Bolivie depuis plusieurs années. On discute un long moment et on s’échange nos adresses électroniques.

Après quoi, on a encore droit aux chiens qui viennent nous exciter. Depuis hier, on a des cailloux dans ma poche arrière, que Corinne prend pour leur lancer, s’ils deviennent vraiment menaçants. A un moment, j’entends une voix apeurée, me dire « j’en ai plus Philippe ». Il faut dire qu’on en a 2 ou 3 qui nous cavalent après. Alors, il ne reste plus qu’à accélérer, et par chance, ensuite, il y a une descente. On les largue. Aujourd’hui, c’est arrivé 3 fois, et 2 hier. Toujours le matin, et souvent en traversant, ou en approchant des villages. Le matin, il fait un peu frisquet, ça doit les réchauffer. Hier, il y en a un qui nous a montré des crocs inquiétants un long moment, il faut dire qu’à ce moment là on avait pas les cailloux, et je faisais juste le geste. Quand il a compris, non en fait, il comprenait pas, parce qu’à chaque geste, il s’écartait, mais il revenait encore plus agressif. J’peux dire que dans ces cas là, les jambes fonctionnent bien. On a besoin de récupérer après, mais on s’en sort, jusqu’à présent.

Nous sommes arrivés à Oruro, un samedi en milieu d’après-midi, sous un soleil éclatant. C’est une ville minière (étain), et notre inconscient a une vision de ce type de ville, grise, triste, pour ne pas dire lugubre. Ce qui est une belle bêtise, admettons-le, mais c’est comme ça. Aucune de celles que nous avons traversées n’aura été le reflet de cette image. Bien au contraire. Nous avons trouvé, en journée, une ville nonchalante, et le soir au contraire, une ville très animée. Nous avons assisté à une «manifestation festive » des étudiants en médecine, dans les rues de la ville. Leurs costumes et leur énergie étaient tellement sympathiques que personne ne pensait à râler ou klaxonner. Il y avait aussi sur la place centrale, un cours collectif de danse traditionnelle. Très énergique également, avec pour les garçons des « sauts de cabris » dans tous les sens, et des pas très chaloupés pour les filles…

Le train passe 4 jours par semaine dans cette ville pour relier Uyuni. Le Lonely Planet et Guide du routard, « références » des guides pour les routards, descendent tellement le train « Wara Wara del Sur » que nous n’envisageons pas de le prendre. Il passe à Oruro les dimanches et mercredis. Nous sommes dimanche, et pensons devoir attendre le mardi pour prendre l’autre train, « L’Expresso del Sur ». Mais, pour nous rendre compte de la configuration des quais, de l’enregistrement, de l’achat des billets, etc…nous allons faire un tour à la gare. Et comme d’habitude, la chance va nous sourire. Nous commençons une discussion, vraiment par hasard, avec le chef de gare, sans savoir qui il est. Nous en venons à discuter des trains, des horaires, de notre projet. Et là, tout va très vite. Il nous explique que seul, ce train, celui du dimanche et du mercredi, acceptera de prendre notre tandem et la remorque, que celui des mardis et vendredis, ne prend pas de bagages « spéciaux ». Il nous explique où trouver de quoi emballer notre attelage et nous donne rendez-vous à 16h00 pour qu’ensemble nous nous occupions du chargement d’Aucéba et de la remorque.

Nous achetons tout le nécessaire, scotch, carton, couches pour bébés pour les protections des parties fragiles, (ce qui ne manquera pas de faire rigoler les gens présents à la gare lorsque nous procéderons à l’emballage) au marché. Nous allons manger, puis en milieu d’après-midi, direction la gare. On emballe donc le tandem et la remorque, sur place, et lorsque c’est fini, notre copain le chef de gare, nous accompagne à la pesée du matériel, puis appelle le responsable du chargement du train et lui explique que nous allons choisir l’emplacement, que rien ne doit venir contre ou sur nos affaires, que nous allons sangler nous-même, nos équipements et qu’arriver à Uyuni, il faut qu’il nous aide à tout récupérer. Il va d’ailleurs appeler son collègue d’Uyuni pour qu’on nous y réserve le meilleur accueil. Il faut dire que le train arrive à 2h20 du matin à Uyuni….Nous avons juste eu un peu de stress, quand nous avons vu qu’ils chargeaient d’énormes bonbonnes d’oxygène, dans le même wagon que notre attirail. Le responsable a eu beau nous expliquer que ça ne risquait rien, on imaginait déjà, une bonbonne roulant, tombant sur le tandem… Mais tout s’est bien passé et nous avons tout récupéré en parfait état. Voilà comment on s’est retrouvé à Uyuni, en plein milieu de nuit, sans avoir eu le temps de dire « ouf ».

A Uyuni; nous avons bien sûr, découvert le célèbre Salar….Rouler et dormir sur le Salar d’Uyuni, c’est le rêve de tout cyclo. Et là c’est fantastique… Pour nous, touristes, car sur le Salar, il y a aussi des hommes qui creusent en permanence pour récupérer le sel non iodé qu’il contient. Ils sont payés 6 bolivianos (soit env 0,65€) la tonne de sel. Ils sont obligés de porter des passe-montagnes et des lunettes de soleil pour ne pas être brulés par la réverbération du soleil sur cette étendue toute blanche.

L’iode est intégrée par la suite, dans une usine de traitement qui se trouve à Colchani, petit village situé à la périphérie du salar. Et pour la santé, cet ajout est essentiel. Malheureusement, les paysans qui habitent alentour, n’en ont pas tous conscience et les pains de sel non traités se conservant mieux, ils les privilégient. Ce qu’ils ignorent, c’est que l’absence d’iode favorise à la longue le goitre et crétinisme, maladies qui frappent certains villages reculés.

Ce site superbe risque fort d’être profondément transformé dans les années qui viennent. En effet, il semble que sous sa croûte de sel (40m d’épaisseur quand même), le salar renferme plus de la moitié des réserves de lithium du monde. Bien que le site soit protégé, il semble que la décision ait été prise par le gouvernement bolivien d’exploiter ces richesses.

Nous y avons passé 2 jours extraordinaires. Nous étions partis d’Uyuni, avec un cyclo japonais, Toraji, qui voyage seul pour 1 année, et remonte jusqu’au Guatemala. Passés les 25 kilomètres de pistes, complètement défoncés, avec des passages tellement dévastés ou sablonneux que nous avons été plusieurs fois obligés de pousser, avant d’ enfin, arriver sur le Salar. Y rouler, en entendant les cristaux exploser sous les pneus, s’orienter un peu comme on peut, car il n’y a aucune indication bien sûr. Se sentir « seuls au monde » dans cette immensité. Y manger le soir en discutant et en observant le soleil couchant. C’est vraiment magique. On s’emmitoufle dans nos duvets à 19h00, on éteint à 20h00. Ceci, sans parler du lever de soleil, inoubliable! On est sorti, un peu, pas très longtemps, car à cette heure-là, le froid est très vif. On s’est vite re-glissé dans nos duvets bien chauds, on a ouvert la tente en grand et on a « profité ». La veille, en l’installant, on a orienté la tente à l’est, justement pour profiter de ce spectacle. Après un moment, Co se rendort. Toraji doit encore dormir, il a planté sa tente plus loin et on ne l’entend pas. Je prends les écouteurs et me mets la musique que j’aime. Écouter les Creedence, Balavoine, François Béranger, etc…, devant un tel spectacle, avec Coco endormie à côté, restera un moment de félicité que j’aurais personnellement rarement connu.

Nous avons eu du mal à planter nos piquets dans ce sol dur comme de la pierre. J’ai apprécié mon gros clou pour préformer les trous, et mon marteau. Ils m’ont bien rendu service. Sans eux, n’ayant pas une tente « autoportante », nous n’aurions pas pu dormir sur le Salar. Et ça, c’eût été vraiment dommage. Ces 2 jours resteront des moments marquants de notre voyage, c’est sûr!

Au retour, nous devons à nouveau emprunter la piste qui mène à Uyuni, c’est la galère. Elle est vraiment complètement pourrie. On essaie de prendre des pistes parallèles sur les bas côtés, mais çà n’est pas vraiment mieux. Et donc, on en « chie », comme à l’aller, d’ailleurs les moyennes sont identiques, malgré le vent dans le dos. En fait, on est obligé d’aller doucement si on ne veut pas tout casser. On est d’ailleurs obligé de pousser plusieurs fois car la tôle ondulée, où le sable risqueraient de causer trop de dégâts. Le comble, c’est qu’ arrivés à peu près à 10 kms d’Uyuni, la piste est barrée par environ 5 ou 6 camions qui bloquent la route, nous obligeant à passer sur le bas-côté, dans le sable pour rejoindre la route plus loin. Ce sont les transporteurs de la région qui bloquent tous les accès à Uyuni. Ils réclament de pouvoir travailler dans d’autres districts, dans lesquels, ils n’ont pas le droit d’exercer jusqu’à présent.. L’approche des élections présidentielles doit aussi exacerber certaines revendications. En vélo, on s’arrange toujours nous semble t-il. Mais cette grève nous bloquera pour notre voyage vers Potosi et Sucre. On sera, là encore, philosophe et surtout pas excité comme certains, qui crient au scandale de se voir bloquer ainsi, « pris en otages », (ça nous rappelle des « interviews TF1 », lors de grèves dans les transports en France). Comment autrement que par l’action, appuyer ses revendications quand les discussions sont suspendues ou n’existent pas?

Arrivés à l’hôtel, je nettoie Aucéba et la remorque d’abord au balai pour dégrossir puis, avec une éponge. Il y a tellement de poussières et de sel partout, sur les sacoches, sur les vêtements. Co d’ailleurs lave tous nos vêtements qui sont infestés de poussières.

Cette période a aussi été marquée, par les contacts avec les amis que nous allons retrouver dans différents pays, Argentine, Nouvelle-Zélande, Vietnam, Thaïlande, dans les prochains mois. Ils réservent leurs billets d’avion, on essaye de déterminer où nous allons pouvoir nous retrouver. Ça nous fait vraiment plaisir d’avoir ces contacts. Car ce sont des gens qu’on aime et sans se projeter, pour continuer à profiter de l’instant présent, nous nous réjouissons de les retrouver et de partager ensemble une partie du voyage ou plus exactement, un voyage.

Nous sommes ensuite allés à Potosi, où nous avons visité le musée de la monnaie. Cette ville est célèbre pour sa montagne qui renfermait de phénoménales réserves d’argent. La légende veut qu’en 1544, un jeune berger qui avait perdu des lamas, décida de passer la nuit sur la montagne. Comme le froid arrivait, il fit un feu et tout à coup aperçut un filet. C’était un filet d’argent qui coulait, fondu par la chaleur du feu. Ainsi naquit la folie de Potosi.

Dés 1545 Charles Quint, roi d’Espagne, ordonna l’extraction des richesses de Potosi. A partir de cette époque, 8 hôtels de la monnaie frappèrent la monnaie pour la couronne espagnole, à travers toute l’Amérique du Sud. A cette période, la valeur des pièces étaient universelle. Tout cet argent a été injecté dans les économies européennes par la couronne d’Espagne. C’est grâce à cet argent, principalement, que les pays européens, sont devenus si riches et si développés. Des milliers d’indiens, mais également des esclaves africains sont morts dans les mines d’Amérique du Sud pour extraire toutes ces richesses, dont aucun d’entre eux n’a pu profiter à l’époque. Et qui aujourd’hui encore, n’est pas considérée par nos pays occidentaux, comme une dette vis à vis de ces pays.

La Bolivie frappa la monnaie pour elle, à partir de son indépendance, en 1825. Mais elle ne le fait plus actuellement. L’année dernière, c’est la France qui a fabriqué ses billets, et c’est le Chili qui a frappé ses pièces.

On va vite fait, ensuite, d’ attraper un bus pour aller à Sucre où nous arrivons vers 17h30. C’est rigolo, parce qu’il y a une mini émeute dans le bus, car au milieu d’un quartier de Potosi, donc même pas au terminal, le bus attend une dame qui n’arrive pas, retardant d’une demi-heure le départ effectif. Rapidement, le chahut commence. J’y participe, et ça s’échauffe. C’est rigolo.

Avant de vous laisser pour quelques jours, nous voulons vous donner, en vrac, diverses petites infos et vous faire part de quelques réflexions :

Tout d’abord, concernant nos petits bobos, on vous rassure immédiatement, l’atout tout…, mais non, la toutou, ah mais c’est insupportable ces doigts qui « fourchent », donc on vous disait, la toux de Corinne, tout va bien. Elle a quasiment totalement disparue.

On ne vous en a plus parlé, mais nos fourmis dans les mains se sont nettement améliorées depuis que nous avons changé la guidoline au Maroc.

Pour tous ceux qui auraient des difficultés à nous joindre par téléphone, on vous propose de vous mettre en contact avec Paul, qui parvient lui, à nous joindre partout. Même dans les endroits les plus reculés… (en fait, maintenant, on achète une puce par pays, mais notre téléphone « dézoné » n’est que « bi-bande » quand ici, ils fonctionnent plutôt en « tri ou quadri-bande »)

Nos enfants Sébastien et Aude ont depuis peu, un an de plus. Sébastien 24 ans et Aude 19.

En Bolivie, la forme des jupes des femmes indique leur condition. Plissée, c’est une femme mariée, droite, elle est «libre».

Nous apprenons que le prix nobel de la paix a été décerné à Barack Obama. Nous devons être totalement déconnectés des réalités et avoir « raté » nombre d’informations. Le budget de la défense américaine a t-il été divisé par 4? La CIA a t-elle été dissoute? Le président américain a prévenu les dictateurs de tous poils qu’à l’avenir, ils ne seraient plus soutenus par la puissance américaine, Les troupes américaines se sont retirés des pays dans lesquels ils sont intervenus…. Merci à ceux qui ont les infos de nous faire une mise à niveau, parce que là, « brute de fonderie », cette distinction est mal comprise.

A très bientôt,

On vous embrasse, et n’oubliez pas de nous mettre un petit message en utilisant les commentaires à la fin de l’article.

Corinne et Philippe le octobre 1st, 2009

            Le titre fait scato et on peut dire qu’il l’est. On veut tout de suite vous l’expliquer afin que les yeux « chastes », ne s’offusquent pas trop et poursuivent la lecture de nos aventures.

 

             Titicaca, tout d’abord, car nous le côtoyons depuis quelques jours maintenant. Il s’agit, mais vous l’aviez tous deviné, du fameux lac que se partagent Pérou et Bolivie. Son nom vient de Titi Khar’Ka (le rocher du puma, qui se trouve sur l’Isla del Sol, une des îles bolivienne sur le lac). A ce sujet, une petite blague bolivienne concernant le partage du lac. Ils disent : « Nous, c’est Titi, et le Pérou, c’est Caca ». Ça me rappelle, quand on était petit, à la maison, mon père m’appelait « pipi » et ma sœur « caca ». Il avait certainement choisi nos prénoms pour pouvoir faire cette blague. Moi, Philippe et ma sœur, Catherine….

            Et maintenant Bonnes Diarrhées. C’est vrai que nous avons déjà dû  prendre 2 ou 3 fois des capsules d”Immodium, médicament « radical » pour bloquer les « sorties » en cas de début de gastro. Ce qui ne nous empêche pas de manger de tout. On fait seulement attention à l’eau. Le deuxième sens est lié aux nombreux échanges avec nos interlocuteurs locaux, qui se finissent immanquablement par « Bouaine Biaré ». Ce qui s’écrit en espagnol, si on ne se trompe pas, « Buen Viaje » et qui veut dire « Bon voyage ».  On a fini par se faire cette blague entre nous. Elle nous fait sourire et comme on vous sait bon public, on vous la fait partager.

            On sent que l’impatience gagne certains rangs. Bon, tout ça, c’est bien sympa, mais vous n’avez quand même pas organisé un tour du monde juste pour nous raconter des blagues. Qu’avez-vous fait depuis la dernière fois?

            On y vient! Pas grand chose en fait, mais nous rappelons à chacun, que nous sommes en méga grandes vacances et qu’à ce titre, on est libre de notre temps.

 

            On veut aussi commencer par pousser un « coup de gueule ». Nous apprenons que les méthodes de management n’ont pas changé le moins du monde depuis notre départ. Des chefaillons mettent la pression sur certains et certaines, dans l’espoir de les voir craquer et ainsi, s’éviter le licenciement et les indemnités qui vont avec. Quand cette première technique ne fonctionne pas, ils montent un dossier, en concertation avec la DRH, dans lequel ils fixent des objectifs totalement irréalisables, de façon à encore faire monter « la température » de l’employé. Et si celui-ci ne craque pas, ils n’hésitent absolument pas à le licencier pour faute grave, avec parfois même, l’impossibilité de pénétrer dans l’entreprise dés le lendemain. Une copine est entrain de vivre ça et nous voulons lui souhaiter bon courage, et lui dire que nous aimerions être là pour l’aider davantage. On sait qu’il y a beaucoup de gens qui l’apprécient au travail, et qui chercheront à la soutenir, mais quand la « machine » est lancée, il est difficile de l’arrêter.  Y’en a marre de ces modes de fonctionnement, dans lequel le seul objectif est l’accroissement des résultats sans se soucier le moins du monde des individus qui concourent à la vie de l’entreprise et qui pendant des années ont permis son expansion.

            En ce moment, ça doit être encore plus facile, en s’abritant derrière « la crise »! Vous avez aussi, si on a bien compris, un thème « porteur » en ce moment, la grippe H1N1.

            Pour « solder » ces 2 sujets, crise économique et grippe, nous avons une proposition à faire. Surtout qu’il semble que les « forces vives de la nation » commencent à déserter le pays. Nos correspondants sur place nous citent en exemple, 2 jeunes Villemomblois partis parcourir le monde. Attention à l’hémorragie!

            Il faut toujours apprendre du passé. Les incas pour demander la protection de leur dieu Inti, dieu soleil, sacrifiaient le ou la meilleur(e) d’entre-eux, dans une cérémonie qui se déroulait aux sommets des plus hautes montagnes pour être au plus près de leur dieu. On peut d’ailleurs voir au musée d’Aréquipa, la momie de Juanita, jeune fille sacrifiée lors d’un de ces rituels. 

            Notre proposition est donc la suivante. Déterminer en France qui est le meilleur d’entre nous. Oublions Juppé et les fameux propos de Chirac, le qualifiant ainsi. Je crois que tout le monde pense immanquablement au même personnage. Son abnégation, sa dévotion, sa volonté d’être au service des autres, son détachement des biens matériels, sont autant d’éléments qui conduisent tout de suite notre pensée vers notre illustre Chef. Dés que cette proposition lui sera soumise, ne doutons pas que pour l’intérêt du plus grand nombre, il soit fier et honoré d’avoir été choisi. Et il se conduira comme à son habitude, fier comme un coq (français) sur ses talonnettes . Vous l’avez tous sur le bout de la langue… et oui, nous avons tout de suite pensé, à notre guide suprême, Nicolas.

            Nous avons dans nos amis (ça peut surprendre, mais c’est comme ça), un homme qui saura trouver le canal, parmi ses relations proches du pouvoir, afin que cette proposition arrive jusqu’aux oreilles de notre omni-président. Après son sens du devoir saura le guider….

 

            Bon alors après avoir réglé en « deux coups de cuillères à pot », ces problèmes, nous allons vous narrer les péripéties survenues, depuis notre dernier article.

            Après Sicuani, nous nous sommes  arrêtés, comme il se doit, aux sources chaudes d ’Agua Calientes, puis nous avons franchi le col d’« Abra La Raya », où juste après, nous avons essuyé de la grêle.  En laissant le vélo à Juliaca, nous sommes allés passer 3 jours à Aréquipa, ville dans laquelle nous avons eu la chance de rencontrer Carlos ZARATE, président pour la partie péruvienne de l’association « Bambins des Bidonvilles – Rayo del Sol », dont Marie-France Coudurier, une amie cyclo, est la présidente pour la partie française. Il a eu la gentillesse de nous emmener visiter les installations et les travaux en cours dans les locaux de l’association, dans la banlieue pauvre d’Aréquipa. Carlos Zarate est aussi guide de haute montagne et un des « découvreurs » de la momie Juanita, jeune inca, dont nous avons parlé plus haut. Nous avons également eu le grand plaisir de rencontrer Christian Dion, qui s’est installé il y a 6 ans à Aréquipa, et qui y a monté une agence de tourisme. Nous étions en contact avec lui depuis quelques temps. Nous avons discuté un long moment ensemble autour d’un café français. Il nous a donné plein de renseignements et des contacts qui vont nous aider pour la suite de notre voyage.  A Aréquipa, nous avons aussi visité le magnifique Monastère San Catalina.

 

 

             Nous sommes actuellement basés à La Paz, d’où nous rayonnons. Dans tous les sens du terme.

            Nous y sommes arrivés relativement vite après avoir rencontré de nouveaux « amis » à la frontière. Ils sont boliviens et habitent à La Paz.

            Carlos et Marianella ont travaillé, clandestinement, de nombreuses années en Suisse, avant d’être arrêtés et de devoir quitter le pays. Pour la petite histoire, ils ont cotisé pendant toutes ces années et Carlos a pu divorcer en Suisse alors qu’il était clandestin. Il nous a raconté, qu’il vivait en permanence avec la peur au ventre. Il s’est fait arrêté, parce que sa voiture a pris feu sur son lieu de travail et que bien évidemment, police et pompiers sont arrivés pour circonscrire le sinistre. Ils lui ont demandé ses papiers, qu’il n’avait pas bien sûr. La police a alors demandé au patron de Carlos de faire les démarches pour régulariser sa situation. Il a refusé, et lui a dit : « tu vas devoir rentrer chez toi, Carlos ». Salopard, c’est sûr, il aurait dû le payer au tarif digne de ses qualifications. Il est ingénieur agronome….. Marianella, elle, nous a raconté l’angoisse lors de son arrestation de ne pas pouvoir avertir ses enfants, de peur qu’ils ne soient à leur tour arrêtés, et l’humiliation subie lors de la fouille corporelle.

            Nous nous sommes donc retrouvés le soir à Copacabana, petite ville touristique au bord du Lac Titicaca, qui se trouve à 8kms de la frontière et d’où s’effectuent la plupart des visites des iles du côté bolivien.

 

            Nos « amis » boliviens, une famille «recomposée », Carlos, son amie Marianella, et les enfants de Marianella, Franklin et Kimberly, nous ont proposé de les accompagner jusqu’à La Paz avec leur voiture. Ils partaient dès le lendemain.

            Nous nous sommes laissés un temps de réflexion car nous voulions faire la route jusqu’à La Paz en vélo. Nos amis français nous ayant précédé, en vélo, dans ces contrées, nous ayant dit que les paysages étaient magnifiques. Nous voulions également, aller sur l’Isla del Sol (l’île du soleil), où nous voulions passer une nuit pour assister aux coucher et lever du soleil qui y sont mémorables. Mais depuis maintenant 5 mois, nous savons combien il est précieux d’avoir des « amis » du pays qui nous font découvrir d’autres aspects, que ceux auxquels peuvent conduire la seule lecture des guides, même si on sort en permanence des « sentiers battus ».

 

            On a donc accepté leur gentille proposition et nous ne le regrettons pas. Le matin avant de partir vers La Paz, nous sommes allés tous ensemble sur « l’Isla Flotante » (l’île flottante), que connaissait Carlos. Elle est  faite en totora, comme l’île d’Uros du côté péruvien, mais elle est bien moins touristique. Nous y avons mangé des truites que nous venions de pêcher, nous-même. Nous étions 6 sur l’île, ce matin là. Nous nous sommes attablés pour déguster cette truite. Il faisait grand beau et le site nous a donné un avant goût de ce que nous imaginons être Tahiti.

            Nous rayonnons donc.

            Tout d’abord, nous avons dû remplacer un rayon de la roue arrière. Il n’a pas supporté le traitement que nous lui avons infligé sur les routes très très inégales du Pérou. Il a décidé de « se casser ». Ça  tombait mal! C’est la seule réparation que Philippe n’a jamais réalisé avant notre départ. Par chance, il a cassé à moins de 3kms du village où nous voulions nous arrêter ce jour-là. Dans l’auberge de jeunesse où nous avons dormi, il y avait de l’espace pour effectuer la réparation. De plus, tous les éléments, cassettes, disque, se sont laissés démonter sans difficulté. Les « problèmes » sont apparus lorsqu’il a fallu mettre en place le nouveau rayon. Il faut en effet, le faire passer derrière un premier, puis devant un autre avant de le fixer. Mais avec tous les autres rayons déjà en place, ça ne passait pas. Philippe n’osait pas trop le « contraindre » pour le faire passer. Mais après avoir tourné et retourné le problème dans tous les sens, il a dû s’y résoudre. D’ailleurs si des copains cyclo ont une technique particulière qui simplifie l’opération, Philippe est preneur. Philippe était très content, car il est parvenu à le mettre en place, sans enlever, ni le pneu, ni la chambre à air, en réutilisant l’écrou de l’ancien rayon. 

 

            Nous rayonnons aussi dans La Paz. C’est une ville tentaculaire. Les maisons du quartier populaire d’El Alto, la partie haute de la Paz, occupent toutes les collines entourant la ville.  On n’aperçoit aucun espace libre. Tout ceci est fait en plus dans le plus grand chaos. L’impression en arrivant est saisissante. C’est GIGANTESQUE! Entre le haut et le bas, le dénivelé est de 800 mètres. Cette capitale, la plus haute du monde est, en effet, étagée de 3200 à 4000 mètres. La Paz, a proprement parler, se trouve au fond de la cuvette.1.480.000 habitants vivent dans cet espace alors que l’ensemble de la Bolivie n’en compte que 8 millions environ.

           

 Dans l’ensemble de la cité, la circulation est infernale. On a l’impression que tout est bloqué, mais ça bouge quand même. Les gaz d’échappement sont d’une noirceur inquiétante. Coco et moi avions tous les 2 un rhume en arrivant. Avec la pollution, la situation a nettement empiré pour Co qui tousse énormément et craint pour son oreille, car elle qui est sujette aux otites.

 

 

            Autrement déambuler dans cette ville est agréable. Il y a une effervescence permanente. C’est aussi, un gigantesque marché. Partout, il y a de petits étals, organisés ou non, qui occupent les trottoirs, et une partie de la chaussée. Il y a également de très beaux monuments. On aime bien cette ville. Seule la toux de Coco nous embête.

      

 

  

    Nous rayonnons enfin, en retournant à Copacabana pour nous rendre sur l’île du soleil où nous avons la chance de trouver une chambre exceptionnelle, à un prix, après négociation, défiant toute concurrence. Des baies vitrées sur 3 côtés, et juste en face de la Cordillère Royale. De ce côté-ci, nous ne pouvons pas assister au coucher de soleil, il faut que nous allions chercher un endroit à pied. Par contre, demain matin, pour le lever de soleil, on pourra y assister depuis le fond de notre lit. Et ça c’est top. Ne pas avoir à sortir sur les coups de 5h30 du matin, c’est bien, n’est-ce pas? Malgré des nuages qui masquent un peu l’horizon, ces 2 spectacles sont incroyables. Imaginez un endroit, sans aucun bruit autres que ceux de l’environnement naturel. Il n’y a aucun véhicule sur l’île. Nous croisons une personne de temps en temps. On a vraiment l’impression d’être seuls, pour assister à ce spectacle qui s’offre à nous. Le lendemain, après avoir assisté au lever de soleil, en sortant du lit, seulement pour faire quelques photos, nous allons faire une randonnée sur l’île en laissant nos affaires à l’hôtel. Nous avons rendez-vous à 14h00 avec la dame de l’hôtel, pour les récupérer afin de pouvoir prendre le bateau de 15h30 qui nous ramènera à Copacabana, où nous espérons pouvoir enfin, rencontrer Stéphanie et Félix, autres tandémistes français, avec qui nous sommes en contact, qui nous suivent à quelques jours, et qui devraient être arrivés à Copacabana hier dans l’après-midi. A 14h30, comme la dame n’est pas là, Philippe décide de rentrer comme il peut dans l’hôtel. Par chance, une des fenêtres de la cuisine, est mal fermée. Il parvient à l’ouvrir et, de cette façon, récupère nos affaires.

 

            Nous avons prévu de dormir à Copacabana pour ne repartir que le lendemain matin à la première heure, afin d’être à La Paz pour manger chez la maman de Carlos,  chez qui nous sommes invités, avant d’aller tous ensemble dans l’après-midi, visiter la « Vallée de la Luna » (vallée de la Lune).

            On a réservé une chambre dans laquelle, nous avons déjà dormi, mais une « embrouille », fait que nous nous fâchons avec le gérant de l’hôtel qui veut nous refiler, au même prix, une autre chambre car il a déjà reloué la nôtre. Certainement à un prix supérieur à celui que nous avions négocié. Comme nous avons pour habitude de visiter quasiment tous les lieux d’hébergement d’une ville avant de nous décider, nous l’avions fait mardi dernier, lors de notre précédent passage à Copacabana, et nous avions repéré entre-autres un hôtel super, mais dont la chambre « matrimoniale » était difficilement accessible pour y mettre le tandem et la remorque. Comme cette fois-ci, nous ne les avons pas, nous les avons laissé chez Carlos à La Paz, nous n’avons pas de problème. On y va donc, et le hasard fait, à nouveau bien les choses, car nous apprenons que Stéphanie et Félix sont aussi descendus dans cet hôtel. Ils y ont laissé leur tandem, mais eux sont partis dormir cette nuit sur l’Isla del Sol.

            Ce matin donc, lundi 28 septembre, nous allons tranquillement chercher un bus pour aller à La Paz. Bizarrement, sur la place habituellement noire de mini-bus, il n’y en a aucun. On se renseigne, et on nous apprend que la route est coupée par des pierres. Comme il a beaucoup plu cette nuit, on imagine un éboulement, mais il n’en est rien. Ce sont les supporters d’un candidat à l’élection présidentielle, qui a lieu en décembre de cette année, opposant à Evo Morales, qui trouvant que la région manque de moyens de la part de l’état, ont décidé d’organiser un barrage sur la route. On ne sait pas trop à quelle heure, ce barrage sera levé. Ce qui n’est pas trop un problème pour nous, qui n’avons pas d’impératif, on a simplement prévenu Carlos de ce contretemps et le programme d’aujourd’hui est reporté à demain,  mais pour un couple d’allemands qui a un avion demain matin à La Paz pour Buenos-Aires et dont tous les hôtels pour la suite sont réservés, la situation est bien plus « stressante ».

            Nous, on prend ce contretemps comme une chance, qui nous permet de « trouver » du temps, afin d’essayer de finir notre article. On prend notre « mal » en patience. On verra suivant l’évolution de la situation. Eux sont très tendus et cherchent une solution alternative. Ils envisagent de repasser au Pérou, pour atteindre La Paz par l’autre frontière. C’est beaucoup d’heures de route, avec de nombreux changements de bus, aléatoires, et surtout le risque que les supporters du fameux candidat, bloquent aussi cet accès qui est bien plus commercial et donc plus sensible que le nôtre qui n’est majoritairement que touristique. De plus nous savons, si c’est comme au Perou, que lors de grèves ou de manifestations, tout le monde doit y participer. Si un « local », se limite à regarder sans participer, il est aussitôt « pris » par les manifestants, obligé à venir participer et en plus fouetté pour lui apprendre. Donc en général, il y a peu de non-manifestants

 

            On voudrait aussi faire un petit bilan de ce mois et demi passé au Pérou. En premier lieu, dire que l’on a adoré ce pays et ses habitants.

            Les paysages sont époustouflants. Malheureusement nos photos ne peuvent pas refléter l’immensité et la beauté incroyable de la plupart des endroits que nous avons traversés.

            Nous avons vu plusieurs Pérou. En premier lieu Lima, qui est à part. 9 millions d’habitants pour un pays qui en compte 33millions! Plus du quart des péruviens vivent à Lima! Cette ville grise, dans laquelle la majorité des gens se barricadent derrière de grosses grilles, est « déstabilisante » lorsque l’on arrive, mais ensuite quand on la parcourt, on lui trouve beaucoup de charme. En deuxième lieu, les régions le long de la côte pacifique, de part et d’autre de la panaméricaine, que nous avons parcourues jusqu’à Nazca sont désertiques, grises, tristes et plates. Puis, à partir de Nazca et jusqu’à l’Altiplano, c’est pentu, c’est le moins qu’on puisse dire, pierreux et assez désertique. La partie suivante jusqu’à Cuzco est vallonnée, verte et plus riche. Cuzco et Arequipa, sont deux villes très, « trop » touristiques, mais qui sont très agréables dés que l’on s’isole un peu du quartier touristique. La vallée sacrée, à côté de Cuzco, est magnifique. Et enfin, les régions qui vont de Cuzco jusqu’à la frontière, sont  quasi plates. A partir de Puno et jusqu’à la frontière, on longe le Lac Titicaca et là les paysages sont sublimes, les couleurs de la végétation, du lac, des roches, rendent cette partie particulièrement belle.

            L’état des routes est très aléatoire, il semble dépendre de la richesse de la  région traversée et de la proximité des élections régionales.

            Par contre les habitants sont vraiment adorables dans tout le pays. Peut-être un peu plus « rustres » et moins conviviaux en arrivant dans la région de Juliaca et de Puno.  Moins de signes de sympathie. Mais c’est tout à fait marginal vu la taille du pays. Les gens cherchent toujours à vous aider et si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous trouvez toujours quelqu’un qui s’occupera de vous. Si vous demandez l’hospitalité dans un village qui n’a pas d’hébergement « organisé », la communauté se concertera et vous trouvera une famille qui vous accueillera pour la nuit. Saurait-on faire de même?

 

           

 

Nous nous sommes faits beaucoup d’amis dans ce pays. Des français, qui ont décidé de venir aider ce pays et sa population, en travaillant dans des associations, en montant des « entreprises ». Des péruviens, qui avec la gentillesse évoquée nous ont donné beaucoup, de façon totalement désintéressée. Certains de ceux évoqués resteront des amis au-delà de la simple rencontre pendant notre périple.

 

           

 

 Ci-dessous, une liste à la Prévert, d’éléments qui nous ont marqués. Anecdotiques ou plus sérieux :

-        La musique est toujours très forte. Partout.

-        La télévision est allumée en permanence. On avait déjà évoqué ça dans tous les pays traversés à l’exception de la France.

-        Les motos, en ville, roulent souvent avec leur béquille latérale dépliée.

-        Prix :

-        une chambre « matrimoniale » avec SdB et eau chaude : env. 35 soles ( env.9€)

-        prix moyen d’un repas : 5 soles (env. 1,25€)

-        une petite bouteille d’eau (650ml) : 1,50 soles (0,4€)

-        repas le plus cher : 77 soles par personne (env. 19,5€) anniversaire de mariage (27ans)

-        repas le moins cher : 1, 50 soles par personne

-        Les péruviens ne font pas la queue et passent devant les autres sans aucun problème, même si la personne est entrain d’être servie.

-        Ils sifflent les serveurs

-        La quasi-totalité des animaux sont en liberté. Ils sont « marqués » avec un signe distinctif propre à leur propriétaire.

-        Tout le monde se promène avec son rouleau de papier toilette.

-        Le papier toilette usagé ne se jette pas dans la cuvette des WC mais dans la poubelle. Cette consigne de jeter dans la poubelle existe, car sinon les péruviens jettent n’importent quoi dans les toilettes, chaussures, vêtements, etc…

-        Les péruviens ont été traumatisés par la guerre civile qui existait à l’époque du mouvement révolutionnaire du Sentier Lumineux. Et tous, sans exception, enfin tous ceux que l’on a croisés vouent un culte à Fujimori, qui a éradiqué ce mouvement, avec des méthodes extrêmes. Il a été jugé pour les crimes commis dont il ne pouvait pas ne pas avoir connaissance, et est incarcéré pour 25 années. Mais sa fille Keiko, qui se présente aux prochaines élections présidentielles qui ont lieu en décembre, comme en Bolivie, comme au Chili, est en tête des sondages et a de très fortes chances d’être élue. 

 

Et enfin, une petite synthèse de notre périple au Pérou :

-        43 jours : du mercredi 12 Août au mercredi 23 septembre

-        31 jours de franc soleil, 2 jours de soleil voilé, 6 jours de brume, 3 jours de pluie

-        830 kms à vélo

-        la plus longue étape en distance : 98 kms pour relier  Ayaviri  à Juliaca.

-        la plus longue étape en temps : 4h25 sur le vélo de Quiquijana à Sicuani

-        la plus courte étape en distance : 25 kms pour aller d’un camping sauvage à Villatambo. C’est aussi la plus faible moyenne : 5,8 km/h

-        20 jours passés à plus de 3000 mètres

-        répartition de nos 43 nuits par type d’hébergement : 21 hôtels, 17 chez des particuliers, 2 en camping sauvage,  3 dans les locaux d’associations

 

            Nous sommes donc, maintenant en Bolivie. Pour combien de temps? Nous ne le savons pas. Nous voulons simplement être à Buenos-Aires, chez Marianne, la cousine de Philippe, pour la fin Octobre. D’ici-là, nous voulons passer à Oruro, Potosi, Sucre et enfin Uyuni. D’après les cyclos rencontrés, un japonais, un brésilien, et un argentin, la route à partir d’Oruro semble quasi impraticable. Donc que ferons-nous? Comment? On va voir ça en avançant. On vous tient au courant dans les jours qui viennent.

 

 

On vous embrasse tous.

 Si vous en avez la possibilité, vous savez combien cela nous fait du bien, mettez-nous un petit mot, dans la case « Commentaire » à la fin de l’article. Ce n’est d’ailleurs pas forcément un commentaire, mais quelques nouvelles, une blague, ce que vous voulez, mais mettez-nous 2,3 lignes.  Et si vous pouvez prendre la bonne habitude de le faire à chaque nouvel article, ce serait super sympa.

Merci à tous ceux qui le font déjà et merci d’avance à tous les autres.

 

Gros bisous.

Philippe et Corinne          

           

 

 

 

 

Corinne et Philippe le septembre 16th, 2009

Nous reprenons notre histoire, là où nous nous étions arrêtés, à savoir à Andahuaylas, dans l’association « Munay ».

Nous sommes installés dans les locaux de l’association à Munay Wasi. Là, nous sommes les seuls « non péruviens ».

Raul, le coordinateur des projets de Munay, nous fait visiter le site. Il y a:

  • une école pour les petits de 3 à 5 ans, qui sont environ une quarantaine avec 6 assistantes maternelles.

  • une classe pour les enfants de 6 à 8 ans.

  • un cabinet dentaire superbement équipé, mais qui ne fonctionne que lorsque qu’un dentiste volontaire y vient.

  • une bibliothèque avec ludothèque pour les enfants.

  • des dortoirs pour les volontaires qui viennent travailler dans l’association.

  • une cuisine, ainsi qu’une cantine, qui fonctionnent avec l’école.

  • une salle commune dans laquelle se tiennent des réunions de quartier ou bien des séminaires, ou encore des fêtes. Et, en ce moment, pour 3 jours, cette salle sert de dortoir pour une soixantaine d’enfants qui sont en classe découverte.

Le soir nous allons faire quelque courses dans le quartier pour manger. Corinne qui est mal fichue s’abstient, elle est vraiment patraque, elle a froid et pratique avec assiduité les toilettes!

Nous venons d’entamer notre cinquième mois de voyage. C’est incroyablement riche ce que l’on vit. Le temps file….

Le lendemain, nous avons rendez vous, sur la Plaza de Armas, avec Raul, qui va nous servir de guide, aussi bien pour les activités de MUNAY, que pour les visites « touristiques ».

Nous allons commencer par visiter le marché d’Andahuaylas. Il est gigantesque. On y trouve de tout. Philippe s’y achète un lance-pierre, en souvenir de son enfance et également pour éloigner les chiens si nécessaire. Mais il a bien perdu la main, et Raul doit l’initier au maniement de cette arme très utilisée ici. A la fin de la journée, tout de même, il parvient à tirer une pierre sans s’exploser un des doigts qui tient le lance-pierre.

Ensuite nous passons chez Raul, pour y prendre la voiture et retrouver Nieves, sa femme. Elle est entrain de laver le linge avec l’aide d’une étudiante qui suit des cours le soir, et vit chez eux en accomplissant divers travaux ménagers. Ce mode de fonctionnement semble répandu au Pérou. Les gens « emploient » quelqu’un, à qui ils paient des études.

Il y a également, une deuxième jeune fille qui s’occupe également des tâches ménagères et des enfants.

Nous partons tous les quatre, à la Laguna de Pacucha, à environ 15kms d’Andahuaylas. Le site est superbe, c’est un très grand lac entouré de montagnes somptueuses. Nous le contournons pour aller dans la montagne, voir une école ouverte récemment par Munay pour toute une communauté de paysans. Les enfants y sont une douzaine « encadrés » par une institutrice. Des mamans s’occupent de préparer le repas dans la cuisine extérieure, accolée à l’école(frites, bien sûr). Il y a aussi une douche solaire et des WC secs. Raul se met en colère avec le maçon car celui-ci a arrêté les travaux de la douche solaire ,faute de matériau. Raul n’est pas content de ne pas avoir été prévenu et qu’il ait fallu qu’il vienne pour s’en rendre compte. Cet après-midi, il va donc s’occuper de faire livrer un camion de sable….

En revenant vers la Laguna, nous visitons les ruines de Sondor. Superbe site Inca. La vue depuis le point le plus haut, (qu’il faut atteindre, soit dit entre nous, le souffle c’est pas encore ça!) est fantastique. Nous sommes seuls sur le site. C’est grandiose.

Nous rentrons ensuite manger chez Nieves et Raul, avant d’aller voir le site de Munay Semillas, grand lieu d’hébergement pour les volontaires de Munay. On y rencontre Luc, arrivé en décembre pour un mois et qui est encore là, voulant même y rester et qui cherche un travail, pour avoir un moyen de subsistance. On y rencontre aussi Pascale, qui est au Pérou depuis 9 mois. Elle a vadrouillé dans le pays pendant 3 mois et est revenu à Andahuaylas pour y finir son séjour, en Amérique du Sud. Son année sabbatique se terminant bientôt, elle rentre le mois prochain en France.

Sur le chemin de Munay Semillas, nous sommes passés par la maison des mères de Munay. C’est un lieu de repos, où les femmes viennent quelques jours avant l’accouchement, qui a lieu, lui, au centre de santé situé à côté, et où elles reviennent après l’accouchement, pour s’y reposer quelques jours.

Munay a également inventé le PEB, le Poêle Economique à Bois, qui ne nécessite qu’un tout petit peu de bois. Ce poêle équipe donc la cantine de la maison des mères.

Nous passons également voir une famille qui a une marraine française via l’association. Cela revient à verser environ 40€ par mois, qui servent à des achats « durables », par exemple poules pour avoir des œufs. Munay a installé des WC secs pour cette famille, qui ne disposait de rien précédemment.

Nous finissons notre « tournée » par le « Paraïaso » (le Paradis en Quechua). C’est un lieu où Munay, avec l’aide d’un « spécialiste » local, fait pousser des semences de toutes variétés pour pouvoir ensuite inciter les villageois à faire un jardin potager, ce qui leur permettra de subvenir à leur diversification alimentaire. La dénutrition est un des principaux problèmes du Pérou. La pomme de terre étant la base alimentaire quasi unique des paysans. Munay est en train de construire un petit laboratoire où ils testeront les semences pour retenir celles qui sont les plus simples à installer et qui ne nécessitent pas trop d’entretien.

La personne qui s’occupe des plants sur place, fait de nombreux essais de plantations. Le site est incroyable., et très vert. Il y en a partout et comme c’est à flanc de colline, pour tout voir, il faut grimper, descendre, regrimper, etc… (no comment sur notre souffle!)

Pendant notre visite, on va d’ailleurs se prendre une bonne saucée. Notre première au Pérou. Mais comme tout finit toujours bien, on profitera juste après d’un superbe arc-en-ciel.

Le lendemain, toujours avec Raul,nous allons dans la communauté de Churubamba. Raul a réservé un mini-bus car outre nous deux, il y a le maçon péruvien qui fabrique les douches solaires, Luc, Margot, et Pascale, les seuls volontaires français de l’association actuellement.

Nous allons dans l’école de la communauté, installée par Munay. Il y a de nombreuses classes. Nous en visitons deux et « el professor » nous explique les difficultés auxquelles il est confronté. Le premier problème est dû au fait que les enfants sont des enfants de paysans et soit, ils ne viennent pas pour travailler aux champs, soit, après l’école, ils doivent aider à la ferme. Le deuxième problème est lié à la langue (Quechua vs Castillan), le troisième à la malnutrition.

Pour résoudre ce dernier point, Munay vient d’installer un jardin, dont l’entretien est assuré par des groupes de tricoteuses. Elles sont déjà organisées en groupe pour le tricot. Munay leur vend la laine au prix coûtant à J. Les femmes paient Munay à J+2mois, le temps d’avoir vendu une partie de leur production. En contrepartie, elles « donnent » du temps pour entretenir le potager, ce qui, à terme, avec l’installation de la serre, leur permettra d’avoir de la verdure à donner à leurs enfants.

Pour détailler les problèmes liés à la langue : les enfants parlent Quechua dans leur environnement familiale, alors que la langue officielle est l’espagnol (le Castillan), ce qui complexifie les apprentissages. Ils ne commencent l’espagnol qu’à partir de la 3ème année.

Pour l’organisation de la classe, les élèves travaillent en groupe de 4, avec un référent dans le groupe, qui peut aider les autres. Il n’y a aucune note individuelle, pour ne pas dévaloriser qui que ce soit.

Dans le jardin de l’école, est installée une douche solaire. Le système de la douche solaire est basique. Une arrivée d’eau avec suffisamment de pression qui descend directement de la montagne. Un T, dont une partie est directement l’eau froide, la 2ème serpente dans des tuyaux peints en noir (pour récupérer la chaleur du soleil) et dont les bouts sont 2 bouteilles fixées sur le tuyeau. Le serpent est composée de 8 tubes et c’est cette succession de tubes qui permet à l’eau d’être chauffée par le soleil. Dès 9h00, quand le soleil chauffe, et jusqu’en fin d’après-midi, il y a de l’eau chaude. Aujourd’hui la douche solaire est réservée aux enfants de l’école. Mais les cours s’arrêtant à 14h30, Munay essaie de voir si la communauté pourrait accepter qu’ensuite la douche puisse être utilisée par les adultes. Toutes les décisions sont prises collectivement dans les réunions de la communauté. Ce mode de fonctionnement semble très souple et efficace. Une fois la décision prise.

On visite également le centre de santé, où chaque jour il y a médecin et infirmier. Ils nous expliquent que les gens ne viennent que lorsqu’ils sont malades et qu’ils veulent une guérison immédiate. Pour eux dans le cas contraire, cela indique que le centre de santé ne sert pas à grand chose. La grosse difficulté réside dans la prévention, dont ils ne perçoivent pas l’utilité.

Avant de reprendre le collectivo qui doit nous ramener à Abancay, nous allons manger avec Raul, Nieves, leur petit fils et Pascale. Après ça, on va boire un coup chez Brice au « Cappuccino ». On en profite pour se connecter en Wi-fi et charger quelques photos sur le site. (A ce propos, allez-vous les voir? Via l’onglet photo du site )

Lorsque l’on arrive au rendez-vous du collectivo, on sent tout de suite lembrouille. Ils nous ont « effacés » de la liste des passagers de 16h00. Là, on se met en colère. On était passé la veille pour changer l’horaire et devant nous, ils avaient fait la correction. On s’installe donc le mini-bus et on attend après avoir poussé un bon coup de gueulante. Ils comprennent qu’on n’en bougera pas, et sans qu’on sache trop leur arrangement, Corinne change de place pour être à côté du chauffeur, et hormis ça, quand le mini-bus part, nous sommes dedans…..

Le retour est somptueux. Les paysages, grandioses, magnifiques, et avec une lumière de fin de journée. C’est un vrai régal. Par contre, on peut déjà dire que nous avons fait la « route de la mort ». La route est étroite et les précipices vertigineux. Lorsque l’on croise un camion ou qu’on doit effectuer un dépassement, on sert les fesses. D’ailleurs souvent dans les collectivos et mini-bus, les péruviens se signent lorsque la voiture commence à rouler. Ça rassure…

Nous voici donc de retour à notre hôtel d’Abancay, où sont restés Aucéba et les affaires. Le matin nous avons rendez-vous avec un chauffeur qui doit nous « monter », le lendemain, au sommet de la collina, à la sortie d’Abancay, sur la route de Cuzco. (33kms d’ascension bien pentue, soit un jour pour nous dans cette configuration). Ce qui va donc nous faire « gagner » un jour et pas mal d’efforts. On n’a pas trop confiance en lui. Le 1er jour c’était 20 soles, hier quand on l’a croisé, c’était devenu 100$. On a raison, il ne viendra pas. Heureusement, hier soir, nous en avons parlé au réceptionniste de l’hôtel qui nous a dit qu’il s’en occuperait aujourd’hui. Et ce matin, avec un petit jeune, Henry, qui fait beaucoup de vélo, ils s’occupent de nous trouver un taxi. On a fixé la barre à 40 soles. Tous les 2 sont postés dans la rue devant l’hôtel et quand un taxi, qui correspond au besoin, passe, ils lui font signe. Le 1er sera le bon. Ils le connaissent tous les 2 et il accepte de nous monter demain matin à 8h00 pour 35 soles. Philippe dit « non ce sera 40 ». On sait pas pourquoi, sauf qu’il lui paraît vraiment sympa, et qu’en plus il est content que le problème soit déjà réglé.

Après ça, pendant que Corinne va charger l’article et mettre les photos, Philippe révise le tandem et la remorque. S’assurer que tout fonctionne, est serré. Un p’tit coup de nettoyage, et on regonfle les pneus. Henry vient voir la bête, et discuter. Il nous apprend qu’il étudie la cuisine, et qu’il va venir en Allemagne l’année prochaine en Août. Sa sœur habite là-bas. On lui donne notre adresse pour qu’il puisse venir en France. Co lui demande une recette typique péruvienne. Il dit « pas de problème je te l’écrirais, et ce soir je vous invite à la maison. Je vais vous faire à manger ». Rendez-vous est pris pour 19h00 à l’hôtel .

Entre temps, on va ranger les affaires pour notre départ de demain. Finalement, le soir, Henry qui n’a pas pu cuisiner, passe nous chercher et on va manger dans un resto « musical » de la rue principale d’Abancay. C’est tellement fort qu’on a du mal à se comprendre et au bout d’un moment, on décroche. Il est gentil comme tout et passionné par la cuisine et l’histoire. En rentrant, il vient discuter un peu dans la chambre, mais au bout d’un moment, on lui fait comprendre qu’on a besoin de dormir pour être en forme demain. Ah, il nous offre 2 livres de cuisine péruvienne. Ce qui comble Philippe… pour qui faire la cuisine est une passion. Ils sont assez légers car il sait que nous sommes en vélo.

Le lendemain, au petit déjeuner, Henri est là, dans la cuisine. L’hôtel appartient à son père. Il nous prépare un « Causa », plat typique du Pérou. Comme on s’est déjà « baffré » de pain, Philippe ne peut en avaler qu’un mais Co parvient à manger les deux.

On arrive au col vers 9h30. On enfourche Aucéba et moins d’une heure après, on arrive aux portes de Curahuasi. On s’arrête pour faire les photos de nos 4000 kilomètres et alors que nous sommes entrain de ranger, une voiture s’arrête à notre hauteur. Un jeune d’une trentaine d’année, Harold, en sort et nous demande s’il peut faire des photos. On lui dit pas de problème et on commence à discuter. De fil en aiguille, on s’échange nos adresses et il nous dit qu’il y a une super ballade à faire à Curahuasi. Aller voir le Canyon de l’Apurimac, depuis le mirador auquel on accède par un chemin de montagne . Au bout d’un moment, il nous dit, « si vous êtes d’accord, on laisse votre équipage chez un ami à moi qui habite à 2 minutes et je vous emmène ». Ni une, ni deux, c’est parti. On débarque donc chez Werner, le fameux ami. On y laisse tour notre attirail et on monte dans la voiture d’Harold. En fait Werner, qui est ingénieur agronome et qui travaille à la municipalité, va nous accompagner aussi, en moto, avec son neveu Braulio. On monte sur un chemin de montagne qui a été inauguré par la municipalité mercredi dernier, soit il y a 2 jours. Arrivés au bout du chemin, on laisse voiture et moto et on continue à pied. On va d’abord au mirador de Capitan Roumi (le capitaine des pierres – en quechua). Le vertige de Philippe l’empêche de s’approcher de trop du précipice. Le canyon est vertigineux. C’est le plus profond du monde – 13400m.. On continue ensuite vers le mirador de San Cristobal, qui est le point d’observation le plus haut. Et bizarrement, pendant la marche le vertige de Philippe disparaît quasi complètement, et il peut s’approcher, faire des photos… L’altitude nous rend l’ascension difficile, et nous faisons de multiples pauses, alors que nous voyons bien que les autres n’ont aucune difficulté. Le paysage est grandiose. On voit des condors. Un feu apparaît devant nous sur une montagne en contre-bas. L’agriculteur qui brûlait son champ (courant au Pérou), n’a pu le maîtriser bien évidemment, et il prend vite de l’ampleur poussé par le vent. On apprend alors que dans ce cas, ils ne peuvent rien faire, car même il n’y a pas de pompiers à Curahuasi et de toutes façons, il n’y a pas d’eau pour éteindre les feux!

Nous nous sommes régalés avec cette superbe randonnée, et nos accompagnateurs. Nous redescendons et nous allons manger avec Harold au restaurant de l’hôtel que nous avait recommandé Henry. Chose rigolote, c’est le père d’Harold qui a été l’architecte de cette hospédaje.

Werner vient nous rejoindre pour discuter. En se quittant le midi, il nous donne rendez-vous à 19h00 sur la plaza de Armas. Après s’être retrouvés, il nous emmène, devant l’épicerie d’un copain à lui où il nous offre une bière et une petite bouteille d’anis. C’est la spécialité de la région, l’anis. On prend notre bière que l’on boit tranquillement sur un banc en pierre devant l’épicerie. On y restera un long moment, à discuter avec Werner et son copain épicier. Ensuite on va manger tous les 3 dans un restaurant de pollo au four. On doit également se croiser demain car Werner va, comme nous, à Limatambo, et il nous rattrapera sur la route. Ça c’est sûr, vu notre rythme!

On repart donc le lendemain de Curahuasi. Au début, on roule vite: ça descend! Ensuite quelques plats et faux plats, nous font plafonner à 10km/h. A 9h30 on est au pont d’où débute l’ascension. On en a pour 21kms. Il s’avère que les pourcentages sont loin d’être réguliers. Le début va à peu près, la fin par contre est particulièrement difficile. Ça monte sacrément. Corinne n’a plus de jus depuis un moment. Au mieux on fait des pauses tous le 2 kms, au pire, c’est tous les 500m. On est à environ 2kms du but vers 14h30. Malgré les difficultés, Philippe trouve que les paysages sont superbes. Co, elle ne regarde que ses chaussures. Alors qu’on fait une pause, on voit arriver Werner en moto. On discute un moment et on convient qu’il nous retrouvera en ville. La ville étant petite, il n’aura pas trop de difficultés. On arrive « cuits » à Limatombo. On veut manger et se poser. Co trouve une petite Hospédaje bien calme qui donne sur un petit jardin intérieur, avec une chambre spacieuse où nous n’avons aucun mal à rentrer le tandem et la remorque.

En fin d’après-midi, Werner vient discuter avec la propriétaire pour qu’elle nous trouve un taxi qui puisse nous monter au col demain matin, pour 30 soles. Il est évident qu’on ne pourrait pas le faire dans les circonstances actuelles : Altitude et Poids. A ce sujet, on a décidé qu’à Cuzco, on refait le tri et on vire tout ce qui n’est pas indispensable.

Le taxi que nous a trouvé la dame de l’hospédaje n’a pas de galerie comme nous en avons l’habitude. Le chauffeur nous dit « je vais demander à un autre taxi avec une galerie, de venir ». En fait, il revient, car nous dit-il, il n’y en pas de disponible. Il nous dit : « ça va aller, avec mes 2 barres latérales ». Y’a pas d’autres solutions immédiates, on essaie donc, et « ça va le faire ». Philippe ne peut pas serrer les sangles autant que d’habitude sous peine de lui arracher ses barres. Mais avec les 2 sangles et sa corde, l’ensemble est solidement fixé quand même. Nous avions négocié 30 soles pour monter au col (26kms), il propose à Philippe de nous déposer à l’adresse que l’on veut à Cuzco, pour 50soles, comprend Philippe . Il s’avérera que c’était 60 soles. Corinne était crevée hier et a super mal dormi, à cause des « mousquos », qu’elle a rencontrés à Curahuasi et dont les boutons l’ont démangée toute la nuit, l’obligeant à se gratter en permanence, Philippe accepte la proposition.

Ça nous fera également, à nouveau, « gagner »un jour. Toujours cette nécessité de sortir du Pérou avant fin Septembre, et avec le temps « nécessaire » en Bolivie, sans se speeder, mais en voulant arriver chez Marianne, à Bueno-Aires, avant fin Octobre pour avoir du temps avec eux et la famille et également se laisser la possibilité d’aller voir les chutes d’Iguazu.

On arrive donc à Cuzco, en milieu de matinée. On va dans la maison de Puri, une péruvienne qui vit à Rennes et que connaissent nos amis Barthel. Berna, la dame qui « garde » la maison de Puri, est là à notre arrivée. Outre le gardiennage de la maison, elle vend du Maté autour du Mercado (marché) de Tio, qui est juste à côté. Elle a un fils de 35 ans, Angel, qui vit aussi dans la maison.

On va déjeuner sur le marché dans une petite échoppe, bourrée de Péruviens, notre critère numéro un pour sélectionner les resto! Une serveuse dit à Corinne, c’est rare que les « gringos » parlent Espagnol, d’habitude, ils nous parlent en anglais. Ce n’est pas la première fois qu’on nous fait cette réflexion. Et pourtant notre espagnol n’est pas encore très bon, mais on se débrouille!!!

Le début d’après-midi est consacré à la préparation de notre séjour à Cuzco. Nous hésitons encore sur le Machu Piccu. Beaucoup de gens ici, nous recommandent d’y aller en nous disant que c’est exceptionnel. D’autres par contre qui y sont allés, ont été déçus. Alors? On verra.

Cet après-midi, nous voulions aller à la Plaza de Armas, mais on est parti tard et le trafic est dense. Nous sommes donc juste allés à la banque et nous avons retiré 1500 soles. (environ 380€). Nous ne récupérons que des coupures de 100 soles, peu pratiques à utiliser. Nous rentrons dans la banque pour avoir des billets de coupures inférieures. Un policier, nous demande ce dont nous avons besoin. On lui explique, il nous dit « donnez moi vos billets, je m’en occupe ». On lui dit qu’on préfère l’accompagner, il nous dit « mais avec moi, c’est sûr, je suis policier ». Il comprend qu’on ne les lui remettra pas et il nous accompagne devant une porte où le change se fait, client par client. Porte sécurisée et gardée à l’intérieur par un autre policier, auquel le nôtre dit, « après c’est à eux ». L’agent de banque qui nous fait la monnaie ne nous donne pas tous les billets qu’il a en main. Il les trie. On lui demande pourquoi, et il nous explique, très gentiment, que certains sont des faux et comment les reconnaître : figure dans le papier visible à la lumière, et couleur du montant en bout de billet, qui change selon l’inclinaison du billet.

Quand on racontera cette anecdote à la famille d’Harold, ils nous diront qu’on a eu raison de se méfier.

Pour notre deuxième jour à Cuzco, on prend notre temps. Nous avons trié la remorque et les sacoches et enlevé ce qui ne nous semblait pas indispensable. Le réchaud et l’essence, les hauts techniques de vélo à manches longues et sous-vêtement bleus, le fauteuil, les sur-chaussures de pluie, les chaussettes super chaudes, les jeux, les petites roues,… Nous allons envoyer une partie à la maison et une partie chez Marianne, la cousine de Phiippe, à Buenos-Aires.

Après nous sélectionnons ce que nous voulons voir autour de Cuzco et dans la vallée sacrée. Harold nous téléphone et vient nous rejoindre. Nous discutons avec lui de nos projets de visite dans la vallée sacrée. Il nous propose de nous accompagner demain avec « son amoureuse ». On trouve ça super et bien sûr, on accepte.

On pensait partir de Cuzco, samedi, mais Harold nous a invité chez lui le samedi, pour le repas familial. On partira donc dimanche matin.

Harold a la gentillesse de nous consacrer toute son après-midi. Nous voulons aller voir la « Fiesta de la Virgen de Natividad - Allmundena ». Défilé avec de magnifiques couleurs, costumes, rythmes, danses. . Tout le monde (Harold, la police) nous disent de faire attention aux agressions et au pickpockets, mais tout ce passe très bien. Pour nous rendre aux différents endroits où nous voulons aller, nous parcourons la ville en voiture avec Harold. Ce qui nous donne un aperçu complet de la cité qui est très étendue. Nous nous déplaçons aussi beaucoup à pied. Il y a énormément de touristes dans le centre historique, mais dés qu’on s’en éloigne, on n’en voit quasiment plus. Nous allons près de la plaza de Armas, voir la pierre angulaire, aux 12 facettes. Les assemblages de pierres Incas pour l’élaboration des murs, sont incroyables. On n’y passerait pas une feuille de papier à cigarettes. Ensuite nous allons acheter nos billes « touristico » pour pouvoir visiter les sites que nous avons sélectionné. Nous prenons, sans réfléchir, le Billeto a 130soles par personne, qui donne aussi le droit d’accès, à des sites que nous ne voulons pas visiter. On ne sait pas qu’il y a d’autres formules. Heureusement, Harold, vigilant, nous alerte (à ce sujet, les habitants de Cuzco, ne paient pas pour l’accès aux sites de la Vallée Sacrée, sauf pour le Macchu Pichu). On récupère donc notre argent et on prend la 2ème formule à 70soles par personne qui nous donne droit à tout ce que l’on veut voir.

Nous voulons aussi aller à l’Alliance Française, pour essayer de trouver des journaux récents et des livres à échanger. Nous récupérons la voiture qu’Harold a garé dans la rue qui conduit à l’église San Antonio, objectif du défilé précédemment évoqué.. On se retrouve avec la voiture en plein milieu du défilé! Les gens sont vraiment « cools » car personne ne nous dit rien.

Arrivés à l’Alliance Française nous sommes surpris, car personne n’y parle français. Iil n’y a pas de journaux récents, nous avons seulement trouvé le journal de la Seine-Saint-Denis daté de mai 2009… Pas de possibilité d’acheter ou d’échanger un livre à emmener. Pas d’espace d’échange d’infos autour des français à Cuzco. C’est la première Alliance française où nous allons, mais nous sommes bien déçus.

Le lendemain, soit le mercredi 09 Septembre, Harold et Maribel arrivent vers 7h15 et nous partons, tout de suite, vers les hauteurs de Cuzco pour aller au pied du Jesus Blanco. On peut y découvrir la ville depuis ses hauteurs, et essayer de voir la forme du jaguar que représente la ville.

Et maintenant, direction Pisac. Là, c’est vraiment l’enchantement. Il n’y a quasiment personne et le site est magnifique. Nous montons jusqu’au point le plus haut du site, vertigineux, avant de redescendre vers la ville par un chemin de randonnée.

Philippe a le vertige qui recommence à le titiller, mais encore une fois, au fil du temps, ce sentiment s’estompe. La randonnée est vraiment très belle.

Le midi, nous mangeons dans un petit resto que connait Harold. Nous y avons goûté pour la première fois du Cui (cocon d’inde). C’est pas inoubliable, mais c’est bon. Il y a peu de viande et beaucoup de petits os.

Après le déjeuner, on va à Ollanloytambo. Là, par contre, beaucoup de touristes. On réussit à les éviter pendant un moment en prenant le chemin en sens inverse. Mais on se retrouve au milieu de la foule, lorsque nous atteignons les hauteurs du site.

La ville, en elle-même, est restée très « rustique ». Il y a encore des maisons qui sont celles dans lesquelles vivaient les incas. Nous visitons 2, car Harold les connait. Des gens y vivent. Ils gardent les crânes de leurs ancêtres dans l’unique pièce de la maison, et ils font l’élevage de Cuis (cochons d’inde) également dans cette pièce.

Nous reprenons la route, et dans une petite ville, Yucay, il y a un défilé de toutes les écoles devant les autorités de la ville. On s’arrête pour y faire un petit tour et prendre quelques photos.

Ce jour-là, nous appelons notre fils, Sébastien pour lui souhaiter « bon anniversaire ». A 17h00, ici, il est minuit à Paris. Mais nous ne sommes pas les premiers à le lui souhaiter, ses sœurs nous ont précédés!

Le programme de notre journée suivante, jeudi 10 Septembre: prendre un taxi pour aller à Cuzco, au point de départ des colectivos pour Urubamba. Se faire déposer à Chinchero, visiter la ville et le marché, prendre un taxi qui nous emmène à Moray, nous attende pendant qu’on visite le site, et nous emmène ensuite à Maras puis au Salinas (marais salants en étages). Tous ces sites sont très peu visités, mais nous ont été recommandés par pleins de locaux. Depuis les Salinas, descendre jusqu’à la route par le sentier de montagne avant de regagner Urubamba en colectivo, et enfin retour à Cuzco, toujours en colectivo.

Notre programme s’est déroulé à merveille. C’était vraiment un super tour. Dans le premier colectivo, nous avons sympathisé avec un archéologue péruvien qui allait à Ollanloytambo, et qui partait bientôt en Espagne en espérant pouvoir faire un tour en France, à Paris où il connait du monde.

A la sortie de Cuzco, nous apercevons un couple qui arrive en Pino, tandem où le passager est à l’avant en position couchée. Nous allons en reparler…

Dans le village de Chinchero, il y a la fête de la Virgen de la Natividad, qui dure trois jours, et tout le village, aujourd’hui, se rend à la messe. Tout le monde est en costumes traditionnels et c’est une véritable explosion de couleurs.

Le site de Moray est superbe. C’est un site où les Incas ont testé la conception des cultures en étages, orientation, profondeur, et les types de cultures, résistance, rendement. La ballade à partir des Salinas est impressionnante car on marche sur le bord des bassins et le petit muret est très étroit et par forcément plan. En plus, le côté est tout de suite à pic. Mais les couleurs des différents bassins, dans ce milieu naturel, sont extraordinaires.

Le vendredi, on prépare un repas français pour nos hôtes Berna et Angel et on va à la poste pour envoyer nos 2 paquets de sur-poids : 1 pour la maison, 5,485 kg et un chez Marianne à Buenos-Aires, 1,835kg . On peut dire qu’on s’est vraiment allégé, 7,320kg et financièrement aussi ( 281 soles ~70€). Mais le plus important, vraiment, c’est de rouler allégés. On verra le résultat.

Après, on se rend à l’association Qosqo Maki, dans laquelle travaille Angel. On y rencontre Isabelle, une française qui l’a fondée. Elle est au Pérou depuis maintenant 40 ans et a la nationalité péruvienne. Son combat est d’aider les enfants des rues de Cuzco. Elle a créé, à l’origine, un atelier (avec seulement 5 enfants)qui faisait des puzzles en bois. Ils les vendaient, ce qui permettait de couvrir les dépenses de fonctionnement. Les enfants dormaient dans la petite pièce qui leur servait d’atelier. Par la suite, elle a voulu qu’aucun enfant ne soit plus « obligés » de dormir dans la rue et elle a crée une « Hospédaje » pour les enfants des rues. Gratuite, sans obligation aucune, sinon celle de fournir un nom, mais qui peut-être réel ou faux, elle s’en fiche. Elle accueille les enfants mineurs, jusqu’à 18 ans donc. Elle leur fournit lit, douche, ludothèque, bibliothèque, journaux. Ils n’ont absolument aucune obligation.

En parallèle, elle a créé deux vrais ateliers. Le premier est une menuiserie, qui est une excroissance du petit atelier du début. L’autre est une boulangerie. Les produits sont vendus et il y a une véritable démarche d’entreprise. l’association cherche des clients. Ce n’est pas un centre de formation. Les enfants qui y travaillent, ont parfois du mal à s’y habituer. Dans la rue, ils n’ont pas de contraintes, autre que celle de travailler pour manger, et ils sont payés immédiatement. Alors que là, ils ne sont payés qu’en fin de mois et leur travail est conditionné par celui des autres et conditionne celui des suivants, dans le processus de fabrication. On sent Isabelle, dame de 70 ans, passionnée et hyper dynamique.

On mange avec toute l’équipe dans un resto équitable du quartier. On rencontre un jeune d’une école de commerce qui vient faire une année de césure dans l’association. Il doit s’occuper de développer l’aspect commercial et aider Isabelle dans ses tâches quotidiennes. Super ambiance festive.

Après on va aire un tour dans le quartier de San Blas à Cuzco. Un quartier où il fait bon flâner. Co aurait bien acheter une belle veste verte. Mais on a pas de solution sous la main pour l’envoyer à Paris. Donc, il faut qu’elle oublie…

Samedi, c’est le jour où Harold nous invite dans sa famille. Sa maman nous a fait un plat excellent. Co a préparé un far breton, qui a été bien apprécié. Un peu brûlé néanmoins. Le repas est très agréable, tout le monde discute. Encore une ambiance festive! Sur les coups de 17h00, on dit qu’il faut qu’on aille préparer nos affaires pour notre départ demain. Harold et Maribel nous raccompagnent et ils nous disent que le lendemain, il viennent à 7h00 pour nous guider jusqu’à la sortie de la ville, afin de nous montrer la route.

On est en contact par mail, jusqu’à présent, avec un couple de français en tandem qui nous suivent à quelques jour. Aujourd’hui, on se téléphone et on se rend compte que ce sont eux que l’on a aperçu avec le Pino, quelques jours plus tôt. On va essayer de se retrouver dans les jours qui viennent pour rouler ensemble. Peut-être à Juliaca..

On repart donc, de Cuzco le dimanche, comme prévu. Angel s’est levé pour prendre le petit déjeuner avec nous et nous dire au revoir. Harold et Maribel nous montrent le chemin, et nous protègent avec leur véhicule. Puis ce seront les adieux, un peu dur!! Harold et Maribel forment un super couple, et on espère vraiment les revoir. On a bien accroché ensemble.

On roule super bien,pour une fois! Sauf qu’aujourd’hui, un bus nous a frôlé comme jamais. Pas plus de 5cm , sans exagérer. On a eu peur.

Les jours ne se ressemblent pas. Dès le lendemain, les 40 premiers kilomètres, ne sont que des bosses. Ça monte et ça descend en permanence. Co est mal. Pas de jus, manque de souffle. Par chance, les 30 derniers kilomètres se font avec vent dans le dos et terrain plat. On file et on arrive sur les coups de 14h00 à Sicuani. Impeccable.

On commence à chercher une chambre. Nos premières visites ne sont pas terribles. Alors que Philippe va voir un nouvel hôtel, Co se fait aborder par un jeune français, Guillaume, en stage ici et qui dort dans la maison paroissiale. Il va se débrouiller pour nous y trouver une place . Super Gentil. Il fait une formation d’animateur de quartier près de Toulouse et il effectue, au Pérou son stage de 2ème année, dans une association. Il travaille autour des violences familiales et de la maltraitance infantile. Ces deux aspects sont aussi très fréquents au Pérou.

On passe la soirée avec Guillaume et Hugo, un péruvien qui travaille avec lui, dans l’association.

Le lendemain matin, juste avant notre départ de Sicuani, nous avons la chance de rencontrer la jeune archéologue qui organise les fouilles dans l’église de la ville (on y a retrouve beaucoup de vestiges et d’ossements de l’époque inca et coloniale) , et qui nous propose de venir visiter le chantier. C’est passionnant.

Nous sommes vraiment deux veinards. On tombe toujours sur des personnes gentilles, généreuses, qui nous font découvrir ce pays, sous un aspect complémentaire aux paysages superbes et gigantesques que l’on croise chaque jour. Merci à chacun d’entre eux.

On vous embrasse tous. Écrivez-nous. Ne posez pas le clavier, tapotez donc sur le site et le forum… Merci de votre soutien.

Corinne et Philippe le septembre 4th, 2009

Nous arrivons à Nazca, le vendredi 21 Août, dans l’après-midi. Le chauffeur du car de Perù Bus, est super sympa. On sympathise rapidement. Il nous installe devant. On s’échange nos adresses et à l’arrivée à Nazca, on fait une série de photos avec lui et le « receveur ».

Sœur Tabernacle nous avait préalablement, aidé à réserver une chambre « matrimoniale », dans une pension recommandée par le Lonely et le Guide du Routard, les 2 guides que nous trimballons avec nous pour le Pérou. A ce sujet, pour éliminer du poids, on arrache des guides, les pages qui ne nous serviront pas, en fonction de nos itinéraires prévisionnels. C’est ainsi qu’au Maroc, ayant changé totalement nos plans, nous n’avions plus de guide. Mais en fait, on peut très bien vivre sans. Bon reprenons….

Nous arrivons donc dans un hôtel de « routards », où toutes les chambres donnent sur un patio, ce qui est fréquent au Pérou, d’après notre modeste expérience. Le gros avantage du patio, outre le charme de l’espace fleuri, c’est qu’il permet les rencontres, les gens ne demeurant pas dans leur chambre. Nous avons ainsi pu collecter de multiples infos concernant l’itinéraire et les lieux où nous allons passer. Les chambres sont équipées d’eau chaude, avec un système électrique qu’on enclenche à la demande, mais qui parfois délivre quelques coups de jus. Il y a là, un « homme à tout faire », qui est fan de vélo, et avec qui nous allons discuter à de nombreuses reprises. C’est lui qui nous indiquera la route à emprunter pour « monter » vers Puquio, et plus loin Abancay et Cuzco. Ce détail a son importance comme nous allons vous l’expliquer un peu plus loin.

Nous décidons d’aller voir les lignes de Nazca en tandem. Nous sommes en manque. Voilà maintenant 35 jours que nous n’avons pas ré-enfourcher Aucéba, à l’exception d’un tour de quartier à Lima, après l’avoir remonté, suite au transport en avion, et un tour à Ica après avoir peaufiné tous les réglages. C’est assez excitant de remonter sur le tandem et de pouvoir rouler pendant un bon moment (50 km environ). Il y a un tout petit peu d’appréhension quant à la façon dont la roue va se comporter, mais on oublie vite ce problème potentiel.

Les lignes vues de l’observatoire, ou du mirador sont des dessins sur le sol… au milieu de nulle part. On pourra dire que nous y avons été, mais je pense que nous en avons plus appris sur ce sujet par la lecture et les reportages que par ce qu’on a vu aujourd’hui. Que retiendra-t-on de ce lieu, sur lequel nous serons venus? Inutile de faire le déplacement pour ça. En tous cas dans les conditions dans lesquelles nous les avons vues. Peut-être qu’en avion…

Au retour, un petit jeune sur sa bicyclette, Ronaldo,18 ans environ, fait demi-tour pour rouler avec nous jusqu’à Nazca. C’est sympa. On discute un peu. On partage avec lui, eau et oranges. Il nous raccompagne jusque devant la pension. D’après ce que l’on comprend il n’habite pas très loin de notre pension. On lui propose donc de venir boire un coup, mais il doit être attendu, car il demande l’heure et nous dit qu’il doit partir.

Maintenant, on va répartir nos affaires dans les sacoches et la remorque et Corinne va faire cuire le riz et les œufs, pour nos futurs repas, sur les 2 ou 3 jours qui viennent, car il n’y a pas de ravitaillement avant le km43, que l’on n’est pas sûr de pouvoir atteindre en 1 journée. Ce soir, on reçoit un appel sur le portable. C’est Serge Fichant. On apprécie cette attention. Il va partir pour Buenos-Aires avec un petit groupe, tous membres de CCI, début novembre. Ils seront également à vélo. Et si la possibilité se présente, on roulera un moment ensemble.

Demain matin, c’est le grand départ. « A l’attaque » des Andes.

80Kms d’ascension. Lever à 7h00, on prend le petit déjeuner dans le patio. Il fait frisquet mais le soleil brille. Nous avons bien dormi. De 21h30 à 6h45, une bonne petite nuit. On finit de charger les dernières affaires, petits pipis, cacas et on sort tout dans la rue pour assembler l’attelage une fois dans la rue. On part vers 8h30, en présence de tous les gens de l’hôtel venus assister au départ. On a mis 1h30 à se préparer, c’est pas possible on est super long, ou super tranquille. C’est selon la façon de voir….

Nous voici en route, très très chargés. 9litres d’eau, 1kg de riz cuit, donc avec le poids de l’eau en plus, tous les vêtements été, hiver, etc… Nous n’avons jamais roulé aussi lourdement chargés. Ça promet! Le temps est agréable, un petit vent nous pousse gentiment, il fait encore frais, tout va bien. Les kilomètres s’enchaînent, et Philippe commence à s’en étonner. Et pour cause!. Nous devions tourner à gauche pour prendre l’embranchement pour Puquio et Cuzco, et pas de carrefour en vue. On fait signe à un motard, lui demandant de s’arrêter. Il nous ignore superbement. Nous aurons plus de chance avec le 2ème. Il nous confirme ce que nous craignions, il va falloir faire demi tour. L’embranchement est juste à la sortie de Nazca. En plus nous avions les notes des Mercat et des Bathel qui auraient dû nous aider, mais à l’auberge, notre « homme à tout faire », amoureux du vélo, nous a dit : « c’est facile, il y a un embranchement, vous prenez à gauche, il y a un panneau indiquant Puquio - Cuzco ». Ben oui, mais le panneau n’y est plus…

Vu l’heure, on vient de faire environ 15kms pour rien, on se dit qu’il est trop tard, pour envisager de monter et atteindre le point que l’on vise à minima, à savoir le km 33 de la montée. On retourne donc à l’auberge où nous prenons cette fois, une chambre « matrimoniale ». On remettra ça demain…. On parle du vélo, bien-sûr!

On décide d’en profiter pour faire à nouveau un peu de bricolage sur le tandem. Le garde-boue arrière est à recouper car, si nous franchissons une bosse un peu « sensible », il saute, forcé par le triangle de la remorque. On demande donc une scie, et vite fait bien fait, l’aménagement est réalisé. On regonfle aussi les pneus.

Dans l’après-midi, on décide d’enfourcher à nouveau Aucéba pour aller voir les aqueducs, dont nous avons lu le plus grand bien. Ils sont sur la route de Puquio, donc on peut déjà voir par quoi on commencera demain. Sans personne pour nous expliquer le fonctionnement du système, on peut juste s’émerveiller devant le travail des pierres mises en place et la qualité de la conception qui permet, encore aujourd’hui, d’utiliser ce système. Un peu frustrés, on prendra des informations à notre retour à la pension sur internet.

Un peu préoccupés par le mal aigüe des montagnes, on commence à prendre les cachets de Diamox, et on va en ville, s’acheter des feuilles de Coca. Pas pour les fumer, mais pour les boire en infusion.

Ce coup-ci, ça y est, on est parti. Deuxième grand départ. Lever à 7h10, on prend à nouveau le petit déjeuner dans le patio. Il fait bon et le soleil brille. Nous avions préparé le maximum, hier soir, ce qui nous permet de commencer à pédaler à 8h00.

Ça va monter toute la journée. On refait les niveaux d’eau, dans la dernière épicerie avant « le désert ». Elle se trouve près d’une mine d’or, et est tenue par un vieil homme, à moitié aveugle. On lui prend 7 bouteilles de 625ml et on remplit notre 2ème vache à eau. Il s’avèrera que son eau est infecte. Mais comme toujours, on a de la chance; car il y a beaucoup de travaux sur la route et les ouvriers nous permettront a chaque fois de refaire les niveaux. Ils ont d’énormes bonbonnes d’eau bouillie.

En partant ce matin, on vise un peu ce qu’on fait nos amis Isabelle et Pierre Lancelot, à savoir faire une étape « cool », le 2ème jour, 17km. Comme, le premier jour, ils avaient trouvé un coin pour dormir autour du km 33, on se dit que ce serait bien d’y arriver à ce km33. A partir du km 25, la route devient passablement mauvaise, pleine de trous partout.

En fait, on s’arrêtera au km 31,5 dans un coin « idéal » pour le sauvage. On dit ça sans avoir une grande expérience. Mais c’est encaissé, à l’abri des regards de la route, plat, et c’est là! Comme on est cuit, ça tombe très bien. On s’y arrête sur les coups de 16h45. Montage de la tente, toilette de chat, repas, saisie du carnet de route et un peu de lecture. La nuit tombe à 18h00. Le coucher de soleil est superbe et le ciel étoilé magnifique.

Le deuxième jour, on a changé de paysage. On a quitté les montagnes rocailleuses qui nous entouraient depuis Nazca, pour arriver ce soir, au milieu de la pampa, avec de petites collines. En terme de journée « cool », celle-ci est à marquée d’une croix blanche. Notre meilleure moyenne de tous les temps; un peu plus de 5km/h. On est parti de notre campement à 8h30 et on est arrivé à Villa Tambo à 17h00. On avance 2kms par 2kms. Quand la journée est finie, on est cuit. La journée cool sera donc pour demain. On va y réfléchir ce soir.

Ce soir on dort à 2800m, dans un restaurant / épicerie, qui ferme entre 21h et 22h et qui ouvre entre 5h et 6h. La nuit va être courte, pour nous, mais on est content d’être dans ce contexte. On ne voit pas grand chose, la salle étant éclairée avec une seule lampe à gaz, posée sur le comptoir. Pour la toilette, on oublie et pour les toilettes, on se débrouillera comme en camping. Les seules du village,(un trou et 2 planches), sont payantes, la fille qui s’en occupe est désagréable et vu l’état, ça ne le mérite pas.

Ce midi, on a mangé à Hualhua(km43), à la table de gens qui tiennent une épicerie où nous avions acheté de l’eau. On leur a demandé si on pouvait se mettre à leur table à l’ombre, et ils ont accepté. Ils écoutaient de la musique rock américain, assez puissamment pour qu’on l’entende en arrivant dans le hameau. Cette musique n’était pas pour déplaire à Philippe, et les gens étaient adorables. Que demander de mieux.

Un kilomètre à peine après être repartis, nous tombons sur une autre épicerie / restaurant. On se dit qu’on prendrait bien un maté de Coca et que comme il n’est pas référencé sur la feuille Mercat / Barthel, on va relever les coordonnées. On y va donc, et on commence à discuter avec le patron à qui on dit qu’on est français. Il nous dit : « mais je connais des français à vélo » et il va chercher une carte de visite qu’il nous tend… Et incroyable, c’est la carte du site d’Isabelle et Pierre Lancelot. On est bien content de les revoir, même seulement en photo….Un peu passée, la photo d’ailleurs! En fait, on apprécie de rouler dans leur sillon, un an après, et dans celui des Barthel, deux années après leur expédition..

On a bien réfléchi toute la soirée, et on a décidé de passer une journée supplémentaire ici. En fait, deux choses principalement, on guidé ce choix. La première, se reposer et s’acclimater à l’altitude, la seconde, passer le col à 4350m, sans y dormir, ce qui signifie 33kms à faire en 2 jours (nous devenons « modestes » au vu de nos performances de la veille).On veut essayer de dormir « au pire » à 3800 mètres.

Le 3ème jour donc, la première chose à faire est de demander à nos hôtes, si on peut rester dans la salle du restaurant / épicerie un jour de plus. Il n’y a pas de souci. Ensuite, notre priorité va être de se laver. On sait qu’au centre de santé, 2kms plus bas, il y a un point d’eau. On part donc avec tout notre attirail, vêtements de rechange, trousse de toilette, vache à eau, cuvette et on suit un bout de route avant de couper à travers la pampa. On prend de l’eau, puis on va chercher un coin un peu isolé pour pouvoir être tranquille au moment de se dévêtir. Les sous bois d’eucalyptus feront parfaitement l’affaire.

Après quoi on revient au village. Il est déjà 11h15, alors que nous étions partis à 9h30… Le retour en fait a été marquant, car chaque effort se ressent et nous sommes obligés de faire des pauses fréquentes lorsque nous coupons à travers la pampa où ça monte plus dur que par la route. Nous nous intéressons ensuite, à notre liste de courses pour les 2 jours à venir, car jusqu’à Pampa Galleyras, il n’y a plus aucune épicerie, hameau ou restaurant. On convient avec Anna-Maria, notre hôtesse, qu’elle nous préparera 1 plat pour 2, soit 1 repas. Corinne fait une salade avec maïs, riz, fromage et œuf, ce qui fait un 2ème repas. Aparté : nous avons gouté pour la 1ère fois un épi de maïs tiède avec du fromage. C’est pas inoubliable, mais c’est pas mauvais du tout. Les gens en raffolent ici et Anna-Maria en vend plein au bus locaux qui s’arrêtent devant chez elle. Fin de l’aparté. Notre 3ème repas sera constitué de pain et fromage. Le 4ème, si tout se passe comme prévu, devrait être pris, soit dans un restaurant, soit acheté dans une épicerie.

Après le repas de midi, nous avons tour à tour un petit coup de barre et on s’endort un petit quart d’heure sur nos chaises. On discute avec tous les gens qui attendent un transport leur permettant de remonter « en collectivo » jusqu’à Puquio. Et comme ils attendent un bon moment, ça nous permet de discuter pas mal.

Anna-Maria et Marcellino nous ont appris qu’un couple de français en vélo couché s’étaient arrêtés chez eux, il y une semaine. Il va falloir se renseigner pour savoir si quelqu’un les connait. D’ailleurs, merci les copains de CCI, si vous pouvez glaner des infos.

Le 4ème jour, on a prévu de se lever à 6h00 pour un départ à 7h00.

Durant la nuit, petit moment de panique. Philippe a le nez bouché et la gorge hyper sèche. Il se dit qu’il a la crève et comme la veille, un rien le fatiguait, il commence vraiment à se stresser pour le lendemain à vélo. Il finit par se raisonner en se disant qu’on essaiera de toute façon et qu’on verra bien si ça passe. Et en fait au fil du temps, ça s’est amélioré, tant et si bien, que ça aura été la journée la plus facile pour lui depuis le départ de Nazca.

Hier au soir, Anna-Maria et son frère avec qui on discutait de la route du lendemain et des problèmes liés à l’altitude, nous on dit, qu’il y avait une maison abandonnée, près d’un pont « Punto Toro Muerto », approximativement 21km plus loin, et qu’après être montée, la route redescendait pour revenir aux alentours de 3500mètres. Et ben c’était une info particulièrement intéressante et on a cherché à atteindre ce fameux pont, pour aller inspecter cette maison abandonnée. On a trouvé le pont au km24, à l’altitude (GPS) de 3590mètres. Par contre la maison ne fait pas l’affaire pour notre nuit. Trop près de la route, le toit s’est effondré et il y a donc des pierres dans une bonne partie de la pièce, le reste étant jonché de crottes diverses et de PQ. Mais juste en face, part un chemin, qui descend assez vite près du lit d’un torrent. Un peu avant d’atteindre le lit du torrent, il y a une plateforme, on ne voit quasiment pas l’endroit de la route. Allez zou, on y va. Mais Co à la trouille, car Philippe a vu une sorte de Lynx pas très loin de la maison abandonnée et il s’est armé, en lui demandant de faire de même. Donc maintenant, allez dormir pas très loin de l’endroit de la rencontre ne la tente guère. Philippe essaie de la rassurer, l’endroit est idéal, le « lynx » est reparti, ne nous a pas attaqué quand il nous a vu, et il lui semble avoir lu que cette espèce est gentille…

Bon, Philippe croit être parvenu à calmer les angoisse de Co et on s’est installé là. Les autres petites anecdotes du jour : nous avons vu notre 1ère vigogne, et pour la première fois, un chauffeur de poids lourd s’arrête spontanément pendant notre repas de midi, pour nous donner 2 fruits, pas identifiés pour l’instant, mais bons, et qui ressemblent au melon pour le goût et la forme, mais en plus petit.

Il est maintenant 19h00 et on est déjà dans les duvets depuis 1/2h. La nuit tombe vers 18h30. Et le froid avec.

Ce soir Coco a mal à la tête et demande à Philippe de la réveiller de temps en temps pour être sur qu’elle vit encore!

Le 5ème jour : La nuit s’est bien passée, sauf apparemment pour Coco qui était un peu stressée et qui trouvant que Philippe dormait trop profondément, s’est sentie obligée de « monter la garde ».

Que dire de cette journée? On a eu froid! Il a fallu que nous ressortions les manchettes, même dans les montées, le vent a été quasiment de face,toute la matinée. Et d’un froid. On a vu plein de vigognes, tout au long de la journée, plus ou moins loin de nous. Parfois seulement à 3mètres. Nous avons aussi apprécié nos premières descentes. Finie les journées où tu montes sans arrêt. Pour les descentes nous avions mis les coupes-vents. Ah et l’état des routes. Inouï! Des trous monstrueux, des parties de plusieurs centaines de mètres où la route se transforme en piste. Plus de bitume. A d’autres moments, on se croirait sur le Paris – Roubaix, tellement il semble que nous roulions sur des pavés.

l'altimètre indique 4000 mètres d'altitude

Alors que l’on mangeait un bouillon au péage de Pampa Galleyras, un motard s’arrête près du tandem pour faire des photos. Il nous aperçoit et vient discuter avec nous. Il est brésilien et fait un tour en Amérique du Sud. Il nous demande si nous allons passer au Brésil et on lui dit non, sauf peut-être aux chutes d’Iguazu. Super nous dit-il, j’y habite et je vous invite à venir à la maison. Il nous donne ses coordonnées et insiste pour que nous le contactions. C’est toujours rigolo, ces rencontres de hasard au milieu de nulle part.

Ce soir nous couchons dans un hôtel-restaurant très sommaire. Le prix est élevé par rapport à ce que l’on a payé à Nazca, et nous hésitons un peu. Mais la prochaine ville est en haut d’une côte relativement longue, il n’est pas très tôt et on en a marre. La fille au comptoir n’est pas très agréable mais le patron est très gentil. Le soir à nouveau, toilette dans la chambre avec la bassine et au menu, encore, poulet (pollo), frites (patatas) et toujours le riz (arroz). On commence à en avoir un peu marre. Déjà! En plus frites et riz arrivent souvent quasiment froids.

6ème jour : Nous partons « tranquillo » sur les coups de 9h30, il fait beau et nous n’avons que 34kms à faire…. Ce soir on veut se poser à Puquio.

Les paysages aujourd’hui, sont vraiment superbes. On s’arrête donc pour prendre quelques photos. On rencontre plein de gens, ce qui nécessite de multiples arrêts pour discuter. Et puis, tout de même il y a de nombreuses montées, alors que nous pensions faire une journée plutôt descentes. C’est ce que nous avions imaginé en lisant les minutes du parcours au Pérou, fait par les Mercat et actualisées par les Barthel. Et bien, parfois les chiffres peuvent être trompeurs. Tout ce qui est écrit est à peu près juste, mais si on détaille les éléments, cela peut faire une succession de descentes et de montées et non une descente à la seule lecture de la différence d’altitude entre le point de départ et le point d’arrivée. Donc aujourd’hui, on a été un peu surpris aussi par les dénivelés. Après 3h de route, nous n’avions pour toutes les raisons énoncées plus haut, parcouru que 15kms.

Depuis que nous sommes au Pérou, on est bien en deçà des 50 kms de moyenne journalière sur lesquels nous avions établi notre itinéraire prévisionnel. Il va donc falloir que l’on avance, d’une façon ou d’une autre. Sans se prendre la tête, mais pour pouvoir justement profiter des rencontres prévues et de toutes celles que l’on souhaite faire. On verra comment demain.

En arrivant à Puquio, nous avons rencontré Alex, un sculpteur péruvien de 37 ans qui vit à Lima et qui est venu aider son père à construire sa maison en adobe (terre séchée), à Puquio. Il a appris le français pendant ses études et est venu vers nous très chaleureusement, pendant que nous cherchions un hôtel. C’est lui qui nous a conseillé l’hôtel où nous sommes, après que nous ayons visité tous les hôtels de Puquio, c’est à dire 7. Nous nous sommes retrouvés le soir pour boire un verre ensemble après le dîner.

L’hôtel dans lequel nous sommes est nickel. La chambre est claire, propre et tout est en parfait état. Sous la douche, Philippe se fait la réflexion qu’au delà du confort matériel que représente un tel hôtel (on se calme quand même, il ne s’agit que de 40 soles, soit 10€), douche chaude, lit commun, table, chaise, électricité pour recharger nos appareils, service de lavage des vêtements (1 soles pour un vêtement d’adulte à manche longue ou pantalon, 50 centimes de soles pour le reste), etc…ce qui est vachement agréable, c’est de se relâcher complètement. Dans toutes les autres situations, il y a la nécessité d’être attentif, vigilant. Pas stressé du tout, mais les sens en éveil. Et là, dans la chambre, tu relâches tout. Et c’est super grisant comme impression.

Bon demain, repos, mais comme il y a la procession de Santa Rosa de Lima autour de la Plazza de Arma, on va quand même mettre le réveil pour y assister, et en plus Corinne veut prendre un petit déjeuner dans la chambre et il faut que Philippe aille chercher pain frais (commandé), lait et café. Ah, les vacances!

7ème jour :

La nuit portant conseil, nous nous sommes réveillés ce matin, en repensant que nous n’avions que 50 jours « autorisés » sur nos passeports, pour traverser le Pérou. Et nous en sommes déjà à 19 jours! On calcule à la va vite en fonction des kilomètres prévisionnels qui nous restent à parcourir, de notre moyenne actuelle, soit 25km/jour et des visites et détours sans vélo que nous avions imaginés. Nous arrivons à à peu près à 40 jours.

Comme nous l’avons déjà écrits, nous avons la chance d’avoir des amis qui sont passés par là, il y a tout juste un an. Nous filons vite les appeler pour leur demander des infos sur leur temps de parcours. Toujours aussi disponibles alors qu’ils rentrent à peine de leur week-end, et qu’il est tard pour eux, ils nous répondent en retour par mail, le soir même

On reprend nos calculs et conclusion : 7 jours de « trop » avec l’hypothèse d’aller à Abancay en 1 journée. Il va falloir réfléchir à ce que nous allons faire. Peut-être grappiller un jour par ci, par là. On va tester avec Andahuaylas. On y reste 3 jours au lieu des 4 prévus, et on voit combien de jours on met pour aller à Cuzco. Et là on avise.

Aujourd’hui, on a donc « réservé » une camionnette pour demain 7h30 à l’hôtel, qui nous conduira à Abancay. Les bus passent aux alentours de 5h00 du matin sans être sûrs de disposer d’une cale pour y mettre le tandem et la remorque, car ils viennent de Lima et sont déjà chargés. En plus les cales ne correspondaient pas à la configuration que nous avions eu avec Perù Bus. Donc se lever à 3h30 sans être sûrs du résultat…. nous avons choisi le confort et la certitude. Mais, il ne faut jamais avoir de certitudes….

8ème jour :

En fait de confort et de certitude, et bien nous avons été servis. Nous sommes prêts à 7h30, heure du rendez-vous prévu pour le départ devant l’hôtel. A 7h45, ne voyant personne, Philippe passe un coup de fil au chauffeur dont nous avions les coordonnées. Il baragouine on ne sait quoi, mais on comprend qu’il arrive. Il arrive effectivement, mais avec une autre voiture (et d’un autre format, plus petit bien sûr) que celle convenue ensemble la veille, et un autre chauffeur. Il nous demande si ça rentre dans cette voiture. Philippe lui dit, « non, il faut l’autre ». Il dit à l’autre chauffeur: « tu vois, ça n’ira pas ». Il nous dit : « ok, je vais la chercher et je reviens ». On sent « moyen » le coup. Il ne reviendra pas! En fait, il a filé le « contrat » (en plus c’est vrai, nous avions signé un contrat), à une autre personne qui a un break, avec galerie sur le toit, et qui arrive donc avec sa voiture.

On commence par s’échauffer un peu, Philippe est même bien chaud pour aller à la police, mais en 3 minutes, on a réfléchi. Soit on parvient comme on l’a prévu à être à Abancay ce soir, soit on se prend la tête toute la journée pour faire rendre gorge à ce connard, mais au final, on a pas bougé d’un iota. Il faut dire aussi, que le réceptionniste de l’hôtel, nous dit : « je le connais », en parlant du nouveau chauffeur qui vient d’arriver avec sa voiture. A ce sujet, nous avons choisi cet hôtel, entre autre parce que le réceptionniste avait l’œil vif et pétillant, et qu’on le sentait « démerdard ». On retourne donc les voir, et on négocie le prix. Ok pour un prix inférieur de 25%, avec le repas pris en commun et payé par nous.

En fait, ils sont adorables. On passe un temps fou, à tout amarrer correctement. Et Philippe sait être chieur. Il vérifie dix fois chaque élément, ce qui ne lui paraît pas bien est repris, mais franchement le résultat est bien. Le patron qui accompagnait le chauffeur, le laisse seul avec nous. René, un p’tit jeune de 27 ans, avec qui on discute un bon moment, toujours assisté par le dictionnaire en cas de blanc….

Nous arrivons à Abancay, à l’hôtel »Impérial » qu’avait tant apprécié les Lancelot et où ils avaient pu laisser leur vélo pour aller à Andahuaylas. On pose nos affaires, on prend une douche et on file à la station de bus pour voir les horaires pour demain matin pour Andahuaylas. A priori, on va prendre un «collectivo» (minibus) à 9h00 qui met 3h30 pour effectuer le trajet.

On rentre à l’hôtel, où on trie nos affaires pour ne garder que ce que l’on veut emporter demain, le reste, c’est-à-dire Aucéba, la remorque, et une sacoche resteront dans une pièce fermée de l’hôtel dans laquelle nous rangeons tout dés ce soir.

9ème jour :

Et bien voilà, on vient d’arriver à Andahuaylas, où nous avons été accueillis par Raul, le coordinateur de l’association MUNAY, et sa femme Nieves.

Pour la petite histoire, nous avions prévu, pour déranger le moins possible, d’aller à l’hôtel, et nous avions commencé notre tournée. Corinne étant patraque après le trajet, on s’arrête devant une maison, de laquelle sort une dame. Elle nous demande, ce que nous cherchons. Elle se propose de nous accompagner au 5ème hôtel que nous étions entrain de chercher. Chemin faisant, on discute du but de notre venue à Andahuaylas, et lorsque l’on évoque Munay, elle nous dit : « j’ai une amie qui est vice-présidente de Munay « local » et elle nous conduit au Cappuccino « café français », dans lequel on pourra la rencontrer. Sur place, on « tombe » sur Brice, un français qui vient tout juste (il y a 2 semaines) de se marier avec une péruvienne. Ils ont tous les 3 ouvert ce café, qui fait crêpes, gaufres, en plus de la cuisine locale. On appelle donc Raul, depuis le café, et quand on évoque l’hypothèse d’aller à l’hôtel, Raul nous dit « pas question, je viens vous chercher et je vous installe dans les locaux de l’association ».

Sans cette rencontre improbable, on dormirait à l’hôtel au lieu d’être au cœur de l’association. But de notre détour à Andahuaylas.

Raul nous accompagne demain et après-demain pour nous présenter les sites et les activités de l’association dans leur détail. Nous vous en parlerons lors du prochain article.

Ps 1 :En discutant avec Nuebe dans la cuisine, Corinne apprend que la fille de Nuebe et Raul qui a 29 ans est atteinte de la maladie de Croslin et devient aveugle. Elle doit donc se faire opérer des yeux dans une clinique privée de Lima. Pour ce faire, on lui demande une somme exhorbitante de 2300 $ pour l’oeil droit (opération planifiée le 25/09/09) et de 4000$ pour une transplantation de cornée à l’oeil gauche 3 mois plus tard. On ne sait pas sur quoi peut déboucher ce petit mot dans l’article mais si vous avez des idées ou des contacts, cela pourra peut être faire avancer les choses. De notre côté, on va contacter un médecin qui est en relation avec le Pérou pour voir ce qui est possible.

Ps 2 : La roue tient! Merci qui? Merci José-Luis, notre champion cycliste de Madrid. On vous remet d’ailleurs les coordonnées de la boutique. Cela peut servir aux cyclos qui sont ou qui passent à Madrid.

Notre flash publicitaire : La boutique des vélocistes à Madrid : ALNI (www.alni.es) Carretera de Canillas, 15 - Madrid

Ps 3 : Les premières photos du Pérou sont téléchargés. Vous pouvez les voir via l’inglet “photos” du site